Les bras m'en tombent

Ce soir, je participais comme membre des parents d’élèves au Conseil d’Administration du collège de ma fille.

Comme de coutume, nous devions poser nos questions au préalable. Et moi, j’avais un problème depuis pas mal de temps. En effet, une enseignante avait créé un blog, pas celui du collège, non, un blog perso qui ne devait pas être connu des parents, que l’enseignante faisait « en cachette » avec ses élèves… Ce qui me gênait également dans cette démarche, les photos prisent à l’intérieur de l’établissement sans autorisation selon moi.

J’évoque le sujet avec l’enseignante lors d’une rencontre parents-profs et elle me dit avoir fait signer une autorisation en début d’année. Depuis, j’ai relu ce que j’avais signé et je pensais que cela concernait le blog ou le site (mais là aussi c’est flou) du collège, mais je n’ai jamais eu l’impression de signer quelque chose pour que des images de mes enfants soient diffusées sur Internet comme cela. D’ailleurs, est ce que tous les parents autorisaient ou non la publication des images ? Je n’ai vu dans le site aucun visage flouté, caché…

Les personnes (complètement externe au problème) qui ont vu le site lors des formations que je donnais dans le domaine de l’identité numérique, du droit sur Internet, sur des exemples de dérives du web 2… me disaient toute que je devais dénoncer le site (police, rectorat…) ! Mais, j’n’aime pas dénoncer… C’est aussi le boulot d’autres personnes me semble t-il et après tout, on est adulte, on peut en discuter entre gens sages, trouver une solution…

Avant le CA, voici une quinzaine de jours, un vendredi soir, nous avons eu une réunion des parents d’élèves. Pendant cette réunion, j’ai exposé le problème que j’avais. Par miracle, le blog a fermé le lundi ou mardi suivant ! Mais j’ai toujours les pages en archive dans mon lecteur de flux RSS et puis, mon ami Google possède des archives… Merci Google 😉

Mais j’avais toujours ma question à poser… je n’ai pas encore dit laquelle 😉 Le blog étant fermé, la situation était compromise.Mais, un autre événement eut lieu : des gamins ont pris des photos avec leur appareil en classe pour les mettre sur leur blog. Je pouvais donc légitimement poser ma question : Quelle est la position du CA sur les sites et blogs d’enseignants et d’élèves ! Qu’est ce qui est mis en place pour expliquer les « dangers » et droits d’auteur sur Internet !

Ce soir, au CA, vient le moment des questions. La principale fait remarquer qu’elle ne comprend pas la question.J’explique pour commencer l’existence du blog de l’enseignante. La direction n’est absolument pas informée. Surpris mais possible. Elle ne sait pas. Puis la discussion vire. On essaye de noyer le poisson dans l’eau. J’apprends, attention lecteurs fidèles, vous risquez un soucis de santé, j’apprends que ce que je cherche, c’est à interdire le blog et le site du collège ! Gloups…

Au passage, le blog de l’enseignante me paraissait beaucoup plus spontané que le blog « officiel » de l’établissement où tout est filtré ! On m’a encore bien dit ce soir, que l’on ne laisserait pas diffuser « n’importe quoi » dessus (au passage, les parents n’ont pas la possibilité d’écrire des articles, mais ils peuvent juste laisser un commentaire 🙂

Et tiens, il faudra que la prochaine fois qu’un journaliste m’interview sur l’éducation et le web 2, je lui précise que je cherche à interdire le blog et le site d’un collège. Un comble. Cela ne m’empêche pas de travailler sur le site des parents d’élèves de l’établissement qui lui sera ouvert à tous : parents, enfants, enseignants et même direction, j’suis pas sectaire 🙂 Dommage, ce sont des journalistes dans le domaine de l’entreprise et dans celui de l’info doc qui doivent m’interviewer dans les jours qui suivent 🙂

Ensuite, la principale est parti dans une dérive qu’elle n’avait pas à surveiller le blog des élèves, que c’était leur vie privée… C’est un fait. Mais, ce n’est pas la question que je posais… Qu’est ce qui est fait pour prévenir les élèves des problèmes on va dire d’identité numérique pour simplifier et être à la mode (euh, si le personnel du collège lit ce billet, qu’il sache que j’interviens également dans cette thématique et que malgré les apparences et mes discours, j’y suis très pointilleux concernant les jeunes… Oui, je sais, je cumule les casquettes 😉

À ce moment, j’ai commencé à entendre des voix d’enseignants qui disaient que pour elles aussi une information serait nécessaire :-)) Et puis d’autres parents ont dit : pour les parents aussi !

