Tic et mobilité

En attendant la mise en ligne de la conférence sur l’identité numérique d’hier (et l’acte 2 en octobre), voici la version audio Génération mobile 2.0 à laquelle j’ai participé dans le cadre du congrès Net2008 Lille Métropole de novrembre dernier.

Digiport propose les retranscriptions écrite de la plénière d’ouverture du Congrès Net2008 et des table rondes et les retranscriptions audio des ateliers dédiés à la mobilité.

nomade = telephone portable

Je voudrais revenir sur l’atelier Génération Mobile 2.0 auquel j’ai participé jeudi dernier, où je jouais le rôle du vieux ronchon vis-à-vis des nouvelles technologies 😉

Soyons clairs, je ne suis pas anti-téléphone portable même si je n’utilise pas mon téléphone portable (oui, j’ai un téléphone portable) car j’irais même plus loin, à terme, chez les particuliers, les téléphones fixes dans l’état actuel disparaîtront.

Pourquoi je n’utilise pas mon téléphone portable pour Ed Productions

Je dois déjà une première explication : pourquoi je « n’utilise pas » mon téléphone portable de manière professionnelle, c’est-à-dire que je ne laisse pas mon numéro de portable pour que l’on m’appelle régulièrement. Dans certains cas, je le laisse ouvert et communique mon numéro, mais ces périodes sont exceptionnelles.

La raison de ce refus est double : pour une notion d’urgence galvaudé et pour pouvoir différencier ma vie privée de ma vie publique. En plus, de par mes différentes fonctions, je ne vois pas l’intérêt d’employer le téléphone portable !

Quelques éclaircissements au sujet de ce dernier point. Lorsque je suis en formation en entreprise, je dois me rendre sur le lieu de formation… J’aime utiliser ce temps pour trouver des idées, réfléchir… donc, je n’ai pas envie d’être dérangé par une sonnerie de téléphone. Ensuite, une fois sur le lieu de stage, si j’avais un portable, je devrais le « couper » pendant la formation… Arrive l’heure de la pause… pendant laquelle j’utilise cette brève interruption du travail pour prendre un café, me ressourcer… Donc, pas question pour moi de consulter les messages qui seraient en attente. C’est presque la même situation à l’heure du midi, seulement je pense que tout le monde déjeune et je n’aime pas avoir mon repas interrompu par le téléphone et j’imagine qu’il en est de même pour les autres. L’après-midi reprend sur le même rythme jusqu’à la fin de la formation. Ensuite, c’est le retour !

Si j’avais dû répondre aux différents messages que je reçois au cours d’une journée, je me serai certainement inquiété, j’aurai stressé… car je n’aurais pas pu répondre efficacement à la demande formulée (celle qui demande du temps) par exemple. Je me serai créé des situations d’urgences qui n’ont rien d’urgent dans le cadre de mes activités.

Urgence, le mot est lâché. Pourquoi est-il nécessaire d’appeler un correspondant sur un téléphone portable s’il est possible de le joindre par une multitude d’autres moyens ? Pour dire : «T’es où ?», non, parce qu’il y a une urgence à régler… Trouver une information que l’on a besoin dans la minute. Lorsque j’organise les rencontres Blog en Nord, mon téléphone est ouvert et les intervenants en ont possession… J’ai besoin de savoir rapidement s’ils ont un problème et eux de me joindre en cas de soucis.

C’est vrai que je refuse à ma manière ce monde où tout va vite, trop vite…

Mon second argument est de protéger ma vie privée. Le téléphone fixe est pour moi la vie professionnelle, le téléphone portable, celui de ma vie en dehors du travail. Je sens que vous allez me dire qu’il est possible de mettre le téléphone sur répondeur si je ne veux pas être dérangé… Effectivement, si je possédais un téléphone portable spécifique pour le travail et un pour le privé, je pourrais le faire. Mais, je n’aime pas multiplier les outils ! Donc, un seul téléphone portable ! Mais, lors des vacances, je mets également mon téléphone sur répondeur ? Donc, j’en conclue que je dois me priver des possibilités de garder le contact avec ma famille pour ne pas être dérangé par le travail !

