les jeunes ne font pas toujours n'importe quoi dans Facebook

Ce midi, mes filles rentrent toute attristée… Elles viennent d’apprendre le décès subit d’une enseignante de français au collège. En plus, c’était la prof. de la plus petite. Elles nous expliquent par force détails comment c’est déroulé l’annonce de la mort de l’enseignante en fonction des classes (la plus petite est en 6ème et une procédure particulière a été mise en place pour eux…), le soutien psychologique de l’établissement…

Mais, à côté de cela, vient dans la discussion avec la plus grande : «est-ce que les collégiens vont en parler dans Facebook». Rendez-vous est donné ce soir pour faire le constat.

Un cri en fin de journée marque le signal. Ils ont fait mieux que j’en parler, les élèves ont créés une page en mémoire de leur prof. On pourrait s’attendre à des dérapages de la part des jeunes, mais non, c’est l’inverse, ils sont très dignes ! On notera que l’auteur de la page reste lui aussi très discret, car il n’apparait pas ! Volonté, peur de mal faire, parent, enfants (même si l’on peut se faire une idée via des scripts) ? La page d’infos reste vierge, seul le nom de l’enseignante apparait avec comme sous titre Professeur.

En fin de journée, ils sont près de 90  à aimer cette page (le collègue compte 300 élèves environ soit 1/3 d’entre eux) quelques heures après la création de la page en fin d’après midi, au retour du collège. À priori, nous ne sommes que 2-3 adultes dans la liste. Notamment un ami de l’enseignante et moi, qui ai laissé mon compte à disposition de la plus jeune qui n’a pas encore 13 ans et donc, pas de compte Facebook.

Mais, cette expérience indique que les jeunes (de 12 à 16 ans)  n’utilisent pas Facebook seulement pour des délires, pour s’échanger les solutions des DM entre classes ou entre élèves d’une même classe. On est loin des dangers souvent évoqués pour les réseaux sociaux. Cela fait du bien parfois de montrer le bon exemple.

À la réflexion, ces générations z sont simplement dans le monde numérique de demain qui sera le leur comme annoncé dans les rites mortuaires (Mort IRL et mort numérique).

J’hésite à publier la page en question, mais par soucis d’information elle est .

les enfants sont-ils plus instables

les enfants instables ?
les enfants instables ?

On évoque souvent les enfants instables, qui manquent de concentration… aussi, je ne résiste pas à vous livrer ma découverte des vacances de Noël (je recherchais des recettes dans des stocks de pages déchirées de vieux magazines, Le Pélerin dans ce cas) et quelle surprise, le titre m’interpelle 😉 Aujourd’hui, les enfants sont-ils plus instables ?

Visiblement le début de ce  texte de 1973 publié dans un premier temps dans Pomme d’Api est toujours d’actualité presque 30 ans plus tard !

Les causes : manque de sommeil, bruit, vie collective… me font sourire car ce sont les mêmes que celles que l’on évoque aujourd’hui !

En trois décennies, rien de changé… et si les enfants étaient naturellement instables ?

Un clic sur l’image vous permettra de la consulter en taille réelle.

Elle arrive dans Facebook

Je voulais profiter de ce Ludovia 2010 dont je ferais un compte-rendu dans le prochain billet pour publier cet éclairage peut-être différent sur l’utilisation d’Internet (notamment des réseaux sociaux) par les jeunes, sur le rôle des parents et sur le « livre ».

Mi-juillet était un grand jour pour la plus grande de mes filles : la date anniversaire de ses 13 ans. L’âge requis pour pouvoir légalement se créer un profil sur Facebook !

C’est avec curiosité que j’ai observé ces premiers pas dans le célèbre réseau social.

Inscription dans Facebook

J’avais décidé de lui permettre de créer son compte Facebook à cette date, pour la simple raison de l’inscription dans la durée à son nom. Pas besoin ainsi de changer de profil dans l’avenir ! En observant ce qu’on fait certains de ces « amis », l’une d’entre elles à 37 ans au lieu de 13 et désormais il est impossible de modifier la date de naissance !

