pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ?

pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ? Magazines mode Copenhague de Thierry Caro
pour les médias : quelle information dans les réseaux sociaux ? Magazines mode Copenhague de Thierry Caro

Un étudiant en journalisme, qui rédige un mémoire de stage en développant la problématique Médias et réseaux sociaux, quelle stratégie pour attirer le clic et quelles conséquences sur la diffusion d’une information ? m’a posé quelques questions. J’espère recevoir son mémoire 😉

En attendant, je vous fais profiter de mes réponses 😉

Pouvez-vous vous présenter brièvement ?

Eric Delcroix, je suis un indépendant, ancien maître de conf. associé, qui suite à un passé de journaliste a pris le chemin de la PAO fin des années 80 et qui c’est intéressé très tôt au web, et au médias sociaux depuis l’arrivée des blogs et de Facebook, Twitter, Pinterest… par la suite. Actuellement, j’ajoute une sensibilité particulière à la génération Z.

Pourquoi tant de personnes sont présentes sur les réseaux sociaux ?

En fait, l’engouement pour les réseaux sociaux a démarré avec Facebook, même s’il existait d’autres plateformes auparavant. La particularité de Facebook est d’avoir intégré des applications dont les jeux.

Basé sur la théorie des petits mondes et surtout sur les liens faibles (les liens forts sont la famille, les amis proches avec qui l’on discute régulièrement, les autres « amis » sont des liens faibles) ont fait le reste.

Je pense que fondamentalement l’Homme à besoin d’échanger… Et sa recherche ultime est la rencontre IRL.

Les réseaux sociaux offrent une approche de l’autre, quelle que soit sa condition, son pays, etc. de manière aisée.

Comment définiriez vous le réseau social aujourd’hui, sa place dans la société ?

Il n’existe pas une seule formule pour définir les réseaux sociaux. Désormais, c’est une sous-partie des médias sociaux. Pour ma part, je définis les médias sociaux par 3 verbes : partager, collaborer et interagir.

Donc, les réseaux sociaux doivent répondre à cette définition à laquelle j’ajouterai 3 autres critères : choisir et accepter ses « amis » ; diffuser une partie ou la totalité de son CV ; organiser une vie sociale d’échanges virtuels avec ses « amis ».

Pourquoi les médias sont-ils présents sur les réseaux sociaux ? Qu’est ce que cela leur apporte ? Comment font-ils pour y exister ?

Les médias comme toutes entreprises suivent le public là où il se trouve, il est donc normal de les retrouver à ce titre sur les réseaux sociaux. De plus, le cas des médias est un peu spécifique, car cela met en péril (ou demande de nombreuses modifications aux modèles qui étaient le leur) les structures même des médias, leur manière d’envisager l’information (le maître-mot est lâché les concernant), etc.

Le premier point que cela leur apporte est d’avoir un « nouveau » public de lecteurs, mais aussi de diffuser l’information de manières différentes.

D’ailleurs, si l’on inclut Twitter dans les réseaux sociaux (pour moi, Twitter n’est pas un réseau social, mais un média social en Temps Réel), on s’aperçoit assez vite que désormais l’information se fait dans ce média. Il est donc indispensable à ce que les médias traditionnels y trouvent une place.

En me demandant comment font-ils (les médias) pour y exister, j’aimerai bien répondre qu’ils y prennent leur place naturelle. Mais, ce n’est pas le fond de ma pensée. Je crois plutôt que la très grande majorité des médias n’ont pas encore compris comment utiliser les réseaux et médias sociaux. Ils me donnent l’impression de se contenter de replâtrages sur une jambe de bois !

Aucun, hormis les sites de médias en ligne ou les tentatives de France Télévision sur le net (mais je trouve qu’ils manquent de relais sur les écrans de télé) par exemple…

Donc, si je résume ma pensée, les médias font acte de présence. La plupart du temps, les journalistes complètent leurs reportages en simplifiant par une photo et un message (parfois, un article) sur le site du média ou par le compte Twitter ! Basta !

