Après les z’ed, au tour des blogs oe dans l’eau et cuisine de mémé Moniq

Le duo qui anime le réseau Oe dans l'eau dont La cuisine de mémé Moniq dans sa tenu de cuistot
Les animatrices d’Oe dans l’eau et de la Cuisine de mémé Moniq

Toujours dans la refonte des sites dont je gère l’organisation technique (dans le cas présent, je réponds juste aux demandes de mes 2 filles), désormais le blog Oe dans l’eau est toujours un multi-sites WordPress mais j’ai supprimé le BuddyPress. j’en ferais de même lors de la mise à jour de Blog en Nord.

Les blogs autour de Oe dans l’eau ont été un peu le déclencheur de ma décision de tout refondre… Certains étaient infestés par de l’injection de codes ;-( Enfin, certaines pages ! Une remise à plat s’imposait ! Compréhensible lorsque l’on sait que le thème de certain blogs n’était plus mis à jour !

Pour la petite histoire, Oe dans l’eau est le blog que mes filles ont créées en 2007 alors que l’une avait 7 ans et l’autre 9. Son apparence et sa structure a été modifié au cours des années ! Il en est de même au niveau des contenus, une partie prenant le pas sur l’autre… Désormais, ce sont des ados 😉 Mais, je vous parle souvent de mes générations Z, donc vous connaissez déjà mes adolescentes 😉

Si BuddyPress est intéressant, il l’est à partir du moment où l’on veut se créer un réseau social au départ des blogs. Personne depuis 3 ans n’a demandé à s’inscrire sur le réseau Oe dans l’eau ou pour créer un blog !! Donc, plutôt que de passer du temps à la mise en place des structures nécessaires à la mise en place du BuddyPress, j’ai simplifié en prenant au passage le .fr pour le site ! Donc, vous avez toujours  accès a :

Il reste quelques détails à terminer… c’est certain. Mais, le principal est en place !

Comme pour la nouvelle mouture de ce site, j’attends vos avis et remarques 🙂

dédipix : répondre en 2013 sur le sujet considéré comme du sexting actuel et en arriver au Femen

J’ai eu voici quelques jours une demande d’une apprentie journaliste pour une interview pour parler de sexting ! Bon, pourquoi pas… mais je me retrouver à répondre à de nombreuses questions sur les dédipix ;-(

J’ai joué le jeu même si cela fait un peu troll.. mais pour moi car cela illustre la méconnaissance du monde numérique par certains journalistes. Des pros auraient été capable de me poser les mêmes questions, avec les mêmes orientations… c’est à dire, dire que c’est mal, que ce n’est pas bien… Avec un pro, mes réponses n’auraient certainement pas été publié… C’est en cela que l’exercice m’intéressait… Montrer ce que l’on dit parfois mais qui ne paraît jamais… à moins de brosser dans le sens du poil ! Je parle d’expérience 😉

Donc, allons y pour l’interview 🙂

Comment définiriez-vous le phénomène de dédipix ?

Je pense que le début de la définition fournit par Wikipédia est la bonne : La dédipix est une dédicace par l’image (mot-valise créé par contraction de « dédicace » et « picture », soit « image » en anglais, ou bien encore pixel). J’ajouterai qu’il ne faut pas confondre dédipix (l’intimité est rarement montrée) et sexting (vidéos osées, voire porno).

Croyez-vous que cette pratique récurrente va se propager ? …survivre au temps ?

Je ne pense pas que cette pratique soit encore réellement d’actualité, donc il est peu probable qu’elle se propage… D’ailleurs, si je m’en réfère à Google Trend, ce qui confirme ma perception, les dédipix étaient surtout d’actualité en 2010… Ils le sont beaucoup moins désormais à quelques rares exceptions prêtes.

