Grandeur et décadence du elearning et de l'enseignement à la française !

Je reprends en grande partie le titre de l’article d’Eric Tiertant dans un hub de Viadeo car si le titre provocateur a retenu mon attention, il est vrai que son contenu concernant le elearning m’interpelle…

En bref, Eric Tiertant, en recherche de prestataires pour monter d’importants projets elearning et après avoir rencontrer une grande partie des prestataires sur le sujet met en exergue quelques réflexions sur le monde du elearning Français.

Par exemple, son attente ludo-pédagogique est déçue et il précise que l’ensemble des prestataires propose sensiblement les mêmes activités : Quizz, QCM et drag & drop répétés à l’envi. Au final, les activités sont répétitives, l’intérêt pédagogique peu évident tant les réponses à trouver sont d’un faible niveau.

Le elearning semble être un sujet issu du monde de la formation dont se sont accaparés les techniciens informaticiens. Il note également un manque de DA (Directeur Artistique).

En parallèle, je lisais également L‘e-learning en manque d’imagination, et de collaboratif. J’en retiens : les TICE sont des outils à disposition de l’enseignant, mais pas à l’exclusion des autres : à juste titre. Ensuite, les intégrer facilement à l’enseignement nécessite qu’elles soient pertinentes par rapport aux objectifs de formation, mais aussi que soit mise en œuvre une stratégie de formation en adéquation avec elles.

Cela m’inspire quelques réflexions à mon tour…

Je suis souvent déçu moi aussi par ce que je rencontre dans le domaine du e-learning… et la question à laquelle je me confronte régulièrement est : pour quel usage ont-il fait du elearning. J’ai plus souvent l’impression de découvrir un moyen de compléter un cours… une aide à un cours en présentiel en quelque sorte… mais, pas du elearning dans le but réel d’apprentissage à distance.

Ceci explique certainement l’aspect PowerPoint, l’utilisation à outrance des Quizz, QCM et drag & drop…

On pourrait pousser la réflexion plus avant… Cette situation ne reflète-t-elle pas outre l’immaturité du marché (le sera-il un jour ?) le manque d’implication des enseignants.

Pour ma part, je pense que nous en sommes encore beaucoup trop souvent à une situation où les enseignants en général font plus « mumuse » avec les outils qui leurs sont offerts qu’une profonde réflexion nécessaire à l’emploi d’outils, de technologies, de comportements… dans le but de tirer pleinement profit de ces nouveautés mis à leur disposition… L’un des exemples les plus aberrants pour moi est l’utilisation qui est faite la plupart du temps des TBI, les tableaux Blancs Interactifs !

Quoi qu’on en dise, les enseignants qui sont au cœur du dispositif ou pour lesquels on travaille sont tous issus du même moule… Ils ont, pour la plupart connu qu’une seule manière d’enseigner et s’ils sont devenus enseignants, c’est aussi parce que le cursus scolaire leur était adapté. Donc, en général, la seule manière de penser leurs enseignements, y compris à distance, est de reproduire plus ou moins la manière dont ils ont appris, qu’ils enseignent… en ajoutant par ci, par là des fonctionnalités qui donne l’impression de faire avancer la pédagogie mais qui ne sont en réalité qu’un saupoudrage de technologie.

Combien de cours à distance sont encore de simples PDF mis à disposition des étudiants ? On aurait même tendance à penser dans ces cas-là-là que l’enseignant ne sert à rien… puisque c’est une reproduction de ce qu’ils ont dit en cours, donc on pourrait considérer que le rôle de l’enseignant se limite à « lire » un discours qu’il a écrit à l’avance. Ce n’est évidemment pas ce que je pense. Alors, pourquoi le faire de cette manière à distance ?

Maintenant, changeons la donne. Prenons des enseignants hors normes ! Imaginons que nous employons des autodidactes ou des réfractaires aux systèmes scolaires traditionnels… Bref, nous apportons du sens neuf à l’enseignement et nous sortons du vase clos 🙂

Je pense que là, nous aurions du vrai elearning, de la vraie utilisation des nouvelles technologies dans l’enseignement…

Avez-vous déjà réfléchi comme se forme un autodidacte ? Cela n’a rien à voir avec un enseignement traditionnel, même si, parfois certaines formes d’enseignements traditionnels combles l’autodidacte… allez savoir pourquoi 😉 Donc, pas question non plus de vouloir faire table rase du passé… Certaines méthodes traditionnelles ont du bon 🙂 Il faut juste un bon équilibre entre tout cela !

