De la difficulté d'écrire une charte du community management

Voici quelques semaines, j’ai été invité à participer à l’écriture d’une charte éthique du CM rédigée de façon collaborative. Le sujet évidemment m’intéresse car j’étais l’un des premiers (allez, on va dire le 1er 😉 à écrire une netiquette pour les blogs qui est toujours d’actualité et j’ai à plusieurs occasions réfléchi à une éventuelle netiquette pour les médias sociaux.

Déjà, je remarque que le monde évolue car désormais on met le terme éthique à toutes les sauces ! Pour mémoire, éthique concerne la morale ! Et pas de chance, c’est un terme philosophique… donc établir une charte morale du community manager, je trouve cela risqué… Où commence et où finit la morale ! Un CM pour un site porno est-il moral ou amoral ?

Bref, je préfère mon vieux terme de netiquette, forme de savoir vivre dans les environnements internet. Mais, l’objet de mes remarques n’est pas là !

Ce soir, je viens d’aller jeter un oeil et de commenter la quarantaine de suggestions données !

L’argument qui arrive largement en tête (on peut évaluer pour les idées avec un + ou un – (je remarque au passage qu’aucun moins n’a été émis !) est : savoir écrire sans faute d’orthographe (écriture irréprochable) !

Est-il morale de manier l’orthographe de manière satisfaisante ou n’est-ce pas plutôt une compétence pour faire du community management comme simple community manager. Je faisais remarquer également qu’avec l’arrivée du picture marketing (vous savez 😉 mieux vaux savoir lire et composer une image que savoir écrire !

Bref, ceci est un exemple de la complexité de rédaction de telles chartes avec la confusion entre les compétences nécessaires et la netiquette. L’autre pendant dans cette remarque est également la prise en charge de l’avenir ou non, ce qui complexifie encore le débat !

Autre exemple, respecter les règles des réseaux sociaux comme les concours Facebook ! C’est une compétence, pas un savoir-vivre !

À la limite, ne pas envoyer un mailing issu de ses contacts Viadeo en précisant que nous sommes amis dans Viadeo peut être un manque de connaissance et de savoir vivre… (ceux qui me suivent dans Facebook comprendront).

Autre constatation que je me faisais en parcourant le document, c’était l’amalgame des fonctions. Ainsi dans plusieurs cas, la question à se poser n’est pas de savoir si l’on peut parler de tels thèmes ou employer telles expressions pour le community manager… car elle n’est pas de son ressort !

Le niveau de langage, les thématiques qu’il doit aborder, etc. doivent être traité en amont dans un document qui définit les choix éditoriaux de l’entreprise. Je ne parle pas de la même manière avec un public de jeunes et avec des personnes du 3e âge par exemple. Je n’emploie pas les mêmes mots avec des spécialistes du e-commerce et le commerçant de mon quartier qui ne possède pas de site internet !

J’ai également été surpris car dans les propositions certaines ont des relents de marketing 1.0 comme ne poster que des images (et j’imagine des vidéos, des textes) qui n’ont rien à voir avec la marque uniquement pour gagner des likes ! Autrement dit, surtout vivons entre nous, n’apportons pas d’oxygène à notre communauté. Nous avons les suiveurs que nous voulons et ce sont les seuls qui nous intéressent ! Une démarche à l’inverse du web 2.0 qui prône justement l’ouverture, le lien faible…

Je sais que ce document est un document de travail toutefois, je remarque certaines associations d’idées comme celle de la désinformation et du spam ! Pour moi, en effet, ces 2 notions ne sont pas le même sujet !

D’un côté, désinformer est donner une mauvaise information consciemment (ou pour gagner la bataille d’être le 1er — un général un mauvais choix car l’info n’est pas vérifiée). De l’autre, le spam. Mais, tout le monde parle de spam dans les réseaux et les médias sociaux. En réalité, j’aimerais bien que l’on me définisse ce qu’il est concrètement ?