Bon, mais revenons à ma fille. L’une des conditions, de sa part, était que je sois son ami dans Facebook 🙂 J’ai même indiqué que c’était ma fille 😉 Le problème de ce lien « amical » est plus important qu’on ne le pense. Devons-nous en tant que parent être ami avec nos enfants dans les réseaux sociaux ? Je ne le pense pas ! Toutefois, j’ai accédé à sa demande et j’ai donc été son premier ami à la création de son profil. Mais, je sais qu’à terme (moins d’une année, j’espère) je la laisserai voler de ces propres ailes ! Son profil Facebook lui appartient et je ne veux rien savoir de ses « amours », de ce qu’elle choisi dans la vie… Je redeviendrais ami avec elle dans quelques années, une fois l’adolescence passée…

Donc, le dimanche de son anniversaire aux premières heures de la matinée nous avons mis en place son profil ! Je l’ai aidé un peu, notamment dans la partie confidentialité !

Dans la foulée, avant même de rechercher ses propres amis de collège, elle a examiné les personnes de mon réseau et m’a demandé si elle pouvait demander à certaines personnes que je connaissais d’être ami avec elle ! Deuxième questions que l’on doit se poser en tant que parents : nos enfants doivent-ils avoir les mêmes amis que nous sur les réseaux sociaux ? J’ai donné mon accord pour qu’elle puisse contacter les personnes qu’elle avait déjà rencontrées (merci Émilie, Charles, Gina, Marie-Julie et Yann de l’avoir acceptée) parmi les professionnels qui m’entourent. Au passage, je lui ai expliqué que le but n’était pas d’écumer la liste d’amis des personnes qu’elle connaissait et qu’il ne servait à rien de courir vers la médaille en chocolat de celui qui a le plus d’amis !

Enfin, elle a recherché une amie, une autre… son réseau amical dans la vraie vie !

Comme ce jour-là des membres de la famille étaient invités, elle leur a signalé qu’elle les avait ajoutés à sa liste d’amis (en même temps, elle a établi le lien avec quelques parents éloignés ou amis de la famille très proche) et m’a demandé si elle pouvait publier une photo d’une partie de la famille 😉

Petit à petit son réseau s’est constitué par l’ajout dans un premier temps d’amis de collège qu’elle « aimait » bien. Le plus surprenant a été les demandes de personnes avec qui selon ses dires, elle ne serait pas du tout copine dans l’établissement scolaire. À la réflexion, je me demandais si la socialisation sur les réseaux sociaux ne correspondait pas également à une autre forme de socialisation. Le lien social avec les vrais amis est évident, mais un autre lien social semble exister : nous sommes dans le même établissement scolaire ; même si je ne t’aime pas, tu fais partie de la même communauté que moi ! En est-il de même en entreprise ? Le phénomène serait à observer. J’aurais tendance à dire que cela me paraît vrai pour les professionnels qui ont le même travail !

Et puis, certains de mes amis professionnels lui ont demandé pour devenir ami ! Elle m’a posé la question sur ce qu’elle devait faire ! Je lui ai laissé le choix de devenir ami ou non avec eux en lui expliquant cette fois que normalement si elle est amie avec eux c’est qu’elle a quelque chose à partager et qu’elle devait réfléchir à ce qu’elle pouvait partager avec ces amis « inconnus ». Le verdict est rapidement tombé ! Non, je ne les mets pas en ami !

Après un mois et demi d’utilisation pendant ces vacances scolaire, elle possède désormais 24 amis !

Autre question que nous avons rapidement due résoudre. Les demandes que j’ai reçues de la part de ses amis ! Je ne les aie pas acceptés. Elle comprend d’autant mieux qu’elle me disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi ils voulaient devenir amis avec moi et qu’elle n’avait pas envie d’être amie avec la mère d’une de ses relations par exemple. Et de justifier son choix en disant qu’elle était ami avec la fille, pas avec la mère !

