marre de la politique du moins pire

Désormais, trop souvent à mon goût, c’est la politique du moins pire qui est mise en avant. Cette politique du moins pire, très politiquement correcte, me gêne aux entournures… Je suis plutôt du genre à prôner la politique du meilleur : trouver la meilleure solution, pas la moins pire ! Je choisis parfois la moins bonne des meilleures solutions, jamais la moins pire !

En fait, cette «révélation» de la politique du moins pire m’est venue lors d’une discussion avec des parents d’élèves. Nous nous entretenions au sujet de certains enseignants et quelqu’un à mes arguments, qui critiquaient (évidemment 😉 un enseignant, m’a été répondu : «Ne te plains pas, c’est une solution moins pire que l’enseignant précédent !». J’en ai rien à faire pour ma part que cet enseignant soit moins pire que le précédent, je veux juste que cet enseignant soit un enseignant « normal »… Même pas le meilleur dans ce cas-là. J’aurais attendu comme réaction… une réaction d’excellence ! Mon but est de trouver la meilleure solution possible. Là, les personnes acceptent l’état de fait ! L’ambition est au degré moins… (ajouter le chiffre que vous voulez).

J’ai depuis longtemps réagi à ce manque d’ambition pour beaucoup de projets. Certains me trouveront certainement trop ambitieux… C’est possible. Je l’accepte. D’autres trouveront que je suis un peu trop mégalomane… Pourquoi pas, j’assume 🙂

C’est un peu cette politique du moins pire qui m’a fait réagir lors de Ludovia au sujet des ENT (Espace Numérique de Travail). Nous nous berçons d’illusions sur ces ENT, comme sur le B2I d’ailleurs. Nous appliquons la politique du moins pire en disant : il y a au moins cela pour l’éducation. Je ne parle même pas de l’installation de solutions ENT qui ne fonctionnent pas alors qu’on le sait pertinemment… Dans ce cas, l’installation à lieu simplement pour contenter les revendicateurs. On leur donne une solution comme on donnerait à manger à son chien, pour qu’il se taise ! C’est ça aussi la politique du moins pire ! Donner quelque chose à quelqu’un pour qu’il cesse de revendiquer, lui donner l’illusion que le ou les problèmes sont réglés.

C’est aussi l’apanage des petits chefs dans cette démarche. Ceux qui ont envie de diriger, ceux qui donnent l’impression de savoir sans savoir… Les zélateurs de la mise en place des politiques les moins pires ces petits chefs… C’est généralement le genre de politique qui leur convient ! Mais je m’égare, je mélange différentes situations. Je haïs les p’tits chefs surtout lorsqu’ils se reproduisent ou s’acoquinent !

Bref, revenons à notre politique du moins pire. J’écrivais qu’on en trouvait des traces sur le net. Ainsi, cette semaine, pour continuer mon exemple des ENT j’ai découvert dans un article du web pédagogique : Les ENT pour tous. À lire le billet de « Marie », on peut croire que les ENT sont la panacée, l’avenir… Non, c’est la solution la moins pire que l’on encense au lieu de trouver une vraie solution ! Le blog qui a déclenché la création du billet : blog sur les ENT est selon moi lui aussi dans cette mouvance de l’accréditation du moins pire… On fait mousser quelque chose qui n’est pas une bonne solution, ou plutôt qui est déjà une solution dépassée dans le cas présent. Et dire que nous en avons encore pour 3 ans avec les ENT !

J’dois participer comme intervenant aux rencontres Net 2009 de Lille. Sa thématique, le web en 2015 ! Et bien, je mets ma main à couper que l’on ne parlera plus des ENT en 2015 (ou alors, l’éducation nationale aura pris un retard monstre au sujet d’internet, de l’enseignement…). Bref, cette solution et cette mise en avant du moins pire qui nous poursuit depuis plus de 6 ans nous fait certainement passer à côté de « bonnes » solutions, car comment réfléchir à d’autres solution si l’on vous fait croire que la moins pire des solutions est la solution à votre problème.

J’aurais pu prendre un autre exemple. Celui de l’université par exemple ou la politique. Mais, là, j’ai un droit de réserve pour le premier et choisi de ne pas faire de politique dans ce blog 🙂

Et vous, quelles sont les politiques du moins pire qui vous énervent !