Je dois préciser que je suis en profession libérale. La situation est un peu différente pour les salariés. Bien que, j’entends souvent les salariés se plaindre qu’ils ont été contactés pendant leurs vacances par leur entreprise… Je passerai sous silence les appels matinaux ou tardifs sur les portables ! C’est aussi pour moi une protection pour ma tranquillité 🙂

Dernière remarque, qu’est ce que je dois inscrire sur mon site ? Un numéro de portable ou un numéro de fixe ? Après réflexion en son temps (mais je pense que c’est toujours d’actualité), lorsque je visite un site internet et que je vois que partout il est écrit nous, nous, nous… et que pour seul contact, j’ai un numéro de portable, je me dis : il, il, il ! Encore une fois, c’est un réflexe d’indépendant (au sens free-lance)… mais, niveau marketing, ne faut-il pas rassurer le client ? Donc, j’opte et je continuerai d’indiquer mon numéro de fixe sur mes sites.

Le nomadisme est le téléphone portable

Bon, je crois que tout le monde est du même avis sur ce point, le téléphone n’est que l’un des outils du nomadisme… Le reste n’est qu’une affaire de marketing. Pour l’instant, on nous fait croire un peu trop souvent que tout va passer sur les téléphones portables ! Reste à savoir comment ce téléphone évoluera ! Pour quelles pratiques (je fais mienne la distinction usage et pratique de Christian Fauré) vais je employer mon téléphone dans le cadre du nomadisme ?

Réfléchissons dans un premier temps à ce qui va évoluer (ou ce qui a évolué) dans les téléphones : la géolocalisation, les médias images, vidéos et son (on pourrait simplifier en disant que le téléphone portable deviendra appareil photo, caméra et magnétophone), radio (je ne crois pas à la télé sur le téléphone car l’écran est trop petit), disque dur…

Déjà les pratiques changent. Il est possible de prendre une photo ou un film avec son téléphone… Si cela induit des comportements différents (demandez aux commerçants ce qu’ils pensent des photos prises dans leurs magasins en cas de soucis), jeudi, je racontais l’anecdote des vacances alors que je prenais en photo un panorama avec mon « bon vieux » reflex numérique, l’une de mes filles, pris rapidement une vidéo de mon panorama…
J’ai été bluffé sur le coup en me disant qu’elle avait tout compris et qu’elle avait raison ! Aussitôt en ligne sur Internet, la famille pouvait suivre notre périple de vacances en direct ou presque… (à moins que cela n’arrive sur un tableau numérique qui ornerait le salon de leur cousine 🙂

Moi, je devais encore recoller les morceaux de mon panorama… Mais, après cette découverte et ma première réaction enchanté… Mon côté professionnel de la photo et du print a repris rapidement le dessus. Comment pouvais-je mettre son magnifique panorama filmé en fond sur une plaquette publicitaire ? Impossible pour deux raisons : la qualité de sa vidéo et comment remettre cette image animé en image fixe ! Chacun de notre côté, nous faisions le même usage de nos appareils : photo pour moi, caméra pour elle mais dans des pratiques différentes. Elle voulait communiquer avec la famille et ses amis, moi, je pensais « travail », production, imprimerie…

C’est en cela que je réfute la plupart des outils que les services marketing nous vendent aujourd’hui sur les téléphones. Ce sont des outils pour communiquer ou garder le contact avec sa communauté de copains (je n’emploie pas volontairement le terme ami, trop connoté réseaux sociaux).


De nouvelles applications nomades peuvent naître du téléphone portable, sans parler de l’aspect domotique… Je suis persuadé que de nouveaux usages (cf. Christian Fauré) c’est-à-dire de nouvelles fonctions et services qui permettent de nouveaux usages deviendront des pratiques courantes. Nous évoquions à la suite de la présentation de Cédric la possibilité grâce à la réalité enrichie des possibilités qui pourraient se développer au niveau du tourisme ou du commerce ; par la géolocalisation, le guidage de randonnées, la réunion dans un lieux de rencontre, les prises de vue géotaggées, etc.

Toutefois, ne cherchons pas à tout vouloir faire passer sur un téléphone portable ! Votre site en l’état a peu de chance de pouvoir être lisible sur le téléphone… et d’ailleurs, quel en serait l’intérêt ? Rien de surprenant que le premier service de Goojet soit la météo (je vous conseille le blog de Cédric pour vous tenir informé des tendances de la mobilité à l’aide de téléphone portable)… Le téléphone fournit des informations précises et ponctuelle : une adresse, un conseil, un prix… pas un article complet, sauf exception… Je félicite celui qui lira ce billet sur un portable 🙂

Twitter semble être la solution avec ses 140 caractères. Mais là encore, n’est-ce pas une évolution du SMS vers un langage compréhensible par tous ? La question est posée.