Et là, comme réponse, la direction m’a dit que ce n’était pas le rôle du collège ! Glups… C’est exclusivement le rôle des parents. Monsieur le Ministre, vous en pensez quoi ? Madame la secrétaire d’Etat chargée de la Prospective et du Développement de l’économie numérique, auprès du Premier ministre, vous en pensez quoi ?

Ce que j’attendais est arrivé. Le mot B2i a été laché ! Pour ceux qui ne savent pas ce qu’est le B2i et comment il se déroule, Je n’ai pas le niveau B2i école devrait vous éclairer, même si l’exemple date du primaire 🙂 La principale pris le mot au vol… et je n’ai même pas écouté les louanges du B2i.

Seul écho positif, lorsque j’ai dit que l’on pouvait faire intervenir un spécialiste de l’extérieur… (mais je crois avoir entendu, la principale dire qu’il y avait aussi des spécialistes dans le domaine au sein de l’éducation nationale !).

Avec le ton qui ne me plaisait pas (on ne m’impose rien, on me demande gentiment :-), elle m’a dit que si j’avais des noms je pouvais lui fournir (certainement comme mes cartes de visite qu’elle a perdu à la suite du premier CA…).

Un peu énervé, car je dois lui faire un compte-rendu grosso modo de l’état des lieux par écrit et qu’elle me répondra lors du prochain CA (et puis quoi encore, j’peux lui faire un audit à l’œil si elle veut ! alors qu’il aurait été si simple d’en discuter calmement) donc, un peu énervé par cette première demande, je lui ai répondu qu’elle pouvait m’envoyer un mail pour me poser la question…

Comme on le voit, l’ambiance est tendue… et désormais, méfiez vous si vous parlez d’éducation et d’Internet avec moi, je suis un « dangereux terroriste », limite technophobe… Faudra également que certains sites, blogs, journaux, etc. revoient leur jugement sur moi…

Bon, c’est pas tout cela, j’m’en vais voir où en sont les inscriptions au débat en ligne sur Twitter et l’enseignement (la nouvelle séance) que j’organise (pardon que Blog en Nord avec les IDEMM organisent). Mais, je viens de comprendre, effectivement, je ne veux pas d’un blog et d’un site pour le collège, je rêve que les élèves aient tout accès depuis leur salle de classe à Twitter, à Facebook… Voilà l’explication 🙂

Cet événement illustre bien l’un des freins à l’évolution des mentalités sur Internet. Merci la direction… Mes enfants sont informés, pas les autres et je trouve cela dommage, très dommage 🙁

0 comments for “Les bras m'en tombent

  1. Aurelien
    17 février 2009 at 16 h 22 min

    Bonjour,

    Les enseignants que j’ai pu avoir à bac+5 spé web, sont déjà dépassés par les risques et enjeux du web d’aujourd’hui alors des enseignants de collège…

    Ce qui est triste est qu’apparemment vous n’avez même pas pu dialoguer calmement entre personnes adultes. Et là, cela n’est plus un problème de connaissance mais de la bêtise 🙂

    Bon courage 😀

  2. 18 février 2009 at 1 h 02 min

    Curieux comme ma fille égare le login de « l’espace numérique de travail » de sa fac, mais pas celui de Facebook no de MSN 🙂

  3. ParentsdesDondaines
    18 février 2009 at 3 h 34 min

    Nous sommes représentants de parents d’élèves dans une école maternelle et primaire lilloise (jusqu’au CE1 !) et nous nous posons déjà la question (http://lesparentsdesdondaines.blogspot.com). Oui, les parents peuvent « éduquer » les enfants à leur identité numérique mais encore faut-il qu’il la maîtrise eux-même… L’école peut donc avoir un rôle !

  4. EduKatorII
    27 février 2009 at 6 h 56 min

    Concernant le droit d’auteur, il y a quand même quelques spécifités: dans le cadre de pratiques éducatives, c’est assez flou. Les travaux d’élèves par exemple ne sont pas soumis au droit d’auteur. Si ta fille doit écrire le nouvel Harry Potter, qu’elle évite de le faire dans le cadre d’exercice scolaire. Pour le droit à l’image, c’est également à vérifier, même si en général, on se couvre derrière une décharge (histoire que ce soit de TA faute) pour éviter tout remou (ça nous dispense d’aller vérifier également, huhu).

