Université et monde pro : mauvaise idée d'adosser les formations au laboratoire de recherche

Je suis libre maintenant de parler comme je l’entends de l’université… puisque mon contrat de Past (Maître de conf. associé) n’est pas renouvelé à l’UFR Idist. Ne voyez pas une vengeance quelconque dans ce texte, je cherche juste à faire un état des lieux et enfin, dire librement de ce que j’ai vécu cette décennie ! j’en ai des choses à dire… 10 ans de retard, vous imaginez !

Je ferais donc cet état des lieux en 4 étapes, 4 billets… que je publie pendant ces 2 jours :

Comme PAST, lors de mon premier contrat, on m’a indiqué que je devais signer un papier comme quoi j’appartenais à un laboratoire de recherche. Et l’on s’est empressé de me dire que c’était une simple formalité et que cela ne m’engageait en rien ! Ok, bon, ben, je signe où alors !

Au final, je n’ai après 9 ans de contrat jamais mis les pieds dans ce laboratoire. C’est à peine si je sais où il se trouve ! Toutefois, j’ai réussi l’exploit de publier un article scientifique (je ne m’étendrais pas sur la question… Mais là aussi il y a certainement des choses à dire) où mon nom est associé à ce labo 🙂

Et puis, des publications et des conférences, en faisant un tour sur Eric-Delcroix.com, il commence à y’en avoir un paquet… Je vous laisse démêler ce qui peut être considéré comme travail universitaire de ce qui ne l’est pas ! Je n’ai jamais compris la différence, hormis que très souvent, les revues dites Universitaires n’ont pas de diffusion, les autres, oui ! On retrouve les conférences librement sur le net, mais on achète les annales des conférences universitaires… J’exagère à peine.

Bref, j’étais dans un labo sans y être. D’ailleurs ce n’est que quelques années après mon recrutement que j’ai compris que j’étais passé par un « jury » du labo ! Oui, le laboratoire est membre du jury à peu près partout. C’est d’ailleurs lui qui recrute les maîtres de conférence.

Et c’est là que, dans l’aventure, que l’on peut revenir sur la présence ou non de cours sur le web 2.0 et le non enthousiasme pour les réseaux sociaux de notre UFR… Les personnes qui se présentaient pour devenir maître de conférence chez nous pouvaient prendre la direction de la sortie directe si elles étaient pro web 2.0 ! Bien sûr, on me dira que cela ne correspondait pas au profil de poste recherché… Je sais… Mais certaines remarques de postulant me font dire que je ne suis peut-être pas complètement dans le faux, y compris si elle correspondait au profil du poste !

Surtout, le problème de ces laboratoires, ce sont les mandarins à la peau dure… On comprend qu’ils ne veulent pas que les médias sociaux pénètrent d’un poil dans leur univers. Leur pouvoir serait certainement remis en cause dans les minutes qui suivent ! L’effet mandarin va beaucoup plus loin, puisqu’il influe également les enseignements… Il faut plaire au mandarin, avoir un discours qui va dans son sens… Je ne vise personne en particulier ne sachant pas qui dirige officiellement ce laboratoire auquel j’appartenais !

Et puis, lors des conseils d’UFR… Y’a les querelles entre les chiffres. En effet, chaque « club » à son chiffre… Par exemple, le domaine des Sciences de l’information et de la communication (SIC) c’est la 71e section. La 27e pour l’informatique, la 19e pour les sociologues… Je peux vous dire le débat est âpre… Vive ma section… J’y crois dur comme fer ! Mais les enjeux me dépassent malgré les coups bas et les manipulations des uns contre les autres.

Ce qui m’amusait c’était lorsqu’une affiche était faite à destination d’un chiffre… L’autre fulminait que le sien ne soit pas affiché.

Pour clore sur les laboratoires, j’ai des difficultés à comprendre la suppression des masters Recherche. Au moins, à l’époque, c’était facilement identifiable. On savait que l’on avait les masters recherche d’un côté, les master Pro d’un autre…

Maintenant, avec la disparition du master Recherche, il a été introduit une dose de recherche dans les Master Pro… L’idée en tant que telle n’est certainement pas mauvaise. Seulement, ce que l’on oublie, c’est que ce sont les membres du laboratoire sur lequel est adossé la formation qui établissent les programmes des différents cursus… Ainsi, on se retrouve par exemple avec un Master 1 complètement orienté recherche (alors que la fin du Master 1 ne correspond à aucun diplôme mais est une passerelle nécessaire pour entrer dans le master 2)… sans que cela soit officiellement affiché, et en Master Pro, le but du jeu consiste à faire faire de la recherche au final aux étudiants, et donc à rejoindre le laboratoire (je pense que l’un des critères d’évaluation pas le Ministère des laboratoires doit être le nombre de participants). Le but des master pro n’est pas la formation à des visées professionnelles…

On peut ainsi comprendre que les master Pro soient de moins en moins professionnels. Professionnel et théorie pure ne font pas toujours bon ménage dans les sciences dites « molles » (les sciences humaines) en opposition aux sciences expérimentales, dites « dures ».

Je n’ai mis en avant que les problèmes que pose pour moi cet adossement à la recherche dans le cadre des formations et du statut de Past.

Je ne sais si cela reflète ou pas ce qui se passe dans l’université Française… À vous de me le dire, sans corporatisme, s’il vous plait 😉 Ceci n’est que le regard que je porte sur l’UFR dans lequel j’étais…

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