Au commencement était le web.: L’université, partout, tout le temps.
Étiquette : Université
Le community management à la Fac et ailleurs

Le 11 janvier, devrait sortir le livre : Le Community management, Nouvelle approche de la communication de Pascal Chauvin dans la collection Flash de Gualino éditeur (ISBN : 978-2-297-00515-9).
L’auteur m’avais demandé un témoignage, un exemple de community management. J’ai choisi de raconter le recrutement d’une licence pro dans le cadre de mes activités de community manager de l’UFR IDIST. Si l’on me posait la question en milieu 2011, ce serait peut-être l’animation du wiki sur l’éducation et mobilité de Ludovia qui aurait les honneurs 😉
Le voici en avant première 😉
Début juin 2010 : urgence ! L’UFR Idist de l’Université Lille 3 ouvre pour la rentrée universitaire 2011 une nouvelle licence professionnelle « gestion et édition de fonds photographiques » et doit, en 15 jours, recruter des étudiants.
Branle-bas de combat me direz-vous ? Et bien, non, cela est moins compliqué qu’il n’y paraît !
Les responsables de la formation avaient eu quelques velléités pour diffuser l’information sur Facebook et commençaient à réfléchir à s’inscrire à Twitter, créer un blog mais leur souci était de toucher les bons réseaux rapidement et efficacement.
L’une des erreurs couramment commises dans ce cas est de faire cavalier seul, de rester dans son coin pour garder une éventuelle forme de pouvoir sur son « bébé ». Donc, au moins, ayez le réflexe d’informer d’urgence le community manager de la structure… afin qu’il puisse déjà retransmettre l’information ou l’aménager… C’est du temps gagné. Cela pose le problème de savoir qui occupe les fonctions de community manager dans les entreprises…
Ma première préoccupation a été de récupérer des informations sur cette licence ! Normal… Comment parler de quelque chose si on ne le connaît pas ?
Je découvre notamment une plaquette au format PDF qui présente la formation alors que la plaquette papier n’est pas encore sortie de l’imprimerie et que le site web de l’université ne présente pas la formation.
Aussitôt le fichier PDF « en main », je me précipite sur les systèmes de partage de documents PDF : Calameo, Docstoc , Issue , scribd et SlideShare pour donner de la visibilité au document mais aussi pour pouvoir facilement intégrer la plaquette dans les blogs, sites, etc.
Le texte de présentation de ces PDF fournissait un contact de courrier électronique afin que les personnes intéressées puissent obtenir tous les renseignements souhaités facilement.
Le but était aussi d’en faire un lien « unique » en privilégiant l’un de ses services pour indiquer où se trouve ce document. Malheureusement, l’événement créé dans Facebook avant mon intervention dirigeait vers l’université ! Le lien unique permet de mesurer également avec plus de précision les « retours » !
Dès le lendemain, on savait que dans l’un de ces services (Scribd), la plaquette avait 245 lectures (un mois plus tard, la plaquette a été lue plus de 900 fois sur ces sites, sans compter les lectures sur le site de l’Université) !
Que s’était-il passé entre-temps ?
Rien d’extraordinaire pour un community manager… On pourrait presque dire le train-train habituel.
Pour commencer, j’ai modifié l’événement dans Facebook afin qu’il soit utilisable dans ce service pour relayer l’information. La première tâche, renommer l’événement : « Licence professionnelle photographie et audiovisuel » (le titre exact de la licence me semblait trop long). J’ai donné des dates éloignées… puisque l’événement dure jusqu’au mois de septembre afin qu’il reste visible.
Reste à rédiger le texte de l’événement…
Comme j’ai prévu de préparer également un billet pour mon blog les z’ed (l’UFR ne dispose pas de blog !) qui est relativement connu dans le monde de la documentation, le plus simple pour moi est d’écrire cet article depuis lequel je viendrais faire une synthèse pour le texte de l’événement Facebook. Je ne m’adresse pas exactement au même public donc, les infos sont présentées un peu différemment.
Il est plus efficace dans Twitter de relayer une information vers un blog que sur une page Facebook ! De plus, les messages de Twitter sont indexés dans Google et tout le monde n’est pas encore sur les réseaux sociaux !
Même si l’article de mon blog est directement intégré dans mon compte Twitter (cela générera une dizaine de tweets par exemple), je dois aussi alimenter le compte Twitter de l’UFR ! Et donc, je prépare mon texte en moins de 140 caractères incluant un lien vers mon article du type : Ouverture d’une Licence pro gestion et édition de fonds photographiques et audiovisuels http://bit.ly/bvyEir Merci de RT 😉 laissant 16 caractères pour les retweets.
L’ensemble des Tweets que j’ai émis sur mes différents comptes a été, bien entendu, retwitté.
Une fois l’événement dans Facebook créé, premier réflexe, je partage l’événement sur mon profil.
Le but n’est pas seulement de créer un événement. En réalité, ce n’est pas un événement réel au sens, on se rencontre tel jour, telle heure. Mais, les événements de Facebook offrent une possibilité simple aux utilisateurs de Facebook de partager à leur tour l’événement et donc de faire du « buzz ».
Ensuite, j’organise le relais de l’information dans différents groupes de Facebook concernés (étudiants, documentalistes…) soit en laissant un message sur le mur, soit par l’envoi d’un message aux groupes dont je suis l’administrateur. Ma veille passée me permet de trouver rapidement les bons vecteurs.
Cette veille m’a permis également de vérifier que les principales personnes ou groupes que je considérais comme influents dans cette démarche avait bien diffusé l’information à leur tour.
Le résultat de cette opération qui a pris environ une matinée ? Dix-huit personnes sont inscrites à la licence pro.
Je ne dis pas que les inscrits le sont grâce à notre action dans les médias sociaux… Il faudra le demander aux étudiants à la rentrée prochaine pour le savoir !
Toutefois, le but n’est pas seulement de recruter des étudiants lors de telles opérations, mais aussi de faire connaître l’existence de cette formation autour de nos partenaires. Un des responsables d’une entreprise locale m’a ainsi contacté pour pouvoir recruter des étudiants !
Je me suis renseigné sur la nécessité d’enfoncer encore un peu plus le clou en préparant de nouvelles stratégies comme une présentation publique en direct sur le net via Ustream par exemple de la licence ce qui aurait permis d’avoir un contact direct avec les étudiants intéressés.
Mais, aussi, vous l’avez peut-être remarqué, je m’étais réservé une marge de manœuvre pour la circonstance en n’invitant personne à cet événement ! C’est ce que j’aurais fait en cas de besoin.