La question que l’on pourrait se poser à juste titre est : «Quand arriverons-nous à maturité par rapport à cette thématique ?» J’aurais tendance à répondre quand les enseignants auront compris l’utilisation de l’informatique et d’Internet (et de ces dernières technologies), qu’ils l’utiliseront chaque jour dans sa diversité, qu’ils seront prêts à se remettre en cause au niveau de leur pédagogie…

Et puis, les structures environnent le monde éducatif doit évoluer lui aussi… Il ne doit pas rester à la traine. Un exemple. Sans le citer, alors. Une structure dans le monde de l’enseignenment que je connais (j’ai pas dit national, régional ou local, vous avez remarqué 😉 est en pleine réfléxion sur leur nouveau site…

Seulement, lorsque le site verra le jour, il y a fort à parier que les solutions ne seront pas présentes. Elles lui ont fait peur. Je peux vous prédire la disparition de cette entité à court terme (Moins de 5 ans) et j’entends déjà leurs remarques. On ne comprend pas, on a pourtant fait tout ce qui était possible ! Possible, oui… mais avec une vision passéiste, en prenant en compte l’avis d' »experts » orientés web comme au début des années 2000 (ceux qui entre autre diffuse des PDF en ligne 😉 ou, peut-être pire, dans certains cas des experts « acoquinés » avec des marques (je ne cite personne et aucune structure 😉 !

Alors, oui, ils ajouteront : «On ne savait pas !» Maintenant, ils savent !

Le fosse enseignants – eleves se creuse de jour en jour sur Internet

Je n’avais pas prévu d’écrire ce billet aujourd’hui car j’ai toujours un billet intitulé Sans présence t’es mort ou mes devoirs de vacances depuis début juillet sur le feu (maintenant les vacances sont terminées et je dois aussi changer mon titre 😉 et l’on m’a demandé d’écrire un billet pour expliquer ma veille à l’aide de Twitter ou plus largement comment organiser et gérer l’ensemble des informations que je reçois et partage dans les médias sociaux…

Mais, il y a toujours un mais dans ces cas-là, ce lundi était assez singulier au niveau de ce qui se passe à la maison entre mes filles, ma femme et moi au niveau de l’utilisation de l’outil informatique et Internet, donc entre un enseignant, des élèves et un spécialiste du web !

Du côté des parents

Bon, ce n’est pas poli, mais je ne reviens pas sur l’utilisation à outrance que je fais d’Internet dans ma vie de tous les jours 😉 Je pense qu’il suffit de lire ce blog pour se rendre compte de mes pratiques, de mes usages… Je fais partie des pro « usages des nouvelles technologies en classe » (mais pas à n’importe quelle condition) 😉

Passons plutôt les membres de la famille en revue 😉 Premier pilier : ma femme. Enseignante en langue. Un pur produit de l’Éducation Nationale après ses études à Normale Sup. Après avoir été enseignante en lycée, elle intervient en cours « traditionnel » à la fac mais aussi en formation continue toujours dans le cadre de la fac. Elle travailla aussi dans le domaine de l’enseignement à distance (elearning). Vous vous dites. Normal… Ce sont deux accrocs à Internet.
Détrompez vous 😉 Ce midi, elle me demande de regarder sur son ordinateur, car elle a un problème dans Word ! Et là, devant l’écran que je me fais la réflexion qu’un jour je devrais planter son système 9 (oui, oui.. elle est sur Mac avec un système datant des années… J’vous laisse chercher !) qui ne peut plus rien lire d’actuel (dans ce cas, elle me demande de regarder sur l’un de mes ordinateurs après m’avoir dit qu’elle ne comprenait pas pourquoi cela ne fonctionnait pas sur le sien).

Ne la cherchez pas dans Facebook, dans Twitter… le web 2.0, les médias sociaux, les réseaux sociaux n’évoque pour elle que des technologies qui sont sur Internet mais elle ne sait toujours pas (ou presque) à quoi cela sert ! D’ailleurs, cet été, j’ai eu la surprise de l’entendre me dire qu’il faudrait que je passe une heure pour lui montrer ce que l’on peut faire avec ces outils-là !!!! Il est temps 😉 Mais depuis, j’attends que l’on se fixe un rendez-vous sur le sujet… Et puis, son ordinateur (un peu vieux lui aussi) ne supporterait pas ces nouveaux services (enfin, dans l’état actuel).

N’oublions pas que c’est une personne qui a quand même travaillé dans le domaine de l’elearning dans le cadre de l’éducation Nationale, au début des années 2000. Il y aurait beaucoup à dire sur le sujet puisque j’observais ce qui se passait. Petit détail qui a son importance, elle savait avant l’an 2000 rechercher une information dans les moteurs de recherche en indiquant un +, un – ou des «  » pour affiner sa recherche ! C’est pour cela qu’elle a été considérée pendant un temps par ces collègues comme une bête en internet :-))

Et depuis, son usage d’Excel pour calculer ses moyennes et remplir les tableaux qu’on lui fait parvenir, de Word pour préparer ses cours… ses connaissances de l’époque de la préhistoire de l’Internet lui suffise, selon ce qu’elle me dit ! J’ai beau lui expliquer les projets auquel je participe… Rien ne lui fait tilt ! Ah, si, depuis qu’elle est dans le monde Universitaire, elle échange avec ses étudiants par courrier électronique ! Mais, peut-être l’aurait-elle, elle si elle était resté en lycée ?

Bref, vous l’avez compris, j’ai un exemple typique à la maison d’un enseignant d’un certain âge (50 ans, c’est un certain âge, non) qui a évolué avec l’arrivé d’Internet mais qui a juste franchi ce cap et qui ne va pas plus loin.

