Ludovia 2010 : 3, 2, 1… C'est parti

À partir de ce lundi, je serais en route pour Ludovia 2010 pour une semaine complète (jusque vendredi 27 août) ! Donc, je préviens mes amis sur Twitter, Facebook… Il y aura beaucoup de messages marqués #Ludovia ou #ludovia2010 en perspective 🙂

Les organisateurs qui sont déjà arrivés sur place ce dimanche soir nous préviennent des conditions difficiles de travail dont nous allons bénéficier : 35° à l’ombre… Heureusement, c’est à Ax les thermes, au cœur de l’Ariège et il y a les thermes 🙂

L’année dernière j’avais été invité à cette université d’été sur l’e-éducation et les applications multimédia ludiques et pédagogiques. Nous avions organisé avec Mario un barcamp dans des conditions un peu particulières mais en jouant en même temps sur la liaison avec Twitter 🙂

Le tweet sera d’ailleurs à l’honneur comme moyen de communication en quelque sorte pendant cette semaine. Autre grande nouveauté cette année, des blogueurs dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement sont invités pour participer, relayer l’information, être « rapporteur » de certains événements…


Ludovia 2010 Les Blogueurs
envoyé par Batier. – Plus de vidéos campus.

Les blogueurs : Mario Asselin – Québec,  Christophe Batier – Lyon, Jonathan Fischbach – Belgique, Caroline Jouneau-Sion – Lille, Yann Leroux – Paris, Jean-Paul Moiraud – Lyon, Lyonel Kaufmann – Suisse, Annabel Saint-Paul – Toulouse, et moi-même et certainement quelques autres —j’ai les noms devrions vous préparer une petite surprise genre causerie hebdomadaire. Vous en saurez plus dès lundi soir je pense 🙂

Ludovia, 7e du nom dont le thème est Créativité et interaction regroupe des enseignants, des chercheurs, des entreprises actives dans le domaine, des collectivités publiques locales, des représentants de l’Éducation nationale française, des chefs d’établissement…

Si l’année dernière, outre le Barcamp cité plus haut, j’avais été l’un des instigateurs de l’introduction de Twitter en compagnie de Caroline et de Mario notamment, cette année, en complément de ce qu’a prévu l’organisation de Ludovia, j’ai mis en place un journal de Ludovia basé sur les messages de la liste twitter des participants à Ludovia depuis mon compte grâce à Paper.li : Ludovia2010. J’ai également mis en place les newsletters sur #ludovia et #ludovia2010 !

Voilà pour ce que j’ai préparé avant mon départ.

Sur place, je participerai à la table ronde sur Les médias sociaux en classe et je serai le rapporteur du BarCamp / atelier créatif : Concevoir et imaginer l’établissement du XXIe avec le numérique. Ça, c’est pour l’officiel 🙂

Officieusement, je serai régulièrement sur Twitter, mais, j’ai pensé également essayer de mettre en ligne une séance UStream chaque jour ! Je fais des infidélités aux cuisines du net pour quelques jours 🙂 J’essayerais de vous faire découvrir Ludovia d’une autre façon sur mon compte Ustream Eric Delcroix.

En attendant, demain, c’est le départ… D’ailleurs, je fais une pause à l’aéroport de Toulouse… Avis aux amateurs… j’ai deux heures environ à perdre (de 14 h 45 à 16 h 30 :-). Dernier détail pratique, je suis hébergé à la Résidence Pierre & Vacances ! Qui d’autres ?

Grandeur et décadence du elearning et de l'enseignement à la française !

Je reprends en grande partie le titre de l’article d’Eric Tiertant dans un hub de Viadeo car si le titre provocateur a retenu mon attention, il est vrai que son contenu concernant le elearning m’interpelle…

En bref, Eric Tiertant, en recherche de prestataires pour monter d’importants projets elearning et après avoir rencontrer une grande partie des prestataires sur le sujet met en exergue quelques réflexions sur le monde du elearning Français.

Par exemple, son attente ludo-pédagogique est déçue et il précise que l’ensemble des prestataires propose sensiblement les mêmes activités : Quizz, QCM et drag & drop répétés à l’envi. Au final, les activités sont répétitives, l’intérêt pédagogique peu évident tant les réponses à trouver sont d’un faible niveau.

Le elearning semble être un sujet issu du monde de la formation dont se sont accaparés les techniciens informaticiens. Il note également un manque de DA (Directeur Artistique).

En parallèle, je lisais également L‘e-learning en manque d’imagination, et de collaboratif. J’en retiens : les TICE sont des outils à disposition de l’enseignant, mais pas à l’exclusion des autres : à juste titre. Ensuite, les intégrer facilement à l’enseignement nécessite qu’elles soient pertinentes par rapport aux objectifs de formation, mais aussi que soit mise en œuvre une stratégie de formation en adéquation avec elles.

Cela m’inspire quelques réflexions à mon tour…

Je suis souvent déçu moi aussi par ce que je rencontre dans le domaine du e-learning… et la question à laquelle je me confronte régulièrement est : pour quel usage ont-il fait du elearning. J’ai plus souvent l’impression de découvrir un moyen de compléter un cours… une aide à un cours en présentiel en quelque sorte… mais, pas du elearning dans le but réel d’apprentissage à distance.

Ceci explique certainement l’aspect PowerPoint, l’utilisation à outrance des Quizz, QCM et drag & drop…

On pourrait pousser la réflexion plus avant… Cette situation ne reflète-t-elle pas outre l’immaturité du marché (le sera-il un jour ?) le manque d’implication des enseignants.

Pour ma part, je pense que nous en sommes encore beaucoup trop souvent à une situation où les enseignants en général font plus « mumuse » avec les outils qui leurs sont offerts qu’une profonde réflexion nécessaire à l’emploi d’outils, de technologies, de comportements… dans le but de tirer pleinement profit de ces nouveautés mis à leur disposition… L’un des exemples les plus aberrants pour moi est l’utilisation qui est faite la plupart du temps des TBI, les tableaux Blancs Interactifs !

Quoi qu’on en dise, les enseignants qui sont au cœur du dispositif ou pour lesquels on travaille sont tous issus du même moule… Ils ont, pour la plupart connu qu’une seule manière d’enseigner et s’ils sont devenus enseignants, c’est aussi parce que le cursus scolaire leur était adapté. Donc, en général, la seule manière de penser leurs enseignements, y compris à distance, est de reproduire plus ou moins la manière dont ils ont appris, qu’ils enseignent… en ajoutant par ci, par là des fonctionnalités qui donne l’impression de faire avancer la pédagogie mais qui ne sont en réalité qu’un saupoudrage de technologie.