    Concernant ton intervention en C.A.
    D’abord, le chef d’établissement s’est montré assez ouvert: pour ma part, je n’aurais jamais engagé le dialogue devant public avec un spécialiste de la question. Simple précaution d’usage pour éviter tout désastre de communication. A sa place, je n’aurais jamais accepté la question.
    Ensuite, le fait est que ton statut de spécialiste déforme énormément ta vision de l’évènement. Si le professeur de sport faisait pratiquer des exercices dangereux pour les articulations, tu n’aurais sans doute pas la même attitude. Si bien qu’entre les spécialistes de l’identité numériques, ceux des maladies articulaires, les gens qui comme moi sont sensibilisés à la psychologie adolescente ou aux science de l’éducation, et ceux qui connaissent les dangers de l’electro portatif, on finit par trancher et opter pour le risque 0. par se protéger derrière des chartes internet à coucher dehors. par leur interdire de courir dans la cour. Il y a de toute manière toujours une bonne raison, et au moins une jurisprudence fraîchement opposable.
    Reste le noeud de l’intrigue, le fait que l’on va reprocher en effet à une professeure maladroite et peu formée son initiative, certes aux frontières de la légalité et de la déontologie, mais pourtant intéressante et sympathique.

    Je découvre ton blog, je le parcours depuis quelques minutes, et y reviendrais sans doute sous peu. Je partage pas mal de tes analyse concernant le peu de compétence de l’EN à ce sujet et la maladresse de ces profanes. En revanche je suis également à peu près sur d’avoir une vision TRES différente de la tienne concernant l’apprentissage et l’utilisation des TICE chez les plus jeunes. Pas spécifiquement sur cet article ou je partage plutôt ton point de vue sans en apprécier l’attitude, mais sur le ton général de ton expérience de l’EN, je ne te rejoins définitivement pas, et j’espère que l’apprentissage des tice à l’école ne ressemblera jamais à ce que tu en décris.

  5. EduKatorII
    27 février 2009 at 7 h 55 min

    Et en prime, je viens de relire le statut de la production d’élève, et c’est à nouveau le flou artistique (sans jurisprudence apparamment, tiens, pour une fois!), avec une distinction à faire entre la création originale et l’exercice imposé. Idem pour les photos ou selon les chapelles on traite différemment le statut d’élève et celui de mineur (alors que le droit est définitivement de ton coté, je crois, même l’autorisation en début d’année n’est pas légale, puisque l’autorisation ne peut pas être a priori, et doit être spécifique à chaque utilisation de l’image, avec en prime par dessus un droit de revenir sur l’autorisation à tout moment, et la différenciation pas si évidente entre la sphère publique et la sphère privée, le sujet de la photo, etc…

    Enfin bref, même entre initiés tout ça est flou, alors quand en plus on ajoute la maladresse spontanée d’une professeure pleine de bonne volonté…

  6. EduKator le retour
    27 février 2009 at 8 h 41 min

    Tant que je suis lancé, et parce que j’aime relever les défis mathématiques lancés par le captcha (« que donne vingt et un moins zéro ? (chiffres) » »), une dernière info: TOUTES les photos prises dans un établissement sont soumises à l’approbation du chef d’établissement (je me rappelle d’un concours de photo que j’avais organisé ou le chef avait donné une autorisation écrite et cachetée à chaque lycéen inscrit, avec quelques exigences et la possibilité de (injustice injustice) refuser une photo sans explication. Il peut choisir aussi une politique basée sur la confiance notamment vis à vis des collègues, mais sa responsabilité est dans ce cas engagée. Il choisira rarement cette solution vu les risques encourus. Dans tous les autres cas, la personne qui prend la photo est fautive, qu’il s’agisse d’un élève ou d’un prof. Et la on ne parle même pas de respect de la personne, juste des prises de vue dans un établissement. Ensuite, on retombe dans le droit commun, à savoir que l’établissement n’a pas vraiment à se prononcer si un élève diffuse une photo d’un autre élève, le mieux que l’on puisse faire, et je le fais assidument, c’est de la prévention et de l’information. et éventuellement porter plainte en cas de besoin. La dessus, il ne s’agit pas d’une décision locale émanant d’un CA. Au mieux on peut demander que cela soit rappelé au règlement intérieur.
    Il faut quand même se rendre compte que les photos d’élèves par d’autres élèves diffusées sur des blogs sont TRES fréquentes et les élèves le font naturellement essentiellement parce qu’ils ne sont pas accompagnés et informés. C’est illégal, certes. Mais distinguer les abus des pratiques spontanées est complexe, et plaquer un gros bouclier légal par dessus comme c’est le cas actuellement est une belle connerie selon moi.