Je peux comprendre l’interaction pour un jeu par téléphone (en extrapolant, on pourrait même imaginer un radio guidage par téléphone interposé dans le futur) mais, je ne pense pas qu’en dehors de la tranche 18-35 ans beaucoup d’adultes, pardon de vieux, imitent le bruit de la moto afin de gagner à un jeu.

Autre question qui n’a pas été abordé lors de l’atelier est ce que les créateurs de services pour la téléphonie mobile tente un coup (se faire beaucoup d’argent en peu de temps en surfant sur la vague de la mobilité) tout en sachant que cela n’a pas d’avenir ou pensent-ils à des solutions pérennes ? Où est le Tam-tam, Tatoo ou Kobby de leur jeunesse ? Ne me dites pas que France Telecom, Cegetel ou Bouygues Telecom ne savaient pas que les téléphones portables arrivaient (le lien conduit à un article de 1997 :-)… Ah, marketing, quand tu nous tiens, tu nous fais croire n’importe quoi 😉

Ma conclusion… Il est urgent d’attendre… à moins que vous n’apparteniez aux early adopters (on en trouve à tout âge ;-). Sagesse, grand âge, génération différente… Je ne sais, mais j’aurai plutôt tendance à ne rejoindre les précurseurs dans ce domaine 🙂 J’attends autre chose du nomadisme que la vision restreinte du téléphone portable comme nous le connaissons aujourd’hui… mais quand nous en seront , promis… je l’adopte de suite (au fait, vous avez remarqué la taille des écrans 🙂 cela rejoint ce que j’écrivais dans nomadisme, vous avez dit mobilité 2.0 ? pour lancer le débat, non ? Et l’idée de la transformation des portables actuels en montre, me plait bien 😉

Je viens de découvrir cette vidéo déniché par les étudiants du Master ICD (Information, communication, Documentation) Spécialité SID (Sciences de l’Information et du Document) qui doivent me faire un exposé demain sur le nomadisme 😉 D’autres vidéos de DOCOMO sont disponibles sur YouTube comme NTT DoCoMo Mobile Future ou leur vision à 2010 (dans deux ans !)

à 24 h, de la generation mobile

Que me reste-t-il à dire de plus que ce que viens de présenter ces derniers jours Christian Bensi lors de la conférence sur la téléphonie mobile dans le cadre de sa manifestation « Culture en tête ». Nous semblons avoir la même vision de la téléphonie mobile : faut-il décrocher ? 😉

Je ne peux qu’approuver sa présentation à 100 % !

Bon, mais c’est vrai, demain, 14 h 30, la thématique est un peu différente. L’atelier s’appelle Génération mobile 2.0. Selon les échos, il devrait y avoir pas mal de monde de présents (Merci Yann), mais vous pouvez toujours vous inscrire venir directement au jeudi 27 novembre, à Lille Grand Palais 😉 Je vous rassure, nous ne serons pas 700 dans la salle de notre atelier 😉

Pour ceux qui ne l’on pas déjà fait, je vous conseille la (re)lecture de nomadisme, vous avez dit mobilité 2.0 ?, cela vous donnera déjà un point de départ 😉

nomadisme, vous avez dit mobilité 2.0 ?

Comme je dois intervenir lors du Congrès Net 2008 dont la thématique est le nomadisme, il est temps pour moi de revenir sur le sujet du nomadisme et de l’usage nomade de nos moyens de communication, et principalement du Web nomade. Pour information, je prendrai la parole dans l’atelier Génération mobile 2.0. Venez nombreux 😉

Déjà, j’avais évoqué le sujet du nomadisme et de la mobilité lors d’une discussion en ligne avec Thierry Kein et lors d’entretien en privé (n’est-ce pas Arnaud) 🙂

Mais avant d’aller plus loin dans le débat, j’aimerais tenter de définir ce qu’est le nomadisme (mobile 2.0 😉 car je ne trouve pas de traces concrète d’une définition sur le net. D’ailleurs en 2006, Internet actu écrivait que le terme mobilité 2.0; cherche encore sa définition. La situation a peu évolué. Dans le genre, tout le monde en parle à sa sauce, il n’y a pas mieux ! Le début de la définition de l’encyclopédie Universalis accessible sans payer ou celle de Wikipédia sont seulement géographique ! Dans la version US, Wikipédia propose une page Mobile 2.0 😉

Alors, si je lis ici ou là, pour beaucoup, le nomadisme est le fait de pouvoir se connecter de n’importe où au réseau de son établissement (en l’occurrence une université dans la page que je consulte). Je pense que nous sommes loin de la définition du nomadisme, mais beaucoup plus proche de celle du réseau privé virtuel lorsque sont évoquées les connexions sans fil (WiFi par exemple) ou filaire au sein de l’université ; par contre, les termes de chez vous ou d’ailleurs évoque effectivement la notion nomade !