Elle a dû lire moins d’une dizaine de billets dans ce blog. C’est déjà un exploit, car elle ne suit aucun blog… Comme quoi, l’adhésion aux nouvelles technologies n’est pas seulement une histoire d’entourage et puis, c’est bien connu, nul n’est prophète dans son pays 😉

Et les enfants

Passons aux énergumènes que certains nomment élèves, mes filles. Régulièrement, je vous parle d’elle et de leurs aventures sur la toile. Au passage, leurs exposés sur le Tour de France par deux enfants, en complément de notre voyage de cet été est au point mort car dès notre retour, les ordinateurs qu’elles utilisaient à la maison sont tombés en panne 🙁 et j’ai besoin du mien. Je ne parle pas de celui de leur mère 😉

Vous le savez certainement, j’encadre « l’éducation » au multimédia de mes filles :-)) On pourra y revenir une autre fois. Mais, ce qui est arrivé ce soir est révélateur du comportement des élèves d’aujourd’hui et de demain. Celle qui est en 5e avait terminé ses devoirs de mathématique, mais pour un exercice, nous ne trouvions pas de réponse. Sa mère avait cherché, j’avais tenté de trouver la solution… sans résultat. Je pensais : «pourquoi, ne pas poser la question dans Twitter !».

Par expérience, j’ai appris que parfois certains exercices sont un peu tarabiscotés, et j’étais peut-être passé à côté de la plaque. En plus, comme dirait l’autre, je ne me souviens pas de la leçon que j’ai peut-être eue sur les priorités de calcul sous cette forme. Enfin, les nouvelles calculettes reconnaissances les parenthèses et puis j’ai (re)appris comment cela fonctionnait en ce début d’année.

Bref, alors que j’allais saisir dans la barre d’url l’adresse de Twitter, j’entends une voix à côté de moi qui me dit :«Et pourquoi tu ne cherche pas par Twitter la solution ?» J’dois avouer que je venais de rechercher avec elle une éventuelle solution dans Google 😉

C’est ce que nous avons fait… Nous avons publié l’exercice dans Twitter et comme un buzz c’est rapidement propagé ! Ma fille riait aux éclats de cette recherche d’inconnus pour l’un de ses problèmes… et était joyeuse de voir que eux comme elle ne trouvait pas de solution 🙂 Je donnerai la solution que l’enseignant donnera demain (une erreur d’énoncé ?).

Maintenant, je m’attends dans les prochains jours à avoir une augmentation dans les demandes de ma fille pour poser la question dans Twitter dès le moindre problème 🙁

Le résultat

Tout était dit… En une seule journée, j’avais un résumé de la situation de l’école à la maison, le fossé qui sépare les enseignant des élèves. D’un côté un prof. qui évolue encore à l’époque du web des origines, en face, une élève qui connaît déjà l’intérêt des réseaux sociaux pour travailler, collaborer… !

Et que l’on ne vienne pas me dire que ma fille est plus douée dans ce domaine qu’une autre, je peux vous affirmer le contraire… même si, désormais, parfois elle explique à sa mère quelques manipulations ce qui pourrait donner l’illusion de sa connaissance d’Internet 🙂

Ce fossé, bien évidemment, n’ira qu’en s’agrandissant. Même si ma conjointe s’inscrit à Facebook, Twitter… le temps qu’elle s’habitue à ces outils, à ce nouveau mode de pensé… les jeunes seront déjà sur d’autres technologies : la réalité augmenté ou je ne sais quelle technologie de l’avenir qui remplacera ce que nous connaissons aujourd’hui. Et je ne peux que rejoindre l’analyse de Thierry Klein lorsqu’il dit dans La continuité pédagogique, la grippe, les grèves que «les barrières ne sont plus technologiques, mais se situent dans la force des habitudes, des usages établis. Il faut que les professeurs les intègrent dans leur quotidien.»

Vivre et apprendre avec les médias sociaux y compris et surtout à l'université

Danah Boyd lors Symposium pour l’enseignement et l’apprentissage avec la technologie le 18 avril dernier donnait une conférence Vivre et apprendre avec les médias sociaux ! Je trouvais son titre explicite et correspondant bien à la situation actuelle.

J’affirme que les dangers d’internet et du web 2.0 sont déjà un débat récurrent et poussiéreux. Voilà, le décor est planté 🙂

Les réseaux sociaux ne peuvent plus être négligés

Il n’y a pas d’un côté le Web, vu comme un terrain de jeux, et de l’autre l’enseignement. La nouvelle donne globale telle que redéfinie par les réseaux sociaux: Facebook, blogues, YouTube et consort ne peuvent plus être négligés.