Publié par

eric delcroix

Eric Delcroix est spécialisé en conseil, contenu, communication digitale, formation, internet, réseaux et médias sociaux, picture marketing, Facebook, Pinterest, Linkedin, Twitter et désormais sur la génération Z

0 réflexion au sujet de « marre de la politique du moins pire »

  1. Eric je trouve ton regard bien sévère sur les ENT. Certes tout n’est pas parfait mais dans mon école (dans l’Isère, si tu passes dans le coin…) nous utilisons Beneylu School et nous en sommes vraiment satisfaits. C’est gratuit, nous n’avons pas eu d’installation à faire et les élèves l’ont plutôt vite adopté.

    Bref tout n’est pas si noir !

    Bonne continuation,
    Richard

  2. Salut, je n’ai pas tout compris dans la politique du moins pire … je déteste l’expression, mais j’ai une circonstance atténuante, je suis enseignant.
    Que trouvez-vous de si négatif dans les ENT* ?
    Quels outils préconisez-vous dans le cadre de l’enseignement (notamment primaire) pour quels objectifs ?

    • Les ENT ne permettent pas tout alors il doit y en avoir.
  3. Bonjour Eric,

    J’ai beaucoup de mal à comprendre… Vous dialoguez avec des parents d’élèves -peut-être en êtes vous même un (?), dénoncez un certain nombre de concepts, vouez un ressentiment certains à l’encontre des « petits chefs » (?), et semblez mépriser souverainement les ENT.

    J’utilise également, à l’instar de Richard, Beneylu school depuis bientôt 2 ans dans ma classe, et mes collègues ont également été séduites. Que dire de nos élèves… et de leurs parents… (qui ne critiquent pas tous les enseignants…)
    J’ai pu mesurer, l’année dernière, l’impact positif de cet ENT sur mes élèves, et notamment certains en difficulté, voire un en rupture de scolarité.

    Je vous serais totalement reconnaissante de m’apporter – à moi et à tous les crédules de l’ENT – des solutions meilleures encores que celles qui nous sont offertes pour utiliser au mieux l’outil informatique dans l’intérêt de nos élèves.
    Je n’ai pas trouvé de « solution moins pire » dans vos propos… sans doute un oubli ?
    Si tel est le cas, merci de nous faire profiter du fruit de vos reflexions – positives – pour que chacun puisse y puiser source d’évolution dans ses pratiques pédagogiques.

    Cordialement,
    Marie-Pierre

  4. Je plussois je plussois je tripleplussois ! Ras-le-bol de solutions bancales avec toujours pour seules perspectives le « moins pire » à mettre en œuvre » faute de « temps, de moyens, de considération … » pour les projets entamés. A quand un regain un vrai pour le cœur des métiers d’enseignants, formateurs, teuteurs… pédagpogues quoi ! PEDAGOGUES : faut-il perdre son âme et tout accepter au détriment de l’action, ou se battre toujours ? Sans hésitation : se battre et lutter pour le meilleur !

  5. Bonjour

    C’est toujours étrange d’écrire à une personne qui ne vous connaît pas, mais que l’on a croisée lors d’un évènement particulier ; de savoir et l’autre pas… Sentiment de familiarité que ressent un jour un fan au concert de sa rock star préférée, un étudiant dans l’amphi archicomble d’un professeur illustre. Un inconnu perdu dans la foule qui a les yeux rivés sur vous !

    J’ai hésité, par timidité, à entrer en contact avec vous à Ludovia cette année. La barbe ça impressionne ! Alors, derrière mon écran, et puisque, sans le savoir, vous reprenez le Blog Projets ENT, je vous invite à lire ma réponse :

    Spéculations sur la généralisation des ENT

    A bientôt j’espère, marc

  6. Je m’en vais relire cela Marc 😉 oui, oui… je n’ai pas pu m’empêcher de lire ton billet avant mon départ à une rencontres République des blogs 😉

    je connais moi-même le sentiment que vous décrivez… J’ai moi aussi déjà hésité à aller dire bonjour à une personne que je connaissais virtuellement… et je ne l’ai pas dérangé 🙂 Toutefois, ma barbe en fin d’été est naissante, donc courte et donc par très impressionnante 😉

    Promis, la prochaine fois, vous n’hésitez pas à venir me saluer, à moins que je ne vous découvre au préalable ;-). Bon allez, je vais lire votre prose…

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