pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ?

pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ? Magazines mode Copenhague de Thierry Caro
pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ? Magazines mode Copenhague de Thierry Caro

Un étudiant en journalisme, qui rédige un mémoire de stage en développant la problématique Médias et réseaux sociaux, quelle stratégie pour attirer le clic et quelles conséquences sur la diffusion d’une information ? m’a posé quelques questions. J’espère recevoir son mémoire 😉

En attendant, je vous fais profiter de mes réponses 😉

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Eric Delcroix, je suis un indépendant, ancien maître de conf. associé, qui suite à un passé de journaliste a pris le chemin de la PAO fin des années 80 et qui c’est intéressé très tôt au web, et au médias sociaux depuis l’arrivée des blogs et de Facebook, Twitter, Pinterest… par la suite. Actuellement, j’ajoute une sensibilité particulière à la génération Z.

Pourquoi tant de personnes sont présentes sur les réseaux sociaux ?

En fait, l’engouement pour les réseaux sociaux a démarré avec Facebook, même s’il existait d’autres plateformes auparavant. La particularité de Facebook est d’avoir intégré des applications dont les jeux.

Basé sur la théorie des petits mondes et surtout sur les liens faibles (les liens forts sont la famille, les amis proches avec qui l’on discute régulièrement, les autres « amis » sont des liens faibles) ont fait le reste.

Je pense que fondamentalement l’Homme à besoin d’échanger… Et sa recherche ultime est la rencontre IRL.

Les réseaux sociaux offrent une approche de l’autre, quelle que soit sa condition, son pays, etc. de manière aisée.

Comment définiriez vous le réseau social aujourd’hui, sa place dans la société ?

Il n’existe pas une seule formule pour définir les réseaux sociaux. Désormais, c’est une sous-partie des médias sociaux. Pour ma part, je définis les médias sociaux par 3 verbes : partager, collaborer et interagir.

Donc, les réseaux sociaux doivent répondre à cette définition à laquelle j’ajouterai 3 autres critères : choisir et accepter ses « amis » ; diffuser une partie ou la totalité de son CV ; organiser une vie sociale d’échanges virtuels avec ses « amis ».

Pourquoi les médias sont-ils présents sur les réseaux sociaux ? Qu’est ce que cela leur apporte ? Comment font-ils pour y exister ?

Les médias comme toutes entreprises suivent le public là où il se trouve, il est donc normal de les retrouver à ce titre sur les réseaux sociaux. De plus, le cas des médias est un peu spécifique, car cela met en péril (ou demande de nombreuses modifications aux modèles qui étaient le leur) les structures même des médias, leur manière d’envisager l’information (le maître-mot est lâché les concernant), etc.

Le premier point que cela leur apporte est d’avoir un « nouveau » public de lecteurs, mais aussi de diffuser l’information de manières différentes.

D’ailleurs, si l’on inclut Twitter dans les réseaux sociaux (pour moi, Twitter n’est pas un réseau social, mais un média social en Temps Réel), on s’aperçoit assez vite que désormais l’information se fait dans ce média. Il est donc indispensable à ce que les médias traditionnels y trouvent une place.

En me demandant comment font-ils (les médias) pour y exister, j’aimerai bien répondre qu’ils y prennent leur place naturelle. Mais, ce n’est pas le fond de ma pensée. Je crois plutôt que la très grande majorité des médias n’ont pas encore compris comment utiliser les réseaux et médias sociaux. Ils me donnent l’impression de se contenter de replâtrages sur une jambe de bois !

Aucun, hormis les sites de médias en ligne ou les tentatives de France Télévision sur le net (mais je trouve qu’ils manquent de relais sur les écrans de télé) par exemple…

Donc, si je résume ma pensée, les médias font acte de présence. La plupart du temps, les journalistes complètent leurs reportages en simplifiant par une photo et un message (parfois, un article) sur le site du média ou par le compte Twitter ! Basta !

Quelle sont les stratégies pour forcer l’internaute à cliquer sur un lien ?

Il n’existe à mon sens aucune stratégie pour forcer l’internaute à cliquer sur un lien hormis la qualité et la véracité de l’ensemble.

Je ne parle évidemment pas de techniques publicitaires, des sacro-saints concours ou mêmes d’accroches par des titres du genre : les 10 astuces pour…

Attention d’ailleurs de ne pas confondre différents aspects des réseaux sociaux. Le but est de « recruter » des « fans » pour une page de médias par exemple dans le but d’offir des possibilité « d’échanges ».