Combien de cours à distance sont encore de simples PDF mis à disposition des étudiants ? On aurait même tendance à penser dans ces cas-là-là que l’enseignant ne sert à rien… puisque c’est une reproduction de ce qu’ils ont dit en cours, donc on pourrait considérer que le rôle de l’enseignant se limite à « lire » un discours qu’il a écrit à l’avance. Ce n’est évidemment pas ce que je pense. Alors, pourquoi le faire de cette manière à distance ?

Maintenant, changeons la donne. Prenons des enseignants hors normes ! Imaginons que nous employons des autodidactes ou des réfractaires aux systèmes scolaires traditionnels… Bref, nous apportons du sens neuf à l’enseignement et nous sortons du vase clos 🙂

Je pense que là, nous aurions du vrai elearning, de la vraie utilisation des nouvelles technologies dans l’enseignement…

Avez-vous déjà réfléchi comme se forme un autodidacte ? Cela n’a rien à voir avec un enseignement traditionnel, même si, parfois certaines formes d’enseignements traditionnels combles l’autodidacte… allez savoir pourquoi 😉 Donc, pas question non plus de vouloir faire table rase du passé… Certaines méthodes traditionnelles ont du bon 🙂 Il faut juste un bon équilibre entre tout cela !

La question que l’on pourrait se poser à juste titre est : «Quand arriverons-nous à maturité par rapport à cette thématique ?» J’aurais tendance à répondre quand les enseignants auront compris l’utilisation de l’informatique et d’Internet (et de ces dernières technologies), qu’ils l’utiliseront chaque jour dans sa diversité, qu’ils seront prêts à se remettre en cause au niveau de leur pédagogie…

Et puis, les structures environnent le monde éducatif doit évoluer lui aussi… Il ne doit pas rester à la traine. Un exemple. Sans le citer, alors. Une structure dans le monde de l’enseignenment que je connais (j’ai pas dit national, régional ou local, vous avez remarqué 😉 est en pleine réfléxion sur leur nouveau site…

Seulement, lorsque le site verra le jour, il y a fort à parier que les solutions ne seront pas présentes. Elles lui ont fait peur. Je peux vous prédire la disparition de cette entité à court terme (Moins de 5 ans) et j’entends déjà leurs remarques. On ne comprend pas, on a pourtant fait tout ce qui était possible ! Possible, oui… mais avec une vision passéiste, en prenant en compte l’avis d' »experts » orientés web comme au début des années 2000 (ceux qui entre autre diffuse des PDF en ligne 😉 ou, peut-être pire, dans certains cas des experts « acoquinés » avec des marques (je ne cite personne et aucune structure 😉 !

Alors, oui, ils ajouteront : «On ne savait pas !» Maintenant, ils savent !

Communication institutionnelle et en cours dans l'éducation

À la demande d’une institution universitaire, j’intervenais ces derniers jours dans un comité de travail pour la future communication institutionnelle de cette université sur le web 2.0 (réseaux sociaux dont principalement Facebook, Viadeo, Linkedin et Twitter). Et puis, hier, je découvre wikis, blogues et web 2.0 – Opportunités et impacts pour la formation à distance, un pdf d’une centaine de pages préparé par le REFAD (Réseau d’enseignement francophone à distance du Canada).

Pourquoi ce préambule ? Je me faisais une réflexion lors de la réunion de travail. Peut-on dans le web 2.0 différencier communication institutionnelle et usages pédagogiques dans les réseaux sociaux. Pour moi, l’un ne va pas sans l’autre et, je trouve en partie des arguments dans le PDF cité.

En effet, l’essence même d’un réseau social est l’ami « virtuel », le contact. Aussi, dès que l’on donnera la possibilité à des personnes de rejoindre une communauté, celle des étudiants, des enseignants, des administratifs, dans notre cas universitaire, je pense qu’il y aura en effet une communication institutionnele de l’université vers ses usages (et pas seulement de la part des porte-paroles « officiels ») et aussi les retours, relaie, commentaires de ces usagers. Comment allons nous faire comprendre à un étudiant qu’un enseignant, une UFR, etc. est présent dans Facebook mais refuse de communiquer avec lui via cet outil par exemple ?

Comment peu à peu, l’étudiant privilégiera son compte Twitter pour questionner l’enseignant ou l’UFR sur un point donné. D’ailleurs, parfois, nous leur laissons notre numéro de téléphone, notre adresse de courrier électronique… alors pourquoi pas nos coordonnées sur les réseaux sociaux ?

Et puis, faut-il ou non laissser twitter les étudiants pendant ou à la sortie du cours… Pourquoi les étudiants ne se mettraient-ils pas à Twitter pendant leurs cours par petites équipes, incluant au passage liens supplémentaires, photos du tableau (en attendant les TBI). Je serais curieux de savoir, en dehors de mes cours, si cela ne c’est jamais produit jusqu’ici… (même si votre prof. ne le sait pas, vous pouvez me le dire en privé 🙂 Le public dans les conférences et les colloque le fait bien ! Pourquoi pas les étudiants.

Est ce que l’enseignant ne doit pas tenir compte de ces nouvelles pratiques. «La fac utilise bien le canal des réseaux sociaux pour établir un lien avec nous… Pourquoi nous ne l’emploirions pas en cours ?» Les premières réactions ne se feront pas attendre lorsque l’enseignant apprendra que l’un de ces étudiants a écrit dans un réseau social : Untel à dit que : «…»

Sur le Web 2.0, la « force est dans le réseau » indiquait O’Reilly en 2005.  Il y a d’abord une connectivité entre personnes : par l’enchevêtrement de liens qui lient les interventions et les individus qui s’y intéressent, par progression virale, elle mène à la création tant de vastes réseaux que de niches d’intérêts.

Si je mets en relation l’évolution du Web et de ses caractéristiques supposé dans le cadre d’un apprentissage en ligne comme l’indique le PDF.

Lors du Web 1.0, l’apprentissage est centré sur le matériel de cours que l’enseignant met en ligne (mise à jour occcasionnelle) et que l’étudiant consulte et l’interaction (surtout hors web : courriel, téléphone…) est limitée.