Je voudrais vous faire lire cette définition du nomadisme par Heinz Weinman (écrivain Québécois) dont j’extrais la phrase suivante : «Or, le nomade, pour se soustraire à cette fixation spatiale, vit selon des rythmes, des flux toujours changeants, imprévisibles, il temporalise son existence.» En effet, le web nomade recouvre selon moi deux entités fortement mêlées : les lieux et le temps. Je peux me connecter au Web depuis n’importe quel endroit à n’importe quelle heure dans des conditions satisfaisantes !

Pour ceux qui s’intéressent au Web nomade, je vous conseille également la lecture de la bibliographie Mobilité, nomadisme et TICE d’Educnet. On voit ainsi que le phénomène du nomadisme n’est pas nouveau puisque ce dossier date de 2004. Un séminaire de travail sur le thème « Tice et nomadisme » a d’ailleurs eu lieu en 2002 sur le sujet !

Comme l’écrit Arnaud dans qu’est ce que le web mobile, lors de notre discussion, je pense que sa vision du mobile 2.0 ou Web mobile qui se limiterait à l’usage d’Internet sur un téléphone portable est due justement à la présence dans les esprits de ces documents, de ces études du passé…

Nous avons été embourbé dans cette vision : web nomade, mobile 2.0 égal téléphone portable ! Mais, je ne le pense pas car cela est trop restrictif.

Le passage du web sur le téléphone portable n’est qu’une évolution de la communication : nous gardons le contact avec notre « communauté » et cela reste juste un moyen d’information. Les réseaux sociaux comme Facebook ne sont pas étrangers à cette perception.

Pour moi, la plupart des entreprises commettent l’erreur de penser à court terme en déployant des solutions partielles des contenus à destinations des portables, y compris avec les widgets. Une grosse recherche doit être effectué dans ce sens d’ailleurs et pour l’instant, j’ai trouvé peu de traces de la diffusion, du choix, de l’ordonnancement des informations en fonctions de l’évolution de ces supports. Je me trouve moi-même dans cette réflexion… Comment communiquer pour Ed Productions au sens large du terme à la fois sur le web et sur les nouveaux périphériques de communication !

De plus, focaliser sur le téléphone fait abstraction des connexions sans fil. C’est un peu comme si on disait, je peux communiquer à Internet seulement au moyen de mon téléphone portable !

Comme le reprend Arnaud, en effet, je pense que nous sommes déjà dans l’ère du nomadisme, le vrai… Le téléphone ne jouant plus que le rôle de périphérique pour l’ensemble des appareils électronique qui nous entoure. Nous nous baladons déjà tous avec notre téléphone portable et notre ordinateur portable ! Vous n’avez jamais rouspété car vous ne trouviez pas un point wifi pour vous connecter ? N’est ce pas les prémices justement du nomadisme. Le nomadisme, sous-entend la possibilité pour toute personne mobile de pouvoir utiliser son environnement de travail personnel quel que soit l’endroit où l’on se situe.

Un bon exemple. Avec Lionel, nous expliquions sur l’espace Web 2.0, que notre bureau était notre ordinateur, à partir du moment où nous obtenons une connexion internet. Le terme bureau prend ici toute sa valeur. Ce n’est plus un lieu physique mais un objet ! En prolongement, nous pourrions dire que notre bureau est Internet ! Donc le simple fait de se connecter à Internet permettrait de rejoindre notre bureau quel que soit l’endroit où nous nous trouvons. Il n’était nullement question de téléphone !

Comment cela risque de se décliner ? Notre vision des usages d’Internet et des autres média doit être tout autre. Faisons table rase du passé (enfin, presque 😉 et projetons nous dans quelques années.