Ce n’est pas moi qui le dit. Ce sont les Anglais qui souhaitant que leurs universités évitent la fracture numérique ou encore que les étudiants et le personnel ne soient déphasés qui le disent ! Plus exactement, c’est dans le rapport HE in a Web 2.0 World publié par le Higher Education Academy et le JISC. Ah oui, ce sont nos amis Canadiens qui parlent de cette étude, évidemment. Merci Pierre Chicoine – biblio-fusion)

D’ailleurs nos voisins européens vont encore plus loin dans leur réflexion : et si l’on autorisait les candidats au bac à se connecter au Net ? Voilà la question à laquelle au Danemark on répond chiche, arguant qu’il vaut mieux parier sur les capacités d’analyse et de synthèse des bachelier que de leur demander de mémoriser des données déjà facilement disponibles sur Internet.

Des réponses aux risques évoqués à l’introduction du Web 2.0 dans les salles de cours

Adaptons enfin notre enseignement aux pratiques sociales des adolescents.

Les arguments avancés à l’encontre des médias sociaux sont grosso modo les mêmes que ceux qui ont été employés lors de l’introduction d’internet, du courrier électronique, des blogs… J’ai l’impression au sein des entreprises et maintenant dans le cadre universitaire, à chaque évolution de me battre comme Don Quichotte devant ses moulins ! C’est fatiguant à force 🙁 Bon, une bonne fois pour toute rappelez vous ce que vous disiez à chacune de ces étapes ! Les dangers annoncées ! L’importance de ces « évolutions »… Vous les avez pourtant acceptées une à une.

Oui, le web 2.0, les outils sociaux, les médias sociaux peuvent stimuler la collaboration et la productivité ! Les risques ? Donner plus d’autonomie et de responsabilité aux étudiants ! Dramatique, non ? Mais cela pose le tracas de la relation enseignant-étudiant ! Sommes nous le clan majestueux des enseignants à opposer les misérables étudiants ?

Autre souci souvent avancé : notre temps de travail (je parle côté enseignants) ! Mais, depuis longtemps, cette notion de temps de travail nous l’avons perdue. J’écrivais moi-même en juin 2007 : Et si les enseignants faisaient du e-learning et des TIC sans le savoir ?. Y a-il une différence entre recevoir un courrier électronique un dimanche soir et recevoir un message de Twitter à la même heure ? Nous avons la liberté pour l’un ou l’autre de répondre dans la minute ou de laisser « tomber ».

Petite anecdote, la seule fois qu’un étudiant m’a dérangée un dimanche à 9 h du matin, c’était lorsque j’utilisais les groupes de discussion ! L’étudiante s’était trompée de liste pour l’envoi de son message. Maintenant, si une telle situation arrivait, je recevrai un tweet ou un message dans Facebook et ne serait pas réveillé 😉

Passage obligatoire : l’aspect mélange de la vie privée et de la vie publique dans ces réseaux. Oui, lorsque nous sommes « amis » avec nos étudiants dans les réseaux sociaux, nous connaissons ce qu’ils veulent bien dévoiler de leur vie privée !Mais, pensez vous si je prends mon cas qu’avec mes 664 amis dans Facebook je fasse une fixation sur mes étudiants. C’est à peine parfois si je consulte leur profil ! Par contre, cela ne dérange pas certains enseignants de rechercher si les étudiants n’ont pas créé un groupe « secret » sur le net afin de surveiller ce qu’ils peuvent dire en cachette !

Enfin, la sacro-sainte entité : notre université… Nous avons mis en place des outils dans notre université, tout doit rester au sein de notre université ! J’ai même entendu dire : «en entreprise, lorsque l’entreprise mets des outils à la disposition de ces employés, ceux-ci les utilise». Seulement, les entreprises mettent des outils adéquats à disposition des salariés, aurais-je tendance à répondre. L’utilisation d’une plate-forme d’elearning comme outil de communication, d’échange et de stockage à durée de vie limité sans faire de elearning n’est pas pour moi l’outil adéquat !

De nouveaux rapports enseignants-étudiants

Aujourd’hui, les jeunes grandissent dans un monde où les médias sociaux sont partout présents et jouent un rôle important. Que l’on soit pro ou anti-médias sociaux, c’est un fait ! Et, ne nions pas la réorganisation de la circulation de l’information par ces médias sociaux.

Les médias sociaux relient les éducateurs et les apprenants d’une nouvelle façon et rien ne sert de se camoufler dans une réaction de panique qui consiste généralement à diaboliser les médias sociaux !

Les enseignants ont pourtant un rôle essentiel à jouer dans ce contexte : aider les étudiants à utiliser les médias sociaux. Apprendre aux étudiants à vivre dans notre société moderne. Mais, pour cela nous ne devons pas rejeter ce qu’ils font en disant par exemple : «c’est du domaine privé !». Ouvrons le dialogue. N’hésitons pas à leur demander de nous enseigner certaines technologies et commençons à exploiter ses nouveaux outils et à co-participer dans la vie quotidienne.

Évidemment dans ce contexte, il est nécessaire de reconsidérer notre position vis-à-vis du pouvoir de l’enseignant. Nous devons réapprendre à apprendre et à évoluer avec les changements autour de nous chaque jour.

