à la suite des soutenances en Master IDEMM à l'UFR IDIST de Lille 3

Ce n’est pas parce que j’ai été nommé community manger de l’UFR IDIST (@ufr_idist) que je dois sous-estimer mes autres tâches au sein de l’UFR où je suis toujours maître de conférence associé 😉

La semaine dernière, j’officiais pour la soutenance des mémoires de stage des masters IDEMM. J’ai toujours aimé cette épreuve… qui pour moi est enrichissante.

C’est un moyen de prendre le pouls de la perception des futurs diplômés du monde professionnel dans lequel ils sont plongés, le pouls de ce qui se passe concrètement dans les entreprises (en dehors des discours officiels), m’apporter des bouffées d’oxygène à mes visions d’Internet, etc.

La plupart des étudiants qui passaient dans mes griffes avaient effectué leur stage comme community manager ou référenceurs. D’autres comme chef de projet, web analyste ou de rédacteur web.

Voici quelques soutenances auxquelles j’étais tuteur universitaire ou second jury :

  • Enjeux et perspectives des méthodes de référencement sur les web pour les petites et moyennes entreprises
  • Gestion et création de projet web dans le cadre de la fonction de chef de projet dans une agence web
  • Le e-tourisme communautaire : avantages et inconvénients
  • Le social média : une nouvelle ère pour le e-commerce
  • Quelles stratégies d’audience un site de presse féminin emploie t-il pour générer de l’audience
  • Réalisation d’un site web à bas prix : quelles solutions économiques et concurrentielles pour les PME à l’heure du web 2.0 et de l’omniprésence des entreprises sur le net ?

Dans quelque temps, certains de ces mémoires rejoindront la cinquantaine de mémoires de Master ICCD-SID en accès libre sur MemSIC.

Ce que j’ai noté de façon générale, c’est l’arrivée de la présence sur le web 2 par les société de référencement et aussi bien chez les référenceurs que pour les community manager, les questions posé par les nettoyeurs du net (la question que je me pose est l’influence de l’article Nettoyeur du net et e-reputation puisqu’il parle de ce qu’avait fait une société que je connais bien et dont j’avais discuté avec eux en cours 🙂

Autre remarque… L’absence bien souvent dans leur réflexion d’un retour sur le changement dans les modèles marketing aussi bien du processus d’achat que de celui de la communication à toutes les étapes… Par contre, comme pour beaucoup d’entre nous, la notion de communauté revient souvent sur le devant de la scène !

D’ailleurs, je me pose la question de savoir si lorsque Fanny Bricout écrit : C’est la nouvelle culture du web : «Je sais : je partage. Je ne sais pas, je demande» elle ne met pas le point sur un phénomène qui dépasse justement la notion de communauté pour en revenir à l’internaute, individualiste par essence… et qui donnerait l’illusion de se rassembler en communauté simplement parce qu’il sait ou ne sait pas, ce qui pourrait d’ailleurs expliquer la mouvance des « communautés ».

Autre travail que j’ai apprécié, la carte heuristique sur la tentative d’élaboration d’une méthodologie d’appropriation d’une interface d’administration, réalisée par Sophie Massemin.

Pour ne rien gâcher à mon plaisir, bon nombre d’étudiants ont été embauchés à la fin de leur stage en CDI, y compris Clément qui était en alternance. Cette année, ils sont 4 ou 5 en alternance dans cette formation !

Bon, maintenant, je dois encore travailler sur les projets d’année d’IDEMM : la communication on-line pour un événement local fin novembre, début décembre et sur une collaboration sur l’identité numérique lié au travail et au recrutement.

En attendant, d’ici peu, je vous parlerai de ce que j’ai prévu de faire cette année avec le master 1 concernant les conférences… Je pense qu’il y aura de la nouveauté dans le domaine 😉

retour sur Ludovia 2010

L’année dernière déjà lors de mon retour de Ludovia j’avais donné mes impressions sur cette université d’été de la e-éducation et des applications Multimédia Ludiques et Pédagogiques. Je fais de même pour la 7é édition de Ludovia qui vient de se dérouler du 23 au 27 août 2010.

Je suis frustré cette année de ne pas avoir pu utiliser mon blog pendant mon séjour comme je le souhaitais et notamment de ne pas pouvoir publier mon billet : Elle arrive dans Facebook. J’avais également promis de tenter de réaliser une séquence Ustream par jour… mais je n’ai pas eu le temps 🙂

En effet, l’une des innovations de cette année était la présence de personnes très présente dans les médias sociaux : blog, Twitter, YouTube… Éric Fourcaud a retenu le bruit que nous avions fait à 3 l’an dernier : Mario Asselin, Caroline Jouneau et moi même 🙂

Aussi, dès le premier jour, #ludovia2010 caracolait en tête des hashtags français !

Il faut dire que si vous prenez les « invités » :

épaulé au fil des jours par Francois Bocquet, Cédric Naux, Damien Giard, Virginie Paillas / SayapaW2, le café pédagogique, Ludovia2010…

et le tout bien relayé par des personnes absentes comme Yann Leroux, David Cordina ou Nicolas Loubet,

cela vous fait une belle brochette de spécialistes dans le domaine de l’éducation, une grande partie du gratin francophone, tous geek selon les uns, trop en avance sur leur temps pour d’autres… mais, tous actifs, très branchés médias sociaux…

En plus, imaginez que Ludovia c’est bien entendu les tables rondes, les conférences mais aussi le off qui se pratique au cours des repas, lors des pauses, aux thermes, au petit déjeuner bis, en soirée (avant, pendant et après les barcamps 🙂

Pour ma part je retiens effectivement cette explosion, ce feu d’artifice de ces acteurs à la fois entre nous et sur les réseaux ! Ce n’est pas un hasard si plusieurs personnes regrettaient leur absence de Ludovia 2010, si de nombreux FF (FollowFriday dans Twitter) étaient dédiés à Ludovia la semaine dernière et si certain on déjà pris note de Ludovia 2011 🙂

Amusant à ce sujet le message dans Twitter du Canadien Patrick Giroux :  «Je pioche sur mon plan de sabbatique. À quels évènements (colloques et autres) relatifs aux TIC dois-je absolument participer en 2011-12 ?» et dans le Tweet suivant : «Ne répondez pas ludovia… j’ai vu suffisamment de commentaires passer pour y penser! 🙂»

Aucun des participants n’est ressortis indemne. Nous avons tous profité de la richesse de nos échanges en tout sens. Pourtant, ces différents « influenceurs » (je n’aime pas ce terme… mais il fallait trouver un terme pour qualifier à la fois les spécialistes de Twitter, les bloggers…) n’ont épargné personnes, même entre eux 🙂

Le système, notamment des Tweets est perfectible, lors des tables rondes. Je ne reviens pas sur le sujet, il a été abordé ailleurs (voir dans la liste des articles ci-après) 🙂

D’ailleurs, cela a été évoqué lors du bilan où nous avons tous (organisation et participants : exposants, « influenceurs »)  pris la parole. Certains étaient étonné de la transparence de ce bilan. C’était la première fois qu’il voyait cela ! Un autre indique pendant ce débat : «suis je bien en france ? : on s’écoute parler, on se répond, on argumente… #surrealiste #jevaismereveiller». C’est aussi cela, j’allais écrire c’est surtout cela Ludovia, un lieu d’échange où l’on s’écoute les uns les autres sans pour autant laisser tout et n’importe quoi, chacun réagissant à bon escient !