Si cette « histoire » vous inspire, je suis à votre disposition pour vous aider à mettre en place un community management à moins que vous ne souhaitiez une conférence ou que j’intervienne lors d’un séminaire au sein de votre entreprise ou de votre association… En 2011, je vais mettre en place des séminaire en vidéoconférence et évidemment, l’un des premiers sera sur le community management 😉 Contactez-moi si cela vous intéresse 😉
Confidist : des conférences sous un nouveau jour
Conf’idist sont les conférences de Master 1 de l’ufr IDIST qui sont ouvertes à tous au moins le 2e et 3e vendredi de chaque mois, hors vacances universitaires…
Si vous me suivez dans ce blog ou sur Twitter, Facebook… vous le savez certainement, je suis co-responsable du Master 1 de l’UFR IDIST de l’université de Lille 3 (en plus de la charge de community manager de l’UFR, je viens d’accepter également d’assurer le co-pilotage de la licence Gestion et édition de fonds photographiques et audiovisuels ;-).
Mais revenons à ce qui nous occupe aujourd’hui : les conférences. En effet, l’une de mes fonctions au sein du M1 est d’organiser des conférences destinées aux étudiants du master ICCD (Information, Communication, Culture et Documentation) Spécialité : Sciences de l’information et du document.
Mais, vous commencez à me connaître… j’aime les évolutions.
Aussi, ces conférences, qui pour moi doivent être également un moyen de confronter les étudiants au monde de l’entreprise dans toutes ses dimensions, et par la même occasion de montrer ce que fais l’UFR au sein de l’université et en dehors, devaient devenir publiques. Donc, désormais, les conf’idist (oui, je leur ai même trouvé un titre 😉 seront ouvertes à tous !
Ma réflexion ne s’est pas arrêtée en si bon chemin ! Fort du constat de ce qui se déroulait lors des années précédentes —on imposait des conférences, moi y compris, sans préparer les étudiants à ce que pourrait dire l’intervenant, à son point de vue… — notamment la « passivité » des étudiants, je souhaite tenter une nouvelle approche des conférences au sein de l’enseignement !
Donc, les conf’idist ne seront pas simplement un intervenant qui se présente devant les étudiants, qui débite son intervention et où, ensuite, tout le monde repart tranquille chez lui !
Premier changement : le lieu ! Pourquoi devrions-nous toujours faire des conférences « universitaires » dans le sacro-saint campus ! Nous allons sortir des murs de l’université pour certaines de nos conférences… D’autres lieux sont prévus : Euratechnologies, dans des cafés Lillois…
Ensuite, le programme est ambitieux… Trop diront certains, mais je préfère tirer vers le haut 🙂 Je vous passe les détails mais en résumé, il y aura un avant, un pendant et un après conférence. Je m’explique.
Nous allons mettre en place des outils de communication et de partage comme un blog où les étudiants pourront préparer les conférences, découvrir le ou les intervenants, bref, se faire une idée concrète du sujet qui sera traité lors de la conférence. Ce blog grâce à un compte-rendu minimum par conférence assurera une partie de « l’après ».
Toujours en amont, les étudiants doivent utiliser un compte Diigo afin d’apprendre à partager leur veille sur les sujets qui seront traités !
Pendant les conférences, il va de soi que Twitter sera à l’honneur (une suite de l’expérience de Twitter en classe de l’année dernière ?).
Pour les suites des conférences, une page YouTube au moins accueillera les vidéos des conférences (oui, nous allons mettre en place un enregistrement vidéo des conférences) et pourquoi pas de petites interviews complémentaires, un compte Flickr, les photos officielles et non-officielles de ces rendez-vous, un Slideshare pour les présentations des conférenciers.
Une page Netvibes agrégera l’ensemble des informations.
Cerise sur le gâteau, j’ai également prévu une conférence en ligne vers la fin de l’année ! Pourquoi pas en relation avec nos cousins d’outre-Atlantique (c’est un appel du pied à Mario 😉 sinon, j’ai une autre idée en tête !
Ah, je vous sens impatient d’en savoir plus… Si cela est le cas, la page de l’IDIST dans Facebook (d’ailleurs, les plus observateurs ont peut-être remarqué l’onglet conf’idist qui est vide pour l’instant) devrait vous indiquer rapidement les informations nécessaires pour nous suivre 😉 Les premières conférences sont pour le mois de novembre, à raison de 2 par mois : les 2e et 4e vendredi après-midi, plus quelques autres en soirée… Autre possibilité pour être informé, voir les annonces dans le compte Twitter de l’IDIST.
Parfois, être enseignant et community manager a du bon 🙂
Quel établissements scolaires demain selon vous ?
Dans le programme de Ludovia, l’Université d’été de la e-éducation et des applications multimédia ludiques & pédagogiques plusieurs séminaires sont labélisés établissement du XXIème siècle et numérique, les tables rondes ou BarCamps, établissement du XXIème siècle« …
Établissement scolaire est à prendre dans le sens large du terme depuis la maternelle jusqu’à l’université et les grandes écoles y compris la formation continue ! XXième siècle veut dire en 2040, 2060…
Jusque là rien d’anormal me diriez-vous, hormis que l’un des bloggueurs (pardon influenceurs, c’est çà Éric ? 😉 présent sur Ludovia présentera sa synthèse en assemblée plénière le jeudi 26 en fin d’après-midi ! Une sorte de table-ronde dans laquelle seront présentés les résultats des barcamps… L’expérience est originale !
L’autre aspect particulier est que l’on fait également appel à vous, lecteurs de ce blog et d’autres blog, followers des comptes Twitter… ! Comment imaginez-vous les établissements scolaires au 21è siècle ? Autrement dit quelles questions vous posez-vous sur l’avenir de l’enseignement et des structures associées ? Ne pensez pas que vos questionnement resteront lettre morte !
En effet, lors de l’ouverture officielle de l’université d’été Ludovia 2010 mercredi matin des questions seront posées depuis ce que vous nous aurez proposé !
Comment participer, poser votre question sur l’avenir des établissements scolaires pour demain ? Laisser votre question en commentaire dans ce blog, en message public ou privé sur @erdelcroix ou sur le blog de Ludovia2010 sont différentes solutions.
Licence pro gestion et édition de fonds photographiques et audiovisuels
Une nouvelle licence professionnelle dans le monde de la documentation est au programme de la prochaine rentrée à l’UFR IDIST de Lille 3. Son titre ? Licence pro de gestion et édition de fonds photographiques et audiovisuels.
L’image et à l’audiovisuel que ce soit d’un point de vue historique, artistique, culturel ou documentaire vous intéresse ? Cette licence devrait vous convenir 😉 Elle permet de mieux appréhender la spécificité de ces types de média et d’approfondir les questions liées au traitement documentaire et à la mise en ligne d’un support visuel ou audiovisuel.
Afin de vous faire une idée de cette licence, en voici la plaquette.
licence Photo Et Audiovisuel (Gestion Et Edition de Fonds)
Le dossier de candidature est en ligne…
Pour vos questions… vous pouvez contacter Damien ou laisser un message, je transmettrais 🙂
Merci à vous d’avance si vous le faites connaitre cette licence 😉
IDEMM, encore et toujours… ou une année scolaire et universitaire
C’est vrai que je ne suis plus officiellement responsable du master IDEMM de Lille3 (UFR IDIST) depuis un an, mais j’aime toujours autant le travail des étudiants de cette formation qui je le rappelle est l’une des seules formations universitaire sur la communication par le web !