Si non pour quelles raisons ? (la question originale était si oui…)

Cela correspondait à une époque… Les dédipix tels que vous semblez les imaginer correspondaient un peu à une suite au “lâche tes coms” dans les Skyblogs. D’ailleurs, je n’ai pas l’impression que les blogs chez les jeunes représentent souvent un grand intérêt de nos jours 😉

D’autres service sont désormais disponibles comme SnapChat qui doivent largement remplacer les dédipix, qui ont désormais une autre “signification” et un autre “usages” que lors de leur apogée.

Quelles sont pour vous les motivations des jeunes bloggeurs à partager ces photos dédicacées? Quels intérêts peuvent-ils y trouver?

La réponse est dans la question précédente… ne nous masquons pas la face, les blogs sont avant tout une histoire d’ego bien souvent… Ceci explique cela !

Pensez-vous qu’il y est une incitation au nu dans la “société numérique” actuelle?

Plutôt que de faire une longue réponse, je pense qu’il est pour moi plus judicieux de vous renvoyer vers l’article de la chronique d’Alain Gerlache à la RTBF : Le Web change la vie sexuelle des jeunes. qui fournit l’étude Génération YouPorn : mythe ou réalité ?

Toutefois, pour aller un peu plus loin, je ne pense pas que ce soit la société numérique qui incite au nu, je pencherai plutôt vers une évolution de la société tout court ! Rappelez vous les photos de Laure Manaudou… Personne n’a crié au scandale sur le contenu des photos, mais sur celui qui les a diffusés !

De même, il me paraît difficile dans notre société dans laquelle les artistes, les sportifs… sont tatoués que les jeunes, pour qui ces personnalités sont des exemples, de réagir autrement ! Devrions-nous également interdire le monokini qui pourrait donner des idées aux plus jeunes ?

Croyez-vous que cette pratique de dédicaces corporelle a ses avantages? Si oui Lesquelles ?

Ma réponse n’a pas beaucoup de sens à cette question ! Je ne saurais pas me mettre à la place d’un jeune à l’époque actuelle… Nous ne sommes pas de la même génération… En plus, ce n’est pas la génération qui me suit réellement puisque le phénomène est apparu à la fin de la génération Y (18-35 ans), début génération Z (0-18 ans).

Pensez-vous qu’elle ait des inconvénients? Si oui lesquelles ?

Si je prends le point de vue de ma génération en général, en fonction des valeurs qui nous ont été inculquées, oui, évidemment, je peux trouver des montagnes d’inconvénients à ces comportements !
Comme éducateur à titre de parent, si cela concernait mes enfants… Oui, je pourrais réagir !

Maintenant, je prends une autre casquette, celle d’expert des réseaux sociaux et de l’identité numérique, qui observe justement les usages des jeunes sur le net, mes propos seront beaucoup plus nuancés… Et j’aurais deux questions que je me poserais :

  • est ce que, quand j’avais leurs âges, j’aurais fait ou non des dédipix ?
  • est ce que je ne traduis pas mes propres craintes sur un monde qui n’est plus celui dans lequel j’ai évolué ?

Donc, des inconvénients, il doit y en avoir… comme partout, mais loin de moi de les citer, car cela reste un problème spécifique à chaque personne concernée selon son éducation, son entourage, son milieu…

Cela rejoint pour moi une autre problématique : l’éducation des nouvelles générations à l’usage de ces nouveaux outils du numérique, sans tomber dans l’excès trop souvent mis en avant des dangers d’Internet !

Pensez-vous que les nouvelles générations n’ont plus la notion de ce qu’est la vie ? Que croyez-vous en être la cause ?

Je trouve votre raccourci un peu rapide et je suis surpris que ce soit une jeune étudiante qui pose ce type de question 😉 Je répondrais de façon lapidaire : les nouvelles générations ont la notion de ce qu’est la vie et j’ajouterai même peut-être plus que leurs aînés, aussi surprenant que cela puisse paraître !

Pensez-vous qu’ils agissent de façon réfléchie, en toute connaissance de cause? Ont-ils conscience des risques posés par “la société de surveillance ”?