La course à l’échalote du nombre d’inscrits est un mauvais pari. En tant que spécialiste des médias sociaux, je conseille souvent d’avoir une petite communauté active plutôt qu’une pléthore « d’amis » inactifs. Et dans ce cas-là, il est certain que vos « abonnés » réagiront plus aux liens que vous donnez.

Il est évident que si le lien dirige vers une information de qualité, qui correspond à l’attente du lecteur, il y a de fortes chances pour que ce lien soit suivi… C’est d’ailleurs tout le travail des curateurs actuellement, puisqu’ils ne diffusent que très rarement leur propre contenu, mais dirigent vers des liens qu’ils conseillent !

Y’at’il un impact sur la qualité de l’information transmise ? Moins d’info de fond ? Plus de place au ‘scoop’ et à l’insolite ?

C’est une bonne question.

Évidemment, la guerre du scoop est lancée depuis l’arrivée de Twitter. C’est d’ailleurs l’un des pièges auxquels les entreprises du secteur ont tendance à se laisser prendre. Mais, justement, c’est une erreur. Je me rappelle le comportement de l’AFP à la mort de Michael Jackson. Elle avait l’info, mais a vérifié par des sources « sures » l’exactitude de l’information avant de la publier !

Pas mal de journalistes actuels feraient bien d’en faire autant aujourd’hui ! Je ne pense d’ailleurs pas que ce soit le média qui soit à mettre en cause (Bien que… On peut se demander si certaines rédactions en chef ne poussent pas dans ce sens).

Et puis, soyons honnête, la guerre du scoop est perdue pour les médias (sauf pour le travail d’enquête). Désormais, il y aura toujours bien une personne connecté à Internet près d’un événement et qui ne sera pas journaliste !

Le métier de journaliste doit se positionner ailleurs : dans les explications, les informations complémentaires… Pas dans l’information brute ! La vérification des informations, également, est un large secteur d’investigations, tout comme l’open data…

Pour l’insolite, ma réponse est positive. Oui, il y a de l’insolite.

Mais si je regarde la dernière page de la Voix du Nord, version Print, de quoi est composée la dernière page sinon de brèves de l’AFP plus ou moins insolites.

Encore hier au soir, dans un journal télévisé du soir, une séquence était consacrée à une information insolite (illustrée exclusivement d’images en provenance du web) !

Donc, la faute est à l’utilisation des réseaux sociaux ou aux choix des journalistes qui peuvent désormais trouver des informations insolites pour lesquelles ils n’avaient pas accès dans le passé ?

En corolaire, est-ce que le public est friand ou non de ces informations ? Personne ne lit les journaux comme Voici et autres, et pourtant, regardons leurs chiffres de ventes !

Pour répondre enfin au début de votre question sur la qualité de l’information et sur l’info de fond, je ne pense pas qu’elle soit fondamentalement diminuée. Les niveaux de lecture sont différents.

Si je fais une comparaison presse papier – presse dans les médias sociaux, d’un côté, il y avait le titre et le chapô (ou une image) qui attirait. Puis on lisait l’article.

Désormais, il y a le tweet ou le message dans Facebook, une galerie d’images ou une vidéo qui peuvent attirer. À l’internaute d’aller lire la suite !

Je ne pense pas que les articles des médias traditionnels soit d’une qualité différente. Il n’en est pas de même parfois de certains nouveaux « organes de presse » du web où effectivement la qualité de l’information n’est pas toujours au rendez-vous, y compris des journalistes « amateurs ».

L’impression que la qualité est moindre provient peut-être de la part des médias traditionnels de leur manque d’ambition autour des possibilités offertes par les nouveaux outils…

On reste sur notre faim, car on attend toujours mieux que l’énième redite d’un communiqué de presse plus ou moins reformulé ou être à la recherche dans l’ensemble des sites d’informations des éléments qui nous permettent de comprendre la situation !

Je pense par exemple à des explications géopolitiques sur des conflits où je dois attendre la diffusion par des profs. de géo des cartes qui m’éclairent sur le pourquoi, les raisons historiques, etc. alors qu’aucun média ne le fait !

Je me pose une question subsidiaire qui relie au questionnement sur la qualité de l’information : les « experts » interviewés. Parfois, cela pose la question des influenceurs du web : qui sont-ils, comment le sont-ils devenus…

Quels sont les enjeux financiers ?

Les enjeux de la survie (oui, je dis bien survie) des médias traditionnels notamment en France est engagé, car les enjeux financiers sont importants.

On ne peut pas continuer à soutenir une presse papier par exemple qui ne fait rien ou presque sur le net. Les médias traditionnels doivent effectuer une véritable mue et pas un replâtrage comme indiqué précédemment.

