que je vois pour demain/après-demain en terme d'outils et d'usages numériques

Franck Plasse m’avait demandé de rédiger un encadré pour son article Web 2.0 pour les zéros qui fait la Une de la Lettre du cadre Territorial parue la semaine dernière.

Il me demandait ma vision d’expert sur ce que je vois pour demain/après-demain en terme d’outils et d’usages numériques en 800 caractères…

Déjà que l’exercice n’était pas facile, j’ai préféré commencer par une version longue que j’ai synthétisé pour la revue.

Aussi, je vous fais profiter de la version longue 😉

Il n’est pas facile de donner une vision précise sur les évolutions attendus dans l’univers d’Internet… C’est un monde qui change à une vitesse importance. Nous sommes dans une période ou ce qui est vrai aujourd’hui ne le sera peut-être plus demain.

D’ailleurs, ce n’est pas anodin si plus d’un quart des Français se sentent dépassés par les nouvelles technologies et que 81% auraient besoin d’une remise à niveau (enquête Grenade & Sparks). Il y a du boulot avant de parler d’avenir… et la fracture ira en s’agrandissant si l’on n’y prend garde.

Ce qui me semble important avant tout dans ces perspectives d’avenir est la prise en compte de deux choses, externes aux usages multimédias mais qui y sont pourtant liées. La première : 70 % des métiers du futur n’existe pas aujourd’hui ! La seconde : l’arrivée sur le marché du travail, de la consommation, sur le terrain de la politique de la génération Z (les 0 – 18 ans), les vrais digitaux natifs, qui eux n’ont connu que cela et qui l’utilisent instinctivement (les générations précédentes grimaient souvent des usages d’un autre temps).

Si j’essaye de porter mon regard vers les années futures, l’axe principal sera certainement la disparition des ordinateurs (au profit des supports nomades : tablettes et téléphones) avec le retour des postes « client » via le Cloud computing. Cette extinction des ordinateurs (portables ou non) ira de pair avec la mort du web. Le web n’est qu’une partie d’Internet… C’est principalement celle des navigateurs, du format HTML…

Depuis quelques années, la course pour la présence des acteurs principaux du web : Google et Facebook pour ne citer qu’eux est symptomatique d’ailleurs de ce changement.

Cette prise en compte est importance dès maintenant… y compris par exemple en termes de référencement. Essayez d’analyser la stratégie de Google qui cherche à privilégier les résultats « frais » de personnes « influentes ».

Au passage, cette notion d’influence (pour l’instant Klout ou Peerindex fournissent des indications que l’on considère souvent comme anecdotiques, ce ne sera pas le cas demain !) prendra une place de plus en plus importante dans notre vie… y compris dans ce qui est le fondement du web 2.0 : la recommandation. On peut d’ailleurs se poser la question de savoir si la recherche d’information ne passera pas exclusivement par ce biais : la recommandation.

D’autres aspect technologique feront leur apparition comme la domotique dont on entend parler depuis longtemps… On a beaucoup parler d’objets connecté l’année écoulée et je pense que le pas sera franchi dès que le grand public sera prêt à accepter « l’intrusion » et le lien avec ces objets.

L’arrivée dans le monde des adultes de la génération Z bousculera nos différentes façons de voir, de travailler, de communiquer… La vieille génération du Print aura passé la main à la génération Y (les 18 – 35 ans) plus ouverts à ces nouvelles technologies et ils suivront les manières de fonctionner de leurs cadets.

D’autres révolution sont en train d’apparaître. La fin de la suprématie de l’écriture en est une. Désormais, on parle picture marketing avec l’émergence ces derniers mois de Pinterest, de la reconnaissance « faciale » dans les recherches Google, des images éphémères avec Snapchat !

D’ailleurs, on se pose même la question désormais de savoir s’il reste essentiel d’apprendre l’écriture manuscrite dans les écoles !

Donc, pas mal de changements en perspective… En attendant un nouvelle « révolution » du type : arrivée de Facebook ! Dans le monde du virtuel, un peu comme la tentative de Second Life il y a quelques années ?

Alertes territoriales via les réseaux sociaux : séisme, incendie, cyclone

J’avais promis de donner mes réactions suite au séisme virtuel Richter 38 et à mon activité d’alerte et de suivi de l’évolution de ce séisme dans les réseaux sociaux (voir alerte séisme en France par les réseaux sociaux : richter 38)

Vous comprendrez aisément que je devais réserver la primeur de mes réactions à la société Cedralis porteuse du projet et puis, l’engrenage : la mise en place de ma participation dans l’organisation du salon VAD e-commerce, l’annonce de l’avant programme de Ludovia (l’université de l’e-éducation dont les maîtres mots seront Mobilité et ouvertures) plus quelques autres projets 😉

Mais revenons à Richter 38 et aux alertes via les réseaux sociaux.