Cette fois, je ferais une réponse de Normand : oui et non ! Il est bien évident que les jeunes n’agissent pas de façon réfléchie mais, je me permets de vous retourner la question ! Avez-vous, malgré votre jeune âge par rapport au mien toujours agît dans votre enfance et votre adolescence de façon réfléchie ? Comment se comportaient vos parents dans ce cas ?

La cinquantaine passée me permettent de répondre pour moi ! Oui, j’ai fait des choses irréfléchies en étant jeune, parfois de grosses “conneries”… mes parents m’inculquaient un modèle de vie qui correspondait à leur vision du monde… et ce n’est pas pour autant qu’ils savaient ce que je faisais à l’extérieur ! Cela s’appelle aussi l’adolescence, non ?

Juste une remarque cependant sur le rôle des parents qui sont souvent l’exemple ou qui favorisent ce genre “d’exhibition” en niant complètement la présence de leurs enfants sur les réseaux sociaux aujourd’hui, ou en leur interdisant l’accès (les jeunes évidemment y sont alors en cachette) ou encore, en se disant dépassé ! Voir pour certains parents à encourager l' »exhibition » de leurs enfants dès le plus jeune âge !

Il n’est pas juste à mon sens de tout mettre sur le “dos” des enfants et des jeunes… Les adultes un jour ou l’autre devront reconnaître qu’ils ont leur part de “responsabilité” si responsabilité il y a !!

Pour clore, le chapitre sur la conscience des nouvelles générations, autrement dit des jeunes, nous savons tous qu’il existe un âge légal de majorité ! Certaines études tendraient d’ailleurs à prouver que cette notion de majorité n’est pas en adéquation avec l’âge de la maturité qui serait à une bonne vingtaine d’années ! Donc, jusqu’à cet âge avancé, non, personne n’agit en conscience !

J’ai du mal à voir le rapport avec la société de surveillance ? Si vous me disiez une société de voyeurisme, je dirais oui, effectivement, ils ne peuvent avoir conscience pleinement de ces effets… Mais là encore, est-ce pour moi un jugement de valeur sur ce qu’est la vie privée ? Je vous renvoie à Jean-Marc Manach pour les réponses 🙂

Toutefois, j’aimerais ajouter une remarque issue des conférences que j’ai pu donner auprès des jeunes… Ils ne sont souvent pas au fait de ce qu’il est possible de faire ou non avec des données photos, vidéos… sur le net ! Et sans oublier que demain ce sera le son ! Pas difficile de retrouver aujourd’hui une image de quelqu’un depuis Google image  ! Mais le saviez vous vous-mêmes que l’on peut glisser déposer une image et que Google fait le reste ?

Serions-nous en pleine révolution sexuelle ?

Depuis plusieurs années désormais, pour moi cela a débuté au milieu des années 90, oui, nous vivons une révolution sexuelle mais à la différence de celle de Mai 68 par exemple, elle s’effectue sur la longueur, tout en douceur ! Au-delà de la révolution sexuelle d’ailleurs, j’ai l’impression que nous vivons ce qui sera considéré dans le futur comme une révolution importante de nos sociétés.

Pensez-vous que les jeunes ne savent plus s’exprimer que par le biais du numérique?

Pourquoi toujours vouloir faire des amalgames. Quand je disais que les jeunes sont peut-être plus matures que leurs aînées sur l’usage du numérique, je m’aperçois que nombre d’entre eux font certainement beaucoup plus d’activités d’expression que nous et sont beaucoup plus à l’aise ! Ensuite, cela reste, bien entendu, une question de tempérament !

Pensez-vous que le numérique est en partie ou totalement responsable de ce phénomène d’extimité ? Pourquoi ?