Reste à définir quand et où la technologie est utile dans la salle de classe. Cette démarche doit être pensé pédagogiquement et il est nécessaire de comprendre au préalable comment on utilise ces médias sociaux dans la vie quotidienne avant de les apporter dans la classe. J’ai souvent mis une année d’usage personnel avant d’introduire ses outils dans mes enseignements. Ensuite, à nous d’en découvrir les innovations possibles !

Notre réflexion peut se bâtir autour des nouveaux comportements des étudiants sur la recherche d’informations et le partage avec leurs amis et leurs pairs.

Des universitaires ou enseignants tentent des choses pendant nos temps d’errances… ils prennent des longueurs d’avances sur nous ! Je prends l’exemple extrême de Twitter, mais il est peut-être le plus significatif. Combien d’enseignants universitaires sont dans Twitter ? Combien l’utilisent en cours ? En France, je connais un ou deux enseignants du supérieur qui l’utilisent ! (d’autres doivent exister, mais ils me sont inconnus). La vidéo How to Use Twitter in the Classroom à fait le tour de tous les officionados de l’éducation 2.0 ! Twitter, une salle de classe étendue pourra vous apporter également quelques éclairages.

Un parallèle avec l’entreprise peut-être fait Le paradoxe du web 2.0 au travail: oui pour mes clients, non pour mes employés…, il suffit de remplacer entreprise par enseignant comme dans la phrase : Les entreprises ont peur des nouveaux outils sociaux sur internet ; employé par étudiant ! Édifiant !

En complément

Pour finir cette partie, je vous conseille la lecture du philosophe Bernard Stiegler lors d’un entretien pour la revue Mediadoc : «Les élèves d’aujourd’hui développent ces pratiques, et sont en avance sur leurs professeurs, sur un mode empirique et nécessairement naïf, qualificatif qui n’a rien de péjoratif ici. Le retard du professeur peut devenir un point de repère s’il donne à penser la question du retard et donc le processus qui l’a produit. Mais si ce retard n’est pas pensé, cela devient un décrochage entre le professeur et ses élèves, c’est-à-dire aussi entre deux générations. Il y a donc trois questions à traiter : la formation des enseignants sur l’importance des supports, l’industrialisation des activités informationnelles, la production et le contrôle des métadonnées.»

et plus loin : «Sur les technologies numériques, les jeunes en savent souvent plus que nous, cela fait partie de la structure même de ces technologies, il faut l’accepter et même s’en réjouir. Cela veut dire qu’il faut inventer une nouvelle dialectique au sens de Platon : quand l’élève se pose une question, cela nourrit le maître et le fait réfléchir. La dia-lectique, c’est très participatif : c’est la base même du dia-logue. Le cours doit intégrer cet espace dia-logique. À l’époque où les technologies du web 2 et du collaboratif se développent, il faut en tenir le plus grand compte. Les technologies collaboratives sont des hypomnémata dialogiques. Si j’étais professeur de collège, j’essaierais de créer un réseau social de ma classe, par exemple. Pour cela il faudrait créer des cours spécialisés, mais qu’il faudrait d’abord dispenser aux enseignants eux-mêmes.»

La recherche, également à la traîne

Peut-être ne le savez-vous pas, mais la vie d’un enseignant d’université est divisée en deux : l’enseignement d’un côté, de l’autre, la recherche. Même moi, avec mon statut de PAST (maître de conférence associé), je dois faire de la recherche, c’est-à-dire participer à des conférences et publier ses résultats de recherche. Publier, pas dans mon blog, cela ne compte pas… Publier dans une publication scientifique. C’est ce que nous avons fait l’année dernière. J’ai appris par hasard que la publication avait eu lieu en fin d’année (pour une enquête sur Facebook du début d’année) mais je n’ai toujours pas un exemplaire sous les yeux !

En fait, ces revues scientifiques permettaient à un spécialiste d’un domaine de lire tout ce qui se publie dans sa spécialité. Je vous renvoie à l’article d’Hervé Le Crosnier : Libre-accès aux publications scientifiques repéré sur @-Brest.

Je dis «permettaient » car je ne comprends pas pourquoi ces publications ne sont pas encore mise « obligatoirement » en ligne… Seule explication : le système des revues scientifiques génère des bénéfices considérables actuellement ?

D’ailleurs, c’est à un tel point, qu’après nous avoir fait retirer les informations sur les chiffres de notre enquête dans notre article, on nous a « interdit » de publier les chiffres par exemple sur ce blog !

Quand je dis que l’université Française doit vivre et apprendre avec les médias sociaux, comme vous pouvez vous en apercevoir le chemin risque d’être encore long ! Pourtant, des journées comme celle sur les enjeux de la publication numérique pour la valorisation de la recherche de Grenoble (30 avril 2009) confirme l’importance de cette publication numérique !