Parfois je retrouve dans cet agglomérat de suggestions pour une charte un esprit les 10 conseils à suivre pour être un bon community manager (le truc en général qui ne fonctionne jamais car trop strict ou alors seulement quand vous débutez) : évitez de liker son propre contenu, ne pas retwitter de façon systématique sur un autre compte ses propres messages, adoptez le ton réseau social : sympathie, bonne humeur et humour, ne pas effacer de messages négatifs, toujours répondre aux commentaires négatifs etc. bref, un mélange des métiers ou plus exactement de charte éditoriale qui n’est pas à mon sens du ressort du community manager et de stratégic community management !

Je note également, comme lorsque j’avais sondé le public pour connaître les compétences d’un community manager que l’on tend à voir le community manager comme un surhomme mais cette fois dans des domaines différents.

Oui, je suis capable comme community manager de considérer un internaute comme indigne d’estime ! Pourquoi, c’est choquant ?

Oui, je considère certains internautes comme des idiots ! Désolé, je ne suis qu’un Homme comme vous. Je ne plais pas à tout le monde et tout le monde ne me plait pas ! On est toujours l’idiot de quelqu’un !

Cela ne m’empêche pas de faire preuve d’empathie en cas de besoin… ce sont là encore pour moi des notions différentes !

Quelque part, le métier de CM est un métier de pute, on se prostitue devant l’internaute, le fabuleux membre de notre « communauté » mais on n’en pense pas moins de lui à l’image des commerciaux (je sais de quoi je parle, j’ai fait des études dans le domaine).

J’ai toujours autant de mal à croire que l’on puisse faire croire 20 ans plus tard (c’était un peu vrai au début d’internet) au monde des Bisounours où tout le monde s’aimerait d’amour tendre dans un grand village mondial pavé de bonnes intentions ! D’ailleurs, j’ai demandé l’origine des soit disantes règles ancestrales du web que je découvre dans les idées proposées : partage, éthique et honnêteté !

Le community management n’échappe pas à la règle ! hou hou les mecs et les nanas, réveillez vous… vous êtes bien dans la jungle, où chacun voit son p’tit nombril avant de jeter un regard dédaigneux vers la plupart de ceux de ces voisins !

Enfin, il est indiqué : citer ses sources, citer l’autre ? C’est l’une des constatation que j’ai faite depuis longtemps… depuis l’arrivée des réseaux sociaux, de Twitter… On ne cite plus ses sources. C’était vrai dans le «passé», à l’époque des blogs (je parle de la vraie période des blogs, celle où la blogroll avait de l’importance).

Seul outil où je trouve encore couramment des sources : Tumblr et dans une moindre mesure Pinterest (à moins que l’utilisation mal digérée de scoop-it soit passée par là) ! Curieux, on citerait la source des images, pas des texte ? Mais, de quelles sources parle ton d’ailleurs ?Si je me réfère à l’époque des blogs, généralement, on citait le bloggueur qui avait fourni l’information. Mais, désormais, faut-il citer le passeur d’information (en général, il s’est contenté de cliquer sur un bouton de retweet, j’aime… ) qui n’apporte pas d’informations supplémentaires ou sur le lien d’origine de la source d’information. Personnellement, je suis plus proche de cette dernière solution !

Le chemin à parcourir pour écrire une charte du community management, qu’elle soit éthique ou non, qu’elle s’appelle netiquette ou non est encore long, d’autant plus que les contextes ont changé.

Cela concernait un individu dans le passé : netiquette du web ou des blogs. Mais, le community management implique l’existence d’une entreprise, de services commerciaux et marketing (pour ne citer que ceux-là) qui ont leur mot à dire sur le community management de l’entreprise !

Je ne peux malheureusement pas vous permettre d’accéder au document de travail dont je parle, mais je sais que les instigateurs lirons ce billet. Si, ils le souhaitent, je vous propose de laisser votre mail en commentaires, ils pourront ainsi vous proposer de les rejoindre, à moins qu’ils me communiquent une adresse mail que j’ajouterai volontiers à ce billet 😉  Vous pouvez contacter les instigateurs du projet par mail si vous souhaitez échanger avec eux ou accéder au document d’origine 😉

Il est bien clair que je n’ai rien contre cette démarche, au contraire. Ce billet est juste une réaction aux contenus à ce jour en ligne sur ce projet ! D’ailleurs, c’est volontairement que je n’ai pas cité qui est « derrière » car mon but n’est pas de les critiquer… seulement de tenter de faire avancer les choses 😉

Capital altruiste aux racines du ciel

un vélo électriqueDifficile pour moi de passer sous silence le lancement vendredi dernier (un peu avant l’apéro Blog en nord) par Thierry Klein d’une nouvelle société : Les racines du ciel et de l’association Capital altruiste.