De nouveaux modèles économiques doivent être trouvés, c’est une certitude ! Peu de médias se donnent cependant le moyen d’y réfléchir véritablement.

Pour l’anecdote, au début de Twitter, la Voix du Nord diffusait un flux d’information ! À l’époque, je m’étais posé la question de savoir si je devais continuer à lire la version papier du journal ! Quelques mois plus tard, le compte a été repris en main… Je suis obligé de lire la version papier (La version numérique n’apporte pas grand chose de plus sinon de dire : je lis mon journal sur un iPad).

Dommage ! Pourtant, je reste persuadé que la 1re mouture de ce compte Twitter pouvait être une énorme porte d’entrée pour le journal vers des versions payantes numériques.

Pouvons-nous parler d’un nouveau modèle économique ?

Comme dit dans la réponse précédente, oui, de nouveaux modèles économiques sont à créer.

On sait depuis longtemps maintenant que les Français ne veulent pas payer pour de l’information. Nous savons tous que les médias existent seulement par la publicité en relation avec le nombre de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs…

Donc, le but est de trouver en ligne, dans les médias sociaux (et pas seulement les réseaux) un lectorat, un auditorat ou des téléspectateurs (l’arrivée des télés interactives et pas seulement du Twitter autour d’un hashtag devrait aider) dignes de ce nom pour le média.

À lui de faire que ces personnes et les modèles économiques créés autour de ces principes fassent que la version papier deviennent la version « on la garde car nous avons encore quelques personnes qui l’achètent » avant sa disparition complète qui sera sans importance ou avec une version sous une autre forme à déterminer (format, contenu éditorial…)

Je reste convaincu que toute la presse papier ne disparaîtra pas. Par exemple, des magazines du type National Geographic continueront d’exister… Mais il est vrai le groupe a depuis longtemps intégré d’autres médias autour de son journal.

Je crois que ces nouveaux modèles économiques apparaîtront avec l’arrivée de la génération Z (nés entre 1995 et 2010) dans les entreprises et dans les médias, donc dans les prochaines années maintenant.

Le mieux est peut-être de reprendre ce que me dit l’une de mes filles qui veut devenir journaliste. Elle a 14 ans actuellement, mais déjà depuis plusieurs années, elle rabâche : «Je veux devenir journaliste, mais pas comme les journalistes actuels. Je ne veux pas travailler seulement pour un journal papier, ni pour une radio ou une télévision…». En fait, elle veut travailler dans les médias dans leur ensemble : alliant à la fois rédaction, voix, vidéo, dessin, graphismes, infographie… Cela ne vous rappelle pas un certain environnement numérique ?

Depuis combien de temps ce procédé prend de l’ampleur ?

Ce processus d’évolution vers la mue des médias a commencé très certainement avec l’arrivé des blogs dans les années 2005 et l’émergence de ce que l’on a appelé le journalisme citoyen.

Les premiers blogueurs donnaient une nouvelle orientation à l’écriture journaliste… et surtout amenait la disparition du point final de l’article. La discussion se poursuivait.

L’un des faits le plus marquant dans ce sens est certainement lors du référendum sur l’Europe où un blog catalysait les « non » sans commune mesure avec ce qui se passait dans les médias.

Une forme de coopération est également établie désormais entre journalistes dans les réseaux sociaux et l’homme de la rue… et aussi, par exemples, les politiques ont compris qu’ils pouvaient dialoguer en direct avec les journalistes via les réseaux sociaux. Idem pour les entreprises par les RP dites 2.0 (Les RP 2.0 n’incluent pas que les journalistes, mais les influenceurs du net également)

Pouvons-nous redouter que les gens ne s’informent plus que via les réseaux sociaux ?

Pour la primo information… Oui et non…

Si j’observe, notamment les jeunes, je m’aperçois que ce n’est pas par les réseaux sociaux proprement dits qu’ils s’informent.

Avant tout, ils s’abonnent à des systèmes d’alerte d’information de grands médias sur leur smartphone. Si l’information les intéresse, ils vont la voir sur le site du média.

L’autre source d’information pour eux est les amis…L’information comme le commerce doit désormais compter sur l’avis des pairs qui seront de redoutables relayeurs d’informations, le plus important même.

Les influenceurs du web qui sont surtout présent dans les médias sociaux ont un bel avenir devant eux et les médias feraient bien d’y prêter attention 😉

Mais pourquoi considérer que c’est un danger, pourquoi le redouter ? Je ne vois pas de raisons… sinon la mise en adéquation des reportages et compléments pour le support concerné.

Au passage, je mettrai en garde les médias à l’évolution vers un monde de l’image (fixe et animé) qui va plus loin que le poids des mots, le choc des images !