Son appropriation de l’outil dont j’avais réduit les explications à sa plus simple expression (mais, elle me voit depuis longtemps sur Facebook) a été immédiate ! Elle a compris le principe du mur, du chat… et évidemment des jeux ! Rapidement, elle a reçu une demande pour rejoindre CafeWorld dont elle est assez accro 🙂

Mais, même dans ce jeu, rapidement elle a acquis une posture responsable. Nous (les adultes) recevons rarement des propositions de sa part pour ce jeu ! Cela reste entre « copains » du même âge !

Dernière remarque. Elle qui a des problèmes d’écriture du Français à cause de dyslexie fait d’énormes efforts pour écrire le mieux possible et presque sans faute sur Facebook ! Quand on voit le nombre d’erreurs lorsqu’elle écrit à la main ou si elle tape un texte à l’ordinateur, cela surprend.

Regarder un livre ou chercher sur Internet ?

Mais, ce n’est pas la seule remarque que je me suis faite sur le rôle des parents concernant l’éducation numérique de nos enfants pendant ces vacances.

Exposons la situation. Nous étions dans la maison de campagne et nous discutions au sujet des activités des uns et des autres. La plus petite souhaitait faire des activités nature, la plus grande des travaux de couture… Aussi, le réflexe pour la plus petite a été de la rapporter des livres de notre bibliothèque sur le thème qu’elle avait choisi. Pour la couture par contre, nous trouvons peu de choses dans nos rayonnages.

Le réflexe, il y a quelques années, aurait été de dire : «on va chercher un livre». Mais aujourd’hui faut-il acheter un livre ou consulter Internet ?

La question est d’autant plus importante pour moi que lorsque les enseignants donnent des recherches à effectuer, systématiquement, ils disent aux jeunes de rechercher sur Internet. Et dans ce cas-là, vieux réflexe de ma part, je fais chercher la date de naissance, la date de mort, la nationalité… d’un compositeur dans un dictionnaire papier. Je pourrais aussi le faire dans un dictionnaire du même genre sur le net, mais je crains toujours la « facilité » qui n’en est pas une dans ce cas du passage sur Wikipédia.

Bref, devons-nous en tant que parent apprendre à nos enfants à privilégier Internet ou faut-il leur apprendre à lire les livres papier ? Un fait est certain. Si l’on recherche une information, le passage sur Internet est de rigueur. Mais, un livre ou l’équivalent d’un livre ?

Je n’ai toujours pas une réponse définitive. Dans le futur, les livres papier de ce type existeront seulement sous forme électronique. Aussi, devons-nous dès à présent leur inculquer cette culture de la lecture sous cette forme ou devons-nous continuer à leur apprendre à trouver le livre papier qui leur est nécessaire ?

Le réflexe de chercher une recette de cuisine sur le net est devenu naturel chez nous. La centaine de livres de cuisines que nous possédons commencent à prendre la poussière ! Mais, là encore, c’est une information que nous cherchons en général (une recette).

Donc, je n’ai pas acheté de livre spécifique sur la couture et nous avons cherché sur Internet. Cela m’a amené une réflexion sur la lecture en tant que telle ? Lisons-nous un ouvrage pratique papier en piochant par-ci, par-là… ou le lisons nous comme un roman, de la première à la dernière page ? Même pour un roman, ne passons nous pas du stade de la lecture de l’ensemble de l’œuvre à celle d’extraits (j’entends déjà les hauts cris). Est ce que la lecture n’est pas en train de se transformer sous nos yeux ?

Cette lecture itinérante où la comparaison d’un texte est perpétuelle à d’autres texte est celle que nous avons pratiquée pour l’activé couture.

Au passage, Internet a servi de complément à la lecture des livres papiers… notamment pour la fabrication d’un séchoir à pomme 🙂

De la façon d’écrire et de publier des livres

Ces réflexions que nous avions ensemble sur la lecture complétaient celles que nous avions eues quelque temps avant concernant un travail que nous effectuons ensemble : les filles et moi ! En effet, nous avons profité de ces vacances pour terminer les recettes de Mémé Moniq, des recettes faites par des enfants pour des enfants et continuer le travail sur le Tour de France par 2 enfants. Les deux projets sont sur leur blog de façon partielle car je bascule leur site sur un BuddyPress 😉

