attentats de Paris le vendredi 13, médias sociaux et attitude citoyenne
L’AFP dès le samedi et Atlantico quelques jours plus tard m’ont demandé par téléphone mon avis sur l’usage des réseaux et médias sociaux lors des attentats de Paris mais je n’ai rien vue de publier de ce que j’avais dit… J’ai aussi répondu à un journal d’une école de communication sur l’attitude citoyenne suite aux attentats sur les réseaux sociaux notamment Facebook (euh, c’était la question d’origine).
En complément, j’ai écrit cette réponse avant les annonces du Président de la République sur l’usage du drapeau français en hommage demain, vendredi, 15 jours après les événements !
En préliminaire, il faudrait définir ce qu’est l’attitude citoyenne dans les réseaux et médias sociaux ou ailleurs ! Parlons-nous d’adopter une attitude citoyenne dans la société de l’information comme cela est enseigné dans le B2i ? On en est loin lorsque les termes de respecter les droits d’auteur et de propriété sont évoqués par exemple !
Alors cela veut dire quoi une attitude citoyenne ? Confondons-nous citoyenneté (exercice des droits civiques) et nationalité voir patriotisme… ?
J’ai l’impression que lors de ces derniers événements pour beaucoup, c’est le patriotisme qui ressurgit avant tout (d’ailleurs, l’éclosion des images de Facebook sous un drapeau français est pour moi dans le lot avec l’envie de certains de vouloir comme aux USA vouloir planter un drapeau dans son jardin)
À la différence des événements de janvier, on n’a pas arrêté de nous répéter que c’était les attentats de Paris, la capitale de la France ! En janvier, c’était un journal et le droit de s’exprimer… Le terme de guerre était peu employé à l’époque !
En tout cas, il semble que l’on a appris des attentats de Charlie, notamment les médias traditionnels (Les internautes se sont tournés massivement vers les médias pour s’informer lors de ces évènements… Si les médias suivaient les réseaux sociaux en janvier, cette fois, ce sont les utilisateurs des réseaux sociaux qui ont suivi en général les médias !)
À la différence du mois de janvier également tout a été vite, très vite cette fois encore.
Mais, à mon sens, rien n’a su remplacer : #jesuischarlie qui faisait l’unanimité aux moments des événements de janvier, qui avait été repris par les télévisions…
Là, j’ai plus eu l’impression de vivre une guerre pour imposer #PrayForParis #NousSommesUnis ou #JeSuisParis ! Au passage, je ne pense pas avoir vu ces hastags en tête de la liste des suggestions en cours de soirée !
À la limite, les comptes Twitter à ces noms sont plus récup. que citoyen (l’INPI a refusé les demandes d’enregistrement des marques « Pray for Paris » et « Je suis Paris » dans les jours suivants !) mais, pas malin à mon sens d’utiliser le nom d’une société qui existe depuis… 2011 !
Cela correspond à la sensation ressentie au cours de cette soirée d’attentat et du week-end qui a suivi… Avant de parler de citoyenneté, j’ai eu l’impression que pour certains cette fois, c’était une manière de se “faire voir” ! On est loin de la citoyenneté surtout si elle correspond à faire preuve de civisme et de civilité : la politesse, le respect, la capacité à venir en aide à une personne en difficulté sont les règles élémentaires de vie en commun. Effectivement, pris sous cet angle, quelques actions ont été citoyennes dans les médias sociaux.
Cependant, il est paradoxal de constater que quelques jours plus tard (une semaine environ) on ne connaît quasiment plus l’ordre des actions citoyennes dans Facebook ou ailleurs !
Ainsi difficile de savoir à quel moment Facebook a mis en place en cours de soirée l’application « I’m safe. » permettant de signaler à ses proches que l’on est en sécurité et que Twitter de son côté diffusait en haut des fils d’actualité une invitation à suivre le compte de la préfecture de Polices et un numéro de téléphone officiel pour obtenir des renseignements. Snapchat modifiait ses filtres…
Les entreprises tentaient de rassurer les parents, amis… ou de leur livrer l’information la plus précise pendant que les utilisateurs des réseaux et médias sociaux organisaient la solidarité du terrain avec les “victimes”. L’exemple le plus parlant est certainement #PorteOuverte.