Ne pas être présent sur ces réseaux sociaux peut-il être préjudiciable aujourd’hui ?

Cette question est à tiroir. Oui, pour l’individu. Oui, pour les médias, il est préjudiciable dès à présent de ne pas être présent dans les réseaux et médias sociaux.

Que ce soit l’individu ou les entreprises dont les médias, il est nécessaire désormais de prévoir une stratégie de présence dans ce qui fait le monde actuel.

Un individu qui n’est pas présent par exemple dans une classe de seconde dans les réseaux sociaux est exclu de l’univers de la classe, d’informations sur les horaires de cours…

Aucune entreprise ne peut se permettre de ne pas être présente. Et quand je dis être présente, cela ne veut pas dire : relayer un flux d’info genre fil RSS ! Non, avoir une présence réelle pour sa « communauté ».

En marketing, l’on parle beaucoup de content marketing actuellement… Mais au delà du contenu de qualité évidemment mis dans ces médias sociaux, il est nécessaire de « travailler » à l’émergence de discussion.

C’est pour cela que les internautes sont dans les réseaux et médias sociaux : pour discuter… Refaire la discussion de comptoir ou des discussions plus « évoluées », donner leur avis et point de vue, enrichir l’information…

Terres d'élection : grand vainqueur des soirées électorales

Comme vous le savez peut-être (dans le cas contraire, je vous invite à suivre eric-delcroix.com, où vous découvrez l’ensemble de mes activités et rendez-vous public 🙂 lors de la soirée du second tour des dernières élections régionale, je participais à une soirée électorale interactive en direct sur Internet organisé par France Télévisions, via webcam : Terres d’élection (en bas de page).

Depuis quelques jours, j’écris un article sur la politique 😉 suite à quelques réflexions enrichies par mes interventions au cours de cette soirée électorale.

Mais, je viens de recevoir un compte rendu de Terres d’élection. Terres d’élection a été placé programme en tête des émissions web « Spéciales élections » de France-Télévisions, toutes chaînes confondues avec 307 830 visites. Ce chiffre est a relativiser puisque la première soirée a été annulé en dernière minute !

Comme il est dit dans le message que j’ai reçu, il s’est passé quelque chose d’important ce soir-là en matière de télévision, d’information et de communication.

Autre remarques, les internautes qui ont regardé Terres d’élection ont souligné la fraîcheur, la spontanéité de l’ensemble ainsi que l’intérêt des différentes interventions dans des domaines souvent très variés et parfois inattendus.

Je pense que le billet évoqué plus avant donnera des pistes sur les raisons de ce succès (outre les effets de changement de communication, d’approche de l’information…).

Mais, en tout cas, France Télévisions, a pris une longueur d’avance avec cette communauté des webcamers, d’utilisateurs de Facebook, de présence dans Twitter dans le débat politique 🙂  En tout cas, dans quelques années, lorsque ce type d’émission sera devenu la normalité, je pourrais dire à mes enfants et petits enfants… j’étais à la première 🙂

Mon seul regret, la politique de communication en amont qui me semble être le point faible. J’ai l’impression que France Télévisions a été un peu timoré sur le coup 🙂

InterMedias sera sur le web avant d'etre en television

À l’occasion de cette nouvelle saison, l’émission de la télévision belge InterMédias, reviens mais cette année sous la forme d’une web-émission diffusée ensuite à la télévision.

L’originalité du projet ? Vous l’avez compris l’émission sera toujours diffusée sur la chaîne RTBF Deux, mais une web-émission sera diffusée en direct sur le web avant de l’être par la suite le vendredi soir en télévision. Autrement dit, la chronologie habituelle est inversée : l’émission sera d’abord diffusée en direct sur internet, avant de l’être en différé en télévision. Cela ne n’étonne pas d’Alain Gerlache et de Damien Van Achter.

Pour ceux qui ne résident pas en Belgique ou qui ne sont pas frontaliers, je pense qu’il est bon de rappeler qu’InterMédias est à la base une émission de la RTBF consacrée à la découverte et à l’analyse des mutations en cours dans le monde des médias.

Pour mémoire, cette émission qui existe depuis mars 2008 a été la première émission de la RTBF présente à la fois en télévision (un fois par mois), en radio (une fois par semaine) et sur le web sur la plate-forme communautaire Ning.

L’émission devient bi-mensuelle et permettra aux internautes, via un «simple login » y compris depuis Facebook et Twitter, de participer à l’émission.

