parents, faut-il avoir peur des réseaux sociaux ?

Je reprends en titre l’une des interventions que je dois faire auprès d’un public de parents (et grands-parents) et de jeunes.

Dernièrement, coup sur coup, j’ai donné une conférence de ce type et pour ainsi dire, le lendemain, j’ai assisté à une conférence sur le même sujet organisé pour les collègues dans la ville voisine. J’avais mis les filles à contribution ! L’une est venue m’aider dans ma conférence, l’autre a assisté avec moi à la conférence d’Action innocence..

Il existe plusieurs façons de présenter la réalité et les dangers d’Internet, des réseaux sociaux, de Facebook aux parents ! La différence entre les deux séances était intéressante à noter !

J’assiste à la conférence sur les dangers d’Internet

À la présentation à laquelle j’ai assisté, le premier slide indiquait le mot cybercriminalité !

Nous avons eu le droit dans cette présentation à toute la série des dangers potentiels d’Internet ! Vous savez l’ensemble des choses que l’on nous présente au sujet d’Internet à la télévision en général : phishing, vente de médicaments en ligne, achat de contrefaçon (on peut m’expliquer comment font les jeunes pour utiliser la carte bancaire de leurs parents ?), téléchargement illégal, images choquantes (autrement dit : images porno et violence), fake, cyberdépendance (version ils sont tous addicts), les jeux violents, pédophilie…

Grosso modo, même si la cybercriminalité existe (Je n’emploie presque jamais dans ce type de prestation le terme de cybercriminalité), une seule chose sur laquelle nous sommes au même diapason : éviter les ordinateurs dans les chambres, préférer les « installations » dans des lieux de passage, dans une pièce commune.

Pour le reste, nous ne fonctionnons pas de la même manière dans nos interventions… Quid de la géolocalisation, de l’usage du téléphone pour ces réseaux sociaux, des différences entre la génération Y et Z (et entre la génération des « vieux cons » et des « jeunes cons« )…

Autre remarque : lors de mes interventions, je demande à travailler en deux temps. Une séance avec les jeunes seuls, eux et moi, sans parents ! Une autre avec les parents sans les enfants 🙂 On ne parle pas de la même manière aux uns et aux autres ! Prenons l’exemple de la pédophilie. Je vais mettre en garde les jeunes sur les dangers de la pédophilie (en fait, de discuter… avec n’importe qui, même si souvent ils sont déjà informés et ont mis des stratégies en place) mais en compagnie des parents, je vais relativiser le danger de la pédophilie sur le net !

D’ailleurs, les effets du mélange des publics (parents-enfants) a atteint sa limite dans la conférence que j’ai écoutée en compagnie de ma fille (parents et enfants étaient invités). J’ai été frustré de ne pas voir certaines diapos (elles n’étaient pas « montrables » aux enfants) et ma fille est ressortie de là en indiquant avec toute la malice de ces 11 ans  : «Il est dangereux d’aller sur Internet. On ne doit pas aller sur Internet» et elle est toute contente d’avoir appris un nouvel acronyme : NTIC (Nouvelle Technologie de l’Information et de la communication). Mais, vous pouvez aller lire son article à la suite de la conférence (enfin, il faudra attendre quelques jours, car elle le peaufine car elle sait que je vais mettre le lien ;-).

Toutefois, ayant effectué un mini sondage auprès de connaissances, le public ne semble pas avoir réagi comme moi sur cette présentation des dangers d’Internet. Cela confirmait surtout leur perception du média Internet ! C’est dangereux comme on nous rebat les oreilles à ce sujet dans les médias traditionnels. Seulement, je trouve que l’aspect, quel conseil pouvons nous donner, quelles explications et tentatives d’explications de ces nouveaux moyens de communication étaient absents.

Le public est reparti conforté dans son idée. Je préfère tenter de soulever des questions, de faire réfléchir les uns et les autres sur les dangers et les non-dangers, tenter de fournir des explications…

Dommage que la plus grande des filles n’ait pas pu assister à cette conférence, elle aurait pu faire le parallèle de son point de vue entre les deux manières de présenter les « dangers des réseaux sociaux » aux uns et aux autres (sous-entendu, aux jeunes et aux parents).