J’aurais pu prendre l’exemple des actes des congrès et conférences… souvent payant. On est loin de l’ambiance qui règle lors des séminaires web 2.0 comme lors de la venue de mes amis Canadiens à Lille 🙁

Par extrapolation, d’autres questions méritent réflexion : les travaux des étudiants doivent-ils être mis en ligne ? Si vous connaissez mon blog, vous connaissez ma réponse 😉

Une citation pour terminer

«Je suis fils d’enseignant: j’ai eu la problématique enseignante et la pédagogie à l’école et à la maison, en même temps, y compris la nuit. Je sais qu’un enseignant, pour le meilleur et pour le pire, ne peut rien faire d’autre – c’est sa fonction, c’est sa nature, c’est son but et c’est son « droit » – que de tout transformer en matériel pédagogique. Donc, en tant qu’auteur, je n’y peux rien. Ça me fait plaisir quand c’est intéressant de mon point de vue, ça m’ennuie quand c’est inintéressant de mon point de vue. Je ne demande qu’une chose, c’est que personne ne s’imagine que je fais des livres pédagogiques et que personne ne s’imagine que je suis au service de l’enseignement.»
PONTI (Claude), L’école des lettres, n°4. J’ai découvert cette citation dans le blog vocespaginarum.

Mise à jour le 8 juin : Peut-on ne pas réseauter au doctorat?

Université Vivaldi : Intégrer les TICE à sa pratique pédagogique

J’ai assisté à plusieurs conférences et ateliers de l’université Vivaldi. Vous pouvez voir les conférences en différé. Enfin, seulement sur PC car sur Mac, j’ai l’impression que cela ne fonctionne pas… 🙁

Une découverte pour commencer : le système de vidéo-conférence Evo.

Sinon, je reprendrai le débat que j’ai commencé par le jeu des questions-réponses suite à la conférence de Daniel Peraya de l’Université de Genève : Intégrer les TICE à sa pratique pédagogique (l’évolution du rôle et/ou du métier d’enseignant ?)

Ce propos n’a rien de scientifique, mais est plutôt du genre narratif, je préviens !

Cette conférence était intéressante… J’aime le métier d’apprenant, les segmentations effectuées… Seulement, une chose me chiffonne. C’était d’ailleurs le but de ma question. Daniel Peraya séparait distinctement les usages des TICE au niveau personnel et professionnel pour les enseignants et les étudiants.

Sa réponse me laisse à demi sur ma faim. Vous pouvez l’écouter à la fin des questions de sa conférence dans les différés. Je pense que justement il y a une forte corrélation entre le privé et le professionnel et ne vois pas le rapport avec l’infobésité ! Je l’avais écrit dans Et si les enseignants faisaient du e-learning et des TIC sans le savoir ? en juin 2007. C’est l’une des chances de la transition pour que l enseignant utilise petit à petit les TICE dans leur enseignement.

De même, difficile de ne pas avoir d’interaction, comme je le disais, dans des réseaux sociaux comme Facebook. Le point sur les nouveaux outils du web 2 a d’ailleurs été éludé par le conférencier, mais nous étions loin du web 2 dans cette université, hormis pour le sacro-saint wiki.

Mais, même le courrier électronique, même le chat… Comment peut-il ne pas entrer dans notre vie privée ?Nous possédons effectivement des adresses de courrier électronique universitaires. Mais pour ma part, elle correspond à un usage spécifique. Je suis certainement un cas par rapport aux maîtres de conférences, chercheurs… présents dans la salle. Mais, justement, cela me permet de porter peut-être un autre regard sur le phénomène.

Donc, si je reviens sur la solution préconisée, un délai de 36 h pour la réponse semble normal, je ne réponds qu’au message qui arrive dans ma plate-forme… Bien. Ok. Félicitation à l’enseignant qui reproduit ce schéma. C’est un choix. C’est vrai. Mais même ce choix interfère sur notre vie privée. M. Peraya récupère si j’ai bien compris l’ensemble de ces courriers le soir. Déjà, je pense qu’il est chez lui et n’est pas à son bureau, donc, cela interfère dans sa vie privée.

Mais prenons le cas des vacances scolaires. Devons nous répondre ou non aux messages des étudiants pendant cette période ? Moi, je le fais. Je préviens les étudiants que je suis en vacances, donc qu’ils ne me dérangent pas pour des peccadilles, que je ne répondrai peut-être pas… Mais, si j’en ai la possibilité je lis (et parfois réponds à leur message) pendant cette période.

Le cas des « grandes vacances » est encore plus terrible. Qu’est ce que je dois faire ? Ne pas répondre à mes étudiants ? Les laisser deux mois sans réponses (certains pratique cette méthode) alors qu’ils sont en stage et ont parfois besoin de notre aide ? Nous devons également préparer leur soutenance en commun… Là encore, j’essaye de répondre, alors que je suis également en vacances universitaires.

Quid des demandes de l’extérieur, de personnes qui prennent contact avec nous pour une raison universitaire, car elles souhaitent des renseignements sur nos masters… Je ne les lis plus qu’entre 9 h et 19 h. Avant ou après, c’est trop tard. Ah, oui, mais là, cela fait partie de la facette gestion. C’est différent ! Pas pour moi.

Et même, je vais pousser le raisonnement plus loin, désormais, lorsqu’un enseignant me contactera en dehors des heures de bureau, je ne réponds pas dans la foulée même si c’est pour une réunion le lendemain. Désolé, tous les enseignants ne sont pas des amis, se sont de simples relations de travail. En plus, ils ont utilisé mon adresse universitaire, celle que je ne consulte plus après 19 h.