L’émission du vendredi matin en radio sera diffusée en direct sur le web via les caméras du studio, avec les mêmes possibilités d’interactions entre le public et les journalistes.
La première de cette web-émission, ce lundi 14 septembre dès 16 h sur Intermédias. La thématique abordée sera « Grippe A : Les médias en font-ils trop ? » Vous pouvez d’ores et déjà laisser vos commentaires et posez vos questions sur l’article dédié.

Une Page officielle dans Facebook prend le relais de l’ancien groupe à cet effet et vous pouvez les suivre dans Twitter @RTBFinterMedias.

Toujours concernant la télévision, mais Française (régionale 😉 cette fois, il est a noté que chaque samedi matin, Damien Bancal (spécialiste de l’Internet) est l’un des quatre chroniqueurs de Brunch l’émission du samedi matin sur France 3 Nord – Pas de Calais.

le sondage de la peur explique le succès et les craintes d'Internet ?

Mi-mai, j’avais regardé en fin de soirée à la télévision en grande partie un documentaire : le sondage de la peur. À l’époque, j’avais lancé un appel sur twitter pour savoir qui avait regardé cette émission, si la vidéo était en ligne… sans résultat. En effet, dans le cadre de sa case documentaire « Infrarouge », France 2 avait diffusé, jeudi 14 mai 2009 à 22 heures 55, le documentaire réalisé par Jacques Cotta et Pascal Martin « Le sondage de la peur ».

Hier, comme je découvrais la vidéothèque du documentaire et du reportage vidéo en streaming (merci la liste de diffusion de liensutiles), j’ai de nouveau recherché le sondage de la peur !. Au passage, heureusement que j’ai une sauvegarde de mes envois dans Twitter dans un Google Calendar pour effectuer une recherche, car évidemment, je ne me souvenais plus du titre de l’émission !

Je voulais revoir ce reportage qui selon moi donne quelques clefs sur de nombreux comportements, les raisons du succès… du nouveau web et l’avenir du web, mais également la déconnexion de l’éducation du monde actuel.

Voici comment présentent les journalistes leur reportage :
« Le point de départ de notre travail a été une enquête publiée en septembre 2008 par l’institut de veille sanitaire, affirmant que 5 à 7 % des français seraient déprimés. Il ne s’agirait pas d’un simple coup de blues, mais de tendances lourdes. Nous sommes donc allés trouver le professeur Rouillon, chef de service à l’hôpital psychiatrique Sainte-Anne qui a participé à cette enquête. Il nous a indiqué que les Français seraient dépressifs de plus en plus jeunes ayant peur de ne pas bénéficier des mêmes conditions d’élévation sociale que leurs parents. Nous avons donc décidé de constituer un panel afin d’interroger nos compatriotes.

Les interventions du sociologue Camille Peugny, du psychanalyste Christophe Dejours, du philosophe Luc Ferry, de Dominique Levy, analystes à la TNS-Sofres, Paul Virilio et François Dubet qui ponctuent les interviews des gens de la rue.

Voici ce que je retiens de ce reportage qui complète le sondage issu d’une enquête réalisée avant la crise (les textes en italiques sont mes réflexions) :

Les Français seraient dépressifs de plus en plus jeunes ayant peur de ne pas bénéficier des mêmes conditions d’élévation sociale que leurs parents. Les Français sont plus en survie que dans la vie et notre société est entre le replie et la révolte. En cause, la panne de l’ascenseur social avec un sentiment de déclassement dans la société, dans le monde du travail et de l’université. Mais, justement, les réseaux sociaux ne rétabliraient-ils pas cet équilibre ?.

Dans l’entreprise, on essaye de travailler avec l’autre pour le bouffer…, le jeu de pouvoir est nettement aggravé dans les bureaux… Il y a une destruction du vivre ensemble dans le monde du travail, moins de solidarité et l’encadrement divise pour mieux régner. Là, encore, les médias sociaux, l’émergence des pro-am ne sont-ils pas la soupape de sécurité ?

Les diplômes sont déconnectés du monde du travail… et il y a une remise en cause de l’éducation… Ce qui explique partiellement les problèmes que l’on rencontre également dans l’éducation 2.0 dû à l’archaïsme dans lequel nous restons vis à vis de cet axe de la société

La remise en cause de la société de consommation avec l’apparition d’une consommation sociale et solidaire pour recréer un lien trouve son corollaire dans le web 2.0… Les mêmes mots : social, partage, lien social…. Cela appelle une transformation profonde des modèles de consommation (voir le livre sur la gratuité de ….)

Reste la peur : on ne sait pas où l’on va ! Mais, n’est-ce pas cette même peur qui effraie les individus concernant les transformations de leurs métiers par exemple à cause (ou grâce) aux nouveaux usages d’Internet ?