Dans le web 2.0, l’étudiant diffuse ses productions individuelles ou collectives…  et les étudiants communiquent instantanément entre eux et avec leur enseignant par des moyens multiples, principalement réseaux sociaux et microblogues…

Difficile à partir de là de séparer dans la réflexion communication institutionnelle de l’usage en cours du web 2.0… L’élément central est l’étudiant. Ce sont eux avant tout qui seront la force de ces réseaux pendant les enseignements et en dehors des cours, sans oublier que pour éviter les inégalités, la formations des uns et des autres est nécessaire. Mais, je pense que ce sera l’objet d’un autre débat.

Mind mapping à dix ans

carte heuristique de clara pour la révolution française

Je suis rentré un soir… Elle m’a dit :«Est ce que tu peux vérifier ma carte heuristique que j’ai faite car j’avais du mal à apprendre ma leçon !» Elle, c’est Clara, 10 ans en CM2 qui vient de réaliser sa première carte à la main 🙂

Le cœur de la carte m’a amusé, mais il correspond tellement à ses préoccupations : naissance de l’égalité 🙂

Une fois validé la carte, Clara est parti dans de grands discours comme quoi elle ne comprenait pas que personne dans l’éducation nationale n’explique comment et pourquoi il est possible de réaliser des cartes heuristique, d’utiliser le mind mapping !

Nous utilisons fréquemment les cartes heuristiques (certaines sont disponibles dans le billet : Mind mapping pour les exposés et l’apprentissage des leçons) dans MindNode ou Freeemind avec sa grande soeur qui est dyslexique et généralement, je supervise 🙂

Mais pour cette initiative de réaliser seule sa carte dans son coin, à la main, je n’ai pu que la féliciter 🙂

À la réflexion, quand le monde de l’éducation présentera-t-il d’autres moyens d’apprentissages en dehors des sentiers battus et rebattus ? Quand utiliserons nous (les enseignants) la plus large palette des possibilités qui nous sont offertes afin d’aider l’apprenant et adaptées à leur niveau… même si je ne suis pas certain que Twitter soit réservé aux étudiants d’université (voir ma propre expérience dans le fossé se creuse entre enseignant – élève).

mon université 2.0

On me demande assez souvent de donner les avantages que je vois à l’intégration des médias sociaux et des réseaux sociaux dans mes cours, depuis 2004 !

En effet, dès cette époque, j’employais les blogs dans mon enseignement, puis de fil en aiguille, j’ai suivi les évolutions d’internet et choisi d’employer les outils de réseaux sociaux au sein de mes cours, pour arriver à l’expérience de Twitter en cours de Master 1. (On peut même se demander si les réseaux sociaux ne sont pas dépassés avec l’apparition du web temps réel)

Une remarque au préalable, parfois ce sont les étudiants qui me « contraignent » à évoluer plus vite que je ne le voudrais… Ainsi, lors de la mise en place d’une relation d’un groupe de travail dans Facebook, naturellement les étudiants ont quitté notre ancien moyen de communication de l’époque, un groupe de diffusion Yahoo en moins d’une semaine. Les étudiants avaient basculé toute notre communication dans le réseau social. C’était en 2007.

Cette année, les étudiants sachant que j’étais présent dans Twitter m’ont demandé de communiquer sur ce média à leur intention plutôt que dans notre groupe privé dans Facebook !

Voilà la situation… Soit nous « enseignants » évoluons, soit nous restons comme des boulets pour nos étudiants. Il n’est même plus question de savoir si l’on doit utiliser les TIC en classe. Nous en sommes à la présence et à l’usage des réseaux sociaux, voire même du web temps réel dans nos enseignements qu’il ne faut pas confondre avec les plates-formes d’apprentissage en ligne (Moodle, Claroline…).

Reprenons un peu le fil des événements et l’intérêt de l’ajout des activités et des relations au travers du web 2.0, des réseaux sociaux ou si l’on préfère des médias sociaux.

Au passage, lors de l’écriture du livre « Facebook, on s’y retrouve », au printemps 2008, l’ESC de Lille (devenu SKEMA) et l’université de Lyon utilisaient déjà Facebook. Les uns pour former leurs étudiants afin qu’ils se créent leur réseau de relation professionnelle (pour forger l’identité numérique professionnelle des étudiants) et la seconde pour le coupler à l’inscription de l’université). Pour l’écriture du livre sur Flickr, j’avais également trouvé des utilisations de ce service de partage d’images dans le monde de l’éducation.

Mais, revenons au premier blog que nous avons mis en place avec les étudiants : un « blog de classe », où les étudiants « montraient » à tous ce qu’ils étaient en tant qu’équipe. C’était aussi un outil de rassemblement, d’union, de cohérence entre les membres du groupe. En plus, cela leur permettait de produire et co-produire pour les enseignants mais aussi pour l’extérieur !

Cette confrontation aux autres est un élément important de la démarche de l’intégration des réseaux sociaux dans l’enseignement. Dans ce cas, l’effet avait été d’autant plus important qu’ils avaient appri que leurs textes avaient été remarqués par des journalistes d’une grande radio française.

En effet, les blogs et les systèmes de partages appartenant à la galaxie du Web 2 permettent de rendre consultables sur le web activités, ressources, consignes et commentaires réalisés en classe (pourquoi d’ailleurs ne pas tirer profit de cette possibilité pour étendre parfois le cours hors de la classe… En revenant ce dernier lundi, je me suis aperçu qu’un étudiant avait Twitté pendant le cours : «Actuellement, petit débat sur l’Ipad et plus particulièrement sur le tout dématérialisé avec @erdelcroix Les avis sont partagés.»)

Ce peut être aussi un moyen d’avoir un feedback sur son cours… ou même, pourquoi pas, faire des réseaux sociaux un espace où les élèves pourraient émettre leurs propres suggestions quant aux méthodes pédagogiques…

Évidemment, il ne faut pas vouloir préserver l’esprit de caste, de recroquevillement sur nous-même, d’espace privatif dans nos enseignements ! L’espace de la classe privé et exclusif aux étudiants doit voler en éclats pour s’ouvrir sur le monde extérieur. Cela implique évidemment un comportement adéquat de l’enseignant qui doit apprendre à manipuler le off comme lorsque l’on s’entretient avec un journaliste… Une notion de confiance réciproque doit se mettre en place.

Surtout que, pour les étudiants, partager est quelque chose de naturel. Il est donc simple et évident pour eux de partager leurs expériences sur Internet. Dans une classe, je posais cette question : «Est-ce que cela vous dérange de partager des photos, des informations sur Internet ?» Les étudiants semblèrent très surpris de ma question… et leur réponse fut : «Évidemment pas, sauf, ce que nous considérons de privé que nous laissons seulement voir à nos proches !».