Je renvoie vos lecteurs à la page Wikipédia sur le terme d’exitimité car je suppose que peu de vos lecteurs en connaissent le sens exact ! Et je me réfère donc aux travaux de Serge Tisseron pour ma réponse, notamment sur l’importance de cette extimité à l’adolescence. Car c’est plutôt au psy à répondre à cette question…

Effectivement, pour moi, non, l’extimité n’est pas totalement issue du monde numérique. Elle existait avant l’arrivée du numérique que vous évoquez. Déjà le Minitel permettait l’extimité et d’autres comportements l’exprimaient plus en arrière encore ! C’était pour le coup moins visible certainement !

Le numérique le facilite très certainement… Je ne vois pas pourquoi les jeunes devraient se priver des outils qui sont à leur disposition pour cela !

Que pensez-vous de l’usage que les adultes font des dédipix sur les blocs? Est-ce moins condamnable que les enfants ou au contraire ? Les motivations sont-elles les mêmes?

Je disais plus haut que les adultes sont autant aussi du comportement des jeunes et font souvent bien pire… J’exclus de cette réflexion les dédipix “artistiques”, publicitaires ou revendicatives. J’y reviendrais lors de vos questions suivantes.
Je connais peu d’adultes qui utilisent les dédipix… mais pour ceux qui en font, les raisons peuvent rester les mêmes que pour les jeunes : se prouver qu’ils existent au travers du regard de l’autre.

Et, si dans cette tranche de la population, on trouve des images “interdites au – de 18 ans », arrêtons de nous voiler la face ! l’une des plus importante utilisation d’Internet a été pendant longtemps (et le reste) pour le sexe !

D’ailleurs, la réaction des adultes sur les dédipix de jeune est peut-être une réaction simplement vis-à-vis de la la sexualité des ados à laquelle ils, les adultes, ne savent pas comment prendre position (s’il y a une position à prendre !)

Que pensez-vous de l’utilisation du dédipix sur Internet à des fins commerciales? Dans le cadre de l’art ? Dans le cadre de campagne (publicitaire ou autre) ? (Femen…)

Ma réponse peut-être assez courte… La publicité et le commerce car ils doivent vivre à leur époque… Cela existe, pourquoi ne pas l’utiliser ?

L’art permet tout (ou presque)… Si je continue sur la réflexion de tout à l’heure sur le tatouage et que je considère le dédipix comme une forme de tatouage… Si je considère le premier comme un art, pourquoi ne pas l’accorder au second ? Cela me rappelle un peu les débats sur les tags ! Il est désormais admis que les tags peuvent être des œuvres d’art… Pourquoi pas les dédipix ?

L’utilisation par les Femen des “dédipix” ne me choque pas (pour mémoire, les Femen ont été créés en 2008). Pour moi, cela reste dans la continuité de contestation comme le mouvement Flower Power par les hippies durant les années 1960 et 1970. C’est une manière d’exprimer des revendications sur son corps !

Si je devais résumer ma réponse, rien de bien extraordinaire sur l’utilisation des différentes formes de dédipix dans la communication de nos jours… Je peux même parler de “normalité”, ce serait plutôt l’inverse qui aurait été surprenant !

Pensez-vous qu’on vive un phénomène de peopolisation du dédipix?

Je répondrais que le sujet n’est plus d’actualité… Il en a été question en 2009… Reste à savoir qui en parlait à l’époque ?

Pour ma part, je ne les entends plus parler des dangers des dédipix qu’ils nous expliquaient, même si des dérives peuvent toujours survenir (une affaire de ce type a eu lieu, il y a quelques mois, mais ce cas relève plus de la “notoriété” et de l’e-reputation de quelques-uns qui surfent sur la vague finissante qu’un vrai problème de société actuel).

Au passage, je suis toujours surpris de voir et revoir la rediffusion d’une émission à la télévision française… réalisé dans les années 2009-2010 comme si le sujet était toujours d’actualité ! Il faut attendre le générique de fin et rechercher l’information pour savoir de quand date la publication du reportage…

Ces trois derniers usages du dédipix ont-ils l’effet escompté à votre avis ? Pensez-vous qu’elles fonctionnent ?