Les médias amplifient la peur ! Encore une fois, cela n’expliquerait-il pas un peu le rejet des médias traditionnels au profit des médias sur Internet qui délivre une autre information ou pour le moins, une information diffusée de manière différente !

La déculpabilisation de la peur chez les jeunes ne fournit-elle pas une partie de la réponse aux excès des jeunes sur le web ?

La société est hyper-individualiste. Là encore, Internet en est le reflet… mais avec ces ouvertures. De l’hyper-individualisme, seul derrière son ordinateur, on remarque le besoin des gens de se retrouver… Une nouvelle forme de socialisation. C’est l’une des raisons à l’absence d’une révolution de type 68 !

La dictature de la vitesse (et là, je pense immédiatement aux téléphones portables) est mise en exergue. Il ne reste que l’instant présent, ce qui fait peur !

Enfin, il est évoqué : l’accident des connaissances. Où va ton au niveau du savoir, du pouvoir et de la vie !

Sinon, d’un autre point de vue, voici les thèmes et questions abordés dans ce reportage d’une cinquantaine de minutes :

  • Sentez-vous les gens déprimés autour de vous? (5min52sec)
  • Malaise dans le monde du travail (10min26sec)
  • Selon vous, le monde du travail est-il devenu plus dur ? (11min00sec)
  • Malaise dans le monde de l’université (19min34sec)
  • Selon vous, le système scolaire est-il adapté aux exigences modernes ? (23min21sec)
  • Remise en cause du mode de consommation (34min10sec)
  • La peur (38min53sec)
  • Qu’est-ce qui vous fait le plus peur aujourd’hui en France ? (42min22sec)
  • Avez-vous peur de devenir SDF ? (45min26sec)
  • La montée des tensions (46min07sec)
  • Sentez-vous une montée des tensions autour de vous ? (46min21sec)
  • La panique froide (51min40sec)
  • Craignez-vous une grande catastrophe ? (54min48sec)

une nouvelle émission de TV au sujet d'Internet

Mon appel a été entendu 🙂 M6 a la rentrée de septembre proposera une émission de télévision dans le genre e=M6.

Cette nouvelle émission au sujet d’Internet sera diffusée le mercredi à 20 h 05. Dans son esprit, elle aura pour orientation des explications de l’environnement quotidien des Français vis à vis d’Internet et de l’informatique aussi bien dans le cadre de leur vie privée que dans le monde professionnel.

Pour l’instant, je n’ai pas le droit d’en dire plus… et j’ai négocié la diffusion de cette information étant associé à ce projet 😉

mise à jour le 2 : euhh, vous avez vu la date 😉

Pour une émission de télé populaire sur l’informatique et Internet

Le soufflé de l’émission d’Envoyé Spécial au sujet de Facebook semble retombé… Je me suis expliqué avec Jérémie Drieu, les groupes dans Facebook créés à la suite de l’émission sont plus calmes… Alors, analysons à froid !

Rétablissons pour commencer certaines vérités. Jérémie Drieu dispose de deux profils Facebook, l’accès à Facebook est ouvert à partir de 13 ans désormais (grosso modo depuis la traduction de Facebook). Je ne pense pas que Jérémie Dieu ait voulu dire qu’il fallait quitter Facebook, mais plutôt que si l’on ne souhaitait pas voir des informations sur sois circuler, qu’il ne fallait pas s’inscrire.

Les réactions de beaucoup d’entre nous ont été épidermiques. On touchait à notre joujou ! Mais, c’est vrai aussi que ce reportage était trop à charge… à tel point que ma vieille maman à la suite de l’émission a déclaré ne plus vouloir dire que j’avais écrit un livre sur Facebook.

Lou et Maxime ou les jeunes sur Internet

Commencons par le problème de Lou et de Maxime… qui est une séquence trop longue, non représentative de ce qu’est Facebook ou devrait être Facebook. Cela pose plutôt la problématique des parents et Internet, des parents étrangement absents du débat d’ailleurs.

Cela me surprend peu. Lorsque je pose la question à des ados ou à des pré-ados s’ils possèdent un ou plusieurs blogs, leurs parents sont souvent surpris d’entendre les réponses. J’ai connu des petites filles de 8 ans qui possèdaient un ordinateur, équipé d’une webcam dans leur chambre…

Ce que Lou et Maxime disent écrivent et diffuse sur Facebook (au vu des images du reportage) n’est pas loin de ce qu’elle pourrait diffuser sur un blog, pardon un Skyrock ou un autre réseau social plus orienté d’jeuns. C’est d’ailleurs ce qu’elles font sans complexes, en indiquant un âge de 16 ans.