Toutefois, ce nouveau partage modifie la nature du pouvoir, la nature de l’enseignement et la nature de la fonction d’enseignant qui passe du statut de celui qui sait tout à celui de coordinateur du savoir et de la connaissance, de l’orientation dans la connaissance et le savoir…

L’enseignant n’est plus le seul à détenir la vérité. D’ailleurs, le savoir n’appartient plus à l’enseignant uniquement. Le savoir peut être aussi extra-muros et peut se construire en co-production ouverte, l’on peut comme enseignant cultiver l’intelligence collective qui s’enrichit au fil du temps du dialogue entre les uns et les autres.

Cela doit être pris en compte dans notre enseignement et dans notre manière d’enseigner à l’aide de ces nouveaux outils et ces nouveaux moyens de communication « réels » et d’échange d’aujourd’hui !

Nous arrivons par ces biais à un système centré sur l’apprenant (notamment par la souplesse des solutions existantes) où il devient simple de passer d’une «communauté de pratique» à celle de «réseaux de pratique», autrement dit de l’apprentissage en groupe à l’apprentissage collectif via les réseaux comme le soulignait Terry Anderson lors de la journée Réseaux sociaux et éducation organisée par le MATI (maison des technologies de formation et d’apprentissage Roland-Giguère) au printemps dernier.

Pour les étudiants, la fréquentation des médias sociaux est un moyen d’acquérir de nombreuses compétences. Une étude réalisée par des chercheurs en éducation à l’Université du Minnesota confirme qu’ils peuvent être de formidables outils éducatifs associant à la fois l’acquisition de compétences technologiques comme l’édition et modification de contenu, la créativité et le fait d’être ouvert à la nouveauté et à des opinions différentes.

D’ailleurs, lors de « l’expérience Twitter » je n’avais jamais vu autant de diversité comme support de présentation à la place de l’habituel PowerPoint (Netvibes, CMS…) !

L’éducation à la culture informationnelle pour répondre au défi de la société de la connaissance, la dynamique de production de savoirs et leur gestion pour un apprentissage tout au long de la vie sont désormais les moteurs de l’éducation du XXI° siècle, comme l’écrit Jean-Paul Pinte dans sa thèse. Cela pourrait être résumé par le slogan d’Apprendre 2.0 : co-apprendre à apprendre durablement !

L’un des premiers ressenti par les étudiants est souvent que ces plates-formes sur lesquelles ils sont chaque jour en dehors de leurs activités étudiantes leur paraissent, à tort ou plus certainement à raison «intéressantes, conviviales et amusantes» dans le cadre d’un cours par rapport aux environnements habituels dans lesquels ils évoluent au sein de leur amphi ou classes habituelles.

Curieusement, une amélioration de la communication enseignant-étudiants s’établit naturellement au travers de ces réseaux. Pas question pour autant d’être copain avec les étudiants ou de se mêler de leur vie privé… À chacun d’ailleurs de préserver sa vie privée, les paramétrages de confidentialité sont là pour cela dans les réseaux.

Chacun des deux côtés doit apprendre à gérer ces nouveaux outils… C’est la connaissance superficielle ou l’image que l’on s’en fait qui est «dangereuse».

De même, selon chacun, rien n’oblige de répondre dans l’instant ou d’accepter toutes les sollicitations des étudiants. À l’enseignant de filtrer et de répondre quand il le souhaite tout en sachant que parfois ces outils permettent le traitement de l’urgence.

Petit exemple. Un jour, j’avais donné rendez-vous à un horaire complément inhabituel à des étudiants et cela m’avait échappé. Alors que j’étais dans une entreprise, j’ai vu sur mon compte Facebook une grande quantité « d’appels »… Les étudiants souhaitaient juste savoir si je les avais oubliés ou pas ? Ce qui me semble normal ! J’ai ainsi pu les « libérer » de leurs contraintes… Pas de bruit (appel téléphonique), pas besoin d’aller au bureau…

Mais, ce rapport étudiants-enseignant prend parfois d’autres aspects, notamment la continuation pédagogique, y compris simplement pour venir en aide aux étudiants. Cela m’est déjà arrivé alors que j’étais souffrant et incapable de me rendre à l’université de prévenir les étudiants qui étaient quand même venus pour travailler sur un projet d’année, et donc, je pouvais répondre à leurs questions, apporter mon aide à travers le réseau.

À l’inverse, lors de l’expérience avec Twitter, cela à permis à des étudiants bloqués dans les transports en commun (Twitter se consulte également sur téléphone), malades ou absents pour une tout autre raison de suivre quand même le cours de ce jour-là !

Je n’aborde même pas le nomadisme qui devient l’un des éléments moteurs également pour l’université 2.0.

D’autres aspects non-pédagogiques sont également perceptibles. Par exemple, je ne compte plus le nombre de messages que je reçois où l’on me pose des questions sur le Master IDEMM, l’UFR y compris pour des lycéens qui cherchent la voie à suivre pour arriver à un métier donné !

C’est donc également un moyen de donner de la visibilité aux formations que nous organisons…

Il y a toute une gamme d’expériences pédagogiques à développer dans ces nouveaux contextes de communication et échanges extra-muros et ouverts à tous dans cette nouvelle société de l’information et de la communication. Je m’étonne toujours et ne m’explique pas l’avancée des formations FLE (Français Langue Etrangère) dans ce domaine.

Comme l’écrit François Guité : « On cherche bien, par toutes sortes de contorsions, comment adapter les réseaux sociaux aux institutions scolaires. Il ne vient pas à l’esprit que les nouvelles technologies de la communication appellent de nouveaux modèles d’apprentissage, des processus qui s’accordent mal à des institutions modelées sur la transmission livresque du savoir».

Comme responsable d’année, j’envisageais par exemple d’employer ces réseaux sociaux pour faire « se rencontrer » les étudiants avant même leur arrivée au sein du master… La communication entre les étudiants s’améliore grâce à ces outils et ils favorisent l’intégration des nouveaux arrivants au sein d’un groupe et par là même à l’université.

J’ai déjà tenté la mise en place d’une conférence « virtuelle » sur une thématique au sein d’un cours… Ce fut un échec technique, mais de nouveaux services offrent des possibilités encore plus riches en interactivité dans ce domaine avec une facilité de mise en oeuvre déconcertante  Il devient simple d’agréger en un clin d’œil une partie de son réseau afin de le faire participer à une « classe virtuelle » où le débat pourrait s’instaurer… Ce n’est qu’une piste des possibilités d’ouverture et de mettre en place un cours d’une manière différente, qui utilise le potentiel des réseaux sociaux et des sphères de connaissance de chacun. Pour que cela fonctionne, les services informatiques des universités doivent «suivre» et ne pas être un frein.