J’en profite pour reformuler certains de mes regrets pour cette année : la difficulté d’assister au colloque scientifique (je n’ai pas pu aller voir une seule communication en dehors de celles d’ouverte du colloque), j’ai également été un peu déçu par la journée de vendredi consacré à la veillesse… Certainement pas assez web 2 pour me satisfaire 😉 et toujours le même regret d’une année sur l’autre, l’absence des parents… et aussi des mondes de la formation continue, des universités…

Certains assimilent peut-être Ludovia au qualificatif : Université d’été = vacances = repos ! Ce n’est pas le cas, je vous assure… même si certaines photos pourrait le faire songer 😉 On travaille à Ludovia, dans la décontraction, mais on travaille.

Cela fait du bien à tous ces adeptes des média sociaux, des outils de collaboration et de partage (je ne dis pas TIC car pour certains les TIC se limitent à Word et à Excel —pardon à Open Office —, et aux courriers électroniques, ayant pour la plupart une tendance anti-ENT…), de croiser, rencontrer, échanger sur nos pratiques… Incroyable, nous ne sommes pas seuls !

La Norvège, invité d’honneur, nous présenta également une vision différente de l’usage des TIC dans les établissements et les salles de cours ! !

L’un des axes de Ludovia cette année était également l’établissement éducatif du XXIe siècle ! Nous avons proposé dans nos blogs et sur le site de Ludovia aux internautes de nous faire remonter leurs suggestions comme par le billet que j’avais diffusé !

Enfin, la graine que nous avions semé l’année dernière avec le Barcamp co-organisé avec Mario à commencer à donner des pousses (le premier barcamp de cette année où nous avons utilisé ardoises électronique et boitier de réponse) puis une belle plante lors du second barcamp sur l’utilisation du jeu multimédia et des Serious Game en salle de Classe . Il y a fort à parier que l’année prochaine nous récolterons les fruits 😉

D’ailleurs, en parlant de l’année prochaine dès le repas de vendredi, dernier jour de Ludovia, la réfléxion sur le thème de Ludovia 2011 était présente !

En attendant ce prochain rendez-vous, j’espère pour ma part vous recroiser sur les réseaux mais aussi en chair et en os à Lille, à Charleroi ? ou ailleurs, en tout cas avant l’été prochain 🙂 Et, mon espoir pour l’an prochain est de croiser encore plus de monde autour du Casino d’Ax les Thermes, en Ariège (Ludovia est subventionné par ce département :-).

Ce qu’ils ont dit sur Ludovia 2010

Généralement, lorsque j’apprends l’existence d’un événement ou d’une manifestation quelconque… j’aime retrouver au sein d’une page tous les liens qui me donne des comptes rendus sur ce qui c’est passé, etc. Je pense que cette année, je peux m’y coller 🙂

  • les comptes rendus officiels de l’ensemble des tables rondes, conférences… écrits par les « influenceurs » qui avait été invités nommés pour l’occasion rapporteur sont dans le blog de Ludovia.
  • Les causeries de Christophe


Causerie Ludovia2010 Eric Delcroix, Sébastien Reinders
envoyé par Batier. – Plus de vie étudiante en vidéo.

Mise à jour le 31 août à 23 h :

Ce qui a été dit dans de Ludovia dans Facebook, Buzz,  marqué dans Delicious est répertorié dans 48ers.

Mise à jour le 7 septembre :

La vidéo d’Alix Poulot : Ludovia 2010 et la version off 😉

Elle arrive dans Facebook

Je voulais profiter de ce Ludovia 2010 dont je ferais un compte-rendu dans le prochain billet pour publier cet éclairage peut-être différent sur l’utilisation d’Internet (notamment des réseaux sociaux) par les jeunes, sur le rôle des parents et sur le « livre ».

Mi-juillet était un grand jour pour la plus grande de mes filles : la date anniversaire de ses 13 ans. L’âge requis pour pouvoir légalement se créer un profil sur Facebook !

C’est avec curiosité que j’ai observé ces premiers pas dans le célèbre réseau social.

Inscription dans Facebook

J’avais décidé de lui permettre de créer son compte Facebook à cette date, pour la simple raison de l’inscription dans la durée à son nom. Pas besoin ainsi de changer de profil dans l’avenir ! En observant ce qu’on fait certains de ces « amis », l’une d’entre elles à 37 ans au lieu de 13 et désormais il est impossible de modifier la date de naissance !

Bon, mais revenons à ma fille. L’une des conditions, de sa part, était que je sois son ami dans Facebook 🙂 J’ai même indiqué que c’était ma fille 😉 Le problème de ce lien « amical » est plus important qu’on ne le pense. Devons-nous en tant que parent être ami avec nos enfants dans les réseaux sociaux ? Je ne le pense pas ! Toutefois, j’ai accédé à sa demande et j’ai donc été son premier ami à la création de son profil. Mais, je sais qu’à terme (moins d’une année, j’espère) je la laisserai voler de ces propres ailes ! Son profil Facebook lui appartient et je ne veux rien savoir de ses « amours », de ce qu’elle choisi dans la vie… Je redeviendrais ami avec elle dans quelques années, une fois l’adolescence passée…

Donc, le dimanche de son anniversaire aux premières heures de la matinée nous avons mis en place son profil ! Je l’ai aidé un peu, notamment dans la partie confidentialité !

Dans la foulée, avant même de rechercher ses propres amis de collège, elle a examiné les personnes de mon réseau et m’a demandé si elle pouvait demander à certaines personnes que je connaissais d’être ami avec elle ! Deuxième questions que l’on doit se poser en tant que parents : nos enfants doivent-ils avoir les mêmes amis que nous sur les réseaux sociaux ? J’ai donné mon accord pour qu’elle puisse contacter les personnes qu’elle avait déjà rencontrées (merci Émilie, Charles, Gina, Marie-Julie et Yann de l’avoir acceptée) parmi les professionnels qui m’entourent. Au passage, je lui ai expliqué que le but n’était pas d’écumer la liste d’amis des personnes qu’elle connaissait et qu’il ne servait à rien de courir vers la médaille en chocolat de celui qui a le plus d’amis !

Enfin, elle a recherché une amie, une autre… son réseau amical dans la vraie vie !