Précédemment, à l’époque du téléphone, du courrier… effectivement ce genre de problème n’existait pas. Devons-nous pour autant reproduire le même schéma aujourd’hui ? Les usages des différents outils se sont modifiés.

Pour l’anecdote, alors que je ne suis pas chat, je crois avoir fait le seul chat de ma vie avec deux étudiants un dimanche soir 🙁 Le problème à régler était urgent, très urgent même. La vie professionnelle interférait bien dans ma vie privée.

Aucune disposition n’est prise sur cette problématique, qui je le rappelle est peut-être l’une des plus fabuleuse porte d’entrée vers l’usage des TICE en cours. On ne peut pas, on ne doit pas la balayer d’un revers de main. Combien d’enseignants se posent des questions sur ce sujet en coulisse. Je n’ai toujours pas trouvé quoi leur répondre à ceux qui me posent la question !

En plus, c’est vrai que l’on passe complètement sous silence les évolutions du domaine informatique et le comportement des uns et des autres vis-à-vis de ces nouveaux système. Bientôt, j’en suis intimement convaincu, nous allons tous basculer « obligatoirement » sur des réseaux sociaux. Pour l’instant, il est simple de dire : «Non, je ne veux pas partager mes informations avec les autres».

Cependant, si j’en crois mon expérience sur Facebook, sur Viadeo… mais plus particulièrement sur le premier, nous sommes deux enseignants dans notre UFR à être inscrit officiellement. Tous les deux nous avons reçu des demandes des étudiants pour être nos «amis» virtuels. Que devions nous faire ? Refuser ? Accepter ?

Pour ma part, sachant que je ne diffuse rien de ma vie privée que les étudiants ne peuvent savoir, car j’utilise ses outils dans une optique professionnelle, je penche plutôt sur l’intégration des étudiants dans mon réseau, ce qui leur permet d’être en contact facilement avec d’autres personnalités du domaine.

J’assume (mais là c’est un autre problème des réseaux sociaux et de l’identité numérique, il est nécessaire d’assumer l’ensemble de ces choix) le fait que les étudiants soient à côté de personnes un peu plus connues, voire célébrées aussi bien qu’à côté d’un illustre inconnu.

Mais maintenant, comment devons-nous réagir lorsqu’un étudiant nous contacte le soir parce qu’il a vu que nous étions en ligne ? On ne lui répond pas ? On lui répond ? Eux, travaillent parfois le soir, comme nous. Il n’est pas question de se comporter en enseignant-poule, qui couve ses étudiants. C’est un transfert assez naturel des listes de diffusion ou groupe Moodle qui s’établit… Seulement, vous vous trouvez dans un environnement qui mélange tout : vie privée, vie professionnelle…

Le métier d’enseignant évolue vers un mélange épisodique entre vie privée et vie professionnelle… Reste à savoir comment évoluera la relation enseignants – étudiants avec l’arrivée du nomadisme ! Je parie pour une plus forte présence de la vie professionnelle dans la vie privée que ce que nous connaissons actuellement.

Au fait, quand commence et se termine l’usage des TICE dans la vie privée d’un enseignant ? Et dans celle des étudiants ?

Pour ma part, je m’en vais lire le compte-rendu de la journée d’étude sur les usages des TIC et pratiques communicationnelles électroniques des jeunes.

Et si les enseignants faisaient du e-learning et des TIC sans le savoir ?

Régulièrement, on dit que (je m’inclue dans les on) les TIC en France est une mauvaise élève dans le domaine. Internet Actu est là pour le rappeler : La France, avant-dernier de l’UE en matière d’usage des TIC à l’école ! On parle beaucoup de la formation des enseignants en question.

D’un autre côté, même si Les utilisateurs ne sont pas totalement séduits par l’e-learning, on nous offre des séquences vidéo (en six épisodes) pour un référentiel des bonnes pratiques en FOAD , ici, Le cas de l’éducation scolaire. Analyse de l’évolution liée à l’innovation de l’e-learning (l’introduction est en Français, le texte en Anglais).

Pourtant, aujourd’hui, ce sont les outils de la FOAD et l’article sur les limites du système E-learning attirent mon attention, car je pense que, sans le savoir, nos chers enseignants (je parle des profs de collège, de lycée, dans le supérieur…), nos enseignants pratiquent l’apprentissage mixte. Si, si, je vous assure… Mais personne ne le sait. C’est évident, puisque c’est à distance donc caché aux yeux de l’institution.

Ne me dites pas que les enseignants ne sont pas des personnes comme les autres. Le pourcentage d’enseignant qui possèdent une adresse électronique privée (et qui l’utilisent) doit être sensiblement le même que pour la population française, non ? Ne me dites pas que les enseignants possèdent moins de connexion internet que la plupart des Français. Ne me dites pas que les enseignants ne se baladent pas sur le net, dans les mêmes proportions que leurs concitoyens. Ne me dites pas que les enseignants ne pratiquent pas le MSN…

Oui, je sais… Je parle de l’enseignant, hors de ces fonctions dans la salle de classe. Et, c’est justement sur ce point que nous tous commettons une erreur. Nous jugeons constamment l’utilisation des TIC et du elearning en classe ou pendant les moments scolaires.