Quelle sont les stratégies pour forcer l’internaute à cliquer sur un lien ?

Il n’existe à mon sens aucune stratégie pour forcer l’internaute à cliquer sur un lien hormis la qualité et la véracité de l’ensemble.

Je ne parle évidemment pas de techniques publicitaires, des sacro-saints concours ou mêmes d’accroches par des titres du genre : les 10 astuces pour…

Attention d’ailleurs de ne pas confondre différents aspects des réseaux sociaux. Le but est de « recruter » des « fans » pour une page de médias par exemple dans le but d’offir des possibilité « d’échanges ».

La course à l’échalote du nombre d’inscrits est un mauvais pari. En tant que spécialiste des médias sociaux, je conseille souvent d’avoir une petite communauté active plutôt qu’une pléthore « d’amis » inactifs. Et dans ce cas-là, il est certain que vos « abonnés » réagiront plus aux liens que vous donnez.

Il est évident que si le lien dirige vers une information de qualité, qui correspond à l’attente du lecteur, il y a de fortes chances pour que ce lien soit suivi… C’est d’ailleurs tout le travail des curateurs actuellement, puisqu’ils ne diffusent que très rarement leur propre contenu, mais dirigent vers des liens qu’ils conseillent !

Y’at’il un impact sur la qualité de l’information transmise ? Moins d’info de fond ? Plus de place au ‘scoop’ et à l’insolite ?

C’est une bonne question.

Évidemment, la guerre du scoop est lancée depuis l’arrivée de Twitter. C’est d’ailleurs l’un des pièges auxquels les entreprises du secteur ont tendance à se laisser prendre. Mais, justement, c’est une erreur. Je me rappelle le comportement de l’AFP à la mort de Michael Jackson. Elle avait l’info, mais a vérifié par des sources « sures » l’exactitude de l’information avant de la publier !

Pas mal de journalistes actuels feraient bien d’en faire autant aujourd’hui ! Je ne pense d’ailleurs pas que ce soit le média qui soit à mettre en cause (Bien que… On peut se demander si certaines rédactions en chef ne poussent pas dans ce sens).

Et puis, soyons honnête, la guerre du scoop est perdue pour les médias (sauf pour le travail d’enquête). Désormais, il y aura toujours bien une personne connecté à Internet près d’un événement et qui ne sera pas journaliste !

Le métier de journaliste doit se positionner ailleurs : dans les explications, les informations complémentaires… Pas dans l’information brute ! La vérification des informations, également, est un large secteur d’investigations, tout comme l’open data…

Pour l’insolite, ma réponse est positive. Oui, il y a de l’insolite.

Mais si je regarde la dernière page de la Voix du Nord, version Print, de quoi est composée la dernière page sinon de brèves de l’AFP plus ou moins insolites.

Encore hier au soir, dans un journal télévisé du soir, une séquence était consacrée à une information insolite (illustrée exclusivement d’images en provenance du web) !

Donc, la faute est à l’utilisation des réseaux sociaux ou aux choix des journalistes qui peuvent désormais trouver des informations insolites pour lesquelles ils n’avaient pas accès dans le passé ?

En corolaire, est-ce que le public est friand ou non de ces informations ? Personne ne lit les journaux comme Voici et autres, et pourtant, regardons leurs chiffres de ventes !

Pour répondre enfin au début de votre question sur la qualité de l’information et sur l’info de fond, je ne pense pas qu’elle soit fondamentalement diminuée. Les niveaux de lecture sont différents.

Si je fais une comparaison presse papier – presse dans les médias sociaux, d’un côté, il y avait le titre et le chapô (ou une image) qui attirait. Puis on lisait l’article.

Désormais, il y a le tweet ou le message dans Facebook, une galerie d’images ou une vidéo qui peuvent attirer. À l’internaute d’aller lire la suite !