Comme ce jour-là des membres de la famille étaient invités, elle leur a signalé qu’elle les avait ajoutés à sa liste d’amis (en même temps, elle a établi le lien avec quelques parents éloignés ou amis de la famille très proche) et m’a demandé si elle pouvait publier une photo d’une partie de la famille 😉

Petit à petit son réseau s’est constitué par l’ajout dans un premier temps d’amis de collège qu’elle « aimait » bien. Le plus surprenant a été les demandes de personnes avec qui selon ses dires, elle ne serait pas du tout copine dans l’établissement scolaire. À la réflexion, je me demandais si la socialisation sur les réseaux sociaux ne correspondait pas également à une autre forme de socialisation. Le lien social avec les vrais amis est évident, mais un autre lien social semble exister : nous sommes dans le même établissement scolaire ; même si je ne t’aime pas, tu fais partie de la même communauté que moi ! En est-il de même en entreprise ? Le phénomène serait à observer. J’aurais tendance à dire que cela me paraît vrai pour les professionnels qui ont le même travail !

Et puis, certains de mes amis professionnels lui ont demandé pour devenir ami ! Elle m’a posé la question sur ce qu’elle devait faire ! Je lui ai laissé le choix de devenir ami ou non avec eux en lui expliquant cette fois que normalement si elle est amie avec eux c’est qu’elle a quelque chose à partager et qu’elle devait réfléchir à ce qu’elle pouvait partager avec ces amis « inconnus ». Le verdict est rapidement tombé ! Non, je ne les mets pas en ami !

Après un mois et demi d’utilisation pendant ces vacances scolaire, elle possède désormais 24 amis !

Autre question que nous avons rapidement due résoudre. Les demandes que j’ai reçues de la part de ses amis ! Je ne les aie pas acceptés. Elle comprend d’autant mieux qu’elle me disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi ils voulaient devenir amis avec moi et qu’elle n’avait pas envie d’être amie avec la mère d’une de ses relations par exemple. Et de justifier son choix en disant qu’elle était ami avec la fille, pas avec la mère !

Son appropriation de l’outil dont j’avais réduit les explications à sa plus simple expression (mais, elle me voit depuis longtemps sur Facebook) a été immédiate ! Elle a compris le principe du mur, du chat… et évidemment des jeux ! Rapidement, elle a reçu une demande pour rejoindre CafeWorld dont elle est assez accro 🙂

Mais, même dans ce jeu, rapidement elle a acquis une posture responsable. Nous (les adultes) recevons rarement des propositions de sa part pour ce jeu ! Cela reste entre « copains » du même âge !

Dernière remarque. Elle qui a des problèmes d’écriture du Français à cause de dyslexie fait d’énormes efforts pour écrire le mieux possible et presque sans faute sur Facebook ! Quand on voit le nombre d’erreurs lorsqu’elle écrit à la main ou si elle tape un texte à l’ordinateur, cela surprend.

Regarder un livre ou chercher sur Internet ?

Mais, ce n’est pas la seule remarque que je me suis faite sur le rôle des parents concernant l’éducation numérique de nos enfants pendant ces vacances.

Exposons la situation. Nous étions dans la maison de campagne et nous discutions au sujet des activités des uns et des autres. La plus petite souhaitait faire des activités nature, la plus grande des travaux de couture… Aussi, le réflexe pour la plus petite a été de la rapporter des livres de notre bibliothèque sur le thème qu’elle avait choisi. Pour la couture par contre, nous trouvons peu de choses dans nos rayonnages.

Le réflexe, il y a quelques années, aurait été de dire : «on va chercher un livre». Mais aujourd’hui faut-il acheter un livre ou consulter Internet ?

La question est d’autant plus importante pour moi que lorsque les enseignants donnent des recherches à effectuer, systématiquement, ils disent aux jeunes de rechercher sur Internet. Et dans ce cas-là, vieux réflexe de ma part, je fais chercher la date de naissance, la date de mort, la nationalité… d’un compositeur dans un dictionnaire papier. Je pourrais aussi le faire dans un dictionnaire du même genre sur le net, mais je crains toujours la « facilité » qui n’en est pas une dans ce cas du passage sur Wikipédia.

Bref, devons-nous en tant que parent apprendre à nos enfants à privilégier Internet ou faut-il leur apprendre à lire les livres papier ? Un fait est certain. Si l’on recherche une information, le passage sur Internet est de rigueur. Mais, un livre ou l’équivalent d’un livre ?

Je n’ai toujours pas une réponse définitive. Dans le futur, les livres papier de ce type existeront seulement sous forme électronique. Aussi, devons-nous dès à présent leur inculquer cette culture de la lecture sous cette forme ou devons-nous continuer à leur apprendre à trouver le livre papier qui leur est nécessaire ?

Le réflexe de chercher une recette de cuisine sur le net est devenu naturel chez nous. La centaine de livres de cuisines que nous possédons commencent à prendre la poussière ! Mais, là encore, c’est une information que nous cherchons en général (une recette).

Donc, je n’ai pas acheté de livre spécifique sur la couture et nous avons cherché sur Internet. Cela m’a amené une réflexion sur la lecture en tant que telle ? Lisons-nous un ouvrage pratique papier en piochant par-ci, par-là… ou le lisons nous comme un roman, de la première à la dernière page ? Même pour un roman, ne passons nous pas du stade de la lecture de l’ensemble de l’œuvre à celle d’extraits (j’entends déjà les hauts cris). Est ce que la lecture n’est pas en train de se transformer sous nos yeux ?

Cette lecture itinérante où la comparaison d’un texte est perpétuelle à d’autres texte est celle que nous avons pratiquée pour l’activé couture.

Au passage, Internet a servi de complément à la lecture des livres papiers… notamment pour la fabrication d’un séchoir à pomme 🙂

De la façon d’écrire et de publier des livres

Ces réflexions que nous avions ensemble sur la lecture complétaient celles que nous avions eues quelque temps avant concernant un travail que nous effectuons ensemble : les filles et moi ! En effet, nous avons profité de ces vacances pour terminer les recettes de Mémé Moniq, des recettes faites par des enfants pour des enfants et continuer le travail sur le Tour de France par 2 enfants. Les deux projets sont sur leur blog de façon partielle car je bascule leur site sur un BuddyPress 😉

La réflexion entre elles et moi fut dense une fois encore. Au début du projet notamment du livre de cuisine sur les recettes (en 2007), nous nous étions dit que l’on diffusait les recettes dans le blog et que l’on en faisait un livre. Aujourd’hui, les évolutions étant ce qu’elles sont… la version papier et PDF ne suffisent plus ! Nous devons prévoir les versions pour les lecteurs, pour l’IPhone, pour l’Ipad… Même la partie Internet a évolué. Du simple blog, nous passons à l’idée de communauté autour du livre, avec une mise à jour par l’ajout de recettes…

La structure pour le Tour de France par deux enfants a elle aussi évolué. Elle est passée d’une structure en chapitre (un chapitre par trajet) à celui d’une structure sous forme « d’encadrés ». Sans nous en apercevoir, nous avons trouvé une nouvelle structure qui convient bien mieux à la consultation sur Internet mais qu’il est encore possible de publier en version papier !