D’ors et déjà, on peut le confirmer, cette expérience a été un succès et je suis encore plus surpris que personne n’ait réalisé cela auparavant : associer les réseaux sociaux (et leur pouvoir de diffusion de l’information, leur pouvoir dans l’échange…) en cas d’alerte.

D’ailleurs, ce fut une réaction du public… Pourquoi les institutions territoriales n’étaient pas présentes ! La Préfecture d’Isère nous appela par la suite pour avoir nos impressions, notre ressenti… ! La principale crainte des institutions : que les échanges dégénèrent (sic).

L’autre remarque des internautes qui nous a fait sourire (mais dans le fond, cela est « catastrophique ») lorsque l’on découvrit que nous étions considéré comme le quartier général de l’opération, y compris dans un message diffusé en anglais (Earthquake Simulation at Grenoble @richter38) !

En fin de journée, lorsque l’on me posa la question «seriez-vous en mesure de le faire pour un séisme réel ?», ma réponse fusa : «Oui, sans problème.» Au contraire, car nous n’aurions pas les effets du manque d’implication de la population pour cet exercice !

Au passage, la solution développée par le journal locale qui permettait de suivre l’événement (très bien au passage, voir Cover it Live ,L’outil utlime pour couvrir un événement en temps réel) demande une mise en place plus lourde que la nôtre et quand on sait que la réactivité dans ce genre de situation est importante…

Côté chiffre, notre opération a permis d’être perçu par près de 60 000 personnes de 8 h 30 à 13 h, dont 58 286 avant-midi, et 31 760 avant 11 h grâce à seulement 43 personnes. 10 724 de ces contacts ont été contactés par des comptes Twitter Grenoblois ! (ces mesures ont été faites en mesurant la diffusion du hashtag #richter38. Nous avons additionné le nombre de abonnées aux comptes). Nous n’avons pas mesuré la diffusion réelle dans Facebook, ni pris en compte le relais qui a pu être fait par les articles de blogs…

À noter que la scène Twitter Grenoblois n’est pas particulièrement riche en compte Twitter ou Facebook locaux très « influents ».

L’un des avantages qu’ajoute cette alerte via les réseaux sociaux, à la différence des alertes téléphoniques ou des autres systèmes d’alerte, est de déborder des limites géographiques d’une ville. Prenons l’exemple d’une personne de la banlieue d’une ville qui vient travailler dans la commune sinistrée par exemple ! Comment la prévenir ?

En cours de journée, nous avons remarqué la mise en place par les internautes en relation avec nous d’outils complémentaires comme la création d’un Pealtrees sur l’événement mais aussi la diffusion de demandes d’informations comme «merci préciser état endommagement de vos bâtiments et bâtiments institutionnels voisins avec adresse #richter38» ou cet autre message : «aux grenoblois:pouvez-vous indiquer état des bâtiments à vos alentours? notamment bâtiments sensibles? fonction en service/HS? #richter38» ce qui implique également que les médias sociaux peuvent permettre de faire remonter des informations du terrain ! Quel autre service d’alerte le permet ?

Je parle peu de Facebook jusqu’ici… non pas que l’outil n’est pas intéressant, mais la priorité nous semble Twitter dans l’urgence. Pourtant la page Facebook a également rempli son rôle en accueillant des témoignages, des images… Je n’avais pas lié le flux RSS du compte Twitter au flux de Facebook pour l’occasion… afin de mesurer plus facilement l’impact des deux outils ! En situation réelle, je l’aurai fait pour donner plus d’interactivité à la page Facebook concernée.

De plus Facebook offre l’avantage de garder une mémoire de l’événement, ce que ne permet pas Twitter… Quelques jours plus tard, il n’y avait plus de trace de notre existence dans Twitter ou presque.

Nous continuons notre chemin avec Philippe BIVAS (société Cedralis) pour affiner le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion d’alertes en France. Prochain rendez-vous : soit un exercice de nouveau, soit un événement réel… Pourquoi pas un feu de forêt cet été.

D’ailleurs, moi, « l’handicapé » du portable (téléphone portable), je suis désormais équipé d’un iPhone et il est possible maintenant de m’appeler à toute heure du jour ou de la nuit (enfin, la nuit, évitez… sinon, ma femme ne sera pas contente). Mais, je reviendrai dans le prochain billet sur l’arrivé de ce nouvel outil ainsi que de l’iPad à la maison.