Je ne pense pas que les articles des médias traditionnels soit d’une qualité différente. Il n’en est pas de même parfois de certains nouveaux « organes de presse » du web où effectivement la qualité de l’information n’est pas toujours au rendez-vous, y compris des journalistes « amateurs ».

L’impression que la qualité est moindre provient peut-être de la part des médias traditionnels de leur manque d’ambition autour des possibilités offertes par les nouveaux outils…

On reste sur notre faim, car on attend toujours mieux que l’énième redite d’un communiqué de presse plus ou moins reformulé ou être à la recherche dans l’ensemble des sites d’informations des éléments qui nous permettent de comprendre la situation !

Je pense par exemple à des explications géopolitiques sur des conflits où je dois attendre la diffusion par des profs. de géo des cartes qui m’éclairent sur le pourquoi, les raisons historiques, etc. alors qu’aucun média ne le fait !

Je me pose une question subsidiaire qui relie au questionnement sur la qualité de l’information : les « experts » interviewés. Parfois, cela pose la question des influenceurs du web : qui sont-ils, comment le sont-ils devenus…

Quels sont les enjeux financiers ?

Les enjeux de la survie (oui, je dis bien survie) des médias traditionnels notamment en France est engagé, car les enjeux financiers sont importants.

On ne peut pas continuer à soutenir une presse papier par exemple qui ne fait rien ou presque sur le net. Les médias traditionnels doivent effectuer une véritable mue et pas un replâtrage comme indiqué précédemment.

De nouveaux modèles économiques doivent être trouvés, c’est une certitude ! Peu de médias se donnent cependant le moyen d’y réfléchir véritablement.

Pour l’anecdote, au début de Twitter, la Voix du Nord diffusait un flux d’information ! À l’époque, je m’étais posé la question de savoir si je devais continuer à lire la version papier du journal ! Quelques mois plus tard, le compte a été repris en main… Je suis obligé de lire la version papier (La version numérique n’apporte pas grand chose de plus sinon de dire : je lis mon journal sur un iPad).

Dommage ! Pourtant, je reste persuadé que la 1re mouture de ce compte Twitter pouvait être une énorme porte d’entrée pour le journal vers des versions payantes numériques.

Pouvons-nous parler d’un nouveau modèle économique ?

Comme dit dans la réponse précédente, oui, de nouveaux modèles économiques sont à créer.

On sait depuis longtemps maintenant que les Français ne veulent pas payer pour de l’information. Nous savons tous que les médias existent seulement par la publicité en relation avec le nombre de lecteurs, d’auditeurs, de téléspectateurs…

Donc, le but est de trouver en ligne, dans les médias sociaux (et pas seulement les réseaux) un lectorat, un auditorat ou des téléspectateurs (l’arrivée des télés interactives et pas seulement du Twitter autour d’un hashtag devrait aider) dignes de ce nom pour le média.

À lui de faire que ces personnes et les modèles économiques créés autour de ces principes fassent que la version papier deviennent la version « on la garde car nous avons encore quelques personnes qui l’achètent » avant sa disparition complète qui sera sans importance ou avec une version sous une autre forme à déterminer (format, contenu éditorial…)

Je reste convaincu que toute la presse papier ne disparaîtra pas. Par exemple, des magazines du type National Geographic continueront d’exister… Mais il est vrai le groupe a depuis longtemps intégré d’autres médias autour de son journal.

Je crois que ces nouveaux modèles économiques apparaîtront avec l’arrivée de la génération Z (nés entre 1995 et 2010) dans les entreprises et dans les médias, donc dans les prochaines années maintenant.

Le mieux est peut-être de reprendre ce que me dit l’une de mes filles qui veut devenir journaliste. Elle a 14 ans actuellement, mais déjà depuis plusieurs années, elle rabâche : «Je veux devenir journaliste, mais pas comme les journalistes actuels. Je ne veux pas travailler seulement pour un journal papier, ni pour une radio ou une télévision…». En fait, elle veut travailler dans les médias dans leur ensemble : alliant à la fois rédaction, voix, vidéo, dessin, graphismes, infographie… Cela ne vous rappelle pas un certain environnement numérique ?