Les jeunes sur Internet est un autre sujet de débat dont il faudra un jour crevé l’abcès. Arrêtons de nous réfugier sous les termes comme digital native

Mais fallait-il pour autant jeter l’opprobre sur Facebook ? Si tel était le débat, le reportage aurait dû s’intituler Parents, Enfants, et Internet ou les jeunes et Internet qui pose un vrai problème de société qui touche en effet le droit, l’éducation, la famille, l’école… mais cela n’était pas un élément primordial de Facebook. Pour ma part, cela fait déjà pas mal de temps que je mets en garde sur le danger de certains réseaux sociaux qui me paraissent bien pire que Facebook dans ce domaine ! D’ailleurs, la réaction de beaucoup d’entre nous à été la mise en exergue d’une situation et d’une utilisation relativement marginale dans Facebook… contrairement à d’autres supports.

Ce reportage dans le reportage explique donc en partie la frustration des passionnés de web 2 (pardon de média social) qui n’attendaient qu’une chose : que l’on parle de leur outil, que l’on montre les avantages et inconvénients de ce nouveau type de services que l’on nomme Facebook, et dans une plus large mesure les réseaux sociaux, pourquoi autant de gens en parlent, pourquoi les inscriptions continuent d’augmenter….

Ce que je craignais est aussi arrivé. La chasse aux sorcières. Les groupes anti Lou et Maxime qui ressemblent plus à OK Coral qu’à des groupes de discussion modérés. C’est à celui qui lancera le débat le plus au raz des pâquerettes avec attaques en règle défiantes toutes concurrences, etc. Bref, le côté un peu sordide de l’affaire. Difficile de dialoguer sur le sujet avec les uns ou les autres.

D’autres aspects de Facebook

Pourtant, nous sommes tous d’accord que Facebook possède une partie de notre vie privée, celle que nous voulons bien lui donner. Je rejoins en cela Jérémie Drieu qui me disait que ce n’est pas un modèle de simplicité pour paramétrer les critères de confidentialité. C’est vrai, Flickr par exemple propose des comptes softs dans un premier temps, à vous de le rendre hard ! Mais est ce mieux pour autant ?

Oui, nous donnons l’image de nous sur les réseaux sociaux que nous voulons bien nous donner. Faut-il donc être ou pas dans Facebook ? Pour moi, oui, il est nécessaire d’être dans ce réseaux (et les autres) même si vous ne l’utilisez pas pour deux raisons. La première : l’usurpation d’identité. Je vous renvoie à mon billet. Seconde raison, je préfère savoir sur quelle image je suis taggué (marqué) plutôt que de rester dans l’ignorance. D’autres raisons peuvent êtres évoqués…

L’addiction, le piratage et le phishing entre autres eux ne sont pas seulement inhérents à concurrence mais à Internet…

Complètement passé sous silence dans le reportage «la discrétion des avantages de ces mêmes outils pour des professionnels pas encore totalement convaincus par l’économie numérique : les réseaux sociaux pour tisser des liens d’affaires, la CRM pour mieux gérer sa relation clients, les outils de recherche pour être plus concurrentiel dans sa veille d’information, la visioconférence pour éviter les déplacements, les blogs pour être plus près de sa clientèle, la dématérialisation pour gagner du temps , etc. ; Rappelons aussi qu’à côté de ces reportages-catastrophes, interroger sur la meilleure façon d’inciter les 1,5 millions de TPE et PME en France à adopter les technologies de l’information et de la communication?» comme l’écrit Claire Decroix.

André Gunthert généralise d’ailleurs sur le comportement des médias français à l’égard des nouvelles technologies.

Pourtant, si Laure Dessaux organise une enquête sur Facebook et l’entreprise. Est-ce anodin ?

et la télé dans tout cela ?

Promesse en l’air, pour donner à manger à un baudet (il te rira au nez ;-), volonté profonde, phrase lancé pour se débarrasser du débat ? je ne sais pas qu’elle est la teneur réelle de la proposition de Pierre Mathieu, le responsable des sites internet du groupe France Télévision ? Certains l’ont pris au mot pour tenter d’organiser un contre-reportage.

Mais plutôt qu’un contre-reportage (un cataplasme sur une jambe de bois ?), je pense que ce qui manque dans le paysage audio visuel si cher à nos écrans de télévision, c’est une bonne, voire une très bonne émission sur l’informatique et Internet.