Parler de capital en ce moment, il faut oser… Pourtant, Les racines du ciel sont fortement liées au capital altruiste. Je m’explique. Cela fait déjà pas mal de temps que l’idée à germé dans la tête de Thierry… Lors du barcamp de Lille, il avait d’ailleurs souhaité intervenir sur ce crédo et même bien avant je m’étais fait l’écho des prémices de sa démarche 🙂 On trouve d’autres traces au fil des blogs de Thierry.

Bon, mais c’est quoi le capital altruiste et cette société des racines du ciel ? Je vais tenter d’expliquer (et vous fournir quelques liens). Thierry me corrigera au besoin 😉

Capital altruistre

Commencons par le capital altruiste. Le principe du capital altruiste est simple. Une entreprise donne un pourcentage de son capital (un don) à une association de type cause humanitaire, environnementale… et plus l’entreprise altruiste se développe et dégage des bénéfices, plus cela est bénéfique à la cause retenue.

Quel différence avec les dons traditionnels pour l’association ? Thierry explique sur le site du capital altruiste: «le montant des flux financiers est à terme beaucoup plus important que les dons traditionnels, même réguliers. Imaginons par exemple que même 1% du capital des entreprises côtées au NASDAQ soit la propriété d’associations de défense de l’environnement. Le poids en capital de ces associations leur permettrait de peser très directement sur les orientations du monde, du fait de leurs capacités de financement mais aussi en tant qu’acteurs centraux du système économique, qui continue à façonner le monde.»

Et pour l’entreprise, donner du capital altruiste permet une amélioration en terme d’image et de motivation interne (les employés participent et servent une cause).

L’association capital altruiste a déjà rédigé des statuts altruistes type pour permettre à tout entrepreneur qui le souhaite de créer (ou de modifier) son entreprise sous la forme altruiste. L’un des but de l’association vise notamment à développer des outils, principalement juridiques.

Les racines du ciel

Le premier exemple d’entreprise altruiste est Les racines du ciel qui commercialise des vélos et des scooters électriques. 10% du capital de cette société nouvellement créée sont donnés, selon le principe du capital altruiste, à une association africaine de défense des espèces menacées : Gorilla Protection .

Voilà pourquoi capital altruiste et les racines du ciel sont indissociables…

Les liens promis pour le capital altruiste et les racines du ciel

de la déontologie et de l'éthique dans les blogs ?

Je ne me suis pas exprimé en son temps sur l’«affaire Laure Manaudou». Je souhaitais prendre un peu de recul vis-à-vis de la situation.

Rappelons, car cela me semble utile, que j’aie été l’un des premiers à parler de netiquette pour les blogs. Bien avant que les humains associés ne s’approprient la nethique. Pour moi, cette netiquette ou nethique comme on voudra l’appeler s’apparente plus à du savoir-vivre du visiteur des blogs qu’à autre chose, et surtout à rien de plus, surtout pas à de la déontologie ou à de l’éthique !

Soyons clairs, la déontologie des blogs est le code moral dans le domaine des blogs et l’éthique des blogs : l’ensemble des principes moraux qui encadrent la pratique et l’usage des blogs. Ma netiquette concernait les commentaires dans les blogs…

Mais déontologie et éthique des blogs seraient-ils vraiment utiles ? La tentation est grande dans notre monde actuel de vouloir tout encadrer, codifier… mais à terme quelle place restera-t-il à la liberté ? Je n’ai pas envie que l’on me dicte un code de bonne conduite (oui, oui, la déontologie et l’éthique dans les blogs devient un marronnier). Je suis encore libre de définir moi-même comment je conduis mes blogs.