Notons, que rapidement les parents et amis des éventuelles victimes, on mit en place #jecherche !
Il est important aussi de ne pas laisser sous silence les fausses rumeurs qui ont également envahi les réseaux sociaux au cours de cette soirée et de la nuit qui a suivi ! Un comportement pas très citoyen pour le coup… de même pour les photos diffusées des personnes blessées ou décédé non floutées…
Si je devais me résumer… Oui, les internautes ont naturellement utilisé les outils de réseaux et médias sociaux pour venir en aide aux “autres”… comme dans toutes les situations équivalentes. Mais, rien d’exceptionnel. On sait depuis plusieurs années que les internautes en général privilégient ce moyen de communication et continueront à le faire…
La question à se poser est pourquoi les municipalités et autres instances territoriales, organismes publics,… ne sont pas plus présent dans ces médias sociaux lors de telles situations…
En 2011, pour l’exercice grandeur nature Grenoble Richter 38, toutes les instances : villes, région, département, préfecture… avaient refusé ma présence pour l’exercice (je “travaillais” en complément pour une société d’alerte téléphonique).
Cette fois, la préfecture de Police semble avoir “informé” a minima…
À quand une réflexion plus approfondie sur le sujet.
Vous vous rappelez peut-être lecteur assidu que j’avais mentionné le C@fé sciences Lillois en indiquant que j’étais un peu en panne avec lui !
Mais voilà peut-être l’occasion de le relancer… avec le 1er forum régional de la culture scientifique technique et industrielle le mardi 15 octobre 2013, au Fresnoy (Tourcoing).
La raison d’être de ce nouveau rendez-vous est de susciter aujourd’hui et demain la rencontre des citoyens – au quotidien – avec les sciences et techniques. Prendre conscience de la richesse et de la diversité de ce qui existe et de ce qui peut être construit ensemble pour y parvenir !
Ce forum est organisé par le Forum départemental des Sciences, animateur du Pôle territorial de référence pour la culture scientifique et technique en Nord – Pas de Calais. Aussi Franck Marsal m’a invité à co-animer l’atelier nouveaux médias, ce que j’ai accepté 😉
Voici d’ailleurs la liste des ateliers qui se dérouleront l’après-midi (pour le programme de la journée, voir après), mais n’oubliez pas de vous inscrire, les places sont limitées
Comment travailler avec les médias pour développer une culture scientifique pour tous ?
La culture scientifique à l’école et en périscolaire :
Faire participer les citoyens aux projets, aux processus scientifiques.
Nouveaux médias, nouvelles technologies, nouveaux usages : quels nouveaux espaces pour la science ?
Les réseaux sociaux, les technologies nomades bouleversent l’accès aux informations. Chacun peut accéder à une grande quantité d’information librement, la diffuser, la sélectionner, la commenter. De nouveaux vecteurs potentiels apparaissent. Comment s’en saisir ? Quelle place pour les acteurs citoyens, le public aux cotés des acteurs culturels institutionnels ?
L’entreprise, le monde du travail, l’économie et la culture scientifique.
Il était amusant pour moi de répondre par l’affirmative quand le PAC (Présence et Action Culturelles) de Belgique m’a demandé de participer à leur Cahier de l’Education permanente sur le journalisme et ses évolutions numériques et alternatives, notamment en rédigeant un texte sur le journalisme citoyen, qui plus est, pendant la campagne des présidentielles en France.
le journalisme et ses évolutions numériques et alternatives
Le terme journalisme citoyen dans la forme popularisée aujourd’hui sur les blogs et les sites collaboratifs en Europe (pas dans les pays où censure, dictatures… existent) me dérange.
D’ailleurs si au milieu de la décennie écoulée, on emploie régulièrement cette expression, elle a aujourd’hui une petite notion désuète. Et si, cela n’était qu’une expression de journalistes et de commerçants ? Pour mémoire, cette période correspond à l’arrivée d’Agoravox et par la suite des autres médias participatifs.