En général, je me sens un peu comme un poisson dans l’eau en compagnie des étudiants de ce master 🙂 Ça, faut pas leur répéter 😉 Mais, maintenant, ils sont en stage… donc, pas de problème, je peux le dire 🙂
Comme je ne suis plus responsable d’année, je pense que ce n’est pas mon rôle de faire la publicité à outrance pour ce master auquel pourtant je crois dur comme fer, le temps qu’il conservera le même cap. Mais, cette année encore, je dois le reconnaitre, les étudiants ont fait fort !
Les étudiants d’IDEMM on débuté l’année en assurant la communication on-line des rencontres net 2009. Digiport, notre commanditaire est ravi du résultat, au point que nous mettons en place un partenariat.
D’ailleurs, un peu tardivement (mais, mieux vaut tard que jamais, j’suis bien placé pour le dire, avec la vidéo de la rencontre sur l’identité numérique que j’ai en stock depuis octobre et qui n’est toujours pas en ligne :-(, donc, oui, désormais, le film des rencontres net 2009 sur le net en 2015 est en ligne.
Mais, ce n’est pas tout. Ils ont également réalisé une vidéo de présentation du Master ICD IDEMM (Lille 3) sans qu’on leur demande rien 🙂 IDEMM Backstage – dont je mentionnais la présence hier dans Idemm, une formation hors du commun.
Autre activité, leur participation aux journées du contenu web avec la partie Idemmatic 🙂
Et puis, ayant relayé dans Twitter le travail d’un étudiant : conception et ergonomie des interfaces : Netvibes cela c’est très vite transformé en «Netvibes félicite un étudiant lillois pour ses reco en ergonomie». Aurélie en fait un billet et j’ai même reçu des messages du type : «preuve de la qualité de votre Master !». Cela fait toujours plaisir, même si ce n’est plus « mon » master 😉 Bref, un article relayé et c’est un p’tit buzz qui se met en place 🙂
Vous l’avez compris, mais vous le saviez certainement, j’encourage les étudiants à utiliser tous les artifices du web communautaire… avec ou sans moi 😉 Sinon, y’en a qui vont encore dire que je tire la couverture pour moi 🙂
Ajouté à cela l’expérience Internet2010, où les étudiants de master 1 ont travaillé pendant plusieurs mois lors des exposés dans twitter et la boucle est presque terminée (le site qui accompagne cette expérience est dans les choux, j’y travaille !)
Presque, car, d’un autre côté, sur le blog de mes filles (à « l’abandon » depuis septembre à cause de soucis informatiques, mais nous avons prévus des vacances d’été studieuses avec pour objectif de terminer les recette de la cuisine de mémé ainsi que de finaliser le « tour de France par 2 enfants », les commentaires sur l’exposé des dauphins, sur Remus et Romulus, etc. succitent pas mal de commentaires de la part de jeunes à la recherche de ces informations… 🙂 Comme quoi, l’usage du blog n’est pas réservé aux universitaires.
Autre remarque. Lors du passage de l’ancienne version de ce blog à la nouvelle (j’espère maintenant résoudre la question de l’erreur 403), l’un des premiers courriers que j’ai reçu concernait les cartes heuristiques (cartes mentales ou mind map) que je fais avec les enfants de leurs cours. En effet, par le jeu des changements d’adresse, elles n’étaient plus disponibles. Encore un aspect éducatif qui est à mettre en exergue… l’utilisation du mind mapping en cours 🙂 Nous publierons l’ensemble des cartes heuristiques des cours de cette année vers le mois de juin, même si je n’ai pas résisté à la publication à déjà mettre en ligne Mind Mapping à dix ans 🙂
Tout ceci pour dire qu’il y a du travail à faire dans l’éducation nationale, à quelques degré que ce soit de l’école « primaire » à l’université pour prendre en compte tous ces nouveaux supports de communication 🙂 Et encore, je pense que je me limite : pas de TBI (Tableau Blanc Interactif), pas de mise en place réelle de travail collaboratif à distance… Ce sera peut-être pour l’année prochaine 🙂 Thierry Klein m’a dit que Speechi avait des annonces à faire 🙂
Idemm, une formation hors du commun
[youtube width= »640″ height= »385″]http://www.youtube.com/watch?v=5WDb37O2-Dk[/youtube]
Les étudiants du master Idemm, de l’université de Lille3 (UFR IDIST), viennent de produire un p’tit film au sujet de leur cursus. Euh, c’est la vision des étudiants d’IDEMM puisque les enseignants n’ont pu que constater le résultat, même ceux qui étaient présent dans le film 😉
Je vous rappelle que la formation Idemm est l’une des rares formations universitaires qui forment chaque année des référenceurs, des rédacteur web, des spécialistes de la communication on-line, des community managers…
Pour obtenir plus d’informations sur cette formation, 2 sites :
et si vous souhaitez rejoindre cette formation, pas d’hésitation, contactez Mme Delerue.
N’oubliez pas de faire circuler la vidéo 🙂
Communication institutionnelle et en cours dans l'éducation
À la demande d’une institution universitaire, j’intervenais ces derniers jours dans un comité de travail pour la future communication institutionnelle de cette université sur le web 2.0 (réseaux sociaux dont principalement Facebook, Viadeo, Linkedin et Twitter). Et puis, hier, je découvre wikis, blogues et web 2.0 – Opportunités et impacts pour la formation à distance, un pdf d’une centaine de pages préparé par le REFAD (Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada).
Pourquoi ce préambule ? Je me faisais une réflexion lors de la réunion de travail. Peut-on dans le web 2.0 différencier communication institutionnelle et usages pédagogiques dans les réseaux sociaux. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre et, je trouve en partie des arguments dans le PDF cité.
En effet, l’essence même d’un réseau social est l’ami « virtuel », le contact. Aussi, dès que l’on donnera la possibilité à des personnes de rejoindre une communauté, celle des étudiants, des enseignants, des administratifs, dans notre cas universitaire, je pense qu’il y aura en effet une communication institutionnele de l’université vers ses usages (et pas seulement de la part des porte-paroles « officiels ») et aussi les retours, relaie, commentaires de ces usagers. Comment allons nous faire comprendre à un étudiant qu’un enseignant, une UFR, etc. est présent dans Facebook mais refuse de communiquer avec lui via cet outil par exemple ?
Comment peu à peu, l’étudiant privilégiera son compte Twitter pour questionner l’enseignant ou l’UFR sur un point donné. D’ailleurs, parfois, nous leur laissons notre numéro de téléphone, notre adresse de courrier électronique… alors pourquoi pas nos coordonnées sur les réseaux sociaux ?