  7. Aruba
    27 février 2009 at 11 h 20 min

    D’abord pour l’auteur et en général: Site intéressant 🙂 Pour ce qui concerne l’identité numérique et la protection de la vie privée… Simple: TOUJOURS utiliser un pseudo ou à la rigueur signer de ses initiales réelles pour personnaliser vis à vis des interlocuteurs qui nous connaissent réellement. Exemple: Jean Claude Dupont, sur le Web ça devient Yucatan25 et la signature, JCD@ et jamais rien d’autre. Pour le reste et niveau photos, écrits et autres manifestations sur sites, blogs, etc… Je trouve votre intervention intelligente, louable dans le débat mais aussi quelque peu tendance pointilleuse, procédurière, voire paranoïaque. Il faut savoir que RIEN n’est privé sur le Web et en imaginer une quelconque garantie est encore plus naïf. Et pour justement en terminer par une conversation que j’ai eue récemment en réunion de boulot et en rapport avec l’échange d’info-entreprise sensibles via le Web et dans ce cadre, un intervenant a intelligemment dit: – Pour être concret, dès que tu connectes un PC au Net… Le mot « privé-sécurité » n’existe potentiellement plus, puisque ça passe par où et par qui avant d’atteindre ton destinataire et sans compter que tu peux être « hacké » en permanence et sans même pouvoir t’en rendre compte. Moralité et surtout pour la sécurité des gosses, quelques indications simples et ils ne sont pas idiots. Ils comprendront et les appliqueront aussi sans devoir les entourer de de culture parano. Le plus marrant restant d’ailleurs que les adultes sont les premiers à délirer sur Facebook en y balançant le tout et le n’importe quoi… Il n’y manque parfois plus que leur n° de carte de crédit. (Edifiant). Second Life devenue incontournable à défaut d’être capable de gérer convenablement la première? Ca c’est une question de personnalité, pas de dangers du Web.

  8. eric delcroix
    3 mars 2009 at 8 h 34 min

    @ EduKator : merci pour ces longs commentaires ici et ailleurs 😉

    et mes réponses 😉 Je pense que le chef d’établissement n’a pas encore compris que je suis « un spécialiste de la question » 🙂 J’ai pas le look 😉 Je confirme : l’autorisation en début d’année n’est pas légale 🙁 Pour mes interventions, comme je n’ai pas l’étiquette de spécialiste, je préfére souvent ne rien dire (sauf ici 😉 sur des domaines où je suis «pro-am» comme on dit maintenant 🙂

    Prévention et information : là est certainement le noeud du problème. Je ne voulais pas que des mesures exceptionnelles soient prises. Par ma question et mon intervention, je voulais simplement poser la question du rôle de l’éducation nationale dans l’éducation à Internet. D’ailleurs, quelques jours plus tard, au cours d’un journal télévisé, il était montré l’exemple de collége qui avaient mis des actions en place pour prévenir et informer les élèves.

    « Porter plainte ». je n’ai jamais pensé que c’était la bonne solution… Désolé, cela me rappelle un peu trop le passé. Je prêche plutôt à des solutions basées sur le dialogue, l’explication, etc. je suis convaincu qu’elles sont plus payantes. Le « Porter plainte » est le résultat du manque de discussion. Celle où il n’y a pas de possibilités de s’expliquer ! c’est aussi un moyen de cacher le problème. On sait que peu de personnes porteront plainte et on en joue. Si personne ne porte plainte, c’est qu’il n’y a pas de problèmes. Toutefois, je suis d’accord avec toi pour dire que le droit doit évoluer : droit à l’image, droit d’auteurs… Mais, mes remarques ont été faite également pour prévenir… Mon but n’était pas de dénoncer quoi que ce soit, juste savoir ce qui était mis en place, si cette représentation de l’éducation nationale était vigilante sur le sujet, etc. Comme je l’écrivais en début de commentaire, je pense que le chef d’établissement n’a pas encore compris que je suis « un spécialiste de la question » alors que je suis ouvert à la discussion, à voir ce qu’il est possible de mettre en place…».