La réflexion entre elles et moi fut dense une fois encore. Au début du projet notamment du livre de cuisine sur les recettes (en 2007), nous nous étions dit que l’on diffusait les recettes dans le blog et que l’on en faisait un livre. Aujourd’hui, les évolutions étant ce qu’elles sont… la version papier et PDF ne suffisent plus ! Nous devons prévoir les versions pour les lecteurs, pour l’IPhone, pour l’Ipad… Même la partie Internet a évolué. Du simple blog, nous passons à l’idée de communauté autour du livre, avec une mise à jour par l’ajout de recettes…

La structure pour le Tour de France par deux enfants a elle aussi évolué. Elle est passée d’une structure en chapitre (un chapitre par trajet) à celui d’une structure sous forme « d’encadrés ». Sans nous en apercevoir, nous avons trouvé une nouvelle structure qui convient bien mieux à la consultation sur Internet mais qu’il est encore possible de publier en version papier !

D’ailleurs, dans le cadre de Ludovia et notamment de la table ronde : ressources, manuels, livres et jeux numériques interactions des acteurs et modèle économique, la question que l’on pourrait désormais se poser est également l’implication des familles dans le processus créatif de ses ressources ? La famille a t-elle ou non un rôle à jouer ? Seule contrainte, la validation de la ressource… comment une famille peut faire valider sa ressource auprès des instances concernées ? Et ne faut-il pas revoir le système de validation de ces ressources : qui valide quoi ?

de l'identité numérique et de la vie privée des jeunes sur Internet

Je viens de finir une période de réflexion et de travail sur la présence des jeunes (génération Y, génération Z…) sur Internet, sur l’identité numérique des adolescents d’aujourd’hui et de demain, sur la vie privée…

En effet, pour le prochain numéro de la revue trimestrielle Les Cahiers dynamiques (Revue professionnelle de la Protection judiciaire de la jeunesse) éditée par Érés aura pour titre : Nouveaux médias – Nouveaux jeunes, j’ai écrit un long article qui s’intitule : Et si les médias sociaux mettaient en exergue les évolutions de la vie privée. Les sous-parties qui composent ma copie sont :

  • La présence des adultes sur internet en relation avec des jeunes
  • La relation parents–jeune sur le net
  • Et pour les professionnels de « l’enfance »
  • Les évolutions inéluctables de la société

Je publierai certainement un peu plus tard ce texte dans les z’ed !

Et puis, je viens de terminer la rédaction de deux articles pour un  ebook collaboratif (une quinzaine de personnes) sur l’identité numérique qui sera publié mi-mai, au terme d’une semaine spéciale consacrée à l’identité numérique sur le Blog du modérateur. Ce livre blanc fait suite à l’E-book : l’identité numérique en question de l’année dernière.

Les sujets sur lesquels je m’exprime sont :

Attendez quelques jours et vous pourrez lire ce que je pense dans ces domaines 🙂

Et puis, en complément, toute une série d’articles sont publiés sur ces thématiques les derniers temps (je les découvre évidemment une fois terminé l’écriture des articles 🙁

Quelques exemples, que j’ai publié sur Twitter :

Les TIC de 7 à 77 ans

Pendant que l’Association Nord Internet Solidaire (ANIS) prépare une nouvelle édition des roumics sur le thème « Intergénérationnel et TIC » ; un centre social me demande d’animer des séances « blog » auprès des jeunes.

Le mercredi 25 juin 2008 à la Faculté de Droit de Lille 2 se dérouleront conférences, débats et démonstrations pour mieux comprendre les enjeux des TIC dans le domaine de l’intergénérationnel (L’intergénérationnel, un enjeu majeur pour notre société ; Rapports des Seniors aux TIC et aux usages technologiques ; Vieillissement et TIC – et demain ? ; TIC et liens entre les générations ; Echanges, transmission bilatérale des savoirs, collecte de mémoires : les TIC, vecteurs de lien entre les générations ; Comment amener les personnes âgées à utiliser davantage les TIC ?..).
L’inscription est obligatoire, car le nombre de place est limité.