Et puis, faut-il ou non laissser twitter les étudiants pendant ou à la sortie du cours… Pourquoi les étudiants ne se mettraient-ils pas à Twitter pendant leurs cours par petites équipes, incluant au passage liens supplémentaires, photos du tableau (en attendant les TBI). Je serais curieux de savoir, en dehors de mes cours, si cela ne c’est jamais produit jusqu’ici… (même si votre prof. ne le sait pas, vous pouvez me le dire en privé 🙂 Le public dans les conférences et les colloque le fait bien ! Pourquoi pas les étudiants.
Est ce que l’enseignant ne doit pas tenir compte de ces nouvelles pratiques. «La fac utilise bien le canal des réseaux sociaux pour établir un lien avec nous… Pourquoi nous ne l’emploirions pas en cours ?» Les premières réactions ne se feront pas attendre lorsque l’enseignant apprendra que l’un de ces étudiants a écrit dans un réseau social : Untel à dit que : «…»
Sur le Web 2.0, la « force est dans le réseau » indiquait O’Reilly en 2005. Il y a d’abord une connectivité entre personnes : par l’enchevêtrement de liens qui lient les interventions et les individus qui s’y intéressent, par progression virale, elle mène à la création tant de vastes réseaux que de niches d’intérêts.
Si je mets en relation l’évolution du Web et de ses caractéristiques supposé dans le cadre d’un apprentissage en ligne comme l’indique le PDF.
Lors du Web 1.0, l’apprentissage est centré sur le matériel de cours que l’enseignant met en ligne (mise à jour occcasionnelle) et que l’étudiant consulte et l’interaction (surtout hors web : courriel, téléphone…) est limitée.
Dans le web 2.0, l’étudiant diffuse ses productions individuelles ou collectives… et les étudiants communiquent instantanément entre eux et avec leur enseignant par des moyens multiples, principalement réseaux sociaux et microblogues…
Difficile à partir de là de séparer dans la réflexion communication institutionnelle de l’usage en cours du web 2.0… L’élément central est l’étudiant. Ce sont eux avant tout qui seront la force de ces réseaux pendant les enseignements et en dehors des cours, sans oublier que pour éviter les inégalités, la formations des uns et des autres est nécessaire. Mais, je pense que ce sera l’objet d’un autre débat.
mon université 2.0
On me demande assez souvent de donner les avantages que je vois à l’intégration des médias sociaux et des réseaux sociaux dans mes cours, depuis 2004 !
En effet, dès cette époque, j’employais les blogs dans mon enseignement, puis de fil en aiguille, j’ai suivi les évolutions d’internet et choisi d’employer les outils de réseaux sociaux au sein de mes cours, pour arriver à l’expérience de Twitter en cours de Master 1. (On peut même se demander si les réseaux sociaux ne sont pas dépassés avec l’apparition du web temps réel)
Une remarque au préalable, parfois ce sont les étudiants qui me « contraignent » à évoluer plus vite que je ne le voudrais… Ainsi, lors de la mise en place d’une relation d’un groupe de travail dans Facebook, naturellement les étudiants ont quitté notre ancien moyen de communication de l’époque, un groupe de diffusion Yahoo en moins d’une semaine. Les étudiants avaient basculé toute notre communication dans le réseau social. C’était en 2007.
Cette année, les étudiants sachant que j’étais présent dans Twitter m’ont demandé de communiquer sur ce média à leur intention plutôt que dans notre groupe privé dans Facebook !
Voilà la situation… Soit nous « enseignants » évoluons, soit nous restons comme des boulets pour nos étudiants. Il n’est même plus question de savoir si l’on doit utiliser les TIC en classe. Nous en sommes à la présence et à l’usage des réseaux sociaux, voire même du web temps réel dans nos enseignements qu’il ne faut pas confondre avec les plates-formes d’apprentissage en ligne (Moodle, Claroline…).
Reprenons un peu le fil des événements et l’intérêt de l’ajout des activités et des relations au travers du web 2.0, des réseaux sociaux ou si l’on préfère des médias sociaux.
Au passage, lors de l’écriture du livre « Facebook, on s’y retrouve », au printemps 2008, l’ESC de Lille (devenu SKEMA) et l’université de Lyon utilisaient déjà Facebook. Les uns pour former leurs étudiants afin qu’ils se créent leur réseau de relation professionnelle (pour forger l’identité numérique professionnelle des étudiants) et la seconde pour le coupler à l’inscription de l’université). Pour l’écriture du livre sur Flickr, j’avais également trouvé des utilisations de ce service de partage d’images dans le monde de l’éducation.
Mais, revenons au premier blog que nous avons mis en place avec les étudiants : un « blog de classe », où les étudiants « montraient » à tous ce qu’ils étaient en tant qu’équipe. C’était aussi un outil de rassemblement, d’union, de cohérence entre les membres du groupe. En plus, cela leur permettait de produire et co-produire pour les enseignants mais aussi pour l’extérieur !
Cette confrontation aux autres est un élément important de la démarche de l’intégration des réseaux sociaux dans l’enseignement. Dans ce cas, l’effet avait été d’autant plus important qu’ils avaient appri que leurs textes avaient été remarqués par des journalistes d’une grande radio française.
En effet, les blogs et les systèmes de partages appartenant à la galaxie du Web 2 permettent de rendre consultables sur le web activités, ressources, consignes et commentaires réalisés en classe (pourquoi d’ailleurs ne pas tirer profit de cette possibilité pour étendre parfois le cours hors de la classe… En revenant ce dernier lundi, je me suis aperçu qu’un étudiant avait Twitté pendant le cours : «Actuellement, petit débat sur l’Ipad et plus particulièrement sur le tout dématérialisé avec @erdelcroix Les avis sont partagés.»)
Ce peut être aussi un moyen d’avoir un feedback sur son cours… ou même, pourquoi pas, faire des réseaux sociaux un espace où les élèves pourraient émettre leurs propres suggestions quant aux méthodes pédagogiques…
Évidemment, il ne faut pas vouloir préserver l’esprit de caste, de recroquevillement sur nous-même, d’espace privatif dans nos enseignements ! L’espace de la classe privé et exclusif aux étudiants doit voler en éclats pour s’ouvrir sur le monde extérieur. Cela implique évidemment un comportement adéquat de l’enseignant qui doit apprendre à manipuler le off comme lorsque l’on s’entretient avec un journaliste… Une notion de confiance réciproque doit se mettre en place.
Surtout que, pour les étudiants, partager est quelque chose de naturel. Il est donc simple et évident pour eux de partager leurs expériences sur Internet. Dans une classe, je posais cette question : «Est-ce que cela vous dérange de partager des photos, des informations sur Internet ?» Les étudiants semblèrent très surpris de ma question… et leur réponse fut : «Évidemment pas, sauf, ce que nous considérons de privé que nous laissons seulement voir à nos proches !».
