identite numerique : un mouton noir

Identité numérique, identité numérique…

Tout le monde à ces deux mots à la bouche actuellement. Ce n’est plus une réalité, c’est devenu une mode…

Comment, vous n’avez pas encore écrit, organisé, commenté… sur le sujet ? Vous êtes donc has been ! Si, si, je vous assure. Aujourd’hui, tout le monde se dit, croit être spécialiste de l’identité numérique.

Lors de la préparation de l’émission d’Envoyé Spécial sur Facebook, j’avais dit à Jérémie Drieu, que c’était les médias qui montaient en épingle les problèmes rencontrés dans Facebook et autres problèmes d’identité numérique. Ce ne sont plus les médias aujourd’hui, c’est nous. Avec la multiplication de nos articles, de nos manifestations, etc. nous sommes les artisans de notre propre parano.

En plus, ce que je craignais se produit. Nous avons fait rentrer le loup dans la bergerie. Le commercial fait son apparition ! Vous ne pouvez être propre, identitairement parlant si, et seulement si, vous commencer à payer ! Payer ? Mais, payer quoi ? Il n’y a rien à dépenser… L’identité numérique, c’est un peu de jugeote… et quelques problèmes qui ne sont pas résolus à coup d’Euro (dollars peut-être).

Et puis, les livres blancs vont fleurir, suivi des livres, payant cette fois, indispensables à la gestion de son identité, des officines de bas étages compléteront le tableau ! Bref l’identité numérique est en passe de devenir non pas un problème mais un commerce.

Je ne parle même pas du rôle des médias, auxquel je réponds volontier régulièrement concernant le recrutement et les réseaux sociaux (sous entendu : l’identité numérique). En schématisant, deux clans : les technophobes et les pro média social, rare sont ceux entre deux eaux ! On est pour ou ou est contre… Comme si on pouvait être pour ou contre la diffusion de données personnelles sur internet. Si on est « contre », utilisez internet seulement pour le consulter. N’envoyez même pas un courrier électronique. Aviez vous pensé que les paroles s’envolent, les écrits restes ?

On se vante de parler d’identité numérique dans nos formations respectives. Mais, nous faisons tous des formations à l’identité numérique. J’en fais par exemple régulièrement à la Fac, j’en fais avec mes étudiants dans Facebook, j’en fais… constamment. Mais, cette « formation », ce n’est pas seulement à l’université. C’est aussi chaque jour en formation en réponse aux questions qui me sont posées, avec les amis qui me porte crédit dans le domaine… J’en connais d’autres, en collège par exemple, qui font la même chose ! Doit bien y en avoir en lycée également.

Toutefois, c’est assez amusant de voir le nombre de fois où l’on nous demande un CV « papier », y compris pour des personnes utilisant les services des média sociaux pour recruter… Dernier exemple en date, le directeur général d’une école-centre de formation recrute un formateur multimédia confirmé en diffusant un message dans un « groupe » d’un réseau social français très connu. Je vous cite la dernière phrase : « merci de postuler en envoyant votre candidature et CV à (adresse mail).» Mon CV est dans ce réseau et je peux lui répondre dans ce réseau 🙁 Je ne comprends toujours pas qu’on me demande un CV). Tiens d’ailleurs, je n’ai toujours pas eu de réponse à mon courrier 🙂

Pourtant, là où il y a problème, c’est dans le nombre de spécialistes, d’experts dans le domaine de l’identité numérique. Lors d’une discussion avec Émilie Ogez (pour moi, LA spécialiste de l’identité numérique en France), j’évoquais le problème. Je pense qu’il y a une dizaine de véritables experts dans le domaine en France… Tout au plus, vingt. Je fais abstraction des juristes qui s’ils possèdent la connaissance juridique, n’offre pas la vision des ressources humaines et autres. À mon avis, ce n’est pas un hasard si le choix de Gemalto et le mien étaient quasiment identiques. J’y ajouterai 4-5 noms et le tour des spécialistes serait fait !