Depuis combien de temps ce procédé prend de l’ampleur ?

Ce processus d’évolution vers la mue des médias a commencé très certainement avec l’arrivé des blogs dans les années 2005 et l’émergence de ce que l’on a appelé le journalisme citoyen.

Les premiers blogueurs donnaient une nouvelle orientation à l’écriture journaliste… et surtout amenait la disparition du point final de l’article. La discussion se poursuivait.

L’un des faits le plus marquant dans ce sens est certainement lors du référendum sur l’Europe où un blog catalysait les « non » sans commune mesure avec ce qui se passait dans les médias.

Une forme de coopération est également établie désormais entre journalistes dans les réseaux sociaux et l’homme de la rue… et aussi, par exemples, les politiques ont compris qu’ils pouvaient dialoguer en direct avec les journalistes via les réseaux sociaux. Idem pour les entreprises par les RP dites 2.0 (Les RP 2.0 n’incluent pas que les journalistes, mais les influenceurs du net également)

Pouvons-nous redouter que les gens ne s’informent plus que via les réseaux sociaux ?

Pour la primo information… Oui et non…

Si j’observe, notamment les jeunes, je m’aperçois que ce n’est pas par les réseaux sociaux proprement dits qu’ils s’informent.

Avant tout, ils s’abonnent à des systèmes d’alerte d’information de grands médias sur leur smartphone. Si l’information les intéresse, ils vont la voir sur le site du média.

L’autre source d’information pour eux est les amis…L’information comme le commerce doit désormais compter sur l’avis des pairs qui seront de redoutables relayeurs d’informations, le plus important même.

Les influenceurs du web qui sont surtout présent dans les médias sociaux ont un bel avenir devant eux et les médias feraient bien d’y prêter attention 😉

Mais pourquoi considérer que c’est un danger, pourquoi le redouter ? Je ne vois pas de raisons… sinon la mise en adéquation des reportages et compléments pour le support concerné.

Au passage, je mettrai en garde les médias à l’évolution vers un monde de l’image (fixe et animé) qui va plus loin que le poids des mots, le choc des images !

Ne pas être présent sur ces réseaux sociaux peut-il être préjudiciable aujourd’hui ?

Cette question est à tiroir. Oui, pour l’individu. Oui, pour les médias, il est préjudiciable dès à présent de ne pas être présent dans les réseaux et médias sociaux.

Que ce soit l’individu ou les entreprises dont les médias, il est nécessaire désormais de prévoir une stratégie de présence dans ce qui fait le monde actuel.

Un individu qui n’est pas présent par exemple dans une classe de seconde dans les réseaux sociaux est exclu de l’univers de la classe, d’informations sur les horaires de cours…

Aucune entreprise ne peut se permettre de ne pas être présente. Et quand je dis être présente, cela ne veut pas dire : relayer un flux d’info genre fil RSS ! Non, avoir une présence réelle pour sa « communauté ».

En marketing, l’on parle beaucoup de content marketing actuellement… Mais au delà du contenu de qualité évidemment mis dans ces médias sociaux, il est nécessaire de « travailler » à l’émergence de discussion.

C’est pour cela que les internautes sont dans les réseaux et médias sociaux : pour discuter… Refaire la discussion de comptoir ou des discussions plus « évoluées », donner leur avis et point de vue, enrichir l’information…

Impact des réseaux sociaux sur les débats politiques ou de société

La crédibilité selon les intervenants... dommage les politiques n'y sont pas ! Quelle serait leur crédibilité ?
La crédibilité selon les intervenants… dommage les politiques n’y sont pas ! Quelle serait leur crédibilité ?

La semaine dernière, une étudiante en Master Commmunication et Médias de Nantes qui réalise un mémoire sur les réseaux sociaux et leurs impacts lors du débat pour le Mariage pour tous, mais plus largement sur l’impact des réseaux sociaux sur les débats politiques ou de société et la prise en compte par le gouvernement des « échanges » m’a posé quelques questions.