Ce sont ces nouveaux médias qualifiés de participatifs qui me pose le plus gros problème aujourd’hui. Ils mêlent contributions de journalistes, d’experts et d’hommes de la rue, comme Rue89.
Quelle différence entre Rue89 et le Lab d’Europe 1 ou dernièrement la version française du site The Huffington Post (fusion avec Le Post) où la direction éditoriale est assurée par des journalistes.
Ce sont des sites commerciaux, mis en place par des médias ou des journalistes qui ont peur de voir leur métier disparaître (certains diront que c’est l’évolution du journalisme avec l’introduction du journalisme citoyen dans leurs pratiques) qui offrent au final une information pas si différente de celle des médias traditionnels en ligne.
J’ai l’impression de retrouver le principe des magazines photo qui demandent à leurs lecteurs de remplir gracieusement leurs pages avec les photos ! Le photographe amateur est content de voir sa photographie publiée, la revue de remplir un quart de page.
J’aime beaucoup l’analyse d’Arnaud Meunier (en 2007) dans Journalisme citoyen = absurdité 2.0 qui évoque la quête de l’audience pour expliquer cette transformation du journalisme…
Le vrai journalisme citoyen si tant est qu’il existe n’est pas là ! On ne peut pas se revendiquer faire du journalisme citoyen en s’entourant de modérateurs, pour employer le langage internet, qui sont de « vrais » journalistes. Même Agoravox désormais possède son comité de rédaction !
Et je pense que ce qui est qualifié de journalisme citoyen dans ce cadre une appropriation de l’Internet participatif mal digéré ! Un détournement ou une expropriation du web 2…qui va de pair avec «tous journalistes» !
Des origines du journalisme citoyen
Il serait bon de revenir sur les origines du journalisme citoyen. En 2005, nous étions dans la phase où tout le monde parlait des blogs, du web 2.0. L’évolution de la presse, de l’avenir de la presse était aussi d’actualité… et c’était l’heure de gloire du journaliste citoyen.
À cette époque, le journalisme citoyen annonçait que le citoyen ordinaire pouvait rapporter, expliquer, analyser ou commenter l’actualité comme il l’entendait sur internet et que l’homme de la rue pourrait lui répondre !
Adieu, le comité de rédaction, rédactions en chef, relecteurs, secrétariats de rédaction.
Mais, si rappelez-vous. Le grand manitou des blogs Francophone : Loïc Lemeur nous vendaient les blogs de cette manière. C’est facile de posséder un blog, c’est facile de s’exprimer et une multitude de personnes vous réponds. La réalité était bien autre.
D’ailleurs, que sont devenus les blogs, leur audience ? Je parle des blogs personnels, pas des blogs communautaires !
C’est quoi un journaliste ?
Il m’a toujours semblé bizarre que l’on accole le terme de journaliste ou de journalisme à celui de citoyen.
D’ailleurs, c’est quoi un journaliste ? À la base une personne qui écrit pour un journal ! Il est payé pour faire son métier.
Donc, c’est un métier aux contraintes d’espace, de temps, de rentabilité, avec une rigueur et une déontologie dans le traitement de l’information (objectivité et « neutralité » notamment).
Le temps pour lui est à la fois un avantage et un inconvénient. Avantage, car il a le temps nécessaire pour enquêter, s’informer… Contrainte, pour des impératifs de date ou d’heure de publication !
Il a aussi un « carnet d’adresses », est invité aux conférences de presse, possède un encadrement (rédaction en chef, éditeur…) , protège ses sources…
Et qu’est ce qui différencie un journaliste d’un journaliste citoyen ?
Le journalisme citoyen doit répondre aux mêmes exigences que les journalistes notamment du point de vue éthique (combien de blog parlent de produits ou d’événements car le rédacteur est invité ?), pour la vérification des sources (dans la pratique la vérification des faits se fait souvent après publication) et pour l’analyse neutre des faits dans son contexte en restant le plus objectif possible (les propos du journaliste citoyen sont souvent engagés).
Évidemment, ces sources d’informations ne sont pas protégées.