Autres exemples, les serious games (les écoles d’ingénieurs s’y mettent, pourquoi pas les universités), les tableaux blancs Interactif (TBI) dont on équipe les écoles en France qui pourraient servir aux étudiants à ré-écouter le cours plutôt que de demander à un autre étudiant sa prise de note ou peut-être aller consulter un cours d’un autre enseignant sur le même sujet, mais avec une approche différente !

Reste une ombre à ce tableau… L’identité numérique. Mais, cette identité numérique doit justement devenir un incontournable de la formation fondamentale. Le devoir des établissements d’enseignement est l’éducation au numérique, avec en point de mire une présence « raisonnée» qui sera nécessaire sur le net pour exister professionnellement (en dehors et à l’intérieur de l’université et du monde de la recherche) à la fois pour les enseignants et les étudiants.

Régulièrement, l’objet de mes enseignements concerne cette éducation numérique de l’usage des réseaux sociaux… en plus, de l’organisation de conférences co-organisées avec Blog en Nord sur la thématique de l’identité numérique à laquelle sont conviés les étudiants !

Comme nous le remarquions avec Mario Asselin lors de Ludovia trop de discours officiels sont empreints de l’aspect «recroquevillons nous sur nous-même» alors que nous sommes au milieu du guet dans le monde du web 2 qui est, rappelons le, la conjugaison des verbes : partager, collaborer et interagir !

Un bien beau slogan pour les universités d’aujourd’hui : partager, collaborer et interagir avec le monde extérieur ! Non ? Si l’on devait résumer l’université 2.0, elle se résumerait à cela !

Pour aller plus loin :

Je vous recommande la lecture de : Vivre et apprendre avec les médias sociaux y compris et surtout à l’université et de vous plonger dans le wiki de Clair2010: Pour voir l’éducation autrement… qui vient de se dérouler il y a quelques jours au Canada.

mais aussi :

savoir et pouvoir

Ce que je retiens de tout cela, c’est qu’en 2009, ceux qui réussissent sont ceux qui réorganisent et utilisent le savoir. Ce sont ceux qui “sélectionnent” les connaissances pertinentes en fonction de leur but et qui les utilisent intelligemment pour arriver à leurs fins. Ce sont aussi ceux qui créent à partir du savoir… et non plus ceux qui le possèdent bêtement et simplement.

C’est précisément ce genre de constat qui me réjouit : imaginez toutes les folies que nous pourrions imaginer si nous étions des centaines, des milliers, des millions à nous réseauter pour créer à partir du savoir que nous possédons !

Ces deux paragraphes ne sont pas de moi, mais du Québécois Martin Bélanger, dans Le savoir n’est plus un gage de pouvoir sur son blogue Cogito, ergo blogo.

Un essai d'utilisation de Twitter en classe

L’expérience Twitter avec les étudiants de Master SID de l’UFR IDIST a pris fin la semaine dernière… Pour mémoire, pendant un trimestre nous avons utilisé Twitter comme système de prise de notes, chaque semaine pendant des exposés. La contrainte pour ceux qui animaient l’exposé, outre la diffusion de leur présentation dans le blog Internet2010, ils devaient récupérer également les Twitts diffusés et les inclure dans le blog. L’ensemble du programme et de la démarche est précisé dans le making-off d’Internet2010.

Ainsi régulièrement, chaque mardi selon @twirus_fr, #Internet2010 était dans le Top5 des tags populaires.

Pourquoi un cours avec Twitter

J’ai voulu changer ma manière de faire par rapport aux sempiternels exposés, où trop souvent les étudiants écoutent mais restent relativement passifs et ressortent avec mon seul avis sur certaines problématiques.! De plus, cela permettait selon moi aux étudiants d’appréhender deux systèmes de communication dont il n’avait pas l’habitude : le micro-blogging et l’écriture dans un blog.

Seconde raison dans ce choix, j’espérais que des personnes extérieures se mêleraient aux débats… ce qui pouvait enrichir les connaissances à la fin de l’exposé.

Troisième raison, les étudiants qui écoutaient mais qui connaissaient déjà le sujet de l’exposé pouvaient fournir des informations complémentaires.

Et enfin, cela permettait d’apporter du sang neuf dans l’analyse, dans les réactions à ce qui était dit pendant l’exposé…

Comment organiser ce cours ?

La première décision à prendre concernait le choix de l’outil : faut-il ou non les plonger directement dans Twitter. J’ai choisi une application autre que twitter, car si beaucoup d’étudiants avaient entendu parler de Twitter, peu possédaient un compte et peu avait déjà utilisé cet outil.

Le choix perfectible de HootSuite, permettait à tous les participants de « se cacher » sous le nom Internet2010 pour communiquer et de faire du Twitter sans réellement en faire pour ceux qui étaient effrayés par l’outil. Le principal souci avec HootSuite est sa limite sur le nombre d’envois. Son avantage, il est facile de repérer les messages qui sortent de la salle.

La seconde décision pour l’organisation de ce cours était les explications à donner… Un cours sur l’usage du micro-blogging, sur Twitter… était-il ou non nécessaire pour commencer l’expérience ? Je fis un choix intermédiaire puisque j’avais la chance d’avoir deux groupes, le premier exposé pour l’un de ces groupes fut le micro blogging ! Pour l’autre, je me contentais d’expliquer succinctement ce qu’était le micro blogging avec ses 140 caractères. Les échanges dans le premier groupe furent plus riches que dans le second ! Un lien existe certainement… beaucoup d’étudiants réclamaient lors de l’évaluation finale, y compris dans le premier groupe, un cours où l’on explique comment fonctionnait Twitter, la prise en compte de l’autre (membres de la communauté), etc. L’apprentissage de l’utilisation de Twitter semble donc nécessaire.

À chaque séance de travail, un tag était défini en plus de celui qui marquait l’expérience (#internet2010).

Plus ou moins régulièrement je précisais aux étudiants qu’ils n’écrivaient pas seulement pour eux, mais aussi pour les membres qui n’assistaient pas dans la salle au débat ! Mais, cela ne semble pas suffisant. Là encore, un apprentissage est nécessaire. La mise en parallèle de l’expérience de Laurence avec Twitter en lycée professionnel est intéressante à ce sujet car le contexte est différent, l’usage de Twitter également et l’information tourne entre les élèves principalement.