Toutefois, ce nouveau partage modifie la nature du pouvoir, la nature de l’enseignement et la nature de la fonction d’enseignant qui passe du statut de celui qui sait tout à celui de coordinateur du savoir et de la connaissance, de l’orientation dans la connaissance et le savoir…
L’enseignant n’est plus le seul à détenir la vérité. D’ailleurs, le savoir n’appartient plus à l’enseignant uniquement. Le savoir peut être aussi extra-muros et peut se construire en co-production ouverte, l’on peut comme enseignant cultiver l’intelligence collective qui s’enrichit au fil du temps du dialogue entre les uns et les autres.
Cela doit être pris en compte dans notre enseignement et dans notre manière d’enseigner à l’aide de ces nouveaux outils et ces nouveaux moyens de communication « réels » et d’échange d’aujourd’hui !
Nous arrivons par ces biais à un système centré sur l’apprenant (notamment par la souplesse des solutions existantes) où il devient simple de passer d’une «communauté de pratique» à celle de «réseaux de pratique», autrement dit de l’apprentissage en groupe à l’apprentissage collectif via les réseaux comme le soulignait Terry Anderson lors de la journée Réseaux sociaux et éducation organisée par le MATI (maison des technologies de formation et d’apprentissage Roland-Giguère) au printemps dernier.
Pour les étudiants, la fréquentation des médias sociaux est un moyen d’acquérir de nombreuses compétences. Une étude réalisée par des chercheurs en éducation à l’Université du Minnesota confirme qu’ils peuvent être de formidables outils éducatifs associant à la fois l’acquisition de compétences technologiques comme l’édition et modification de contenu, la créativité et le fait d’être ouvert à la nouveauté et à des opinions différentes.
D’ailleurs, lors de « l’expérience Twitter » je n’avais jamais vu autant de diversité comme support de présentation à la place de l’habituel PowerPoint (Netvibes, CMS…) !
L’éducation à la culture informationnelle pour répondre au défi de la société de la connaissance, la dynamique de production de savoirs et leur gestion pour un apprentissage tout au long de la vie sont désormais les moteurs de l’éducation du XXI° siècle, comme l’écrit Jean-Paul Pinte dans sa thèse. Cela pourrait être résumé par le slogan d’Apprendre 2.0 : co-apprendre à apprendre durablement !
L’un des premiers ressenti par les étudiants est souvent que ces plates-formes sur lesquelles ils sont chaque jour en dehors de leurs activités étudiantes leur paraissent, à tort ou plus certainement à raison «intéressantes, conviviales et amusantes» dans le cadre d’un cours par rapport aux environnements habituels dans lesquels ils évoluent au sein de leur amphi ou classes habituelles.
Curieusement, une amélioration de la communication enseignant-étudiants s’établit naturellement au travers de ces réseaux. Pas question pour autant d’être copain avec les étudiants ou de se mêler de leur vie privé… À chacun d’ailleurs de préserver sa vie privée, les paramétrages de confidentialité sont là pour cela dans les réseaux.
Chacun des deux côtés doit apprendre à gérer ces nouveaux outils… C’est la connaissance superficielle ou l’image que l’on s’en fait qui est «dangereuse».
De même, selon chacun, rien n’oblige de répondre dans l’instant ou d’accepter toutes les sollicitations des étudiants. À l’enseignant de filtrer et de répondre quand il le souhaite tout en sachant que parfois ces outils permettent le traitement de l’urgence.
Petit exemple. Un jour, j’avais donné rendez-vous à un horaire complément inhabituel à des étudiants et cela m’avait échappé. Alors que j’étais dans une entreprise, j’ai vu sur mon compte Facebook une grande quantité « d’appels »… Les étudiants souhaitaient juste savoir si je les avais oubliés ou pas ? Ce qui me semble normal ! J’ai ainsi pu les « libérer » de leurs contraintes… Pas de bruit (appel téléphonique), pas besoin d’aller au bureau…
Mais, ce rapport étudiants-enseignant prend parfois d’autres aspects, notamment la continuation pédagogique, y compris simplement pour venir en aide aux étudiants. Cela m’est déjà arrivé alors que j’étais souffrant et incapable de me rendre à l’université de prévenir les étudiants qui étaient quand même venus pour travailler sur un projet d’année, et donc, je pouvais répondre à leurs questions, apporter mon aide à travers le réseau.
À l’inverse, lors de l’expérience avec Twitter, cela à permis à des étudiants bloqués dans les transports en commun (Twitter se consulte également sur téléphone), malades ou absents pour une tout autre raison de suivre quand même le cours de ce jour-là !
Je n’aborde même pas le nomadisme qui devient l’un des éléments moteurs également pour l’université 2.0.
D’autres aspects non-pédagogiques sont également perceptibles. Par exemple, je ne compte plus le nombre de messages que je reçois où l’on me pose des questions sur le Master IDEMM, l’UFR y compris pour des lycéens qui cherchent la voie à suivre pour arriver à un métier donné !
C’est donc également un moyen de donner de la visibilité aux formations que nous organisons…
Il y a toute une gamme d’expériences pédagogiques à développer dans ces nouveaux contextes de communication et échanges extra-muros et ouverts à tous dans cette nouvelle société de l’information et de la communication. Je m’étonne toujours et ne m’explique pas l’avancée des formations FLE (Français Langue Etrangère) dans ce domaine.
Comme l’écrit François Guité : « On cherche bien, par toutes sortes de contorsions, comment adapter les réseaux sociaux aux institutions scolaires. Il ne vient pas à l’esprit que les nouvelles technologies de la communication appellent de nouveaux modèles d’apprentissage, des processus qui s’accordent mal à des institutions modelées sur la transmission livresque du savoir».
Comme responsable d’année, j’envisageais par exemple d’employer ces réseaux sociaux pour faire « se rencontrer » les étudiants avant même leur arrivée au sein du master… La communication entre les étudiants s’améliore grâce à ces outils et ils favorisent l’intégration des nouveaux arrivants au sein d’un groupe et par là même à l’université.
J’ai déjà tenté la mise en place d’une conférence « virtuelle » sur une thématique au sein d’un cours… Ce fut un échec technique, mais de nouveaux services offrent des possibilités encore plus riches en interactivité dans ce domaine avec une facilité de mise en oeuvre déconcertante Il devient simple d’agréger en un clin d’œil une partie de son réseau afin de le faire participer à une « classe virtuelle » où le débat pourrait s’instaurer… Ce n’est qu’une piste des possibilités d’ouverture et de mettre en place un cours d’une manière différente, qui utilise le potentiel des réseaux sociaux et des sphères de connaissance de chacun. Pour que cela fonctionne, les services informatiques des universités doivent «suivre» et ne pas être un frein.
Autres exemples, les serious games (les écoles d’ingénieurs s’y mettent, pourquoi pas les universités), les tableaux blancs Interactif (TBI) dont on équipe les écoles en France qui pourraient servir aux étudiants à ré-écouter le cours plutôt que de demander à un autre étudiant sa prise de note ou peut-être aller consulter un cours d’un autre enseignant sur le même sujet, mais avec une approche différente !