L’un et l’autre ne dispose pas du temps de la même manière ! Mais, également, de l’argent et des moyens nécessaires. Le bénévolat du journaliste citoyen n’a qu’un temps. Très vite « on n’a plus le temps », d’autant qu’il est rare de trouver une compensation à l’absence de revenu, hormis pour les partisans, supporters, fidèles à une cause…
Et puis, il y a le problème de l’audience. Le média pour lequel travaille le journaliste possède un lectorat, un nombre de visiteurs… C’est une chose que ne possède pas le journaliste citoyen !
Pardon, si, certains internautes possèdent la masse des lecteurs nécessaires, ceux qu’on qualifie d’influenceurs !
Mais, généralement, même s’ils font oeuvre de journalisme citoyen dans leurs domaines, s’ils arrivent à vivre de leur statut, qu’ils ont le temps à l’image des journalistes, aucun ne revendique le titre de journaliste citoyen ! Ils préfèrent leur titre d’influenceur ou même pas de titre du tout !
Une réflexion sur leur avenir serait d’ailleurs intéressante. Ces influenceurs, parmi lesquels il y a des journalistes, ne vont-ils pas prendre le rôle et surtout le 4e pouvoir généralement accordé aux journalistes dans l’avenir ?
Parfois on évoque pour ces influenceurs un rôle de contre-pouvoir démocratique grâce à leur forte notoriété, comparable à celle d’organes de presse et autre héritage du web 2.0, ils sont considérés comme des pairs, leur parole est sacrée.
Le journalisme citoyen n’est pas du journalisme
Cet amalgame qui est fait entre les fonctions de journalisme et de journalisme citoyen provient peut-être de l’émergence avec le web 2.0 des pro-am (PROfessionnels AMateurs). Le journalisme citoyen étant une forme de pro-am du journalisme. Au mieux, le journaliste citoyen est un journaliste occasionnel s’il déniche en premier une information et qu’il la diffuse.
Mais le terme journaliste lorsqu’on l’emploie comme métier ou dans l’expression journaliste citoyen est-il le même ? J’aurai tendance à répondre par la négative. Le journaliste informe tandis que le citoyen internaute témoigne sur ce qu’il voit, sur ce qu’il entend ou sur ce qu’il constate.
C’est aussi pour cela qu’en général son action est de proximité, se concentrant sur une ville, parfois même sur un quartier, pour donner, par exemple, un point de vue sur la vie d’une communauté ignorée par les médias ou par les institutions locales.
Même si ces actes citoyens sont bien souvent nécessaires au bon fonctionnement d’une démocratie la frontière est mince avec la vision utopiste de l’internet, grand village mondial aux bouillonnements participatifs, à l’agora électronique bruyante marquée par une grande liberté d’expression. Le site indymedia en est un bon exemple… mais très orienté politiquement !
Et les dérives dans ce genre de site peuvent vite devenir dangereuses : chacun a le droit de dire ce qu’il pense à l’opinion de chacun est pertinente (si le premier cas est une notion fondamentale, la seconde est fausse et dangereuse). De même, le point de vue très personnels érigés en vérités fondamentales est un risque !
Nous sommes loin du journalisme, du 4e pouvoir évoqué à une époque pour le journalisme citoyen
C’est pour cela que je préfère parler de contenu généré par des citoyens à opposer aux contenus vendus ou diffusés par des médias traditionnels et produit par des journalistes.
Cependant, il est indéniable que l’apparition de ces nouvelles formes de contenus influence le travail des journalistes. Ils reviennent peut-être ainsi à leur vrai métier : le traitement de l’information et non plus la diffusion de l’information brute. Le journaliste devient éditorialiste comme le défini Thierry Crouzet dans Le journalisme citoyen, c’est de la foutaise : le journaliste devient éditorialistes
Le citoyen apporte ses réactions, ses opinions, des commentaires au travail du journaliste, peut faire remonter une information ou la relayer… C’est aussi le cas dans le domaine du data journalisme ou quiconque peut manipuler, retravailler les données fournis.
Et puis, les citoyens qui publient des commentaires et de l’information sur internet via les blogs, les réseaux et les médias sociaux ne revendiquent pas – sauf rares exceptions – ce terme.