Autre regret, le peu de traitement de la part des étudiants sur la récupération des Twitts et leurs ajouts dans le blog. La plupart du temps, lorsqu’ils ne s’y sont pas pris trop tard, les étudiants se sont contentés de copier-coller les Twitts marqués par le hastag de la session… Aucun travail de réécriture n’a été entrepris pour supprimer les messages personnels, les informations redondantes… C’est vrai que pour moi ce travail me semblait une évidence, pas pour les étudiants. J’en suis donc en parti responsable… car j’aurai du insister davantage sur ce point, mais des étudiants ont également noté qu’il y avait un manque d’initiative de leur part ! La vérité doit être entre les deux.

Par contre, est-ce l’effet Twitter ou non, certains étudiants ont choisi d’autres support que l’habituel «PowerPoint» comme projection de leur présentation. Ainsi, l’une était depuis une page Netvibes, une autre depuis Prezi, à l’aide d’un CMS…

Je remarquais parfois pendant les séances la présence d’étudiants de l’autre groupe qui suivaient ce qui se disait dans l’exposé ! Par contre, il semble que peu d’étudiants aient consulté les exposés une fois mis en ligne ou relus les prises de notes dans Twitter ! Mais, auraient-ils relus leurs notes… dans d’autres circonstances ? C’est peut-être aussi lié au mode d’évaluation, où seul l’exposé est soumis à note !

L’apport des «extérieurs» a joué… En effet, des personnes externes à l’université ont suivi et participé aux cours ! Certains ont même fait la police de temps à autre dans les discussions en ligne ! J’avais envisagé de demander à des spécialistes des domaines abordé de se joindre à nous selon les exposés, cependant, dans le cadre de cette première expérience, je pense que cela aurait ajouté un stress supplémentaire inutile aux étudiants. Pourtant, je pense que cette démarche est à creuser.

De plus, parmi les «extérieurs» un certain nombre de personnes étaient présentes simplement pour «suivre» l’expérience… Je ne suis toujours pas certains que la plupart des étudiants aient pris en compte la présence de ces suiveurs passifs ! En fait, j’ai l’impression que pour eux, ils n’existaient pas… D’ailleurs, c’est assez normal comme réaction puisque même si des personnes sont abonnées, elles ne suivent pas obligatoirement «en live» les débats !

Pour faire venir ces «extérieurs», une simple communication des cours (avec les heures des exposés) en avance dans Twitter et relayés, y compris dans le blog Internet2010 semble suffire.

Autre interaction que je n’avais pas prévue d’emblé, l’enseignant doit faire attention à ce qu’il dit :-). En effet, les étudiants twitter assez facilement des messages du type «Delcroix dit», «ED :»… alors que parfois vous voulez donner un exemple qui doit rester entre nous ou certains propos que l’on veut provocateur pour les faire réagir 🙂

Et la perception des étudiants

L’objectif n’était pas de convaincre les étudiants de twitter dans la vie de tous les jours, mais juste de leur faire découvrir de nouveaux types de communication. Toutefois quelques-uns utilisent désormais Twitter pour suivre l’information après cette découverte.

Pendant la période des exposés, je m’inquiétais régulièrement des réactions des étudiants au sujet de notre manière de procéder et en fin de parcours, j’ai posé aux étudiants 5 questions :

  • les points négatifs ?
  • les points positifs ?
  • utilisiez-vous Twitter avant le début des cours ?
  • utilisez-vous Twitter en dehors des cours désormais ?
  • l’expérience devait-elle être poursuivi et ce qu’il faudrait faire pour l’améliorer ?

Une distinction pourrait être mis en valeur dans les réponses selon deux groupes : ceux qui utilisaient régulièrement Twitter avant les exposés et ceux qui découvraient Twitter.

La face sombre du point de vue des étudiants

Outre que la nouveauté a un côté déstabilisant (il est noté dans les retours des étudiants : «difficulté d’adaptation au début, mais au fil des séances, plus d’interaction»), le gros reproche indiqué à plusieurs reprises par les étudiants est la difficulté de cumuler la prise de notes tout en écoutant et en suivant l’exposé (soucis de concentration). Ils ont l’impression de ne pas suivre le cours ! Surpris par cette remarque, il me disait qu’il était plus difficile pour eux de saisir le texte au clavier que d’écrire avec un stylo.

L’un d’entre eux résume bien cette difficulté : un problème d’attention à l’exposé en indiquant toutefois qu’il manque un temps d’adaptation.

L’autre reproche que je retrouve à plusieurs endroits : la difficulté des sujets abordés qui les empêchait de Twitter (en même temps, ils trouvaient que les thèmes abordés étaient un point positif). Un étudiant faisait même le parallèle avec les professionnels qui twittent pendant les conférences. Selon eux, les professionnels connaissent déjà le sujet 🙂

Sinon, voici en vrac les autres réactions négatives.
Celles qui apparaissent plusieurs fois :

  • 140 caractères est un peu court pour des exposés costauds (mais l’un d’entre eux trouve que cette contrainte apprend à être synthétique même si l’information est lacunaire)
  • sans grand intérêt par rapport à une prise de note classique, ni plus efficace

Les remarques suivantes sont isolées

  • certaines réactions sont fragmentaires
  • deux personnes ou plus peuvent envoyer le même message (répétitions et redondances)
  • difficulté de mémorisation
  • twitter freine la participation
  • on regarde peu les gens qui font l’exposé
  • bruit d’une salle informatique (crépitement des claviers)
  • tout n’est pas pris en compte, mais un autre étudiant a indiqué que si on n’a pas le temps de noter un point un autre le fait !

D’autres points négatifs sont beaucoup plus discutables comme «pas de notes» (je ne retourne pas lire le fil Twitter) sous-entendu, ni les tweets, ni le blog ! et le manque de pratique des sujets abordés.

Du côté positif de la balance pour les étudiants

La participation et les commentaires de personnes extérieures a été plébiscité (préparation à la vie professionnelle ?), surtout si je l’intègre dans les remarques positives sur l’interaction avec les autres à travers les tweets accessibles à tous.