    J’attends avec impatience la mise en place d’un vrai ENT ouvert à tous au sein de cet établissement. Je n’en ai toutefois jamais parlé… D’ailleurs, je suis à peu près certains que la direction penserait que ce serait de l’espionnage de ma part 😉

    Par contre, je ne comprends pas pourquoi la question ne devait pas être soulevé au CA ? C’est mon côté : «on s’explique tous ensemble !». C’est vrai que je n’aime pas les arrangements en catimini, dans le dos des autres. Cela fait trop : on discute entre personnes sensées, connaisseurs… et je pensais que la discussion ouverte à tous : enseignants, encadrement et parents permettrait de voir clairement les positions des uns et des autres ! Un coup de pied dans la fourmillière, quoi ! Parfois, cela ne fait pas de mal 🙂 Plus sérieusement, on s’aperçoit que les enseignants sont sensibles au problème et c’est déjà un grand pas 🙂

    @Aruba – merci pour le commentaire. Toutefois, je ne peux adhérer à vos propos. Je préconise pour ma part d’assumer ce que l’on publie et donc, pourquoi ne pas utiliser son véritable nom lorsque l’on est adulte. Le problème est différents avec les enfants et les jeunes (reste à savoir jusque quel âge !). je confirme que les jeunes ne sont pas idiots et que quelques indications simples leurs suffisent. Mais faut-il encore leur donner. Je ne crois pas qu’il faille devenir parano sur le sujet. Justement, c’est également ce qu’il faut leur expliquer 🙂 Pour les délires d’adultes, Facebook n’est pas le sumum… 🙂 même si on peut y trouver de tout et de n’importe quoi comme tu le dis (cela ne me dérange pas d’ailleurs à partir du moment où les personnes assumes et sont consentantes 😉

  9. Edukator
    8 mars 2009 at 4 h 55 min

    Pour le CA, il ne faut vraiment pas voir cela comme une cellule de discussion ou de débat. Honnetement, ce n’est pas vraiment le cas, au mieux on peut en donner l’impression, en réalité soit les différents sont trop importants pour être résolus en 3 heures, soit ils ne réclament rien d’autre qu’un vote de confiance. En réalité, on devrait arriver en CA avec un accord sur la plupart des questions pour éviter d’être contre productifs. C’est à ça que servent les comissions permanentes, c’est à ça que devraient servir les réunions préparatoires, quand elles existent. De la même manière, habituellement, on ne traite pas une question non préparée (il y a d’ailleurs un delai légal de 48h pour déposer les questions diverses, faute de quoile chef d’établissement peut refuser de les traiter), encore une fois pour éviter la contreproductivité. Quant au danger de la « réunion de spécialistes », il existe largement, et d’autant plus que coté parents et élèves, les délégués sont souvent déconnectés d’une base qui ne se sent pas concernée (par exemple, as tu consulté les autres parents avant ta question, ou etait ce une « question personnelle »?.

    Concernant la plainte, effectivement c’est la solution pan dans le mur, le truc c’est que c’est la grande tendance, de la part des parents, des associations, des profs, des établissements, bref, tout le monde se protège vu le danger potentiel. Au final, ça laisse très peu de marge de manoeuvre pour les initiatives et on se retrouve à initier les gamins à quelque chose qui n’est pas vraiment du web par crainte de mettre le nez dehors, un peu comme si on apprenait a conduire uniquement sur circuit. La en l’occurence, ton chef n’aura pas d’autre solution que de passer un savon au professeur en question, et lui demander bien gentiment de fermer la boutique. Il ne peut pas faire autrement, la loi est ainsi, et si toi ou un autre parent décide de porter l’affaire devant les tribunaux, c’est sa tête qui va sauter (surtout mainetnant qu’il a été mis au courant et que c’est noté en compte rendu).