Pas une émission simplement destinée à des jeunes. Non, une émission de débats. Pas une émission seulement bâtie autour des futures nouveautés, mais plutôt une émission autour de ce qui se fait actuellement avec quelques perspectives d’avenir. Une émissions qui montre à la fois ce que font les entreprises aujourd’hui d’Internet, avec l’informatique… aussi bien la grande entreprise que la petite PME, l’artisan… les avantages et inconvénients que peut tirer d’Internet la ménagère de moins de 50 ans, etc.

Bref, une bonne et vraie émission de télévision où il serait possible d’éduquer le public, de réduire la fracture numérique entre ceux qui savent et ceux qui ne savent pas… Émission évidemment complétée par tout un arsenal d’outils sur Internet, y compris la diffusion en Live ! Un peu la télévision de demain quoi 😉

Je vous laisse rêver.

Ah oui, si vous cherchez des idées, des collaborateurs pour cette émission Monsieur les directeurs de programmes, Monsieur des Maisons de productions… Je suis votre homme 🙂

En marge, on me dit souvent que cela prend du temps d’écrire pour le blog. À titre d’information, j’ai rédigé ce texte en moins d’une heure. Un aller Lille-Paris dans le train 🙂

Facebook à Envoyé spécial

Le 4 décembre à partir de 20h50, tous à vos postes de télévision… Jérémie Drieu a préparé un reportage pour Envoyé spécial sur France 2 🙂

Je préviens, délit d’initié, c’est orienté grand public ;-))

Par la même occasion, dans un prochain Action Commerciale, la revue, il y aura un dossier sur les réseaux sociaux et le recrutement 🙂

Mise à jour le 23 novembre : J’ai créé un groupe sur Facebook Envoyé spécial au sujet de Facebook ainsi que l’événement du même nom, ce qui vous permet dans le groupe de discuter au sujet de l’émission (certains se pose la question du traitement du sujet 😉 et depuis l’événement d’ajouter date et heure dans votre agenda 😉 Faites le savoir 😉

« Mise à jour le 30 nov. » : T’es sur Facebook ? », l’émission de radio (et TV) Belge Intermédia (animé par Alain Gerlache) de ce dernier vendredi (28 nov) était consacré à Facebook dans la perspective de la diffusion de l’émission de France 2. Jérémie Drieu était l’un des invité.
Les réactions du direct sont disponibles ici, pour la suite, c’est . Par contre, je ne trouve pas trace du podcast qui devrait être rapidement disponible sur le site d’Intermedia.

Désir pour Dr House (Docteur House)

Hier, en lisant la Voix du Nord j’ai eu la demi-surprise de voir un article au sujet de Sophie Désir : une traductrice au chevet de Dr House.

En effet, je connais bien Sophie qui est en effet traductrice pour des doublages de films, séries… mais je ne savais pas que c’était elle qui mettait les mots dans la bouche du Docteur House 🙂 Cela fait un bail qu’elle n’est pas venu manger à la maison, (D’ailleur, faudra que vous passiez manger un de ces soirs !) même si je la croisais régulièrement au pied de l’école 🙂

Je dis « vous », car nous avons connu Sophie par nos filles interposées. Et cette petite fille, a son papa qui est lui aussi une célébrité artistique 🙂 En effet, Olivier Aubry, à qui je dois toujours un site :-), est un plasticien réputé. Vous avez peut-être déjà acheté des cartes de l’Unicef avec ses tableaux sans le savoir !

Le Dr House est entre bonnes mains 😉 et j’attends avec impatience ce que TK a promis comme billets sur le Docteur House.

Mise à jour quelques heures plus tard : A sa sortie, il ne faudra pas que j’oublie de demander à Sophie si c’est elle qui assure la traduction du film sur la création de Facebook 🙂

Un progamme télé à partager

Alban, mon co-auteur du mode d’emploi Facebook, on s’y retrouve a mis en ligne lundi à 15 h 30 sa première application Facebook : Guide TV.

Guidetv permet d’être informé de tout les programmes télés et de comparer ce que sa communauté aime regarder : films, séries, sports…

Ce n’est pas parce que je connais Alban que je fais de la pub à Orange (oui, c’est Orange qui est derrière l’opération), mais je trouve l’idée excellente et fort bien réalisée. Comme me le disait Alban, peut-etre sont-ils en train de transformer le programme de télévision en objet social ?

Dommage que je ne regarde pas plus la télévision, car à coup sûr, j’utiliserai d’avantage cette application de programme TV !

Vous pouvez retrouver Alban interviewé par Thierry Bézier sur Intruder TV au sujet du guide TV.

Je saute du coq à l’âne, bien que… vous pouvez retrouver mon interview au sujet de Facebook, on s’y retrouve dans la sélection d’ouvrages nextmodernes et interviews d’auteurs de NextModernity