Au vu de ce qui vient de se passer ce week-end d’élection, je pense que cela apportera du grain à moudre à ceux qui veulent disserter sur le sujet 😉

Et comme toujours vos remarques et analyses sont les bienvenues 😉

Tout d’abord, en tant qu’expert Web 2.0 et réseaux sociaux, que pensez-vous de la mutation de nos sociétés, du format papier au format numérique (numérisation de la presse, de la télé, virtualisation des échanges entre individus…) ?

Pour les personnes de ma génération, celle des X et des baby boomers ce passage du papier au numérique est assez inattendue. Jamais en étant enfant, ni même au début de mes activités professionnelles, nous nous attendions à de telles choses. C’était pour nous inimaginable (d’ailleurs, certains n’ont toujours pas réussi à franchir le fossé du passage au numérique : le monde digital).

Par contre, détail intéressant, j’étais dans la mouvance de l’arrivée de la PAO (Publication Assistée par Ordinateur) qui était déjà une révolution dans le monde de la communication. Et, pour cette période, je me souviens également des errements de certaines entreprises ou de certaines personnes dans ces milieux. Les freins aux changements étaient les mêmes que ceux du passage au digital actuellement.

La grosse différence entre ces deux périodes (fin années 80 – début 90 et la période actuelle) est que la transition s’est réalisée sur quelques années pour la PAO, alors que le digital (format numérique) s’effectue sur la longueur avec de nombreux rebondissements qui ne sont pas près de cesser. Et il faudra bien qu’un jour les entreprises notamment, et par ricochet, le grand public, prenne conscience qu’elles vivent une révolution et qu’il faut en quelque sorte choisir son camp ! Pour l’instant, entreprises, grand public, ne répondent que par des solutions de replâtrage… Mais est-ce bien utile de replâtrer une jambe de bois ?

Y-a-t-il ou y aurait-il une explication à cela ?

Ce n’est pas une, mais plusieurs explications qui sont à l’origine de cette transition vers le tout numérique. La première est certainement l’arrivée de l’ordinateur et ses possibilités qui s’étendent désormais aux mobiles. Et, je reste persuadé que demain, on ne parlera même plus d’ordinateurs, mais simplement d’écrans qui nous entoureront partout au quotidien !

La seconde raison, très certainement avec l’arrivée d’Internet, la possibilité d’entrer en contact facilement (ou de maintenir un contact dans la durée) avec une personne quelle que soit sa position géographique (proche ou lointaine). D’ailleurs, c’est cela qui m’a fait comprendre l’intérêt d’Internet à mes débuts sur le réseau lors d’un voyage en Norvège, une rencontre m’a donné son adresse mail ! Personne ou presque n’en possédait à l’époque en France… J’étais l’une des exceptions avec ma connexion Compuserve !

La troisième raison que je donnerais est plus liée à l’arrivée du web 2.0 même si elle existait déjà depuis quelques années. L’internaute devenait facilement émetteur d’informations, mais ce que le web 2.0 a renforcé sinon mis en évidence, c’est la notion de pairs. Il a été assez rapidement évident que ce que nous pensions, nos manières de fonctionner, etc. d’autres personnes à travers le monde les partageaient ! Nous n’étions plus seuls !

Un autre aspect souvent minimisé pour les relations entre individus est la simplicité de maintenir le contact avec sa famille et l’ensemble de ses « liens faibles », chose qui était impossible auparavant. Il suffit de regarder autour de nous le nombre de personnes qui échangent entre cousins-cousines éloignées, la grand-mère qui Skype avec ses petits-enfants… les technologies sont simples à utiliser et à mettre en place comme l’était celle de prendre un papier et un crayon… Seulement, auparavant, nous devions trouver l’enveloppe, le timbre, aller porter sa lettre à la Poste, etc. Là, c’est d’un clic que s’effectue l’envoi… L’Homme est profondément fainéant par nature 😉 Et de plus, désormais, nous sommes dans l’instant. Plus besoin d’attendre la réponse si l’on veut !