De mon côté (enfin, y’a quand même un lien avec ANIS ;-), je prépare une rencontre équivalent à celle que j’avais mis en place à Halluin (une animation au sujet des blogs avec des lycéens et des collégiens), mais dans l’Avesnois. Prévu pendant l’année scolaire, cette intervention auprès des jeunes, se déroulera en définitive pendant les grandes vacances. Nous avons prévu deux journées sur les blogs, l’identitée numérique, les droits et devoirs des internautes… La première sera debut juillet (je me ferais accompagner de O et E 😉 qui pourront parler de leur expérience de blog)… et une autre fin août, car pendant les deux mois, un ou des blogs seront mis en place par ces jeunes, et nous fairons le point sur ce qu’ils ont réalisé !

Autre originalité que j’ai réclamé, lors de la première journée, en début de soirée pendant 2 h, les parents sont invités pour que je leur présente ce qu’est un blog, les « dangers » d’internet pour leurs enfants, etc. !

pour des enfants blogueurs

Mais non je blogueÀ la parution du livre Mais non, je blogue, je m’étais dit que je devrais l’acheter pour tester avec O et E. En plus, Alban, vous savez le co-auteur du livre Facebook, on s’y retrouve 😉 indique que cela devrait me faire plaisir ! Eh, oui, il connaît le blog oe dans l’eau 😉

En parallèle, gentiment Astrid de Roquemaurel m’en fait parvenir un exemplaire… Génial, je vais pouvoir le lire et le confier aux filles, afin qu’elles donnent elle aussi leur impression. Mais, pour l’instant, elles sont en vacances chez leur grand-mère, donc loin de leur blog. En effet, chacun son blog. Moi, je dis ce que je pense, elles disent ce qu’elles veulent mais chez elle 😉

Sous-titré, le petit guide des jeunes blogueurs pour bloguer vite et bien !, ce livre est destiné dans sa présentation officielle aux enfants (à partir de 8-9 ans), mais aussi parents, enseignants dans le cadre de la préparation du B2i (Brevet informatique et internet), rédactions presse jeunesse, bibliothèques et CDI, animateurs multimédia, responsables associatifs…

Bon soyons clairs, j’aime beaucoup ce livre, que je conseillerai également à certains adultes. Vous n’avez jamais remarqué comment on comprend parfois mieux les choses en lisant les livres destinés aux enfants ?

Cependant, il me paraît bien complexe pour des enfants de 8-9 ans, si papa ou maman n’y connaît rien. Ces enfants doivent être accompagnés d’un adulte. Par contre, au sein d’une classe, toujours encadré, cela peut fonctionner. Pour ma part, je recommanderai la lecture de ce livre à partir de 13-14 ans si l’enfant est seul…

Nous verrons la réaction de mes « biloutes » (8 et 10 ans) dans quelques semaines (il faut le temps qu’elle rentre de vacances, qu’elle reprenne le chemin de l’école…). Cela n’aura rien de surprenant que je ne pense pas que ce livre soit d’une grande utilité pour le B2i (voir mes nombreuses réactions sur le B2i dans ce blog).

Ce n’est pas la seule remarque que je ferais sur le livre. Je sais que l’on dit souvent que dans un blog il faut écrire régulièrement… Il est proposé une fois par semaine. Par expérience, je sais que cela est très difficile pour mes filles, si l’on désire obtenir un contenu tant soit peu de qualité. Par contre, à certaine période, c’est la frénésie… Elles produisent une flopé d’articles en un week-end.

Autre réaction, les commentaires. Nous savons tous qu’il est difficile d’obtenir des commentaires. Il serait bon d’ajouter dans une prochaine édition qu’ils ne sont pas très nombreux, voir même très rare. Cela évitera les « lache tes com ! » Par contre, mon souci est de leur faire comprendre qu’elles doivent suivre les commentaires et y répondre ! Elles sont super hyper contentes de recevoir un commentaire (elles les guettent), mais ne répondent que sous la « contrainte » 🙂

Dans la page précédente du livre, il est question de publier une note. Moi, j’ai pris l’habitude que l’on trouve dans beaucoup de blog d’adultes de parler de billet ou d’articles. J’ai d’ailleurs noté que le fait d’employer le terme d’article valorise les deux blogueuses. Certainement la connotation à la presse écrite.