D’ailleurs, dans le cadre de Ludovia et notamment de la table ronde : ressources, manuels, livres et jeux numériques interactions des acteurs et modèle économique, la question que l’on pourrait désormais se poser est également l’implication des familles dans le processus créatif de ses ressources ? La famille a t-elle ou non un rôle à jouer ? Seule contrainte, la validation de la ressource… comment une famille peut faire valider sa ressource auprès des instances concernées ? Et ne faut-il pas revoir le système de validation de ces ressources : qui valide quoi ?

Quel établissements scolaires demain selon vous ?

Dans le programme de Ludovia, l’Université d’été de la e-éducation et des applications multimédia ludiques & pédagogiques plusieurs séminaires sont labélisés établissement du XXIème siècle et numérique, les  tables rondes ou BarCamps, établissement du XXIème siècle« …

Établissement scolaire est à prendre dans le sens large du terme depuis la maternelle jusqu’à l’université et les grandes écoles y compris la formation continue ! XXième siècle veut dire en 2040, 2060…

Jusque là rien d’anormal me diriez-vous, hormis que l’un des bloggueurs (pardon influenceurs, c’est çà Éric ? 😉 présent sur Ludovia présentera sa synthèse en assemblée plénière le jeudi 26 en fin d’après-midi ! Une sorte de table-ronde dans laquelle seront présentés les résultats des barcamps… L’expérience est originale !

L’autre aspect particulier est que l’on fait également appel à vous, lecteurs de ce blog et d’autres blog, followers des comptes Twitter… ! Comment imaginez-vous les établissements scolaires au 21è siècle ? Autrement dit quelles questions vous posez-vous sur l’avenir de l’enseignement et des structures associées ? Ne pensez pas que vos questionnement resteront lettre morte !

En effet, lors de l’ouverture officielle de l’université d’été Ludovia 2010 mercredi matin des questions seront posées depuis ce que vous nous aurez proposé !

Comment participer, poser votre question sur l’avenir des établissements scolaires pour demain ? Laisser votre question en commentaire dans ce blog, en message public ou privé sur @erdelcroix ou sur le blog de Ludovia2010 sont différentes solutions.

Ludovia 2010 : 3, 2, 1… C'est parti

À partir de ce lundi, je serais en route pour Ludovia 2010 pour une semaine complète (jusque vendredi 27 août) ! Donc, je préviens mes amis sur Twitter, Facebook… Il y aura beaucoup de messages marqués #Ludovia ou #ludovia2010 en perspective 🙂

Les organisateurs qui sont déjà arrivés sur place ce dimanche soir nous préviennent des conditions difficiles de travail dont nous allons bénéficier : 35° à l’ombre… Heureusement, c’est à Ax les thermes, au cœur de l’Ariège et il y a les thermes 🙂

L’année dernière j’avais été invité à cette université d’été sur l’e-éducation et les applications multimédia ludiques et pédagogiques. Nous avions organisé avec Mario un barcamp dans des conditions un peu particulières mais en jouant en même temps sur la liaison avec Twitter 🙂

Le tweet sera d’ailleurs à l’honneur comme moyen de communication en quelque sorte pendant cette semaine. Autre grande nouveauté cette année, des blogueurs dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement sont invités pour participer, relayer l’information, être « rapporteur » de certains événements…


Ludovia 2010 Les Blogueurs
envoyé par Batier. – Plus de vidéos campus.

Les blogueurs : Mario Asselin – Québec,  Christophe Batier – Lyon, Jonathan Fischbach – Belgique, Caroline Jouneau-Sion – Lille, Yann Leroux – Paris, Jean-Paul Moiraud – Lyon, Lyonel Kaufmann – Suisse, Annabel Saint-Paul – Toulouse, et moi-même et certainement quelques autres —j’ai les noms devrions vous préparer une petite surprise genre causerie hebdomadaire. Vous en saurez plus dès lundi soir je pense 🙂

Ludovia, 7e du nom dont le thème est Créativité et interaction regroupe des enseignants, des chercheurs, des entreprises actives dans le domaine, des collectivités publiques locales, des représentants de l’Éducation nationale française, des chefs d’établissement…

Si l’année dernière, outre le Barcamp cité plus haut, j’avais été l’un des instigateurs de l’introduction de Twitter en compagnie de Caroline et de Mario notamment, cette année, en complément de ce qu’a prévu l’organisation de Ludovia, j’ai mis en place un journal de Ludovia basé sur les messages de la liste twitter des participants à Ludovia depuis mon compte grâce à Paper.li : Ludovia2010. J’ai également mis en place les newsletters sur #ludovia et #ludovia2010 !

Voilà pour ce que j’ai préparé avant mon départ.

Sur place, je participerai à la table ronde sur Les médias sociaux en classe et je serai le rapporteur du BarCamp / atelier créatif : Concevoir et imaginer l’établissement du XXIe avec le numérique. Ça, c’est pour l’officiel 🙂

Officieusement, je serai régulièrement sur Twitter, mais, j’ai pensé également essayer de mettre en ligne une séance UStream chaque jour ! Je fais des infidélités aux cuisines du net pour quelques jours 🙂 J’essayerais de vous faire découvrir Ludovia d’une autre façon sur mon compte Ustream Eric Delcroix.

En attendant, demain, c’est le départ… D’ailleurs, je fais une pause à l’aéroport de Toulouse… Avis aux amateurs… j’ai deux heures environ à perdre (de 14 h 45 à 16 h 30 :-). Dernier détail pratique, je suis hébergé à la Résidence Pierre & Vacances ! Qui d’autres ?

Grandeur et décadence du elearning et de l'enseignement à la française !

Je reprends en grande partie le titre de l’article d’Eric Tiertant dans un hub de Viadeo car si le titre provocateur a retenu mon attention, il est vrai que son contenu concernant le elearning m’interpelle…

En bref, Eric Tiertant, en recherche de prestataires pour monter d’importants projets elearning et après avoir rencontrer une grande partie des prestataires sur le sujet met en exergue quelques réflexions sur le monde du elearning Français.

Par exemple, son attente ludo-pédagogique est déçue et il précise que l’ensemble des prestataires propose sensiblement les mêmes activités : Quizz, QCM et drag & drop répétés à l’envi. Au final, les activités sont répétitives, l’intérêt pédagogique peu évident tant les réponses à trouver sont d’un faible niveau.

Le elearning semble être un sujet issu du monde de la formation dont se sont accaparés les techniciens informaticiens. Il note également un manque de DA (Directeur Artistique).

En parallèle, je lisais également L‘e-learning en manque d’imagination, et de collaboratif. J’en retiens : les TICE sont des outils à disposition de l’enseignant, mais pas à l’exclusion des autres : à juste titre. Ensuite, les intégrer facilement à l’enseignement nécessite qu’elles soient pertinentes par rapport aux objectifs de formation, mais aussi que soit mise en œuvre une stratégie de formation en adéquation avec elles.