Par contre, c’est indéniable, en partageant ses opinions et ses observations avec le reste du monde au travers des réseaux et des médias sociaux, Facebook en tête, l’homme de la rue chaque jour joue son rôle de citoyen, relayant telle information auprès de communauté, alerte tel homme politique, échange avec les journalistes sur Twitter… Il ne s’en rend même pas compte.
Ce net-citoyen n’a pas besoin d’être affublé du titre de journaliste, être citoyen lui suffit !
Depuis la rédaction de cet article, j’ai vécu deux exemples qui montrent la différence entre le « journaliste citoyen » que je pourrais être et le travail de journalisme.
Comme acteur du web, j’ai invité le parti Pirate à un Open Coffee sur Lille, un journaliste a pris le relais. Je n’ai pas vocation à suivre leur campagne et à informer de leur activités de manière régulière !
Second exemple, j’ai des informations concernant un conseil général qui mériteraient une enquête « fouillée » pour savoir ce qui se passe au niveau de certaines facturations ! Je peux lancer le pavé dans la marre… mais au final, je n’ai ni les compétences, ni les contacts, ni le temps… de me lancer dans cette investigation alors que je ne détiens que quelques bribes de l’écheveau de laine de l’affaire (et peut-être, au final, n’y a t-il pas d’affaires)… Seul un journaliste peut effectuer cette enquête, sur son temps de travail, protégeant ses sources, avec l’aides d’informateurs à certains endroits pour confirmer ou infirmer certaines choses, etc. D’ailleurs, si l’un d’entre eux est intéressé, il peut me le faire savoir 😉
Et, comme en parallèle, je lis : Blogs territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités (voir en fin de billet), reçu en services de presse suite à ma participation, ma réflexion continue…
Je me pose cette question : «la politique n’intéressait pas pour les dernières élections au profit de la citoyenneté…». Autrement dit, est ce que la démocratie n’est pas en train de se diviser en deux axes : politique et citoyenneté, un peu comme se sont séparés syndicalisme et politique de gauche à une époque.
Aux dernières élections régionales
Pour en revenir sur cette dernière élection, nous avons été tous surpris (les pro médias sociaux) sur l’absence des politiques sur les réseaux sociaux. Nous avions pensé que l’exemple de l’élection d’Obama allait donner des ailes à nos politiques, même si les systèmes électoraux sont différents entre les deux pays.
D’ailleurs, si l’on se rappelle ce qui se déroulait avant les élections régionales, où étaient nos politiques ? Est-ce les médias traditionnels qui n’ont pas fait leur boulot ? Je ne le pense pas ! Bien que, la focalisation sur la région Parisienne et le cas Georges Frêche n’a pas rendu compte de ce qui se déroulait en région. Aussi incompréhensible que cela puisse paraître les politiques n’ont pas été sur le média internet, terrain privilégié me semble t-il d’une approche locale désormais.
Et puis, à la fin des élections, lorsque l’on entend sur les radios et les écrans de télévision les réactions des abstentionnistes, on entend dire pour nombre d’eux que les personnes qui se présentaient ne correspondaient pas à leurs souhaits. Mais, était-ce là personne, ce qu’elle représentait…
Et si, au lieu de cela, la politique ne les intéressait pas, mais qu’ils privilégiaient les problèmes de citoyenneté et non de politique politicienne ? Je serais curieux de voir les réactions des abstentionnistes et autres votes nuls et blanc sur un support de communication où ils peuvent se faire entendre par leurs pairs…
Politique ou citoyenneté
Politique qui vient du grec politikè qui signifie science des affaires de la Cité a comme définition dans le Littré : la science du gouvernement des États, et citoyen : habitant d’une cité, d’un pays… La nuance est présente 🙂
Ainsi, lors des élections présidentielles, les Français font de la politique, mais lors d’autres élections, c’est la citoyenneté seule qui est en marche : pour le référendum sur l’Europe, pour les élections régionales…
Effectivement, il y a eu un engouement pour les élections présidentielles… des élections politiques ! Mais, lors du référendum, le débat s’est déroulé en grande partie également sur internet et le clivage des parties politique traditionnels a explosé entre les partisans du oui et du non… Nous étions dans un débat citoyen, pas dans un débat politique.