Premier constat, nous aurons des ordinateurs vides (sans disque dur et donc sans logiciels dans nos ordinateurs). Comme le remarquait en privé un éminent membre de Capitaine Commerce, c’est le retour des mainframes et des terminaux. Nous sommes passé d’une période où nous avons voulu nous débarrasser de l’existence des postes clients… pour en revenir à cette solution d’informatique centralisé ! C’est également une piste de réflexion pour l’avenir : big brother… 🙂

La communication en ligne sera possible de partout… soit par Wifi, soit par des lignes électriques, soit par les satellites… Le monde entier sera effectivement connecté à Big Brother (tiens, on y revient 🙂

Les télévisions hertziennes seront abolies. Place aux télévisons depuis Internet. D’ailleurs, est ce que les chaînes que nous connaissons actuellement auront encore des raisons d’exister ?

Nous pourrons créer nos propres programmes que nous compléterons d’information en live sur le net. Imaginez vous pouvoir regarder un film. Tout à coup, il est fait référence à une personne, un lieu, un événement particulier. Hop, je zappe pour consulter le net (le site du film par exemple) pour obtenir les informations voulus avant de reprendre le visionnage de mon film.

Autre réaction qui sera considérée comme normale, lors du journal télévisé (ce peut être également le journal radio), je souhaite obtenir la version des autres médias. Pas de problème, d’un clic, je peux aller lire, écouter ou voir ce qui est dit avant de reprendre la « lecture » de mon journal.

Les photos dans les cadres qui décorent vos murs n’échapperont pas à la règle. Mes parents n’arrêtent pas de réclamer des photos de leurs petits-enfants. Oui, mais jusqu’ici la contrainte était d’obtenir un tirage papier, aux bonnes dimensions. Si je me place dans le futur, il sera évident que lorsque je prends une photo, je peux dans la minute qui suit l’envoyer vers le cadre numérique qui orne le mur du salon de mes parents. L’image de leurs petits-enfants est constamment mise à jour ! À moins qu’ils ne préfèrent afficher une vidéo, avec ou sans le son, des dernières aventures de leur descendance 🙂 D’autres objets deviennent multimédia, les cadres d’images ne sont qu’un exemple.

Avec ces cadres muraux, nous pénétrons dans le domaine de la domotique. Autre frein actuel qui empêche le déploiement complet de ces nouvelles technologies.Mais, une fois la domotique acceptée, vous pourrez consulter facilement le contenu de votre réfrigérateur depuis le super marché (à moins qu’en fonction du contenu moyen de votre frigo, une liste ne soit proposée en direct !), tout le monde pourra régler le chauffage de sa maison, la température de ses pièces, etc. à distance ou mettre en route la cuisson du rôti installé dans le four. Il sera cuit à point à votre arrivé… Je passe sur la fermeture des volets, etc.

Pour atteindre tous ces buts, le matériel doit encore évoluer. Nous n’en sommes qu’à une étape : principalement celle de la séparation du téléphone et de l’ordinateur. Les uns et les autres ont des usages différents.

La tendance, qu’on le veuille ou non est la convergence d’une multitude d’appareils en un seul ! Imaginez que vous avez en main un ordinateur qui fasse à la fois téléphone, caméra, appareil photo… Les principaux problèmes actuellement qui empêchent encore le transfert sont le clavier (et la navigation) et l’écran.

Comme vous le savez, j’utilise des Macintosh 🙂 Toutes innovation dans les systèmes Mac me font toujours poser la question : pourquoi ont-ils fait ceci ou cela. Aucune des innovations sur le mac n’est anodine. Ne pensons pas que les constructeurs n’ont pas de vision à long terme 🙂 (Voir le billet Internet 2 à notre porte et notamment la vidéo des années 80).

Prenons un exemple concret. Dans le dernier système OS X, une nouvelle manière de naviguer dans les dossiers du Finder est apparue sous forme de Cover Flow.

Cela ne vous rappelle rien ? Mais si voyons. Prenez un Iphone et regardez ce qui se passe. Des bruits ont couru que les prochains portables Mac seraient sans trackpad.Cela me paraît évident que prochainement, effectivement, les trackpads disparaîtront ! De même pour le clavier qui sera remplacé par un clavier sur l’écran. En conclusion, un ordinateur sera un écran et de fait, tout écran avec l’évolution des techniques deviendra ordinateur : la télévision par exemple !

Si l’on suit ma démarche précédente, tout écran étant connecté à Internet, depuis n’importe quel écran, nous pourrons nous connecter à notre espace de travail, de jeux… !