En fait, j’ai l’impression, lorsque je titille certains d’entre eux (des profs) qu’ils utilisent mettent en place sans s’en apercevoir de l’apprentissage mixte… (même parmi ceux qui clament haut et fort qu’ils sont opposés au elearning). Plus on monte dans les années d’étude, plus ce phénomène est vrai. Une simple adresse mail ou un simple compte MSN est le tour est joué… Enseignant et élèves (étudiants) entre en contact.

Adieu les limites du e-learning. L’absence d’échanges directs n’est plus un problème puisque régulièrement tuteur, pardon enseignant et élèves se rencontrent physiquement. Plus de problèmes d’organisation, parce que rien n’est organisé, prévu, aucun carcan institutionnel n’encadre les activités. Les freins du côté de l’apprenant sont balayés car il n’a pas l’impression d’apprendre. On ne lui a pas dit qu’il était en train d’apprendre…

Reste que les enseignants se posent quand même quelques questions : quelle est la légalité de ces échanges, qu’en est-il de l’égalité des chances, où mettre les limites du type : temps de réponse à une question, se contenter de son rôle d’enseignant ou se muer parfois en assistante sociale, grand-frère ou grande soeur, quel comportement avoir lorsque l’on s’aperçoit qu’un élève discute en ligne à une ou deux heures du matin et que le jour même il ne rend pas sa copie sous un prétexte fallacieux (il suffit de posséder le contact MSN dans ses favoris pour voir sans être vu une personne connectée).

En analysant un peu plus ces pratiques, je pense que d’autres points ou questions seraient à soulever (n’hésitez pas en commentaire si cela vous pose des problèmes, histoire de faire avancer le débat).

Bien sûr, on est loin des plateformes de téléformation et des classes virtuelles, mais le courrier électronique, les forums de discussion, le chat… sont d’un usage courant dans ce cas. Je soupçonne certains enseignant de travailler ensemble avec son apprenant, à distance, sur un même fichier même si aucun espace de travail commun spécifique n’est prévu. Les enseignants qui mettent en ligne sous une forme «top-secret-défense» leur cours n’est pas négligeable, éventuellement des FAQ. Je reprends seulement les outils cités dans l’article en début de billet.

Pas mal quand même pour quelqu’un qui, en général, est considéré comme n’utilisant pas les TIC, ni le elearning. Eux, ils nomment cela de l’accompagnement 🙂 mais je suis persuadé que si on leur donnait un questionnaire à remplir, ils ne diraient jamais qu’ils participent à ce genre d’activités de peur du jugement de leurs confrères (qui au passage font la même chose), de peur des syndicats (ils ne sont pas rémunérés pendant ces heures) et de peur d’enfreindre une loi quelconque.

Nous nous devons de reconnaître que les relations enseignants – mineurs, entre autres, n’est pas évidente. Nous sommes hors-cadre scolaire, rappelons le.

Peut-être faudrait-il se pencher davantage sur ces enseignants adeptes des NTCI et du elearning pour ne plus dire que nous sommes dans la queue du peloton. Et pourquoi pas, utiliser leurs compétences, leurs connaissances pour amener progressivement l’utilisation des TIC dans les classes et la mise en place de elearning en complément de cours. Peut-être pourraient-ils être consulté pour l’établissement du B2i. Ils connaissent bien mieux que d’autres l’utilisation de l’outil informatique dont sont capables leurs élèves.

Il est même selon moi urgent de s’occuper de ces enseignants précurseurs car le monde de l’éducation change. Nous le savons tous, même si certains ne l’admettent toujours pas, que l’enseignement unilatéral de l’enseignant à l’apprenant est révolu. Nous en arrivons à un apprentissage sous forme d’échange d’informations. L’enseignant ne détient plus la vérité absolue. Internet est bel et bien présent.

Parfois, une question de mes filles m’oblige à consulter l’encyclopédie car c’est une colle à laquelle je n’ai pas la réponse… La dernière venait de la cadette (7 ans) suite à quelque chose qu’elle avait lue dans un livre à la maison. Car les livres eux aussi changent. Je lui ai répondu que je ne savais pas, que je devais me renseigner. Et son réflexe a été de me dire : «sur Internet ?».

Il est temps de prendre en considération ces enseignants avant-gardistes. D’ici quelques années, le problème des NTIC en classe deviendra le souci des communications pendant et hors temps scolaire… Les enseignants devront fournir un complément d’information en étant disponible à distance pour donner un complément d’information à celui qui n’aurait pas compris, fournir les documents nécessaires à l’absent, indiquer des liens pour compléter son enseignement, diriger vers l’enregistrement de son TBI (Tableau Blanc Interactif), vers sa présentation mise en ligne comme accompagnement de son cours…