    Pour la prévention et l’information, je suis justement en train de monter une série de séance sur le web et l’éthique, en abordant pele mele en quelques heures les questions de droit d’auteur, d’identité numérique (huhu), de droit de publication, etc… C’est une initiative individuelle, qui est soutenue par ma hierarchie, mais qui n’émane d’aucunes directives officielles. ça concernera une seule classe, faute de temps, et encore, ça sera en dehors des heures du programme (donc laissé a la bonne volonté des parents).
    Personne n’est affecté à ce rôle, personne n’a suffisamment de temps pour cette tache, et peu ont le recul et les compétences (ou la volonté) nécessaires à l’animation de ce genre d’ateliers. Complètement d’accord avec toi, donc, à ceci près qu’avec les structures actuelles, en terme de moyen et de programmes, on est loin de pouvoir accomplir cette tache, et ce n’est pas les quelques demandes maladroites des inspections (qui réclament des tice partout, c’en est effrayant, mais qui passent complèetment a coté des spécifités du truc) qu’on va réellement avancer. Simplement on peut hélas difficilement nous blamer la dessus.

  10. eric delcroix
    8 mars 2009 at 17 h 54 min

    Pour les commissions permanentes, ok, mais laquelle est ah doc sur ce sujet ? De plus, cela suppose que l’on soit représentant dans cette commission pour pouvoir en parler. Je confirme la séparation : parents délégués de la base. Toutefois, j’ai consulté les membres des Parents d’élèves (bon d’accord, on est tous au CA 🙁 mais pour moi, ce n’est pas une question personnelle, d’autant plus que les parents qui étaient présent ont demandé que je pose la question. Je ne suis pas certain que je l’aurais posé sinon. J’arrive à faire la part des choses dans le domaine, je pense, sinon, je donnerai une liste conséquente de questions à chaque CA. Je n’avais pas envie de porter atteinte à l’enseignante qui possédait le blog mentionné sur la place publique. Ce n’était pas mon intention… Déjà qu’il m’a été pénible de la cité dans le CA ! Je suis même d’accord dans le fait que son nom ne soit pas mentionné dans le compte rendu…

    Ton action n’entre pas dans le cadre du B2 i ? je ne cherche pas à blamer les enseignants… Je pense que le « mal » est effectivement plus profond (c’est à dire pas au niveau des enseignants, ni même des inspecteurs…) Aucune politique réelle n’existe dans ce domaine. On nous promet régulièrement de la poudre au yeux. Effectivement, il faudrait une politique volontariste en terme de moyens et de programme sur ces sujets.

    Il serait certainement intéressant de « publier » ton travail sur le web et l’ethique, enfin, je serai le premier intéressé 😉 et en donner un compte rendu 🙂 Je peux t’ouvrir un compte de rédacteur dans ce blog si cela t’intéresse et/ou on peut aussi en parler par mail (pour mémoire )

  11. Edukator
    9 mars 2009 at 11 h 24 min

    Je suis assez sensible à l’idée de rendre mon travail accessible à tous, d’autant que je dois rédiger une dizaines de pages à ce sujet (mais j’ai des doutes sur le statut juridique de ces pages). Celui ci n’entre pas dans le cadre du B2i, enfin si, en partie, je m’en sers d’alibi et en profiterais au passage pour valider des items tant qu’on y est, mais rien n’existe précisément comme cadre pour le genre d’intervention que je vais mener. J’ai la « chance » d’être CPE, donc pas assujetti aux impératifs de rendements liés aux programmes, ce qui va me permettre de partir des pratiques des gamins, de monter des petits débats, de m’appuyer sur de la vidéo (et hop, en passant de voir comment on peu acceder a du contenu de qualité y compris sur youtube), bref, de tenir des séances que j’espère intéressantes (et que les gamins évalueront) mais qui sont déjà aux limites de ma mission. L’aspect ponctuel et ciblé (une seule classe, sur… 36) m’effraie un peu d’ailleurs et choque un peu mes convictions égalitaristes, mais je ne pourrais pas faire autrement. C’est juste un exemple, parmi d’autres, des limitations structurelles de notre bonne éducation nationale, et du genre de gouttes d’eau qui ne feront JAMAIS déborder le vase. J’ai d’autres collègues, qui se bougent dans ce sens (éducation aux médias, éveil des sensibilités culturelles), mais nous sommes géographiquement dispersés et la mise en place d’une dynamique commune est rendue très difficile (et le statut de franc tireur d’autant plus lourd a porter).
    Bref, je serais ravi de publier dès que j’aurais mis ça par écrit, si on me le permet, je n’hésiterais pas à te contacter au moment voulu (vacances de pâques sans doute).

  12. eric delcroix
    9 mars 2009 at 16 h 23 min

    L’espace t’es ouvert 🙂

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