Lors de ces dernières élections régionales, où était le débat qui intéresse tant le citoyen Français… Pas le débat politique de tel ou tel parti. Non, le débat citoyen (qui concerne ma cité, ma région…) ? Absent !
Une fracture entre élu et citoyen
D’ailleurs, lors du premier tour, le discours tenu par les représentants de l’UMP qui niaient avoir perdu presque la totalité des régions était affligeant pour nous pauvres citoyens. Par contre, il pouvait être cohérent au niveau d’un discours politique traditionnel (même si d’autres interférences : texte dicté à répéter à l’envi…) pourrait troubler cette analyse.
Au plan régional, une fracture existe entre élu et citoyen. Nous ne parlons pas de la même chose. Nous ne pratiquons pas le même langage. Alors qu’explosent les comportements citoyens dans les médias sociaux, l’ARTESI (Agence régionale des technologies de l’information) organise un atelier : Les élus, fracturés du numérique ?
Oui, Messieurs les élus, oui, Messieurs les politiques… nous attendions un échange citoyen et non un discours politique. Mais, il est vrai que si je repense à la façon dont les représentants de l’UMP niaient l’évidence, il paraît peu probable que ces hommes et ces femmes politiques soient prêts à confronter leurs idées sur les médias sociaux, là où seul le parlé vrai compte !
Rien ne sert de faire croire que l’on est présent dans ces réseaux sociaux, que l’on utilise les outils du web 2.0 pour échanger alors que l’on a gardé la vision de la communication passée…
Oui, désormais, il faudra compter sur la possibilité de chaque citoyen à s’exprimer sans censure hiérarchique, financière ou idéologique (on le garde pour le politique). La démocratie électronique directe est à notre porte…
La fragilité du blog ou de la présence citoyenne sur le net réside peut-être dans sa propension à se transformer en moyen de communication militant ou politique. On l’a vu avec le blog Monputeaux !
Cela n’empêche pas les politiques d’employer les outils du web 2.0. Certaines circonstances feront que nous aurons également besoin de ces supports… mais, attention de ne plus mélanger désormais citoyenneté et politique…
Et puis, il est urgent d’investir ce paysage numérique, ne vous en déplaisent, Messieurs et Mesdames les politiques. Avez-vous réfléchi à vos électeurs de 2012 ? Certains ont 15-16 ans aujourd’hui. Vous savez comment ils communiquent ?
Il est urgent d’être présent sur Facebook, Twitter… car comme le montre la République des blogs à Lille, il y a peu de monde intéressé par la politique ! Mais, d’ailleurs, la République des blogs ne fait-elle pas une erreur ? Le segment de la politique est trop étroit. Ne faudrait-il pas mieux parler de politique et citoyenneté ? Ou même de citoyenneté… Je serai curieux d’avoir l’avis de Bruno du Blog de Roubaix sur le sujet 🙂
Blogs territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités
livre blog territoriaux réseaux sociaux
Cette refonte complète de la première édition du Blog territorial, nouvel enjeu de la communication locale est intéressant pour ceux qui sont concernés par les problématiques de communication dans tous les types de collectivités (j’en conseille la lecture également à tous les élus :-).
Déjà, l’approche de la création de Blogs territoriaux, réseaux sociaux et nouveaux enjeux du web 2.0 pour les collectivités est à retenir. Franck Confino (l’auteur) explique que pour coller à l’esprit «web 2.0» et à la dimension collaborative qui caractérise ce support (une cinquantaine de contributeurs dont je fais partie), les internautes ont participé à la mise à jour du livre.
Ainsi ces spécialistes de la communication publique, des blogs ou des réseaux sociaux permettent d’élargir la réflexion à la communication web par les médias sociaux. Mais ce livre est aussi un guide sur les chemins du web 2.0, les médias sociaux aux nombreux conseils pratiques et retours d’expériences.
Seul reproche que je fais à ce livre, cet ouvrage de près de 200 pages, est format A4. On a l’impression de lire un rapport, pas un livre 🙁
Voici les principales parties du sommaire :
blog territorial dans la perspective du « web social »