Ce que je dis aux jeunes des dangers du web

Comme je l’ai dit, j’ai commencé avec les jeunes… Avec eux, rien de formel c’est-à-dire, pas de présentation… Je préfère la discussion, le débat et utiliser des exemples concrets de leur site au besoin !

On discute de ce qu’ils font de ces outils… Un gros passage sur les droits d’auteur et les droits à l’image est toujours nécessaire. Autre explication, que ce qu’ils diffusent peut-être lu par tous, s’ils n’y prêtent attention.

Pour les problèmes téléchargement illégal et de loi Adopi, chacun sait qu’ils ont vite fait de contourner le problème avec YouTube !

Reste le cas des images « choquantes ». Ils ont pour réflexe de parler de cela entre copains-copines, mais très rarement avec un adulte (parent ou pas).Le dialogue parents-enfants est rompu dès que l’on aborde le sujet des réseaux sociaux. Cela leur paraît toujours bizarre quand je leur dis qu’ils peuvent en parler avec leurs parents… ! Beaucoup mentionnent l’incompréhension des parents et pour la plupart les parents, à juste titre, n’ont pas leur place dans ce qu’ils considèrent comme leur vie privée. Et, visiblement, ils ne comprenaient pas que nous en discutions à la maison avec les filles.

Le discours des dangers d’Internet et des réseaux sociaux aux parents

La partie avec les parents est beaucoup plus structurée… À la base, j’utilise une présentation qui permet d’ouvrir les débats en cours de projection ! Mais, au préalable, comme le public est généralement peu nombreux (malheureusement), je peux faire un tour de salle où chacun m’expose le pourquoi, il est là ! Ainsi, cela permet d’aborder certains sujets comme lorsqu’une personne me dit : «nous avons puni notre fille en lui interdisant l’accès de Facebook à la maison». J’insiste sur le fait que c’est chez eux sans même parler de téléphone ! Sa réaction «On s’est encore fait avoir» 😉

Tout y passe… les usages des jeunes de ces outils, quel est le comportement que doivent avoir les parents ou les grand-parents (je n’impose rien, j’apporte juste des éléments de réflexion… ). On s’aperçoit également assez vite que des différences peuvent être mises en évidence entre les moins de 13 ans, les 13 – 16 ans (pré-ados ?) et les plus d e 16 ans… D’ailleurs, une enquête de l’université d’Anvers annonce que 65% de 10-13 ans sont déjà sur les réseaux sociaux !

Le problème de « l’addiction » est abordé. Addiction ? vite dit ! Yann ne me contredira certainement pas 😉

Autre problématique que je soulève, le rôle de l’entourage adulte des jeunes. Est-il aussi « propre » que cela ? Nous sommes loin d’une situation où les jeunes sont les diables et les parents des anges ! N’oublions pas que les jeunes fonctionnent également par mimétisme entre frères et soeurs mais aussi en fonction de que ce font les adultes qui les entourent : parents, enseignants dans l’établissement scolaire et en dehors…

On tombe assez facilement d’accord sur le fait de dédramatiser la situation… et surtout, qu’il serait bon d’établir un simple dialogue, sans pour autant choisir de rentrer dans la vie privée des enfants, y compris s’ils ont 21 ans ou 13 ans. Et là, se pose la question, faut-il être ami ou non avec son enfant dans Facebook ?

La présence de la plus grande de mes filles permet de rétablir certaines situations : vous êtes combien à posséder un compte Facebook dans ta classe ?

Bon, ce n’est pas tout ça, je dois préparer ma présentation pour la conférence de demain à La Rochelle sur les réseaux sociaux et celle du 25 mars à Ronchin, pour les parents et enfants… (l’organisation n’a pas voulu faire 2 parties 🙁

Vous de votre côté, vous souhaiteriez assister à la version cybercriminatlité ou ouverture du débat !

Pour compléter mon propos, voici trois vidéos qui me semblent complémentaires 😉

Pourquoi utiliser Facebook ? Témoignages de jeunes
Les jeunes et Facebook : pourquoi cet engouement ?
Les jeunes et Facebook : les craintes des parents

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