Dernière raison que je donnerais, notamment pour la numérisation de la presse et de la TV (c’est particulièrement le domaine où se pose les replâtrages), les outils modernes sont de plus en plus adaptés à la lecture en ligne. Outre la réactivité et le point de vue du lecteur, le côté « buzz » sur un scoop, il est possible de répondre par ces outils à un regret de certains journalistes émettent de vouloir « compléter » leurs informations pour aller plus loin. Nous sommes dans le domaine de l’hypertexte, on a tendance à l’oublier. D’autres formats de reportages peuvent être mis en place également assez aisément comme des dossiers documentaires. De plus, l’information n’a plus obligatoirement besoin d’être figée. Elle peut évoluer et l’arrivée de l’Open Data indique également que les journalistes reconnaissent qu’ils ne sont plus les seuls à pouvoir traiter l’information. Une même donnée peut-être « travaillée » différemment.

Au aspect de cette question, il parait évident que désormais, comme on trouve « tout » sur son « ordinateur », il est normal d’y trouver son journal, sa télévision… De mon côté, alors que j’étais abonné à plus d’une quinzaine de revues, j’ai cessé tous ces abonnements, qui ont été remplacés soit par la version en ligne de la revue ou du journal, soit par d’autres sites… Idem pour la télévision. Pourquoi se contenter des programmes qui nous sont proposés alors que l’on peut très bien se créer sa « propre TV ».

Pour en finir avec l’information, je dis souvent que l’actualité se fait dans Twitter… car la plupart des journalistes y débattent et défendent leurs points de vue… Alors, pourquoi lire la gazette après 😉

Plus particulièrement maintenant, lors des débats politiques ou liés à la politique comme mon sujet sur le Mariage pour Tous, quels sont les mécanismes des réseaux sociaux pour recruter des followers ?

À la base, je ne pense pas qu’il y ait bien souvent de mécanismes spécifiques mis en place. Comme dit précédemment, les réseaux sociaux sont bâtis sur les pairs. Donc, « instinctivement » le récepteur d’une idée va se rapprocher de l’initiateur s’il « pense » la même chose. Peut-être plus que dans le cas du Mariage pour Tous, je trouvais cela assez révélateur dans « l‘affaire Dieudonné« . Ensuite, cela est semblable aux discussions dans la vraie vie, il y a les pour et les contre ! Cela revient à une opposition classique. La différence se situe au niveau de l’auditoire. Dans la discussion de comptoir ou celle en famille, le nombre de personnes est limité. Pas dans les réseaux sociaux. Facebook est le 3e pays au monde et Twitter le 4e. Ça fait du monde…

L’autre effet à prendre en compte est la crédibilité de l’intervenant le pair à certainement plus de poids que bien d’autres désormais. (voir en complément)

Cela donne l’impression que désormais, les réseaux sociaux sont devenus l’Agora de la démocratie. Je n’en suis pas certain… car, pour différentes raisons, tous les internautes ne s’y expriment pas ! C’est un moyen comme un autre de s’exprimer. Vous faites référence un peu plus loin à la loi sur l’IVG. J’étais encore jeune, mais pour le peu que je me rappelle, le seul débat qu’il y avait été celui de l’Assemblée Nationale dont la presse se faisait l’écho. La télévision nous fournissait les résultats des enquêtes… et la seule manière de marquer son approbation ou son désaccord était de participer à des manifestations.

Internet permet d’échanger et d’ouvrir ce type de débat, avec des bémols… Certains autres débats politiques ont été lancé par des partis politiques sous le couvert de personnes de la rue ! Donc, attention aux dérives qui sont trop rapidement franchies.

On sait depuis les Apéros géants de Facebook s’il en était besoin que le « peuple » sur Internet (donc, l’homme de la rue) à besoin de se rencontrer, de se retrouver… Attention, donc de ne pas tomber dans le piège de : cela explose sur Internet donc cela concerne tout le monde… Le Poujadisme parfois n’est pas loin !