Les cris d’effraie rencontrés lors de la diffusion des images m’ont autant énervé d’ailleurs que les titres et billets racoleurs sur le sujet. On se serait cru à un concours de référencement (hummm surtout de visites en vue des classements) et l’hypocrisie de nombres de personnes qui donnent l’impression d’être « libérées », sans tabou… (oui, pour ma part, j’ai vu les photos, pas besoin d’avouer comme si c’était un pêché:-)

Si c’était Madame Gros Mollets et pas Laure Manaudou

Si c’était Madame Gros Mollets qui avait diffusé ses images comme des dizaines (des centaines ?) de personnes puisque cela se voit tous les jours sur les sites dédiés, personne n’aurait fait des gros titres. Personne ne titre d’ailleurs aujourd’hui sur le sujet et je suis pourtant certain qu’autant d’images, sinon plus, que celles de notre nageuse de Madame Gros Mollets sont exposées.

Je vous sens déjà réagir. Oui, mais les images ont été diffusées sans son accord. Oui, oui, je sais, encore que je vais jouer au naïf et être de très mauvaise fois : je ne sais pas si elle a donné ou non son accord.

Bon, mais revenons à Madame Gros Mollets. Est ce que vous pensez que l’ensemble des images qui se trouvent sur le net de Madame Gros Mollets ont été déposées avec son accord ? Parce que c’est Madame Gros Mollets, vous pensez que c’est le cas ? J’en doute pour l’ensemble des personnes « anonymes ».

L’écho donné à la publication des images de Laure Manaudou montre également que les personnes publiques doivent surveiller leur vie privée de près. J’espère (mais je ne le pense pas) que cette expérience serve d’exemple sur les dangers de la communication actuelle, et en premier lieu des téléphones portables (attention, nous nous dirigeons vers le nomadisme 🙁

Les téléphones appareil photos – vidéo sont la mort de la vie privée. N’avez vous jamais entendu des « vedettes » se plaindre d’avoir été photographié pendant leurs vacances par des inconnus à l’aide de ces appareils en douce ? Les problèmes des enseignants pris en photos dans leur classe et diffusés sur les blogs d’ados sont du même ordre.

Chacun est devenu un paparazzi en puissance. Des sites permettent même de surveiller les faits et moindres gestes des uns et des autres. Reste à savoir ce qu’est et à partir de quand on devient un personnage public.

Je trouve aussi grave sinon plus cette perpétuelle recherche à l’information, au scoop concernant tout le monde et n’importe qui. Est-ce une dérive du web 2.0 : le grand partage communautaire de tout et de n’importe quoi ?

Avant, à l’époque où l’on ne faisait pas croire que tout le monde était un blogeur citoyen ou un journaliste citoyen (encore aujourd’hui, mais pour combien de temps), l’information n’avait pas la liberté actuelle mais les journalistes possédaient une déontologie, se posaient la question de savoir s’ils avaient le droit ou non de publier telle ou telle information. Un rédacteur en chef, un comité de rédaction émettait un avis. C’était un garde-fou, un mal nécessaire.

Maintenant, l’internaute est seul juge de ce qu’il peut ou doit publier. Se pose-t-il les questions dans les mêmes termes que les journalistes passés ? Non, je ne le pense pas pour la plupart d’entre nous. Désolé, mais combien ne voient pas plus loin que leur nombril centre du monde. Que leur petite vie, que leur projection en termes de j’aime, je défends untel mais celui-là rien à f…, je déteste celui-ci, etc. et de projeter ses sentiments sous toutes les formes possibles. Tous les coups sont permis.

Pensez vous que les propos émis par Ségolène Royal lors de la campagne, enregistrés et diffusés par l’un de ces proches au cours d’une réunion privée, font beaucoup avancer la démocratie ? La vidéo provenait d’un téléphone portable pour mémoire 🙁

J’imagine bien les futures stratégies dans les différents camps pour les prochaines élections : «Bon, Coco, tu te fais passer pour un sympathisant de leur cause, tu t’infiltres et tu enregistres et diffuses les boulettes sur Internet». Cela nous promet de sérieuses parties de plaisir.

Donc, attention, tout le monde n’est pas et ne sera jamais un blogeur citoyen ou un journaliste citoyen, au choix. Et n’est pas qui dit, qui est, n’est pas qui veut, qui est !