De même plutôt que de leur faire saisir directement le texte dans le blog, je préfère qu’elle l’écrive dans un premier temps à la main. C’est plus rapide d’une part, et cela permet également d’en discuter avec elle, de voir s’il n’y aurait pas d’autres angles d’attaques, d’autres informations qui seraient nécessaires, etc. Enfin, cela me permet de leur faire travailler l’orthographe et la grammaire… Je souligne les fautes qu’elles doivent corriger lors de la saisie effective.

Ah, je regrette également l’absence des p’tit cybercochons que j’adore qui aurait sa place dans la charte de bonne conduite du (presque) parfait petit blogueur (je retire « petit » car il suffit de lire cela pour voir que les grands eux aussi feraient bien de s’en inspirer… Comment peuvent-ils l’inculquer aux petits ensuite si eux-mêmes ne s’appliquent pas les règles).

J’attends toujours l’article des filles sur le sujet d’ailleurs, mais peut-être que l’enseignante l’utilisera en classe, alors attendons encore un peu. Je trouve ces petites histoires très éducatives et elles ont très bien fonctionné avec la plus grande.

Un blog a été créé pour la sortie du livre. J’espère qu’il évoluera par exemple avec la création d’une rubrique des blogs d’enfants, une blogroll pourrait suffire. Des articles d’expériences de mise en place par des parents, des enfants… me semblerai judicieux, à moins d’utiliser un forum.

J’ai l’impression qu’un lieu de rassemblement des blogs « enfantins » manque cruellement, si j’en crois les demandes que je reçois parfois par mail… J’avais déjà imaginé mettre en place un logo qui pourrait permettre de mettre en place une chaîne des blogs d’enfants… Je ne parle pas de plate-forme de blogs spécifiques pour les enfants, non, mais d’un lieu d’échange ouvert à tous, adultes et enfants intéressés par ces pratiques… Si un tel blog était créé, j’suis partant pour apporter mon grain de sel 🙂 Pouvez me contacter par courrier électronique ou en laissant un commentaire si cela vous tente.

Et comme il est indiqué dans ce livre, pour les enfants (et les grands) il n’y a pas que le blog dans la vie !

Mais non, je blogue ! d’Astrid de Roquemaurel (illustrations : Delphine Vaufrey) aux éditions Milan Jeunesse – ISBN : 2745932039

Des enfants et des blogs

Les lecteurs assidus de ce blog (y’en a parmi les 1 000 à 1 500 visiteurs uniques journaliers ou les 270 abonnés au fil les zed de Feedburner), donc les lecteurs assidus connaissent ma position par rapport aux enfants et à l’informatique… J’ai déjà expliqué plusieurs de mes points de vue dans différents billets dont le dernier en date : Je n’ai pas le niveau B2i école à l’automne dernier.

Depuis, mes filles poursuivent leur formation au b2i ! Mais ce qui devait arriver arriva, à la fin du mois de mars, une amie (BB pour ne pas dévoiler son nom) de la plus grande de mes filles l’informa qu’elle possédait son blog. Évidemment, le Skyblog au fond rose et aux «laché vo com» de cette amie fit son effet. «C’est génial, regarde Papa, elle a son blog, elle !» Je sentais le reproche poindre… Comment ma fille, au Papa blogger, «professionnel du blog» dixit France 3, ne possédait pas son blog ? Incompréhensible.

Un blog d’enfant

Dans la soirée, je me mis à parcourir le blog de l’amie (9 ans), déjà équipée d’une webcam, qui tchate régulièrement seule et qui ne comprend pas que sa copine (ma fille) n’ait pas accès aux mêmes loisirs (mais, BB n’arrête pas de dire que je suis «méchant» car je ne laisse pas faire tout ce que veulent mes filles). Il est vrai à la décharge de la famille, d’origine étrangère, que BB est un peu livré à elle-même sur Internet… Mais, BB n’est pas un cas isolé, loin de là…

Suite au contact avec France 3, j’avais effectué pendant une soirée une recherche sur les blogs de jeunes… Skyblog, MySpace… et les blogs se ressemblaient tous… Les enfants qui possèdent un blog sont dans le type de celui de BB. Encore heureux, aucun ne donnait une adresse précise… mais la plupart était facilement identifiable pour qui cherche un peu. Lors de cette soirée, le plus jeune blogger découvert avait 7 ans : chouchou91000. Comme quoi l’âge n’attend pas.