Reste une ombre à ce tableau… L’identité numérique. Mais, cette identité numérique doit justement devenir un incontournable de la formation fondamentale. Le devoir des établissements d’enseignement est l’éducation au numérique, avec en point de mire une présence « raisonnée» qui sera nécessaire sur le net pour exister professionnellement (en dehors et à l’intérieur de l’université et du monde de la recherche) à la fois pour les enseignants et les étudiants.
Régulièrement, l’objet de mes enseignements concerne cette éducation numérique de l’usage des réseaux sociaux… en plus, de l’organisation de conférences co-organisées avec Blog en Nord sur la thématique de l’identité numérique à laquelle sont conviés les étudiants !
Comme nous le remarquions avec Mario Asselin lors de Ludovia trop de discours officiels sont empreints de l’aspect «recroquevillons nous sur nous-même» alors que nous sommes au milieu du guet dans le monde du web 2 qui est, rappelons le, la conjugaison des verbes : partager, collaborer et interagir !
Un bien beau slogan pour les universités d’aujourd’hui : partager, collaborer et interagir avec le monde extérieur ! Non ? Si l’on devait résumer l’université 2.0, elle se résumerait à cela !
Pour aller plus loin :
Je vous recommande la lecture de : Vivre et apprendre avec les médias sociaux y compris et surtout à l’université et de vous plonger dans le wiki de Clair2010: Pour voir l’éducation autrement… qui vient de se dérouler il y a quelques jours au Canada.
mais aussi :
Un essai d'utilisation de Twitter en classe
L’expérience Twitter avec les étudiants de Master SID de l’UFR IDIST a pris fin la semaine dernière… Pour mémoire, pendant un trimestre nous avons utilisé Twitter comme système de prise de notes, chaque semaine pendant des exposés. La contrainte pour ceux qui animaient l’exposé, outre la diffusion de leur présentation dans le blog Internet2010, ils devaient récupérer également les Twitts diffusés et les inclure dans le blog. L’ensemble du programme et de la démarche est précisé dans le making-off d’Internet2010.
Ainsi régulièrement, chaque mardi selon @twirus_fr, #Internet2010 était dans le Top5 des tags populaires.
Pourquoi un cours avec Twitter
J’ai voulu changer ma manière de faire par rapport aux sempiternels exposés, où trop souvent les étudiants écoutent mais restent relativement passifs et ressortent avec mon seul avis sur certaines problématiques.! De plus, cela permettait selon moi aux étudiants d’appréhender deux systèmes de communication dont il n’avait pas l’habitude : le micro-blogging et l’écriture dans un blog.
Seconde raison dans ce choix, j’espérais que des personnes extérieures se mêleraient aux débats… ce qui pouvait enrichir les connaissances à la fin de l’exposé.
Troisième raison, les étudiants qui écoutaient mais qui connaissaient déjà le sujet de l’exposé pouvaient fournir des informations complémentaires.
Et enfin, cela permettait d’apporter du sang neuf dans l’analyse, dans les réactions à ce qui était dit pendant l’exposé…
Comment organiser ce cours ?
La première décision à prendre concernait le choix de l’outil : faut-il ou non les plonger directement dans Twitter. J’ai choisi une application autre que twitter, car si beaucoup d’étudiants avaient entendu parler de Twitter, peu possédaient un compte et peu avait déjà utilisé cet outil.
Le choix perfectible de HootSuite, permettait à tous les participants de « se cacher » sous le nom Internet2010 pour communiquer et de faire du Twitter sans réellement en faire pour ceux qui étaient effrayés par l’outil. Le principal souci avec HootSuite est sa limite sur le nombre d’envois. Son avantage, il est facile de repérer les messages qui sortent de la salle.
La seconde décision pour l’organisation de ce cours était les explications à donner… Un cours sur l’usage du micro-blogging, sur Twitter… était-il ou non nécessaire pour commencer l’expérience ? Je fis un choix intermédiaire puisque j’avais la chance d’avoir deux groupes, le premier exposé pour l’un de ces groupes fut le micro blogging ! Pour l’autre, je me contentais d’expliquer succinctement ce qu’était le micro blogging avec ses 140 caractères. Les échanges dans le premier groupe furent plus riches que dans le second ! Un lien existe certainement… beaucoup d’étudiants réclamaient lors de l’évaluation finale, y compris dans le premier groupe, un cours où l’on explique comment fonctionnait Twitter, la prise en compte de l’autre (membres de la communauté), etc. L’apprentissage de l’utilisation de Twitter semble donc nécessaire.
À chaque séance de travail, un tag était défini en plus de celui qui marquait l’expérience (#internet2010).
Plus ou moins régulièrement je précisais aux étudiants qu’ils n’écrivaient pas seulement pour eux, mais aussi pour les membres qui n’assistaient pas dans la salle au débat ! Mais, cela ne semble pas suffisant. Là encore, un apprentissage est nécessaire. La mise en parallèle de l’expérience de Laurence avec Twitter en lycée professionnel est intéressante à ce sujet car le contexte est différent, l’usage de Twitter également et l’information tourne entre les élèves principalement.
Autre regret, le peu de traitement de la part des étudiants sur la récupération des Twitts et leurs ajouts dans le blog. La plupart du temps, lorsqu’ils ne s’y sont pas pris trop tard, les étudiants se sont contentés de copier-coller les Twitts marqués par le hastag de la session… Aucun travail de réécriture n’a été entrepris pour supprimer les messages personnels, les informations redondantes… C’est vrai que pour moi ce travail me semblait une évidence, pas pour les étudiants. J’en suis donc en parti responsable… car j’aurai du insister davantage sur ce point, mais des étudiants ont également noté qu’il y avait un manque d’initiative de leur part ! La vérité doit être entre les deux.
Par contre, est-ce l’effet Twitter ou non, certains étudiants ont choisi d’autres support que l’habituel «PowerPoint» comme projection de leur présentation. Ainsi, l’une était depuis une page Netvibes, une autre depuis Prezi, à l’aide d’un CMS…
Je remarquais parfois pendant les séances la présence d’étudiants de l’autre groupe qui suivaient ce qui se disait dans l’exposé ! Par contre, il semble que peu d’étudiants aient consulté les exposés une fois mis en ligne ou relus les prises de notes dans Twitter ! Mais, auraient-ils relus leurs notes… dans d’autres circonstances ? C’est peut-être aussi lié au mode d’évaluation, où seul l’exposé est soumis à note !
L’apport des «extérieurs» a joué… En effet, des personnes externes à l’université ont suivi et participé aux cours ! Certains ont même fait la police de temps à autre dans les discussions en ligne ! J’avais envisagé de demander à des spécialistes des domaines abordé de se joindre à nous selon les exposés, cependant, dans le cadre de cette première expérience, je pense que cela aurait ajouté un stress supplémentaire inutile aux étudiants. Pourtant, je pense que cette démarche est à creuser.