Pour les entreprises, au niveau commercial ou dans la communication, je n’y ai pas prêté attention ces derniers temps, dans l’art pas d’échos (mais je me trompe peut-être). Reste les Femen qui poursuivent et augmentent semble t-il leurs “coups d’éclats” !

Donc, oui, l’usage des dédipix fonctionne au regard des Femen. L’effet attendu est bien là… Nous parlons d’elles, de leur mouvement, de leurs revendications ! C’est bien le but des dédipix ? Faire parler de soi ?

de l'identité numérique et de la vie privée des jeunes sur Internet

Je viens de finir une période de réflexion et de travail sur la présence des jeunes (génération Y, génération Z…) sur Internet, sur l’identité numérique des adolescents d’aujourd’hui et de demain, sur la vie privée…

En effet, pour le prochain numéro de la revue trimestrielle Les Cahiers dynamiques (Revue professionnelle de la Protection judiciaire de la jeunesse) éditée par Érés aura pour titre : Nouveaux médias – Nouveaux jeunes, j’ai écrit un long article qui s’intitule : Et si les médias sociaux mettaient en exergue les évolutions de la vie privée. Les sous-parties qui composent ma copie sont :

  • La présence des adultes sur internet en relation avec des jeunes
  • La relation parents–jeune sur le net
  • Et pour les professionnels de « l’enfance »
  • Les évolutions inéluctables de la société

Je publierai certainement un peu plus tard ce texte dans les z’ed !

Et puis, je viens de terminer la rédaction de deux articles pour un  ebook collaboratif (une quinzaine de personnes) sur l’identité numérique qui sera publié mi-mai, au terme d’une semaine spéciale consacrée à l’identité numérique sur le Blog du modérateur. Ce livre blanc fait suite à l’E-book : l’identité numérique en question de l’année dernière.

Les sujets sur lesquels je m’exprime sont :

Attendez quelques jours et vous pourrez lire ce que je pense dans ces domaines 🙂

Et puis, en complément, toute une série d’articles sont publiés sur ces thématiques les derniers temps (je les découvre évidemment une fois terminé l’écriture des articles 🙁

Quelques exemples, que j’ai publié sur Twitter :

Des enfants et des blogs

Les lecteurs assidus de ce blog (y’en a parmi les 1 000 à 1 500 visiteurs uniques journaliers ou les 270 abonnés au fil les zed de Feedburner), donc les lecteurs assidus connaissent ma position par rapport aux enfants et à l’informatique… J’ai déjà expliqué plusieurs de mes points de vue dans différents billets dont le dernier en date : Je n’ai pas le niveau B2i école à l’automne dernier.

Depuis, mes filles poursuivent leur formation au b2i ! Mais ce qui devait arriver arriva, à la fin du mois de mars, une amie (BB pour ne pas dévoiler son nom) de la plus grande de mes filles l’informa qu’elle possédait son blog. Évidemment, le Skyblog au fond rose et aux «laché vo com» de cette amie fit son effet. «C’est génial, regarde Papa, elle a son blog, elle !» Je sentais le reproche poindre… Comment ma fille, au Papa blogger, «professionnel du blog» dixit France 3, ne possédait pas son blog ? Incompréhensible.

Un blog d’enfant

Dans la soirée, je me mis à parcourir le blog de l’amie (9 ans), déjà équipée d’une webcam, qui tchate régulièrement seule et qui ne comprend pas que sa copine (ma fille) n’ait pas accès aux mêmes loisirs (mais, BB n’arrête pas de dire que je suis «méchant» car je ne laisse pas faire tout ce que veulent mes filles). Il est vrai à la décharge de la famille, d’origine étrangère, que BB est un peu livré à elle-même sur Internet… Mais, BB n’est pas un cas isolé, loin de là…

Suite au contact avec France 3, j’avais effectué pendant une soirée une recherche sur les blogs de jeunes… Skyblog, MySpace… et les blogs se ressemblaient tous… Les enfants qui possèdent un blog sont dans le type de celui de BB. Encore heureux, aucun ne donnait une adresse précise… mais la plupart était facilement identifiable pour qui cherche un peu. Lors de cette soirée, le plus jeune blogger découvert avait 7 ans : chouchou91000. Comme quoi l’âge n’attend pas.