Bien sûr, vous pouvez rétorquer, ce n’est pas grave, c’est la politique. Si vous avez pris en photo une vedette en douce avec votre téléphone portable en vous dépêchant de diffuser l’image à tous vos amis, vous vous dites certainement : «Je n’ai rien fait de mal, j’ai juste pu frimer que j’ai croisé telle personne, je l’ai juste montré à mes connaissances car sinon elles ne m’auraient pas cru».

Et bien si, c’est grave. Les personnages publics peuvent être pris en photo (et les images diffusées) lors de l’exercice de leurs fonctions. Par contre, ces personnes aussi bien des politiques, des vedettes de cinéma, des chanteurs, des artistes… elles ont le droit au respect de leur vie privée, chacun a le droit à sa vie privée aussi bien.

Trouveriez-vous normal d’être pris en gros plan, seul sur l’image, pour l’illustration d’une manifestation à laquelle vous souhaitez que certaines sphères de votre entourage ne sachent pas que vous fréquentez tel lieu ou soutenez telle cause. C’est la même chose pour les autres, qui que ce soit.

C’est amusant pour vous de vous retrouver en photo dans une plaquette publicitaire pour ce lieu de villégiature, même si vos vacances s’y sont mal déroulées parce que pour une fois vous êtes une vedette. C’est lassant pour celui qui fait déjà régulièrement la couverture des magazines.

Parfois les professionnels utilisent les paparazzis, c’est un choix de leur part. Elles ont choisi, librement, l’image qu’elle souhaiter diffuser d’elle !

«La liberté des uns s’arrête où commence celle des autres !» Combien de fois dans ma jeunesse nous avons évoqué entre amis, copains, etc. cette phrase. Dans la vie actuelle, j’ai l’impression que l’expression à la mode serait plutôt : «C’est ma liberté !» sans notion de l’autre.

En conclusion, si c’était Madame Gros Mollets qui avait vu ses photos diffusées, il n’y aurait pas eu d’affaire.

La réputation serait une responsabilité collective ?

Fin de l’acte 1. Acte 2. Aux détours de commentaires, je m’aperçois que la réputation serait une responsabilité collective. Là, je dis stop. Il ne faut pas tout mettre sur le dos de la responsabilité collective. L’opinion que le public a d’une personne, ce n’est pas le collectif qui la crée seul. Les agissements de la personne influent l’opinion favorable ou défavorable attachée à cette personne. D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que le grand public possède une opinion très défavorable de la championne !


C’est un peu trop simple le «c’est la faute des autres, ils sont tous méchants avec moi». J’ai l’impression que l’on a retiré un mot de la langue française : assumer. Savoir assumer ce que l’on a fait, avoir le courage de ses opinions, de ses actes.

Si je reprends la genèse de l’histoire, Mlle Manaudou qui fait ce qu’elle veut dans la vie a visiblement accepté d’être prise en photo. Il n’est même pas question de réputation, c’est un fait ! Cela ne me choque pas car je suis un grand partisan du chacun fait ce qu’il lui plait à partir du moment que cela n’ennuie pas son voisin. Raison de plus pour la vie privée.

Mais, ni vous, ni moi ne l’avons contraint à se dévoiler lors de ces prises de vue. Seulement, si je fais une comparaison avec ce qui se déroulait voici encore 20 ans… maintenant, il y a les appareils photos numérique, les téléphones portables appareil photo, Internet.

Pourtant, j’ai l’impression que nous vivons dans un siècle plus ouvert, que tout le monde fait ce qu’il a envie de faire sans se soucier du quand dira ton, confiant dans le monde des bons et des gentils dans lequel nous vivons… Personne ne semble imaginer le « pire » et crie au scandale lorsque cela arrive (au passage, je n’ai pas entendu de déclaration de la demoiselle à ce sujet et je l’en félicite).

Lors des formations, lorsque nous abordons les droits sur les images, je répète à qui veut m’entendre : lorsque vous diffusez l’image d’une personne sur votre site, qui que soit cette personne, demander son autorisation écrite.Ce n’est pas parce que c’est votre ami(e) du moment qu’elle vous laissera toujours le droit de diffuser cette image après l’engueulade de la rupture ! Ah, l’amour !