De plus, parmi les «extérieurs» un certain nombre de personnes étaient présentes simplement pour «suivre» l’expérience… Je ne suis toujours pas certains que la plupart des étudiants aient pris en compte la présence de ces suiveurs passifs ! En fait, j’ai l’impression que pour eux, ils n’existaient pas… D’ailleurs, c’est assez normal comme réaction puisque même si des personnes sont abonnées, elles ne suivent pas obligatoirement «en live» les débats !
Pour faire venir ces «extérieurs», une simple communication des cours (avec les heures des exposés) en avance dans Twitter et relayés, y compris dans le blog Internet2010 semble suffire.
Autre interaction que je n’avais pas prévue d’emblé, l’enseignant doit faire attention à ce qu’il dit :-). En effet, les étudiants twitter assez facilement des messages du type «Delcroix dit», «ED :»… alors que parfois vous voulez donner un exemple qui doit rester entre nous ou certains propos que l’on veut provocateur pour les faire réagir 🙂
Et la perception des étudiants
L’objectif n’était pas de convaincre les étudiants de twitter dans la vie de tous les jours, mais juste de leur faire découvrir de nouveaux types de communication. Toutefois quelques-uns utilisent désormais Twitter pour suivre l’information après cette découverte.
Pendant la période des exposés, je m’inquiétais régulièrement des réactions des étudiants au sujet de notre manière de procéder et en fin de parcours, j’ai posé aux étudiants 5 questions :
- les points négatifs ?
- les points positifs ?
- utilisiez-vous Twitter avant le début des cours ?
- utilisez-vous Twitter en dehors des cours désormais ?
- l’expérience devait-elle être poursuivi et ce qu’il faudrait faire pour l’améliorer ?
Une distinction pourrait être mis en valeur dans les réponses selon deux groupes : ceux qui utilisaient régulièrement Twitter avant les exposés et ceux qui découvraient Twitter.
La face sombre du point de vue des étudiants
Outre que la nouveauté a un côté déstabilisant (il est noté dans les retours des étudiants : «difficulté d’adaptation au début, mais au fil des séances, plus d’interaction»), le gros reproche indiqué à plusieurs reprises par les étudiants est la difficulté de cumuler la prise de notes tout en écoutant et en suivant l’exposé (soucis de concentration). Ils ont l’impression de ne pas suivre le cours ! Surpris par cette remarque, il me disait qu’il était plus difficile pour eux de saisir le texte au clavier que d’écrire avec un stylo.
L’un d’entre eux résume bien cette difficulté : un problème d’attention à l’exposé en indiquant toutefois qu’il manque un temps d’adaptation.
L’autre reproche que je retrouve à plusieurs endroits : la difficulté des sujets abordés qui les empêchait de Twitter (en même temps, ils trouvaient que les thèmes abordés étaient un point positif). Un étudiant faisait même le parallèle avec les professionnels qui twittent pendant les conférences. Selon eux, les professionnels connaissent déjà le sujet 🙂
Sinon, voici en vrac les autres réactions négatives.
Celles qui apparaissent plusieurs fois :
- 140 caractères est un peu court pour des exposés costauds (mais l’un d’entre eux trouve que cette contrainte apprend à être synthétique même si l’information est lacunaire)
- sans grand intérêt par rapport à une prise de note classique, ni plus efficace
Les remarques suivantes sont isolées
- certaines réactions sont fragmentaires
- deux personnes ou plus peuvent envoyer le même message (répétitions et redondances)
- difficulté de mémorisation
- twitter freine la participation
- on regarde peu les gens qui font l’exposé
- bruit d’une salle informatique (crépitement des claviers)
- tout n’est pas pris en compte, mais un autre étudiant a indiqué que si on n’a pas le temps de noter un point un autre le fait !
D’autres points négatifs sont beaucoup plus discutables comme «pas de notes» (je ne retourne pas lire le fil Twitter) sous-entendu, ni les tweets, ni le blog ! et le manque de pratique des sujets abordés.
Du côté positif de la balance pour les étudiants
La participation et les commentaires de personnes extérieures a été plébiscité (préparation à la vie professionnelle ?), surtout si je l’intègre dans les remarques positives sur l’interaction avec les autres à travers les tweets accessibles à tous.
Autres points mis en avant par plusieurs étudiants, la possibilité de suivre le cours à distance notamment en cas de maladie, de grève de train ou d’absence, l’aspect ludique (ce qui explique le «initiation à Twitter sans le côté ennuyeux des cours classiques»), la possibilité d’ajouter des liens (approfondissement du cours)
Voici les autres remarques :
- expérience nouvelle dans la prise de note, ce qui rejoint ce que d’autres ont indiqué comme la découverte d’un nouvel outil.
- Information accessible de partout
- réactions en temps réel
- possibilité de demander un renseignement sans interrompre l’exposé
- rapidité de réaction à ce qui été dit dans l’exposé
- différentes opinions aident à comprendre ce qui a été dit pendant l’exposé
- tout le monde peut exprimer son opinion : les timides posent des questions
- permet de partager les cours de l’ensemble de la classe
- pour ceux qui font l’exposé, possibilité de suivre le feedback de la salle
- co-construction possible des comptes-rendus
- publication dans un blog
Ni positif, ni négatif, certains étudiants ont eu peur de ne pas être écouté pendant leur exposé ! Ce qui évidemment n’est pas le cas. Mais, au passage, mon ressenti d’enseignant : les étudiants avaient plus peur d’une manière globale de faire leur exposer que les années précédentes !
Une expérience à renouveler selon les étudiants ?
Globalement la réponse des étudiants est oui, mais avec quelques améliorations.
Pour la plupart des étudiants, l’étape Hootsuite n’est pas nécessaire, par contre, un vrai cours sur Twitter pour acquérir l’outil semble nécessaire. Toutefois, il est à noter que certains trouvent que «l’interface de Twitter n’est pas des plus faciles à aborder !»
La diffusion de l’exposé sur le net avant la présentation est réclamée à corps et à cri 🙂 Du moins, les grandes idées ce qui selon eux, faciliterait la compréhension de l’exposé, la prise de note et le partage d’informations. Seul bémol que j’émets, lorsque les présentations étaient en ligne en début de présentation, les échanges étaient réduits dans Twitter !
Ensuite, ils se répartiraient des rôles dans la prise de note avec la nomination d’une équipe de greffiers par exemple et une personne de l’exposé qui suit Twitter pour pouvoir réagir directement. Une autre proposition est de projeter en parallèle sur un autre écran le flux de Twitter !
Il semble nécessaire d’expliquer qu’il faut retravailler les tweets pour les publier sur le blog (un copier-coller ne suffit pas)…
Enfin, un « détail », orienter les postes de travail vers le tableau et les personnes qui exposent.
Pour conclure, une mise en garde sur un danger. Certains conflits peuvent éclater au sein de la classe suite à des remarques blessantes ou vexantes émises dans les commentaires. Cela rejoint une autre observation : trouver un moyen de mieux capter l’attention des gens dans la salle (sans faire le gendarme derrière les écrans).