Bref, ce soir de mars, suite à l’annonce de BB, je consulte son blog. Première amie citée : badgirl… Je ne pense pas que BB connaisse réellement les connotations de ce doux nom… Mais, c’est sa meilleure amie sur le Net. Une rapide visite sur le site de la mauvaise fille (pas si mauvaise que cela…) qui a 14 ans !. Évidemment, dans les Skyblogs préférés, je trouve le blog de BB… et la cohorte habituelle des liens commerciaux dont par exemple Rencontre de nouveaux potes! le 29 mai et simplement au bout d’un clic : Skyrock – Rencontres réservé il est vrai en théorie à partir de 16 ans…
Bien sûr, les thèmes abordés par cette adolescente n’ont pas grand chose de commun avec les préoccupations de BB et je reste dubitatif sur la lecture que peut faire BB de certains billets… Et cette Badgirl n’est pas terrible… J’ai vu beaucoup plus gore ou hard pour le même âge sur des blogs de garçons.

Après ce bref interméde, je suis de retour sur le blog de BB… et là, le français, non, ce n’est pas du SMS… me laisse pantois ! : «disai le, me revoi ci, allor maité, etc.» La quasi totalité des textes est de ce niveau. Bon d’accord, elle s’exprime, je sais… Mais, cela me pose un problème, car ma fille considère cette amie comme très douée (depuis elle a changé d’avis sur BB et l’orthographe)…
Quelques images sont copiées depuis d’autres sites internet sans vergogne…
Comme elle tchat, la demande d’adresse msn fait partie des billets (7 adresses sont livrés en pâture) et BB ne semble pas informée que n’importe qui peut se cacher derrière un pseudo.

Contrairement à ce que les parents pourraient penser, le blog n’est pas et n’a jamais été un journal en ligne… pour les jeunes avec un esprit d’ouverture, de prise en compte de l’autre… Non, j’évoque souvent une image lorsque je parle des jeunes, c’est un blog pour le clan auquel on appartient dans lequel on s’exprime et on «délire» comme je pouvais le faire en cours de récréation entre potes lorsque j’étais enfant ou ado. Il n’est pas dirigé pour être lu par tous, mais par le clan. Seulement, ce dont nos chères têtes blondes ne se rendent pas compte, c’est qu’Internet est une porte sur le monde. N’importe qui peut un jour ou l’autre lire la prose, voir les images d’un blog ! Qu’Internet n’est pas une zone de non-droit. Que des règles existent. Il serait grand temps que l’Éducation Nationale par exemple crée des Animation sur les blogs avec des lycéens et des collégiens ou au moins diffuse massivement le document dont il est fait mention dans le Conseil pour les skyblogs, pardon les blogs d’ados

S’ils sont bien organisés, des projets comme déblogage ou Baramômes peuvent également servir d’apprentissage aux enfants pour l’emploie des blogs.

Amiz, Netlog sont-ils dangereux ?

Mais suite à ma recherche sur les blogs de jeunes, de nouveau l’existence de service tel que Amiz, (déjà évoqués dans Adieux les blogrolls… Mybloglog et Ziki sont là mais pas sans dangers) me préoccupe. Contrairement à Skyrock – Rencontres, Amiz au 2 101 199 personnes inscrites est accessible à partir de 12 ans… Donc, une personne de 12 ans peut rencontrer sur le Net quelqu’un de 18, 25, 35, 55, 75, 99… Ouf, les centenaires sont exclus, mais pas les enfants. Une quinzaine de personnes, dont certaines avec nom-prénom, répondent à la recherche simple d’une personne de 12 ans sur Lille. Curieusement, la plupart ont 11 ans !