Comment se fait-il qu’une majorité des échanges et débats aient eu lieu sur la toile ? J’aurais tendance de répondre : où peut-il se faire ailleurs ? En plus, je pense que les Français dans leur grande majorité ne se reconnaissent plus dans leurs élus (ce sont eux qui faisaient le débat auparavant pour la population). Mais, nous sommes loin d’une participation directe de la population.

Par contre, c’est indéniable que ces discussions et débats politiques sur la toile pourraient influencer les politiques. Mais, ces derniers sont sur une autre planète actuellement…

Et puis, méfions-nous de le pseudo influence, de l’impact réel… Les cas d’effets réels sont rares, même s’ils existent. Comme pour une entreprise qui communique via les réseaux et médias sociaux, n’oublions pas que ce sont elles (les entreprises) qui décident en dernier ressort, en prenant soin de dire : nous vous avons entendus (mais, c’est l’entreprise qui a pris la décision en tenant compte ou pas de ce qui a été dit en l’enrobant afin de faire croire à l’internaute que c’est lui qui a décidé !). On parle assez de marketing politique, de communiquants autour des hommes politiques pour avoir le recul nécessaire à ce genre de situation.

Plutôt que d’impact lors des débats, notamment pour le Mariage pour tous, je crois que les outils de réseautages sont plus utilisés non pas pour leur impact sur les débats, mais comme un outil de communication afin d’informer les uns et les autres… On n’est pas loin de l’opération de buzz qui consisterait à avoir la plus « grosse » quantité d’amis, d’abonnés… en le traduisant par j’ai le plus grand nombre de supporters ! Le but, l’intérêt et le résultat ne sont pas les mêmes. De plus, dans ce débat, j’ai l’impression que c’était plus une opposition pro contre anti de personnes passionnés ! Et pour ma part, j’ai eu beaucoup de difficultés à y voir un réel débat.

À votre tour de commenter, d’analyser… afin de donner un peu de matière supplémentaire à cette étudiante et pour animer le débat 😉

Médias sociaux : médias ou social ?

Diagramme d'un réseau social ? Ce qui est perdu dans les médias sociaux ?
Diagramme d’un réseau social ? Ce qui est perdu dans les médias sociaux ? Source Wikipédia

L’article La fin des médias sociaux ? (un article en anglais The end of social media? du Belge Antoine Fournier) m’a interpelé… car moi aussi je me pose des questions sur ce que recouvrent les médias sociaux actuellement !

En effet, il me semble que désormais, il faut prendre chacun des termes de l’expression médias sociaux séparément, les analyser différemment !

C’est selon les définitions de mon « dico » l’étude des processus d’interaction : interactions entre les individus, entre l’individu et les groupes, entre les groupes eux-mêmes au sens de la psychologie sociale mais aussi social, s’emploie pour ce qui est Relatif à la vie mondaine. Nous parlons bien de l’individu.

Pour l’option « Qui favorise le développement culturel, l’amélioration des conditions matérielles du plus grand nombre », on repassera. On est très loin dans les médias sociaux de favoriser une meilleure adaptation des plus défavorisés à la société ! Pire, cela crée des fractures numériques entre ceux qui y sont présents et ceux qui n’y sont pas, ceux qui connaissent et ceux qui ne connaissent pas ! On retrouve là mon goût pour la formation, l’explication 😉

Quand je relie ces définitions, je me retrouve au début de Facebook, le réseau social par excellence ! Nous avions de relation entre Hommes !

Mais, depuis, le monde a bien changé (Tiens, cela me rappelle un enregistrement de Julos Beaucarne qui n’a rien à voir ;-). Les entreprises sont passées par là !

Et des médias ?