Donc, si la belle n’avait pas posé et qu’il n’y avait pas eu de photo, il n’y aurait pas eu d’affaire.

Qui a déposé les photos ?

Acte 3, qui a déposé les images. Le modèle doit bien savoir qui a réalisé les images. Pourtant, ce n’est pas dit que ce soit celui qui a effectué les prises de vue qui soit l’auteur du dépôt.

Une multitude de possibilités existent. Les images stockées sur un ordinateur « visité » par une personne indélicate, un disque dur oublié quelque par qu’une personne a «ausculté» pour savoir à qui il appartenait, un ordinateur mis en réparation… Rien que du basique.

Bref, je crois que l’on ne saura jamais qui est l’auteur du méfait, pourtant, c’est certainement lui le plus responsable dans l’affaire.

Donc, s’il n’y avait pas eu de dépôt des photos, il n’y aurait pas eu d’affaire.

Et les bloggers dans cette galère

Acte 4 où l’on retrouve un parallèle entre la presse et les blogs. Qu’est ce qui fait vendre la presse à « scandale ». Pourquoi se porte t-elle si bien ?Nous trouvons tous que c’est dégueulasse ce qui arrive à cette « petite » mais nous avons tous dans notre grande majorité cherché à trouver les images. C’est comme les journaux « People » qui s’arrachent en kiosque mais que personne ne lit !

Comme le fait remarque fort justement Yannick Lejeune «la course à l’audience ne sent pas bon et la monétisation des blogs et de leur rôle d’influence amène à certaines dérives.»

J’irais même plus loin, je dirai que le Web 2 est responsable. Internet à l’origine nous a été vendu comme le village mondial où tout le monde est beau, tout le monde est gentil. Puis, dans ce village, on a vu qu’il existait des requins. Les internautes ont trop rapidement oublié. Le web 2.0 est arrivé. On nous a presque refait le coup du village : je partage tout avec mon frère. Seulement beaucoup d’entre nous oublient qu’il y a Abel et Caïn 🙁 L’Homme reste Homme.

Posséder un blog pour de trop nombreuses personnes, c’est aujourd’hui être calife à la place du calife ou vouloir absolument gagner de l’argent grâce à son blog. Les deux objectifs étant bien sûr compatible. Pour cela, vous avez besoin de faire venir le maximum de visiteurs sur votre blog par tous les moyens.

J’ose. Si les blogs de la « belle époque » pouvaient se comparer à la presse de référence de la « belle époque » elle aussi : Le Monde, Libération… beaucoup des blogs aujourd’hui ressemblent à la presse que vous ne lisez pas mais qui cartonne en kiosque (je lis cette presse quand je trouve un numéro, mais ne l’achète pas). Mais les générations des émissions de télé-réalité sont arrivées entre temps.

Donc, rien de surprenant à ce que les bloggers « nouvelle génération » se soit battus pour celui qui ferait le plus d’audience. C’est la course au scoop.

Certain l’on fait aussi sous forme de gag : Guillaume Frat, Sébastien Billard… comme parfois j’ai pu le faire à un moindre degré pour Sébastien Chabal par exemple.

Bref, s’il n’y avait pas eu l’appât du gain et de course au nombre de visiteurs, il n’y aurait pas eu d’affaire.

Déontologie et d’éthique dans les blogs

Reste à savoir jusqu’où l’on peut aller pour faire de l’audience ? Est-ce une question de déontologie et d’éthique ? Je ne pense pas. Pour ceux qui voudraient en savoir un peu plus sur la notion d’éthique des blogs je vous renvoie aux excellents articles d’Alain Giffard, notamment Ethique de l’Internet: désirs, normes, pratiques et Ethique et blogs: l’exemple de Loïc Le Meur.


Vous allez être surpris (cela ne me surprend pas outre mesure) mais peu de mes abonnements RSS mentionnaient ce buzz. J’ai dû explorer le web pour consulter les sites incriminés quelques jours après le début de l’affaire.

Ce qui a été le plus gênant, pour moi, ce ne sont pas les blogs qui ont diffusé les images… mais ceux qui ont fait de la récupération.

Les premiers, ceux qui ont publié les images, sont justes irresponsables (ce qui tend à prouver qu’y compris dans les bloggers, il serait bon de revenir aux bases et d’expliquer le B A BA du droit par exemple).