Coolbox et Facebox qui sont devenus Netlog démarre à 13 ans… et comme pour son concurrent Amiz, les amis de mes amis (réels ou fictifs) deviennent mes amis…

De plus, la liaison entre ces systèmes de «pages persos pour garder le contact avec ses proches» me semble être fortement liée avec les blogs de jeune… Pour preuve, deux exemples : un de 15 ans qui possède non pas un mais deux blogs ou à 17 ans, qui possède également deux blogs. (je vous conseille de regarder et de suivre quelques liens dans leurs amis sur Amiz).

Aucun contrôle n’existe pour éviter les problèmes éventuels qui pourraient survenir ! Problème ? Pardon, vous y voyez un problème ? Lequel ? Je parie que si un soucis quelconque arrive, les personnes concernées diront un rien hypocrite : «ah, ben mince, on n’aurait pas imaginé que cela puisse se produire. Nous pensions que les parents surveillaient ce que faisaient leurs enfants !». pour ma part, j’aurais la conscience tranquille, j’aurais alerté !

Œ dans l’eau

Mais revenons à notre histoire de blog lendemain, j’en discute avec mes filles… et je leur explique que l’on ne peut pas faire ce que l’on veut sur Internet (même si elles étaient déjà informées de la chose), que les personnes qui lisent les blogs ne sont pas seulement les personnes que l’on connait… Je les mets en garde. Et j’ai le malheur de dire : «et si vous voulez, on crée un blog». Qu’est-ce que je n’avais pas dit. Aussitôt, c’est l’effervescence autour de cette idée…

Nous nous sommes mis d’accord. Elles écrivent, publient ce qu’elles ont envie… C’est elles mêmes qui saissisent leurs textes… et les corrigent (en réalité, elles demandent à leur Mère et à moi de les aider pour trouver les fautes). J’ai seulement comme rôle celui de conseiller technique (est-ce que c’est faisable et je vous jure qu’elles ont l’imagination débordante), celui «d’explicateur» des règles et enfin simplement de parent qui surveille ce que font ses enfants.

C’est elles-mêmes qui ont découvert le titre Œ dans l’eau. C’est moi qui ai choisi l’outil de leur blog (Dotclear 2) mais c’est elle qui ont choisir l’habillage. Choisi par elle également, cette mouture de «web2angel» (elle ne connaissait pas le nom du thème) trouvé lorsque je voulais héberger le site sur le blog proposé par Gandi… Pour l’instant, comme elles sont alertés sur les droits de propriété à l’image, je suis le seul à sélectionner les sites où l’on peut choisir des images. Pour le début, c’est moi qui organise le transfert des textes saisis dans Dotclear (je leur donnerai rapidement la main, le temps d’ajuster le blog)…

La dernière quinzaine, ma femme qui n’est pas particulièrement portée sur les blogs, fulminait à chaque repas… La seule discussion concernaient leur blogs et ma femme en était exclue. On avait beau vouloir changer de sujet, la thématique des blogs revenaient invariablement…
Nous percevons comme parents les premiers effets bénéfiques de cette «activité» blog à la maison. La plus grande, qui est aussi la plus accroc, a des problèmes à l’école avec le français (elle est dyslexique) n’arrête pas de vouloir produire des textes, des textes… Je crois que je vais avoir bientôt un stock pour alimenter leur blog jusqu’aux vacances 🙂

Ce phénomène blog dépasse aussi parfois les limites que j’ai fixées. Ainsi, j’ai dû expliquer à la plus grande, toujours elle, que pendant les corrections d’un exercice en classe, on ne recherchait pas la liste de thématiques que l’on pourrait aborder dans son blog… Le blog est un outil de communication… pas une contrainte… Elle était rentrée de l’école avec une page noircie d’idées diverses et variés pour son blog !

La première phase d’engouement passé, dans quelques semaines, nous verrons ce que devient leur blog…
Là, j’attends avec impatience la réaction au premier commentaire qui ne manquera pas d’arriver, car elles ont prévu de faire leur pub à l’école 🙂