Les rares qui ont répondu non privilégieraient le côté exceptionnel, lors de conférences par exemple, pour mettre en place ce type d’expérience.
Un public pour les exposés dans Twitter
Nous avions nos officionados… Chaque mardi matin, parmi les personnes qui suivaient @internet2010, Annie et Isabelle (l’une est DSI, l’autre chargée de mission TIC) étaient fidèles au poste. Mieux, Anne dans son blog a plusieurs fois « travaillé » en fonction de nos séances d’exposé auxquelles elle participait à distance. Aussi, il me semblait intéressant de recueillir leurs impressions dans ce débat.
En voici la synthèse.
Le côté positif des exposés dans twitter, outre l’interaction avec l’extérieur, est un contenu riche et perceptible à travers les tweets, la réactivité aux quelques questions posées et qui ne sont jamais restées sans réponse. Il est à noter que l’organisation c’est amélioré au fur et à mesure assez rapidement (idem pour le côté expérimental). Le site Internet2010 a également été apprécié, avec les présentations utilisant différents supports.
Par contre, nos interlocuteurs à distance regrettent en fonction des exposés la différence dans le niveau de « twittage », autrement dit : «les étudiants se sont-ils tous approprié l’outil Twitter ?» et le manque de visuel… le support des slides était le bienvenu.
Outre la présence d’un visuel, voir d’outils de visio, on retrouve la suggestion, pour nos deux « extérieures » d’un « rapporteur » pour Twitter appartenant au groupe d’exposants (la personne à suivre en priorité), ce qui n’empêcherait aucunement les autres twittos d’avoir une vie. Et pourquoi ne pas passer le relais : suivez maintenant @…
Autre détail, noter les actions sur Twitter pour suivre plus facilement à distance : début – pause – fin… car effectivement on ne peut pas deviner quand c’est fini (mais c’est peut être ça que je trouve le plus drôle finalement ! ajoute l’une d’entre elles)
Que les étudiants s’approprient plus l’outil twitter est une priorité. Il ne faut pas oublier que pour les étudiants, c’est plein de contraintes de twitter en direct : c’est déjà savoir prendre des notes rapidement avec clavier et en 140 caractères maximum sans oublier le #, cela ne doit pas être évident pour des étudiants, en plus si on veut répondre aux questions extérieures posées en direct…
Est ce que je recommencerais les exposés dans Twitter ?
Toutefois, malgré quelques anicroches, je suis assez satisfait du résultat de l’opération… et je suis prêt à renouveler l’opération, moyennant quelques aménagements. De plus, l’effet expérimental disparaitra et d’ici là, d’autres personnes tenteront eux aussi d’employer Twitter pendant leurs cours comme l’a déjà fait depuis David Cordina. Utiliser Twitter et les autres outils du Web Temps Réel deviendront une évidence pour tous dans quelques temps et les étudiants de cette année aurons juste été les précurseurs 🙂
Peut-être comme certaines personnes me l’ont précisé en privé : Twitter n’est peut-être pas l’outil idéal… bien que, à la réflexion, il n’est pas si mal que cela 🙂 Le côté 140 caractères permet de synthétiser l’information et j’avais imaginé qu’il y aurait une réécriture pour le site. Au passage, un autre support que Twitter pour garder les traces de ces messages est nécessaire (tout au moins le temps que l’archivage des Twitts n’est plus assuré).
Les réactions d’Annie et Isabelle et celle des étudiants me conforte dans l’idée qu’il est nécessaire de s’approprier les outils et dans le cas présent : Twitter. Twitter n’est peut-être pas si intuitif que l’on veut bien le penser !
C’est d’ailleurs l’objet d’un débat au sein de la formation au niveau des enseignants. Pour les uns, l’ensemble des étudiants ou presque connaissait Twitter et n’avait pas besoin de se l’approprier. Ce n’est évidemment pas mon avis. Avec l’ensemble des nouveaux outils du web 2.0 et maintenant de Web Temps Réel, il y a différents niveaux d’utilisation de ces outils. On peut le connaître de nom sans avoir ouvert un compte, on peut consulter ce qui s’y dit, on peut s’inscrire et discuter avec quelques personnes. Est ce pour autant que l’on s’approprie l’usage de Twitter ? Je ne le pense pas ! Et c’est le rôle de l’éducation nationale de former les élèves et les étudiants à ces nouveaux modes de communication.
Cette expérience dans Twitter, je pourrais la renouveler, si les conditions s’y prêtent. En effet, je ne pense pas que l’on puisse utiliser Twitter à toutes les sauces et surtout utiliser Twitter pour faire du Twitter. Mais, attention toutefois à surveiller la demande des étudiants. Ainsi, en master 2, les étudiants m’ont demandé de communiquer certaines informations dans Twitter plutôt que sur Facebook ou d’autres services de groupes… Je pense que dans d’autres cas, les étudiants seraient complétement réfractaires !
Quelques modifications sont à apporter effectivement par rapport à l’approche que j’avais entreprise, notamment celle du « Twitter officiel » parmi les personnes qui sont sur l’estrade qui fasse le relais dans les deux sens : depuis la salle vers l’extérieur et de l’extérieur vers ceux qui font l’exposé. Cependant, cela implique que l’ensemble des exposés soit réalisé par plusieurs personnes et non par une seule ! C’est à prendre en compte dans l’organisation extra-twitter 🙂
Le côté double écran me tente également beaucoup, cependant, là, je suis confronté à des problèmes matériels. Mais, rien d’insurmontable.
La diffusion de la présentation en ligne au préalable me semble aussi un incontournable dans le cas d’exposés… C’est aussi un bon moyen d’apprendre par la même occasion les solutions de partage sur Internet.
Me reste le soucis de l’apprentissage de Twitter. Je pense qu’il faut adapter cet apprentissage en fonction des étudiants et certainement se dire que même s’ils connaissent Twitter, ils n’en possèdent certainement pas l’usage !
Par contre, je ne partage pas l’avis des étudiants sur le niveau de complexité des exposés… Ils sont en Master 1, mais c’est un autre débat 🙂
Si vous voulez aller plus loin, différents participants ont réagit dans leurs blog
Quelques articles de Anne :
- Ma reflexion sur l’exposé sur le microbloging dans Internet 2010
- Exposé sur Twitter concernant les flux RSS
- Les réseaux sociaux sur Internet2010
- XML sur Internet2010
- Rechercher des vieux tweets
et du côté des étudiants :
- La présentation du projet version Geekette
- Le retour d’experience de Maureens
La Voix du Nord était aussi passé nous voir 🙂 Julien Licourt en a tiré une vidéo intitulé Twitter à la fac : une expérience à Lille III 🙂
Mise à jour le 26 dec. :
- La (cyber)documentaliste ? ! avait parlé de l’expérience 😉 dans Formons nous
- Ludovia, le magazine e-éducatif publie le retour d’expérience sur l’utilisation de Twitter en cours.