Sans vouloir les défendre, je pense que certains d’entre eux ont diffusé les images car ils étaient exaspérés de la mascarade de certains et d’autres devaient également considérer que « notre » sportive nationale (si, si parfois j’ai lu des commentaires comme quoi c’était honteux de s’attaquer a elle car elle représentait la France) devait assumer ses actes.

Je ne comprends pas pourquoi s’insurger outre mesure devant la diffusion des images ou la mise en place de liens vers les images. Des lois encadrent cela.

Par contre, aucune loi n’existe à ma connaissance pour la révélation de l’existence de telles images (à moins que le motif d’incitation pourrait être retenu. Si un spécialiste juridique passe par là, il peut nous dire ce qui en est).

Ne serait-ce pas les mêmes qui s’insurgeaient contre la publicité Chabal Poweo ? C’est vrai, c’est les enfants qui étaient concernés. Ah bon, tiens, les enfants n’effectuent pas de recherches sur Laure Manaudou 🙁 Deux poids, deux mesures !

Reste à savoir si l’on doit ou non diffuser l’information, toutes les informations. Parfois, cela m’arrive de trouver une information et je me pose la question : diffusable ou pas ? Je choisis en âmes et conscience. Eux aussi ont choisi. Ils avaient la liberté de mentionner l’existence des images ou de s’en abstenir.

Comment faire confiance à ces bloggers « indélicats » après cet épisode. En tant que bloggers parfois comme au journaliste, on nous donne des embargo. Nous sommes informés de certaines choses mais nous n’avons pas le droit de diffuser l’information avant telle date. (Comme journaliste à l’époque d’Icônes, nous connaissions à l’avance les dates de sortie des machines, leurs caractéristiques… mais nous n’avions pas le droit de diffuser l’information avant la date fatidique. Ceci est normal car comment pourrions-nous prévoir nos papiers pour le jour de la sortie des machines ? Et normal également de ne pas le divulguer car comment le constructeur écoulerait ces dernières machines de ce qui sera l’ancien modèle ?)

Parfois aussi, on nous donne des informations off. J’en possède quelques-unes, mais vous ne les lirez jamais dans ce blog avant que d’autres en aient parlé (si elle est de notoriété publique parfois je la publie), que l’événement se déroule, que le produit soit distribué ou mis en ligne… ou que l’on ne me donne le feu vert pour publier l’information.

Mais c’est vrai aussi que parfois nous avons la tentation, journaliste comme bloggers, pour différentes raisons de nous laisser aller. Peu de temps avant que Nico s’affiche avec Carla, j’ai longuement hésité à publier un billet sur les rumeurs qui circulaient sur les « femmes » du Président. Toutefois, je n’ai rien publié me disant que ce n’était pas le rôle de ce blog. Que je n’étais pas un blog politique. Que je deviendrais de ce fait un « blog de voyeur », que j’alimentai le buzz même si le contenu du billet posait justement des questions sur l’implication des blogs dans ce buzz politique….

Je comprend que d’autres blogs en aient parlé. Pour en revenir à l’histoire de notre nageuse et des blogs, dans l’optique des blogs qui ont tout fait pour obtenir du trafic, il est normal de publier de tels articles, de tels titres, etc. Leur rôle, leur objectif veut cela.

Par contre, rien n’oblige les lecteurs à les lire, à continuer à être abonné à leur fil. C’est un type de blog qui est mis en accusation dans la masse des blogs. Ils l’ont fait avec Laure Manaudou, ils le referont à la prochaine occasion… Soyez en certain.

Ces bloggers n’ont juste pas la même déontologie et éthique des blogs que moi. C’est tout. Mais, par contre, ils ont eu de nombreux lecteurs visiblement comme ils le souhaitaient.

Comme quoi, s’il n’y avait pas de lecteurs aussi intéressés par ce genre d’anecdotes et d’images, il n’y aurait pas eu d’affaire !

Nous avons les blogs que nous méritons 😉

Fadhila Brahimi et Sandrine Joseph, ulcérées par l’affaire ont créé un group sur Facebook : Pour une éthique dans la blogopshère.