Autres points mis en avant par plusieurs étudiants, la possibilité de suivre le cours à distance notamment en cas de maladie, de grève de train ou d’absence, l’aspect ludique (ce qui explique le «initiation à Twitter sans le côté ennuyeux des cours classiques»), la possibilité d’ajouter des liens (approfondissement du cours)

Voici les autres remarques :

  • expérience nouvelle dans la prise de note, ce qui rejoint ce que d’autres ont indiqué comme la découverte d’un nouvel outil.
  • Information accessible de partout
  • réactions en temps réel
  • possibilité de demander un renseignement sans interrompre l’exposé
  • rapidité de réaction à ce qui été dit dans l’exposé
  • différentes opinions aident à comprendre ce qui a été dit pendant l’exposé
  • tout le monde peut exprimer son opinion : les timides posent des questions
  • permet de partager les cours de l’ensemble de la classe
  • pour ceux qui font l’exposé, possibilité de suivre le feedback de la salle
  • co-construction possible des comptes-rendus
  • publication dans un blog

Ni positif, ni négatif, certains étudiants ont eu peur de ne pas être écouté pendant leur exposé ! Ce qui évidemment n’est pas le cas. Mais, au passage, mon ressenti d’enseignant : les étudiants avaient plus peur d’une manière globale de faire leur exposer que les années précédentes !

Une expérience à renouveler selon les étudiants ?

Globalement la réponse des étudiants est oui, mais avec quelques améliorations.
Pour la plupart des étudiants, l’étape Hootsuite n’est pas nécessaire, par contre, un vrai cours sur Twitter pour acquérir l’outil semble nécessaire. Toutefois, il est à noter que certains trouvent que «l’interface de Twitter n’est pas des plus faciles à aborder !»

La diffusion de l’exposé sur le net avant la présentation est réclamée à corps et à cri 🙂 Du moins, les grandes idées ce qui selon eux, faciliterait la compréhension de l’exposé, la prise de note et le partage d’informations. Seul bémol que j’émets, lorsque les présentations étaient en ligne en début de présentation, les échanges étaient réduits dans Twitter !

Ensuite, ils se répartiraient des rôles dans la prise de note avec la nomination d’une équipe de greffiers par exemple et une personne de l’exposé qui suit Twitter pour pouvoir réagir directement. Une autre proposition est de projeter en parallèle sur un autre écran le flux de Twitter !

Il semble nécessaire d’expliquer qu’il faut retravailler les tweets pour les publier sur le blog (un copier-coller ne suffit pas)…

Enfin, un « détail », orienter les postes de travail vers le tableau et les personnes qui exposent.

Pour conclure, une mise en garde sur un danger. Certains conflits peuvent éclater au sein de la classe suite à des remarques blessantes ou vexantes émises dans les commentaires. Cela rejoint une autre observation : trouver un moyen de mieux capter l’attention des gens dans la salle (sans faire le gendarme derrière les écrans).

Les rares qui ont répondu non privilégieraient le côté exceptionnel, lors de conférences par exemple, pour mettre en place ce type d’expérience.

Un public pour les exposés dans Twitter

Nous avions nos officionados… Chaque mardi matin, parmi les personnes qui suivaient @internet2010, Annie et Isabelle (l’une est DSI, l’autre chargée de mission TIC) étaient fidèles au poste. Mieux, Anne dans son blog a plusieurs fois « travaillé » en fonction de nos séances d’exposé auxquelles elle participait à distance. Aussi, il me semblait intéressant de recueillir leurs impressions dans ce débat.

En voici la synthèse.
Le côté positif des exposés dans twitter, outre l’interaction avec l’extérieur, est un contenu riche et perceptible à travers les tweets, la réactivité aux quelques questions posées et qui ne sont jamais restées sans réponse. Il est à noter que l’organisation c’est amélioré au fur et à mesure assez rapidement (idem pour le côté expérimental). Le site Internet2010 a également été apprécié, avec les présentations utilisant différents supports.

Par contre, nos interlocuteurs à distance regrettent en fonction des exposés la différence dans le niveau de « twittage », autrement dit : «les étudiants se sont-ils tous approprié l’outil Twitter ?» et le manque de visuel… le support des slides était le bienvenu.

Outre la présence d’un visuel, voir d’outils de visio, on retrouve la suggestion, pour nos deux « extérieures » d’un « rapporteur » pour Twitter appartenant au groupe d’exposants (la personne à suivre en priorité), ce qui n’empêcherait aucunement les autres twittos d’avoir une vie. Et pourquoi ne pas passer le relais : suivez maintenant @…

Autre détail, noter les actions sur Twitter pour suivre plus facilement à distance : début – pause – fin… car effectivement on ne peut pas deviner quand c’est fini (mais c’est peut être ça que je trouve le plus drôle finalement ! ajoute l’une d’entre elles)

Que les étudiants s’approprient plus l’outil twitter est une priorité. Il ne faut pas oublier que pour les étudiants, c’est plein de contraintes de twitter en direct : c’est déjà savoir prendre des notes rapidement avec clavier et en 140 caractères maximum sans oublier le #, cela ne doit pas être évident pour des étudiants, en plus si on veut répondre aux questions extérieures posées en direct…

Est ce que je recommencerais les exposés dans Twitter ?

Toutefois, malgré quelques anicroches, je suis assez satisfait du résultat de l’opération… et je suis prêt à renouveler l’opération, moyennant quelques aménagements. De plus, l’effet expérimental disparaitra et d’ici là, d’autres personnes tenteront eux aussi d’employer Twitter pendant leurs cours comme l’a déjà fait depuis David Cordina. Utiliser Twitter et les autres outils du Web Temps Réel deviendront une évidence pour tous dans quelques temps et les étudiants de cette année aurons juste été les précurseurs 🙂

Peut-être comme certaines personnes me l’ont précisé en privé : Twitter n’est peut-être pas l’outil idéal… bien que, à la réflexion, il n’est pas si mal que cela 🙂 Le côté 140 caractères permet de synthétiser l’information et j’avais imaginé qu’il y aurait une réécriture pour le site. Au passage, un autre support que Twitter pour garder les traces de ces messages est nécessaire (tout au moins le temps que l’archivage des Twitts n’est plus assuré).

Les réactions d’Annie et Isabelle et celle des étudiants me conforte dans l’idée qu’il est nécessaire de s’approprier les outils et dans le cas présent : Twitter. Twitter n’est peut-être pas si intuitif que l’on veut bien le penser !

C’est d’ailleurs l’objet d’un débat au sein de la formation au niveau des enseignants. Pour les uns, l’ensemble des étudiants ou presque connaissait Twitter et n’avait pas besoin de se l’approprier. Ce n’est évidemment pas mon avis. Avec l’ensemble des nouveaux outils du web 2.0 et maintenant de Web Temps Réel, il y a différents niveaux d’utilisation de ces outils. On peut le connaître de nom sans avoir ouvert un compte, on peut consulter ce qui s’y dit, on peut s’inscrire et discuter avec quelques personnes. Est ce pour autant que l’on s’approprie l’usage de Twitter ? Je ne le pense pas ! Et c’est le rôle de l’éducation nationale de former les élèves et les étudiants à ces nouveaux modes de communication.