Cela m’inspire quelques réflexions à mon tour…

Je suis souvent déçu moi aussi par ce que je rencontre dans le domaine du e-learning… et la question à laquelle je me confronte régulièrement est : pour quel usage ont-il fait du elearning. J’ai plus souvent l’impression de découvrir un moyen de compléter un cours… une aide à un cours en présentiel en quelque sorte… mais, pas du elearning dans le but réel d’apprentissage à distance.

Ceci explique certainement l’aspect PowerPoint, l’utilisation à outrance des Quizz, QCM et drag & drop…

On pourrait pousser la réflexion plus avant… Cette situation ne reflète-t-elle pas outre l’immaturité du marché (le sera-il un jour ?) le manque d’implication des enseignants.

Pour ma part, je pense que nous en sommes encore beaucoup trop souvent à une situation où les enseignants en général font plus « mumuse » avec les outils qui leurs sont offerts qu’une profonde réflexion nécessaire à l’emploi d’outils, de technologies, de comportements… dans le but de tirer pleinement profit de ces nouveautés mis à leur disposition… L’un des exemples les plus aberrants pour moi est l’utilisation qui est faite la plupart du temps des TBI, les tableaux Blancs Interactifs !

Quoi qu’on en dise, les enseignants qui sont au cœur du dispositif ou pour lesquels on travaille sont tous issus du même moule… Ils ont, pour la plupart connu qu’une seule manière d’enseigner et s’ils sont devenus enseignants, c’est aussi parce que le cursus scolaire leur était adapté. Donc, en général, la seule manière de penser leurs enseignements, y compris à distance, est de reproduire plus ou moins la manière dont ils ont appris, qu’ils enseignent… en ajoutant par ci, par là des fonctionnalités qui donne l’impression de faire avancer la pédagogie mais qui ne sont en réalité qu’un saupoudrage de technologie.

Combien de cours à distance sont encore de simples PDF mis à disposition des étudiants ? On aurait même tendance à penser dans ces cas-là-là que l’enseignant ne sert à rien… puisque c’est une reproduction de ce qu’ils ont dit en cours, donc on pourrait considérer que le rôle de l’enseignant se limite à « lire » un discours qu’il a écrit à l’avance. Ce n’est évidemment pas ce que je pense. Alors, pourquoi le faire de cette manière à distance ?

Maintenant, changeons la donne. Prenons des enseignants hors normes ! Imaginons que nous employons des autodidactes ou des réfractaires aux systèmes scolaires traditionnels… Bref, nous apportons du sens neuf à l’enseignement et nous sortons du vase clos 🙂

Je pense que là, nous aurions du vrai elearning, de la vraie utilisation des nouvelles technologies dans l’enseignement…

Avez-vous déjà réfléchi comme se forme un autodidacte ? Cela n’a rien à voir avec un enseignement traditionnel, même si, parfois certaines formes d’enseignements traditionnels combles l’autodidacte… allez savoir pourquoi 😉 Donc, pas question non plus de vouloir faire table rase du passé… Certaines méthodes traditionnelles ont du bon 🙂 Il faut juste un bon équilibre entre tout cela !

La question que l’on pourrait se poser à juste titre est : «Quand arriverons-nous à maturité par rapport à cette thématique ?» J’aurais tendance à répondre quand les enseignants auront compris l’utilisation de l’informatique et d’Internet (et de ces dernières technologies), qu’ils l’utiliseront chaque jour dans sa diversité, qu’ils seront prêts à se remettre en cause au niveau de leur pédagogie…

Et puis, les structures environnent le monde éducatif doit évoluer lui aussi… Il ne doit pas rester à la traine. Un exemple. Sans le citer, alors. Une structure dans le monde de l’enseignenment que je connais (j’ai pas dit national, régional ou local, vous avez remarqué 😉 est en pleine réfléxion sur leur nouveau site…

Seulement, lorsque le site verra le jour, il y a fort à parier que les solutions ne seront pas présentes. Elles lui ont fait peur. Je peux vous prédire la disparition de cette entité à court terme (Moins de 5 ans) et j’entends déjà leurs remarques. On ne comprend pas, on a pourtant fait tout ce qui était possible ! Possible, oui… mais avec une vision passéiste, en prenant en compte l’avis d' »experts » orientés web comme au début des années 2000 (ceux qui entre autre diffuse des PDF en ligne 😉 ou, peut-être pire, dans certains cas des experts « acoquinés » avec des marques (je ne cite personne et aucune structure 😉 !

Alors, oui, ils ajouteront : «On ne savait pas !» Maintenant, ils savent !

IDEMM, encore et toujours… ou une année scolaire et universitaire

C’est vrai que je ne suis plus officiellement responsable du master IDEMM de Lille3 (UFR IDIST) depuis un an, mais j’aime toujours autant le travail des étudiants de cette formation qui je le rappelle est l’une des seules formations universitaire sur la communication par le web !

En général, je me sens un peu comme un poisson dans l’eau en compagnie des étudiants de ce master 🙂 Ça, faut pas leur répéter 😉 Mais, maintenant, ils sont en stage… donc, pas de problème, je peux le dire 🙂

Comme je ne suis plus responsable d’année, je pense que ce n’est pas mon rôle de faire la publicité à outrance pour ce master auquel pourtant je crois dur comme fer, le temps qu’il conservera le même cap. Mais, cette année encore, je dois le reconnaitre, les étudiants ont fait fort !

Les étudiants d’IDEMM on débuté l’année en assurant la communication on-line des rencontres net 2009. Digiport, notre commanditaire est ravi du résultat, au point que nous mettons en place un partenariat.

D’ailleurs, un peu tardivement (mais, mieux vaut tard que jamais, j’suis bien placé pour le dire, avec la vidéo de la rencontre sur l’identité numérique que j’ai en stock depuis octobre et qui n’est toujours pas en ligne :-(, donc, oui, désormais, le film des rencontres net 2009 sur le net en 2015 est en ligne.

Mais, ce n’est pas tout. Ils ont également réalisé une vidéo de présentation du Master ICD IDEMM (Lille 3) sans qu’on leur demande rien 🙂 IDEMM Backstage –  dont je mentionnais la présence hier dans Idemm, une formation hors du commun.

Autre activité, leur participation aux journées du contenu web avec la partie Idemmatic 🙂

Et puis, ayant relayé dans Twitter le travail d’un étudiant : conception et ergonomie des interfaces : Netvibes cela c’est très vite transformé en «Netvibes félicite un étudiant lillois pour ses reco en ergonomie». Aurélie en fait un billet et j’ai même reçu des messages du type : «preuve de la qualité de votre Master !». Cela fait toujours plaisir, même si ce n’est plus « mon » master 😉 Bref, un article relayé et c’est un p’tit buzz qui se met en place 🙂

Vous l’avez compris, mais vous le saviez certainement, j’encourage les étudiants à utiliser tous les artifices du web communautaire… avec ou sans moi 😉 Sinon, y’en a qui vont encore dire que je tire la couverture pour moi  🙂

Ajouté à cela l’expérience Internet2010, où les étudiants de master 1 ont travaillé pendant plusieurs mois lors des exposés dans twitter et la boucle est presque terminée (le site qui accompagne cette expérience est dans les choux, j’y travaille !)