La paranoïa devrait atteindre son paroxysme cet été, le commerce dans le secteur dans un an et dans deux ans, plus personne ne parle d’identité numérique. Rappelez-vous, la société est en révolution !

Je sais, je suis à contre courant. Tout le monde dit : «protégez-vous, protégeons-nous». Mais qu’avons-nous à protéger. Qui a-il de si fabuleux à faire pour son identité numérique ?

Dans le fond, c’est quoi l’identité numérique ? C’est un juste équilibre entre ce que l’on publie, ce que les autres publient sur nous et ce qu’il est nécessaire de dévoiler aux autres (recruteur, ami, famille…). En corollaire, le savoir qui publie quoi ne posait pas de problème au début des blogs… Est ce toujours le cas ?

Remontons deux-trois années en arrière. Personne ou presque ne parlait d’identité numérique. Chacun vivait sa vie, peinard dans son coin, diffusait les informations qu’il souhaitait, etc. Entre temps, la vague du Web 2.0 a déferlé. J’ai trouvé le coupable. Le web 2 ! D’ailleurs en 2006, alors que je cherchais la définition du web 2.0, je pense avoir prévenu : « Ne revenons pas à la sempiternelle illusion du web village mondial. J’ai l’impression quand je lis cela que personne n’a jamais vécu dans un village. » Mais, le diable doit être ailleurs puisque maintenant le web 2 ne s’appelle plus web 2 mais média social !

Dans les limites des réseaux sociaux (qu’est ce que les réseaux sociaux) j’évoquais le vol d’identité, la fraude et surtout une question : quel sera l’usage des données que nous inscrivons dans ces réseaux ?

J’écrivais aussi à l’époque (1er octobre 2007) : La notion de confiance est également un soucis. Je ne pense pas comme j’ai pu le lire que les internautes inscrits sur un réseau social se sentent plus proches d’un autre membre du même réseau que d’un parfait inconnu, ce qui améliore a priori la qualité des échanges entre eux. C’est un discours de marchand…

En effet, les algorithmes de confiance et d’anonymisation sont très discutés

 »Comment peut-on avoir la certitude que l’«ami» de mon contact est véritablement son «ami» ! Peut-on faire confiance dans la réponse de telle personne ?
Nicolas Guillaume explique bien mieux que moi ce problème de confiance 🙂 »

Bref, rien de nouveau sous le soleil hormis le nombre de personnes concernées.

J’écrivais en conclusion, en 2007 : «j‘espère que les limites des réseaux sociaux sont abordées dans les formations au réseautage et networking 🙂 Oui, oui, certains centres de formations proposent des formations au réseautage et au networking. Tiens, je devrais y penser pour Ed Productions :–)». J’ose espérer que ces formations ont abordé cette problématique. Enfin, moi au niveau des formations que je donne dans le cadre d’Ed Produtions (je sais cela fait longtemps que je n’ai pas mis à jour la partie formationdemandez la liste des nouvelles formations et conférences 😉 donc, dans le cadre de mes formations que ce soit sur les médias sociaux, le web 2, l’internet d’aujourd’hui et de demain, je signale toujours les limites (pas seulement celles de l’identité numérique d’ailleurs ;-).

Lorsque j’aborde le domaine de l’identité numérique, je ne nie pas le problème, mais je l’explique, j’essaye de le circoncire, d’alerter sans effrayer…

Le souci de l’identité numérique n’est pas l’identité numérique en tant que telle. Nous en connaissons tous les éventuels dangers et dérives. Mais, justement l’inconvénient est le nous que j’ai employé. Nous, c’est qui ?

Le gamin de onze ans qui discute le soir en cachette de ses parents (oups, l’ordinateur dans la chambre… jamais. À quand la formation des parents ;-), l’étudiant dans sa fac qui pense plus à faire la fête qu’à suivre ses études, l’arnaqueur qui se fait dénoncer (non, je ne mettrai pas le lien ;-), les personnes sensibilisées aux problèmes ou les spécialistes ? Une grande partie de la population se moque des dangers et des dérives (ou à l’inverse est complètement méfiante). Il existe pourtant un juste milieu entre naïveté et parano, nous (je vous laisse définir qui) le savons.