Bref, ce soir de mars, suite à l’annonce de BB, je consulte son blog. Première amie citée : badgirl… Je ne pense pas que BB connaisse réellement les connotations de ce doux nom… Mais, c’est sa meilleure amie sur le Net. Une rapide visite sur le site de la mauvaise fille (pas si mauvaise que cela…) qui a 14 ans !. Évidemment, dans les Skyblogs préférés, je trouve le blog de BB… et la cohorte habituelle des liens commerciaux dont par exemple Rencontre de nouveaux potes! le 29 mai et simplement au bout d’un clic : Skyrock – Rencontres réservé il est vrai en théorie à partir de 16 ans…
Bien sûr, les thèmes abordés par cette adolescente n’ont pas grand chose de commun avec les préoccupations de BB et je reste dubitatif sur la lecture que peut faire BB de certains billets… Et cette Badgirl n’est pas terrible… J’ai vu beaucoup plus gore ou hard pour le même âge sur des blogs de garçons.

Après ce bref interméde, je suis de retour sur le blog de BB… et là, le français, non, ce n’est pas du SMS… me laisse pantois ! : «disai le, me revoi ci, allor maité, etc.» La quasi totalité des textes est de ce niveau. Bon d’accord, elle s’exprime, je sais… Mais, cela me pose un problème, car ma fille considère cette amie comme très douée (depuis elle a changé d’avis sur BB et l’orthographe)…
Quelques images sont copiées depuis d’autres sites internet sans vergogne…
Comme elle tchat, la demande d’adresse msn fait partie des billets (7 adresses sont livrés en pâture) et BB ne semble pas informée que n’importe qui peut se cacher derrière un pseudo.

Contrairement à ce que les parents pourraient penser, le blog n’est pas et n’a jamais été un journal en ligne… pour les jeunes avec un esprit d’ouverture, de prise en compte de l’autre… Non, j’évoque souvent une image lorsque je parle des jeunes, c’est un blog pour le clan auquel on appartient dans lequel on s’exprime et on «délire» comme je pouvais le faire en cours de récréation entre potes lorsque j’étais enfant ou ado. Il n’est pas dirigé pour être lu par tous, mais par le clan. Seulement, ce dont nos chères têtes blondes ne se rendent pas compte, c’est qu’Internet est une porte sur le monde. N’importe qui peut un jour ou l’autre lire la prose, voir les images d’un blog ! Qu’Internet n’est pas une zone de non-droit. Que des règles existent. Il serait grand temps que l’Éducation Nationale par exemple crée des Animation sur les blogs avec des lycéens et des collégiens ou au moins diffuse massivement le document dont il est fait mention dans le Conseil pour les skyblogs, pardon les blogs d’ados

S’ils sont bien organisés, des projets comme déblogage ou Baramômes peuvent également servir d’apprentissage aux enfants pour l’emploie des blogs.

Amiz, Netlog sont-ils dangereux ?

Mais suite à ma recherche sur les blogs de jeunes, de nouveau l’existence de service tel que Amiz, (déjà évoqués dans Adieux les blogrolls… Mybloglog et Ziki sont là mais pas sans dangers) me préoccupe. Contrairement à Skyrock – Rencontres, Amiz au 2 101 199 personnes inscrites est accessible à partir de 12 ans… Donc, une personne de 12 ans peut rencontrer sur le Net quelqu’un de 18, 25, 35, 55, 75, 99… Ouf, les centenaires sont exclus, mais pas les enfants. Une quinzaine de personnes, dont certaines avec nom-prénom, répondent à la recherche simple d’une personne de 12 ans sur Lille. Curieusement, la plupart ont 11 ans !