Presque, car, d’un autre côté, sur le blog de mes filles (à « l’abandon » depuis septembre à cause de soucis informatiques, mais nous avons prévus des vacances d’été studieuses avec pour objectif de terminer les recette de la cuisine de mémé ainsi que de finaliser le « tour de France par 2 enfants », les commentaires sur l’exposé des dauphins, sur Remus et Romulus, etc. succitent pas mal de commentaires de la part de jeunes à la recherche de ces informations… 🙂 Comme quoi, l’usage du blog n’est pas réservé aux universitaires.

Autre remarque. Lors du passage de l’ancienne version de ce blog à la nouvelle (j’espère maintenant résoudre la question de l’erreur 403), l’un des premiers courriers que j’ai reçu concernait les cartes heuristiques (cartes mentales ou mind map) que je fais avec les enfants de leurs cours. En effet, par le jeu des changements d’adresse, elles n’étaient plus disponibles. Encore un aspect éducatif qui est à mettre en exergue… l’utilisation du mind mapping en cours 🙂 Nous publierons l’ensemble des cartes heuristiques des cours de cette année vers le mois de juin, même si je n’ai pas résisté à la publication à déjà mettre en ligne Mind Mapping à dix ans 🙂

Tout ceci pour dire qu’il y a du travail à faire dans l’éducation nationale, à quelques degré que ce soit de l’école « primaire » à l’université pour prendre en compte tous ces nouveaux supports de communication 🙂 Et encore, je pense que je me limite : pas de TBI (Tableau Blanc Interactif), pas de mise en place réelle de travail collaboratif à distance… Ce sera peut-être pour l’année prochaine 🙂 Thierry Klein m’a dit que Speechi avait des annonces à faire 🙂

Communication institutionnelle et en cours dans l'éducation

À la demande d’une institution universitaire, j’intervenais ces derniers jours dans un comité de travail pour la future communication institutionnelle de cette université sur le web 2.0 (réseaux sociaux dont principalement Facebook, Viadeo, Linkedin et Twitter). Et puis, hier, je découvre wikis, blogues et web 2.0 – Opportunités et impacts pour la formation à distance, un pdf d’une centaine de pages préparé par le REFAD (Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada).

Pourquoi ce préambule ? Je me faisais une réflexion lors de la réunion de travail. Peut-on dans le web 2.0 différencier communication institutionnelle et usages pédagogiques dans les réseaux sociaux. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre et, je trouve en partie des arguments dans le PDF cité.

En effet, l’essence même d’un réseau social est l’ami « virtuel », le contact. Aussi, dès que l’on donnera la possibilité à des personnes de rejoindre une communauté, celle des étudiants, des enseignants, des administratifs, dans notre cas universitaire, je pense qu’il y aura en effet une communication institutionnele de l’université vers ses usages (et pas seulement de la part des porte-paroles « officiels ») et aussi les retours, relaie, commentaires de ces usagers. Comment allons nous faire comprendre à un étudiant qu’un enseignant, une UFR, etc. est présent dans Facebook mais refuse de communiquer avec lui via cet outil par exemple ?

Comment peu à peu, l’étudiant privilégiera son compte Twitter pour questionner l’enseignant ou l’UFR sur un point donné. D’ailleurs, parfois, nous leur laissons notre numéro de téléphone, notre adresse de courrier électronique… alors pourquoi pas nos coordonnées sur les réseaux sociaux ?

Et puis, faut-il ou non laissser twitter les étudiants pendant ou à la sortie du cours… Pourquoi les étudiants ne se mettraient-ils pas à Twitter pendant leurs cours par petites équipes, incluant au passage liens supplémentaires, photos du tableau (en attendant les TBI). Je serais curieux de savoir, en dehors de mes cours, si cela ne c’est jamais produit jusqu’ici… (même si votre prof. ne le sait pas, vous pouvez me le dire en privé 🙂 Le public dans les conférences et les colloque le fait bien ! Pourquoi pas les étudiants.

Est ce que l’enseignant ne doit pas tenir compte de ces nouvelles pratiques. «La fac utilise bien le canal des réseaux sociaux pour établir un lien avec nous… Pourquoi nous ne l’emploirions pas en cours ?» Les premières réactions ne se feront pas attendre lorsque l’enseignant apprendra que l’un de ces étudiants a écrit dans un réseau social : Untel à dit que : «…»

Sur le Web 2.0, la « force est dans le réseau » indiquait O’Reilly en 2005.  Il y a d’abord une connectivité entre personnes : par l’enchevêtrement de liens qui lient les interventions et les individus qui s’y intéressent, par progression virale, elle mène à la création tant de vastes réseaux que de niches d’intérêts.

Si je mets en relation l’évolution du Web et de ses caractéristiques supposé dans le cadre d’un apprentissage en ligne comme l’indique le PDF.

Lors du Web 1.0, l’apprentissage est centré sur le matériel de cours que l’enseignant met en ligne (mise à jour occcasionnelle) et que l’étudiant consulte et l’interaction (surtout hors web : courriel, téléphone…) est limitée.

Dans le web 2.0, l’étudiant diffuse ses productions individuelles ou collectives…  et les étudiants communiquent instantanément entre eux et avec leur enseignant par des moyens multiples, principalement réseaux sociaux et microblogues…

Difficile à partir de là de séparer dans la réflexion communication institutionnelle de l’usage en cours du web 2.0… L’élément central est l’étudiant. Ce sont eux avant tout qui seront la force de ces réseaux pendant les enseignements et en dehors des cours, sans oublier que pour éviter les inégalités, la formations des uns et des autres est nécessaire. Mais, je pense que ce sera l’objet d’un autre débat.

Mind mapping à dix ans

carte heuristique de clara pour la révolution française

Je suis rentré un soir… Elle m’a dit :«Est ce que tu peux vérifier ma carte heuristique que j’ai faite car j’avais du mal à apprendre ma leçon !» Elle, c’est Clara, 10 ans en CM2 qui vient de réaliser sa première carte à la main 🙂

Le cœur de la carte m’a amusé, mais il correspond tellement à ses préoccupations : naissance de l’égalité 🙂

Une fois validé la carte, Clara est parti dans de grands discours comme quoi elle ne comprenait pas que personne dans l’éducation nationale n’explique comment et pourquoi il est possible de réaliser des cartes heuristique, d’utiliser le mind mapping !