Pourtant, je suis toujours surpris de la naïveté des internautes. Suffit de voir l’engouement pour Facebook, l’expérience interdite ! Facile de dire : «on s’est inscrit pour voir !» Voir, quoi. Il n’y avait rien à voir ! Parfois aussi, des messages reçus à la suite de la publication d’un billet me laissent pantois… Les internautes savent-ils lire ? je suis en droit de me poser la question…

Allez, un exemple, pour la gag. J’ai un site dédié à la formation, orienté région Nord. Je m’en occupe plus guère ces derniers temps, mais j’y ai mis une série de reportage sur le Nord que j’avais effectué dans les années 80, ainsi qu’un tour du Nord en cyclomoteur… Cela renforce la notion du Nord… en attendant que j’illustre l’ensemble des textes 🙂 Et bien, il y a quelques semaines de cela, j’ai reçu un courrier vindicatif. Au cours d’une recherche sur Internet, elle était arrivé sur l’article intitulé Frites, bière et le reste sur la gastronomie de la région. En effet, cette personne ne comprenait pas que je pollue un sité dédié à la bière en proposant des formations. Le nom du site : Lille aux formations 🙂

Je pourrais multiplier les exemples à foison. Le type qui menace de mort Morandinie et qui ne savait pas que cela ne se faisait pas ! Faut arrêter quand même. Comme l’écrivait Bertrand Duperrin, je le cite : «Imaginez que vous sortiez de chez vous pour aller faire un petit tour en ville. A la première personne que vous croisez dans la rue vous lancez un “espèce de c#%! va ! Au fait je m’appelle Robert Dupont”. Vous rejoignez un groupe d’amis pour boire un café. Le ton de la conversation monte et vous les agonissez d’injures. Bien entendu vous faites en sorte que tout le café sache qui vous êtes. Rebelotte avec des collègues de travail que vous rejoignez quelques minutes plus tard. En route vous passez devant un magasin de disques et vous volez un CD sur un présentoir, non sans laisser votre carte de visite. Sur le chemin du retour vous prenez ostensiblement une photo sous la jupe d’une jeune fille, mineure de préférence, mais sans oublier de laisser une carte de visite à ses parents qui l’accompagnaient. Vos collez les dites photos sur les murs du voisinage, ainsi quelques affiches litigieuses. Bien sur vous n’omettez pas de signer votre forfait.»

Lors de la table ronde blog en nord, je donnais quelques conseils suite à des visites sur des sites de rencontres entre adultes ! Naïveté, là encore. On se croit protégé car on à payer parfois un appel téléphonique. Naïf aussi la confiance dans l’autre… comme dans le cas des photos des « amies » diffusées dans la face cachée de Flickr. Naïf également les profils complètement ouverts des enseignants de collège dans Facebook…

Je m’attends au pire lorsque la reconnaissance faciale fera partie intégrante des moteurs de recherche… Qui se rappelle de l’émoi lorsque Google avait indexé et publié les premiers fichier Word et Excel ? Pourtant, les personnes concernées (l’armée entre autre) savait depuis longtemps que Google indexait les .doc, etc.

L’identité numérique est le genre de problématique où l’on se mord la queue… Comment est-il possible apprendre, à la fois aux adultes et aux enfants, à se comporter de façon raisonnable (alors, là, je suis certains que vous lecteur, vous vous dites… ben oui, pourquoi ne font-ils pas tous comme moi !). je vous rassure, moi aussi parfois je dépasse les bornes et je ne suis pas nickel (faites ce que je dis, pas ce que je fais ;-)…

Mais, qu’est ce qu’être raisonnable ? On en revient à la question : c’est quoi l’identité numérique ? Bref, à l’essence même de la vie et de notre liberté : choisir !