Le souci actuel concerne ces écrans (et c’est sur ce point que beaucoup de personnes en reste sur la distinction téléphone/ordinateur), la taille de l’écran des téléphone portable est petite ! Un ou deux post-it comme je l’indiquais dans un billet précédent sur le micro blogging !

Mais là encore, je parie sur l’apparition de nouvelles formes d’écrans dans un proche avenir. Dans les nouveaux objets dont je parlais précédemment, de nouveaux types d’écrans beaucoup plus grands facilement transportables devraient apparaître. Même à un moindre degré, le fait d’avoir la possibilité d’utiliser n’importe quel écran actuel de toutes tailles à notre disposition en liaison avec son téléphone/ordinateur portable (ce qui devrait être l’étape intermédiaire) permet d’être constamment connecté à son réseau, à son activité… Le téléphone reprend sa fonction de « modem » en complément de ses autres nouvelles activités.

Bien sûr, il ne faut pas exagérer. Pour l’instant, je vois mal une personne passer sa commande en indiquant son numéro de carte bleu dans le métro… Mais quand j’observe ce qui se déroule dans le train, l’ordinateur est une extension de leur bureau pour certains, même s’ils ne peuvent pas communiquer aisément avec internet (hormis ceux qui possèdent une connexion via leur téléphone !).

Oui, nous avançons à grands pas dans la mobilité 2.0 (le nomadisme) et nous pourrons rester connecté au web quels que soient nos déplacements et notre position. Reste à définir l’usage que nous aurons de ces nouveaux outils mis à notre disposition en fonction du lieu, de l’heure, de notre état d’esprit… Est ce que l’enseignant assurera un cours en live depuis la voiture qui le conduit au sport d’hiver par réseau interposé ? Cela choquerait aujourd’hui. En sera-t-il de même demain ?

Quid des salles de cours et de l’aménagement des locaux ? Le travail en grand groupe, en petits groupes, dans des salles banalisées ou chacun se déplace avec son ordinateur dans une salle de cours, au centre de documentation, à la cafétéria… pour le cadre de l’éducation ou de la formation, mais identique dans le monde de l’entreprise, y compris lors de réunions chez le client !

Toutefois, malheureusement, nous n’en sommes pas encore là.

Je garde en mémoire par exemple mon déplacement à Boulogne sur Mer la semaine dernière… J’intervenais dans une société, dans une zone industrielle et la connexion wifi de l’entreprise était verrouillée.Pourquoi offrir un accès à ce formateur que l’on ne connaît pas. Lors d’une conférence à l’université, Thierry avait réagi à l’époque !

Et que l’on arrête de donner une vision restrictive du nomadisme : que les universités et les entreprises arrêtent de parler de nomadisme dans leur établissement. Ce n’est pas du nomadisme, c’est simplement du réseau 🙂 Que le monde de la téléphonie mobile arrête de nous faire croire qu’ils sont les seuls acteurs qui permettent d’être nomade. Le web nomade s’ouvre à nous…

Je veux pouvoir communiquer et garder un contact avec mon bureau quand je suis chez mes parents (pas de connexion internet chez eux), lorsque je suis dans ma maison de campagne (je n’ai pas de connexion internet depuis chez moi), lorsque je suis sur les pistes de ski ou sur la plage, dans un pays étranger…

Ceci n’est qu’une partie de ma réflexion sur l’avenir du web nomade, de la mobilité 2.0, du mobile 2.0, du nomadisme… (avec toutes les variantes avec ou sans 2.0 en attendant celles avec le 3.0 😉 par exemple, je n’ai rien dit sur la géolocalisation… mais on va déjà me reprocher d’être trop long, alors ce sera pour une autre fois ou lors de ma prestation à Net 2008 😉

Quelques liens pour compléter votre vision du nomadisme web mais attention aux déformations de la perception

des questions à poser au responsable de Facebook Mobile ?

Jérémie Berrebi propose de poser vos questions à Henri Moissinac, le responsable de Facebook Mobile jusque lundi 11 août. Il suffit de laisser un commentaires sur le blog de Jérémie Berrebi. Il est évident qu’il est possible que certaines questions ne soient pas sélectionnées 🙂

Le responsable de Facebook Mobile est le troisième invité de Jérémie Berrebi dans sa série des interviews de l’été. les deux premiers étaient Julien Decot (Skype) et André Haddad (Shopping.com)

Mise à jour le 3 septembre : L’interview d’Henri Moissinac est en ligne