Qui se rappelle que média vient de mass(-)media ? Et en effet, nous sommes dans ce monde également ! Regarder ceux qui donnent le nom d’article à leurs billets dans les blogs, la chaîne YouTube à l’image des télévisions… Désormais, nous sommes tous des patrons de presse en puissance, aussi bien au niveau de l’individu que de l’entreprise (ou organisation à but ou non-lucratif).

Or l’analyse de l’article en référence rejoint mon point de vue… Les  messages dans les médias sociaux d’aujourd’hui sont de plus en plus conçus uniquement pour de nouvelles relations commerciales, principalement dûs aux entreprises,  une forme de réduction de social média  simplement comme un simple média parmi d’autres ! Le social est exclu ou reste le prétexte. On n’est pas loin d’une nouvelle forme de spams par l’envoie de messages marketing dans ces médias dit sociaux !

On est loin, très loin, souvent du discours habituel qui nous parle de communauté autour des marques ! Cela fait longtemps que je dis pour ma part que les communautés de marque n’existe pas ! Par contre, la base de données de leads ou de prospects… Oui ! La communauté est sociale, le lead ou le prospect, marketing !

Réseaux sociaux, médias sociaux, site de partages

Les réseaux sociaux sont les premiers touchés par ce phénomène. Évidemment, on peut toujours tenter de s’exclure du monde commercial dans ces réseaux, mais la tendance est pourtant là, la « pub » devient omniprésente !

D’ailleurs la tendance actuelle est de quitter ces réseaux sociaux pour de pures applications sociales où le média publicitaire n’est pas encore arrivé. Pourquoi pensez-vous que Facebook a racheté Whatsapp par exemple ? Pourquoi pensez-vous que Viber ait un tel succès (Au passage, je reste persuadé du retour de l’appel téléphonique chez les jeunes… Le seul souci étant le prix des abonnements jusque-là ce qui a impliqué une moindre utilisation de ce média 😉

Ce n’est pas, contrairement à une idée répandue, la présence des parents qui fait que les jeunes quittent par exemple Facebook ! Il existe une multitude de raisons… Le côté média non-social en est une ! L’apparition d’autres outils, une autre !

Pour l’instant, si on l’on regarde la situation les réseaux sociaux et les sites de partage sociaux sont inclues dans ce que l’on appelle communément les médias sociaux !

On s’aperçoit qu’il faudrait redéfinir avec beaucoup plus de finesses le rôle de chacune de ces catégories d’outils… réseaux sociaux à décliner en 2 modes : purement social et rattaché aux médias sociaux, redéfinir ce que sont les médias sociaux : médias, média social (dans l’esprit communautaire), médias promotionnels (pour les leads, clients et prospects).

J’ai l’impression que pour l’instant, seul, les sites de partage sociaux tirent leur épingle du jeu dans cette situation ! Mais, cela ne reste qu’une impression… À vous de me dire 😉

Dernière remarque, il est évident pour moi que les réseaux et médias sociaux comme Facebook, Twitter, Linkedin, Pinterest, etc. ont encore de beaux jours devant eux quitte à nous surprendre en séparant social de médias (l’exemple du rachat de Whatsapp par Facebook s’il est suivi par d’autres rachats pourrait le confirmer) ! Mais, n’est-ce pas à ce prix que nous arriverons à la maturité des réseaux et médias sociaux ?

J’ai l’impression que pour l’instant, seul, les sites de partage sociaux tirent leur épingle du jeu dans cette situation ! Mais, cela ne reste qu’une impression… à vous de me dire 😉

Dernière remarque, il est évident pour moi que les réseaux et médias sociaux comme Facebook, Twitter, Linkedin, Pinterest… ont encore de beaux jours devant eux quitte à nous surprendre en séparant social de médias (l’exemple du rachat de Whatsapp par Facebook s’il est suivi par d’autres rachats pourrait le confirmer) et je ne crois toujours pas aux réseaux dit de niche qui n’auront jamais la « surface » suffisante pour durer mais bien aux « généralistes » ! Mais, n’est ce pas à ce prix que nous arriverons à la maturité des réseaux et médias sociaux ?