Coolbox et Facebox qui sont devenus Netlog démarre à 13 ans… et comme pour son concurrent Amiz, les amis de mes amis (réels ou fictifs) deviennent mes amis…

De plus, la liaison entre ces systèmes de «pages persos pour garder le contact avec ses proches» me semble être fortement liée avec les blogs de jeune… Pour preuve, deux exemples : un de 15 ans qui possède non pas un mais deux blogs ou à 17 ans, qui possède également deux blogs. (je vous conseille de regarder et de suivre quelques liens dans leurs amis sur Amiz).

Aucun contrôle n’existe pour éviter les problèmes éventuels qui pourraient survenir ! Problème ? Pardon, vous y voyez un problème ? Lequel ? Je parie que si un soucis quelconque arrive, les personnes concernées diront un rien hypocrite : «ah, ben mince, on n’aurait pas imaginé que cela puisse se produire. Nous pensions que les parents surveillaient ce que faisaient leurs enfants !». pour ma part, j’aurais la conscience tranquille, j’aurais alerté !

Œ dans l’eau

Mais revenons à notre histoire de blog lendemain, j’en discute avec mes filles… et je leur explique que l’on ne peut pas faire ce que l’on veut sur Internet (même si elles étaient déjà informées de la chose), que les personnes qui lisent les blogs ne sont pas seulement les personnes que l’on connait… Je les mets en garde. Et j’ai le malheur de dire : «et si vous voulez, on crée un blog». Qu’est-ce que je n’avais pas dit. Aussitôt, c’est l’effervescence autour de cette idée…

Nous nous sommes mis d’accord. Elles écrivent, publient ce qu’elles ont envie… C’est elles mêmes qui saissisent leurs textes… et les corrigent (en réalité, elles demandent à leur Mère et à moi de les aider pour trouver les fautes). J’ai seulement comme rôle celui de conseiller technique (est-ce que c’est faisable et je vous jure qu’elles ont l’imagination débordante), celui «d’explicateur» des règles et enfin simplement de parent qui surveille ce que font ses enfants.

C’est elles-mêmes qui ont découvert le titre Œ dans l’eau. C’est moi qui ai choisi l’outil de leur blog (Dotclear 2) mais c’est elle qui ont choisir l’habillage. Choisi par elle également, cette mouture de «web2angel» (elle ne connaissait pas le nom du thème) trouvé lorsque je voulais héberger le site sur le blog proposé par Gandi… Pour l’instant, comme elles sont alertés sur les droits de propriété à l’image, je suis le seul à sélectionner les sites où l’on peut choisir des images. Pour le début, c’est moi qui organise le transfert des textes saisis dans Dotclear (je leur donnerai rapidement la main, le temps d’ajuster le blog)…

La dernière quinzaine, ma femme qui n’est pas particulièrement portée sur les blogs, fulminait à chaque repas… La seule discussion concernaient leur blogs et ma femme en était exclue. On avait beau vouloir changer de sujet, la thématique des blogs revenaient invariablement…
Nous percevons comme parents les premiers effets bénéfiques de cette «activité» blog à la maison. La plus grande, qui est aussi la plus accroc, a des problèmes à l’école avec le français (elle est dyslexique) n’arrête pas de vouloir produire des textes, des textes… Je crois que je vais avoir bientôt un stock pour alimenter leur blog jusqu’aux vacances 🙂

Ce phénomène blog dépasse aussi parfois les limites que j’ai fixées. Ainsi, j’ai dû expliquer à la plus grande, toujours elle, que pendant les corrections d’un exercice en classe, on ne recherchait pas la liste de thématiques que l’on pourrait aborder dans son blog… Le blog est un outil de communication… pas une contrainte… Elle était rentrée de l’école avec une page noircie d’idées diverses et variés pour son blog !

La première phase d’engouement passé, dans quelques semaines, nous verrons ce que devient leur blog…
Là, j’attends avec impatience la réaction au premier commentaire qui ne manquera pas d’arriver, car elles ont prévu de faire leur pub à l’école 🙂