Nous utilisons fréquemment les cartes heuristiques (certaines sont disponibles dans le billet : Mind mapping pour les exposés et l’apprentissage des leçons) dans MindNode ou Freeemind avec sa grande soeur qui est dyslexique et généralement, je supervise 🙂

Mais pour cette initiative de réaliser seule sa carte dans son coin, à la main, je n’ai pu que la féliciter 🙂

À la réflexion, quand le monde de l’éducation présentera-t-il d’autres moyens d’apprentissages en dehors des sentiers battus et rebattus ? Quand utiliserons nous (les enseignants) la plus large palette des possibilités qui nous sont offertes afin d’aider l’apprenant et adaptées à leur niveau… même si je ne suis pas certain que Twitter soit réservé aux étudiants d’université (voir ma propre expérience dans le fossé se creuse entre enseignant – élève).

mon université 2.0

On me demande assez souvent de donner les avantages que je vois à l’intégration des médias sociaux et des réseaux sociaux dans mes cours, depuis 2004 !

En effet, dès cette époque, j’employais les blogs dans mon enseignement, puis de fil en aiguille, j’ai suivi les évolutions d’internet et choisi d’employer les outils de réseaux sociaux au sein de mes cours, pour arriver à l’expérience de Twitter en cours de Master 1. (On peut même se demander si les réseaux sociaux ne sont pas dépassés avec l’apparition du web temps réel)

Une remarque au préalable, parfois ce sont les étudiants qui me « contraignent » à évoluer plus vite que je ne le voudrais… Ainsi, lors de la mise en place d’une relation d’un groupe de travail dans Facebook, naturellement les étudiants ont quitté notre ancien moyen de communication de l’époque, un groupe de diffusion Yahoo en moins d’une semaine. Les étudiants avaient basculé toute notre communication dans le réseau social. C’était en 2007.

Cette année, les étudiants sachant que j’étais présent dans Twitter m’ont demandé de communiquer sur ce média à leur intention plutôt que dans notre groupe privé dans Facebook !

Voilà la situation… Soit nous « enseignants » évoluons, soit nous restons comme des boulets pour nos étudiants. Il n’est même plus question de savoir si l’on doit utiliser les TIC en classe. Nous en sommes à la présence et à l’usage des réseaux sociaux, voire même du web temps réel dans nos enseignements qu’il ne faut pas confondre avec les plates-formes d’apprentissage en ligne (Moodle, Claroline…).

Reprenons un peu le fil des événements et l’intérêt de l’ajout des activités et des relations au travers du web 2.0, des réseaux sociaux ou si l’on préfère des médias sociaux.

Au passage, lors de l’écriture du livre « Facebook, on s’y retrouve », au printemps 2008, l’ESC de Lille (devenu SKEMA) et l’université de Lyon utilisaient déjà Facebook. Les uns pour former leurs étudiants afin qu’ils se créent leur réseau de relation professionnelle (pour forger l’identité numérique professionnelle des étudiants) et la seconde pour le coupler à l’inscription de l’université). Pour l’écriture du livre sur Flickr, j’avais également trouvé des utilisations de ce service de partage d’images dans le monde de l’éducation.

Mais, revenons au premier blog que nous avons mis en place avec les étudiants : un « blog de classe », où les étudiants « montraient » à tous ce qu’ils étaient en tant qu’équipe. C’était aussi un outil de rassemblement, d’union, de cohérence entre les membres du groupe. En plus, cela leur permettait de produire et co-produire pour les enseignants mais aussi pour l’extérieur !

Cette confrontation aux autres est un élément important de la démarche de l’intégration des réseaux sociaux dans l’enseignement. Dans ce cas, l’effet avait été d’autant plus important qu’ils avaient appri que leurs textes avaient été remarqués par des journalistes d’une grande radio française.

En effet, les blogs et les systèmes de partages appartenant à la galaxie du Web 2 permettent de rendre consultables sur le web activités, ressources, consignes et commentaires réalisés en classe (pourquoi d’ailleurs ne pas tirer profit de cette possibilité pour étendre parfois le cours hors de la classe… En revenant ce dernier lundi, je me suis aperçu qu’un étudiant avait Twitté pendant le cours : «Actuellement, petit débat sur l’Ipad et plus particulièrement sur le tout dématérialisé avec @erdelcroix Les avis sont partagés.»)

Ce peut être aussi un moyen d’avoir un feedback sur son cours… ou même, pourquoi pas, faire des réseaux sociaux un espace où les élèves pourraient émettre leurs propres suggestions quant aux méthodes pédagogiques…

Évidemment, il ne faut pas vouloir préserver l’esprit de caste, de recroquevillement sur nous-même, d’espace privatif dans nos enseignements ! L’espace de la classe privé et exclusif aux étudiants doit voler en éclats pour s’ouvrir sur le monde extérieur. Cela implique évidemment un comportement adéquat de l’enseignant qui doit apprendre à manipuler le off comme lorsque l’on s’entretient avec un journaliste… Une notion de confiance réciproque doit se mettre en place.

Surtout que, pour les étudiants, partager est quelque chose de naturel. Il est donc simple et évident pour eux de partager leurs expériences sur Internet. Dans une classe, je posais cette question : «Est-ce que cela vous dérange de partager des photos, des informations sur Internet ?» Les étudiants semblèrent très surpris de ma question… et leur réponse fut : «Évidemment pas, sauf, ce que nous considérons de privé que nous laissons seulement voir à nos proches !».

Toutefois, ce nouveau partage modifie la nature du pouvoir, la nature de l’enseignement et la nature de la fonction d’enseignant qui passe du statut de celui qui sait tout à celui de coordinateur du savoir et de la connaissance, de l’orientation dans la connaissance et le savoir…

L’enseignant n’est plus le seul à détenir la vérité. D’ailleurs, le savoir n’appartient plus à l’enseignant uniquement. Le savoir peut être aussi extra-muros et peut se construire en co-production ouverte, l’on peut comme enseignant cultiver l’intelligence collective qui s’enrichit au fil du temps du dialogue entre les uns et les autres.

Cela doit être pris en compte dans notre enseignement et dans notre manière d’enseigner à l’aide de ces nouveaux outils et ces nouveaux moyens de communication « réels » et d’échange d’aujourd’hui !

Nous arrivons par ces biais à un système centré sur l’apprenant (notamment par la souplesse des solutions existantes) où il devient simple de passer d’une «communauté de pratique» à celle de «réseaux de pratique», autrement dit de l’apprentissage en groupe à l’apprentissage collectif via les réseaux comme le soulignait Terry Anderson lors de la journée Réseaux sociaux et éducation organisée par le MATI (maison des technologies de formation et d’apprentissage Roland-Giguère) au printemps dernier.

Pour les étudiants, la fréquentation des médias sociaux est un moyen d’acquérir de nombreuses compétences. Une étude réalisée par des chercheurs en éducation à l’Université du Minnesota confirme qu’ils peuvent être de formidables outils éducatifs associant à la fois l’acquisition de compétences technologiques comme l’édition et modification de contenu, la créativité et le fait d’être ouvert à la nouveauté et à des opinions différentes.