Cette expérience dans Twitter, je pourrais la renouveler, si les conditions s’y prêtent. En effet, je ne pense pas que l’on puisse utiliser Twitter à toutes les sauces et surtout utiliser Twitter pour faire du Twitter. Mais, attention toutefois à surveiller la demande des étudiants. Ainsi, en master 2, les étudiants m’ont demandé de communiquer certaines informations dans Twitter plutôt que sur Facebook ou d’autres services de groupes… Je pense que dans d’autres cas, les étudiants seraient complétement réfractaires !

Quelques modifications sont à apporter effectivement par rapport à l’approche que j’avais entreprise, notamment celle du « Twitter officiel » parmi les personnes qui sont sur l’estrade qui fasse le relais dans les deux sens : depuis la salle vers l’extérieur et de l’extérieur vers ceux qui font l’exposé. Cependant, cela implique que l’ensemble des exposés soit réalisé par plusieurs personnes et non par une seule ! C’est à prendre en compte dans l’organisation extra-twitter 🙂

Le côté double écran me tente également beaucoup, cependant, là, je suis confronté à des problèmes matériels. Mais, rien d’insurmontable.

La diffusion de la présentation en ligne au préalable me semble aussi un incontournable dans le cas d’exposés… C’est aussi un bon moyen d’apprendre par la même occasion les solutions de partage sur Internet.

Me reste le soucis de l’apprentissage de Twitter. Je pense qu’il faut adapter cet apprentissage en fonction des étudiants et certainement se dire que même s’ils connaissent Twitter, ils n’en possèdent certainement pas l’usage !

Par contre, je ne partage pas l’avis des étudiants sur le niveau de complexité des exposés… Ils sont en Master 1, mais c’est un autre débat 🙂

Si vous voulez aller plus loin, différents participants ont réagit dans leurs blog

Quelques articles de Anne :

et du côté des étudiants :

La Voix du Nord était aussi passé nous voir 🙂 Julien Licourt en a tiré une vidéo intitulé Twitter à la fac : une expérience à Lille III 🙂

Mise à jour le 26 dec. :

Les communautés virtuelles et leurs applications en pédagogie

l'affiche de la conférenceLes communautés virtuelles et leurs applications en pédagogie, c’est le théme de la conférence à laquelle je participerai en compagnie de Jean-Paul Pinte lors de la journée de la délégation régionale (Nord-Picardie) de l’ADBS. L’ADBS pour mémoire est l’Association des professionnels de l’information et de la documentation.

Cette journée se déroulera le 9 avril et la conférence débutera à 17 h (fin prévue 19 h) à dans la salle du conseil de l’Université Catholique de Lille (60 boulevard Vauban)

Lille… le plein d'événements

La semaine dernière, c’était le Twestival Lillois qui occupait les esprits. Gilles à fait son compte-rendu 🙂 et Julien a déjà mis en ligne images et vidéos 😉

Pour la rencontre, Twitter et l’enseignement, nous avons connu quelques problèmes techniques (doux euphémisme) et donc, nous reprogrammons une nouvelle rencontre, toujours en ligne dans quelques jours. On en rediscute avec les étudiants et je vous informerais.

Sinon, j’avais annoncé les journées Égide et Idemmatic les 12 et 13 mars à Lille. Pour mémoire la journée Égide aura pour titre : Intranet, l’entreprise tisse sa toile. C’est une journée d’échanges sur l’information et la documentation autour du thème de l’Intranet et de ses récentes évolutions : conférences, table ronde, présentation de solutions. Pour la journée Idemmatic, les choses se mettent en place… Quelques noms de personnes qui devraient être présentes : Alain Gerlache (RTBF – Intermédas), Sébastien Billiard (est-il encore besoin de le présenter ;-), Alexandre Villeneuve (SEO Camp, consultant Référencement), Shamir Ramjan (responsable Flickr France), Charles Bricman (Chroniqueur au Soir et consultant), Muriel Vanderlmeulen (Spécialisée de la stratégie éditoriale et l’architecture de l’information), Lionnel Kaplan (Directeur des médias numériques – ProfilePR), Blaise Kramer (Novastream), toute l’équipe de e-criture, etc.


Nicolas propose à son tour un nouveau type de rencontres sur Lille… les mercredi des Web Analytics à Lille avec comme débat : Comment mettre en place une démarche de Web analytics au sein de l’entreprise. La première, et ce n’est pas un gag, se déroulera le 1er avril au Café citoyen de 18 h 30 à 22 h 00. Blog en Nord soutient à fond cette initiative (j’y reviendrai voir le détail dans Blog en Nord 🙂 Les inscriptions sont sur Facebook, mais rien ne vous empêche de vous inscrire ici, je relaierai l’information 😉

Enfin, y’a également un événement top-secret défense… j’ai pas le droit d’en parler… Mais, à priori, ce n’est pas un barcamp, ce n’est pas une table ronde, ce n’est pas une rencontre… c’est… non, je n’ai pas le droit ! D’ailleurs, vous connaissez la date, vous dans le secret 🙂

Bref, un mois de mars chargé. En attendant le mois d’avril… le mois des conférences à Charleroi, à l’ADBS… mais ce sera pour un autre billet 😉

#chtwestival, twitter in Lille, j'y serais

Vous hésitez encore à venir à ce premier chtwestival au Maile’s café, 36, rue Meurein à Lille (Métro Gambetta) à partir de 19 h.

Une cinquantaine de personnes (pas loin un peu plus d’ 😉 est déjà inscrite officiellement (elles ont payé le droit d’entrer de 3 €)… Parmi eux des référenceurs, des bloggeurs, des auteurs (si, si, je ne suis pas le seul :-), un faux-vrai étudiant (il se reconnaitra) mais il doit y avoir également de vrais étudiants, des spécialistes du e-commerce, des geeks (et des pas du tout geek), des hommes ou des femmes inconnus (pour moi), etc.

Le site officiel de ce chtwestival pour mémoire.

Tout cela pour vous dire qu’il ne reste plus que 8 places disponibles sur Amiando. Une misère… et n’oubliez pas que vous pourrez dire plus tard à vos petit-enfants : j’y étais 😉

N’oubliez pas le lendemain vendredi de 10 h 30 à 12 h, le débat en ligne : Twitter et l’enseignement… Réclamez votre mot de passe (c’est gratuit 🙂