D’ailleurs, lors de « l’expérience Twitter » je n’avais jamais vu autant de diversité comme support de présentation à la place de l’habituel PowerPoint (Netvibes, CMS…) !

L’éducation à la culture informationnelle pour répondre au défi de la société de la connaissance, la dynamique de production de savoirs et leur gestion pour un apprentissage tout au long de la vie sont désormais les moteurs de l’éducation du XXI° siècle, comme l’écrit Jean-Paul Pinte dans sa thèse. Cela pourrait être résumé par le slogan d’Apprendre 2.0 : co-apprendre à apprendre durablement !

L’un des premiers ressenti par les étudiants est souvent que ces plates-formes sur lesquelles ils sont chaque jour en dehors de leurs activités étudiantes leur paraissent, à tort ou plus certainement à raison «intéressantes, conviviales et amusantes» dans le cadre d’un cours par rapport aux environnements habituels dans lesquels ils évoluent au sein de leur amphi ou classes habituelles.

Curieusement, une amélioration de la communication enseignant-étudiants s’établit naturellement au travers de ces réseaux. Pas question pour autant d’être copain avec les étudiants ou de se mêler de leur vie privé… À chacun d’ailleurs de préserver sa vie privée, les paramétrages de confidentialité sont là pour cela dans les réseaux.

Chacun des deux côtés doit apprendre à gérer ces nouveaux outils… C’est la connaissance superficielle ou l’image que l’on s’en fait qui est «dangereuse».

De même, selon chacun, rien n’oblige de répondre dans l’instant ou d’accepter toutes les sollicitations des étudiants. À l’enseignant de filtrer et de répondre quand il le souhaite tout en sachant que parfois ces outils permettent le traitement de l’urgence.

Petit exemple. Un jour, j’avais donné rendez-vous à un horaire complément inhabituel à des étudiants et cela m’avait échappé. Alors que j’étais dans une entreprise, j’ai vu sur mon compte Facebook une grande quantité « d’appels »… Les étudiants souhaitaient juste savoir si je les avais oubliés ou pas ? Ce qui me semble normal ! J’ai ainsi pu les « libérer » de leurs contraintes… Pas de bruit (appel téléphonique), pas besoin d’aller au bureau…

Mais, ce rapport étudiants-enseignant prend parfois d’autres aspects, notamment la continuation pédagogique, y compris simplement pour venir en aide aux étudiants. Cela m’est déjà arrivé alors que j’étais souffrant et incapable de me rendre à l’université de prévenir les étudiants qui étaient quand même venus pour travailler sur un projet d’année, et donc, je pouvais répondre à leurs questions, apporter mon aide à travers le réseau.

À l’inverse, lors de l’expérience avec Twitter, cela à permis à des étudiants bloqués dans les transports en commun (Twitter se consulte également sur téléphone), malades ou absents pour une tout autre raison de suivre quand même le cours de ce jour-là !

Je n’aborde même pas le nomadisme qui devient l’un des éléments moteurs également pour l’université 2.0.

D’autres aspects non-pédagogiques sont également perceptibles. Par exemple, je ne compte plus le nombre de messages que je reçois où l’on me pose des questions sur le Master IDEMM, l’UFR y compris pour des lycéens qui cherchent la voie à suivre pour arriver à un métier donné !

C’est donc également un moyen de donner de la visibilité aux formations que nous organisons…

Il y a toute une gamme d’expériences pédagogiques à développer dans ces nouveaux contextes de communication et échanges extra-muros et ouverts à tous dans cette nouvelle société de l’information et de la communication. Je m’étonne toujours et ne m’explique pas l’avancée des formations FLE (Français Langue Etrangère) dans ce domaine.

Comme l’écrit François Guité : « On cherche bien, par toutes sortes de contorsions, comment adapter les réseaux sociaux aux institutions scolaires. Il ne vient pas à l’esprit que les nouvelles technologies de la communication appellent de nouveaux modèles d’apprentissage, des processus qui s’accordent mal à des institutions modelées sur la transmission livresque du savoir».

Comme responsable d’année, j’envisageais par exemple d’employer ces réseaux sociaux pour faire « se rencontrer » les étudiants avant même leur arrivée au sein du master… La communication entre les étudiants s’améliore grâce à ces outils et ils favorisent l’intégration des nouveaux arrivants au sein d’un groupe et par là même à l’université.

J’ai déjà tenté la mise en place d’une conférence « virtuelle » sur une thématique au sein d’un cours… Ce fut un échec technique, mais de nouveaux services offrent des possibilités encore plus riches en interactivité dans ce domaine avec une facilité de mise en oeuvre déconcertante  Il devient simple d’agréger en un clin d’œil une partie de son réseau afin de le faire participer à une « classe virtuelle » où le débat pourrait s’instaurer… Ce n’est qu’une piste des possibilités d’ouverture et de mettre en place un cours d’une manière différente, qui utilise le potentiel des réseaux sociaux et des sphères de connaissance de chacun. Pour que cela fonctionne, les services informatiques des universités doivent «suivre» et ne pas être un frein.

Autres exemples, les serious games (les écoles d’ingénieurs s’y mettent, pourquoi pas les universités), les tableaux blancs Interactif (TBI) dont on équipe les écoles en France qui pourraient servir aux étudiants à ré-écouter le cours plutôt que de demander à un autre étudiant sa prise de note ou peut-être aller consulter un cours d’un autre enseignant sur le même sujet, mais avec une approche différente !

Reste une ombre à ce tableau… L’identité numérique. Mais, cette identité numérique doit justement devenir un incontournable de la formation fondamentale. Le devoir des établissements d’enseignement est l’éducation au numérique, avec en point de mire une présence « raisonnée» qui sera nécessaire sur le net pour exister professionnellement (en dehors et à l’intérieur de l’université et du monde de la recherche) à la fois pour les enseignants et les étudiants.

Régulièrement, l’objet de mes enseignements concerne cette éducation numérique de l’usage des réseaux sociaux… en plus, de l’organisation de conférences co-organisées avec Blog en Nord sur la thématique de l’identité numérique à laquelle sont conviés les étudiants !

Comme nous le remarquions avec Mario Asselin lors de Ludovia trop de discours officiels sont empreints de l’aspect «recroquevillons nous sur nous-même» alors que nous sommes au milieu du guet dans le monde du web 2 qui est, rappelons le, la conjugaison des verbes : partager, collaborer et interagir !

Un bien beau slogan pour les universités d’aujourd’hui : partager, collaborer et interagir avec le monde extérieur ! Non ? Si l’on devait résumer l’université 2.0, elle se résumerait à cela !

Pour aller plus loin :

Je vous recommande la lecture de : Vivre et apprendre avec les médias sociaux y compris et surtout à l’université et de vous plonger dans le wiki de Clair2010: Pour voir l’éducation autrement… qui vient de se dérouler il y a quelques jours au Canada.

mais aussi :