PS. Cela ne doit pas vous empêcher d’aller retrouver Emilie qui vient à Lille le 28 mars (pour répondre une bonne fois pour toute, non, je ne fais pas partie des organisateurs de youontheweb, même si je parle parfois d’identité numérique, même si j’étais dans les organisateurs du Barcamp de l’année dernière :-), de participer quelques jours plus tard au Barcamp de Paris (je sais, j’ai déjà dit que pour moi ce n’était pas le format idéal pour traiter d’Identité numérique) donc au barcamp ereputation (le seconde édition Parisienne) ou encore au mois d’octobre prochain pour notre acte 2 (moi aussi je suis à blâmer !)

0 comments for “identite numerique : un mouton noir

  1. 7 mars 2009 at 4 h 28 min

    Je viens de publier sur mon blog-it ce commentaire. Il est aussi bien ici 😉

    http://les-zed.com/identite-numerique-un-mouton-noir

    intéressant article d’Eric sur la mode de l’identité numérique.
    Premier commentaire, mais peut être est-ce par ce que tout le monde en parle sur ce mode, l’identité numérique est considéré dans son cadre défensif. On va se servir de ce que je dis sur moi, ou alors on va collecter des données sur moi pour agir TOUJOURS CONTRE moi.

    Elle a aussi un aspect offensif que les canadiens (les premiers je pense) on bien vu quand il parle de e-portfolio. Etre acteur de son identité, cela signifie publier, montrer et prouver ce que l’on sait faire (versant pro), ce que l’on aime (versant social), ce qui nous intéresse (versant perso). Il n’est pas question ici de relater son intimité !!!

    Commentaire 2. Effectivement, « nous faisons tous des formations à l’identité numérique » et en lycée également ;-). D’une part parce que l’apprentissage est la construction de son identité (je trouve personnellement que l’on oublie trop le terme d’identité quand on parle d’IN) et aussi parceque nous disons les règles sociales, quelles soient numériques ou non (bon c’est vrai que le versant numérique n’est pas forcément bien couvert).

    Commentaire 3. Une quinzaine de spécialistes sur le sujet. Oui probablement mais si on veut élargir l’apprentissage aux lycéens, ce ne sera pas suffisant 😉

    Commentaire 4. effectivement « Dans le fond, c’est quoi l’identité numérique ? C’est un juste équilibre entre ce que l’on publie, ce que les autres publient sur nous et ce qu’il est nécessaire de dévoiler aux autres (recruteur, ami, famille…). En corollaire, le savoir qui publie quoi ne posait pas de problème au début des blogs… Est ce toujours le cas ? »
    Justement, savoir qui publie quoi, c’est le principal et cela va plus loin que la simple identité numérique mais cela a à voir avec la validation des sources. D’ailleurs on peut très bien mettre le contenu en Creativ common du moment que ce que l’on publie nous permet de gagner en crédibilité et en expertise (un peu énervé par un exemple récent où une personne a amélioré un de mes schémas sans me citer). Sachant que c’est souvent nous qui disons que nous sommes des experts et que cette affirmation est rarement discuté. D’où l’importance aussi de nommer ses sources et de les critiquer, c’est à dire de les passer au prisme de la communauté de chercheur dans lequel s’inscrit celui qui parle et de demander à l’auteur la preuve de ce qu’il avance. On appelle ça une bibliographie.

    Commentaire 6. Sur la confiance, importance de la recommandation mais effectivement sur quels critères. Est-ce que le fait d’avoir quelqu’un dans son réseau est suffisant pour le recommander. C’est à dire utiliser son crédit (réputation, expertise…) pour lui permettre d’avancer.

    Voir aussi avec la fonction de prescription, c’est à dire celui qui dit ce qu’il faut faire comme le médecin par exemple. Mais sur quels critères : son diplôme, sa réputation. On trouve ces mêmes interrogations dans la vie réelle.

    Ce qui pose effectivement la question de la confiance. Voir le livre central sur cette question de Martin Roulleaux-Dugage « le prix de la confiance » qui a un autre titre en librairie. Tiens puisque l’on parle de concept qui arrivent et repartent très rapidement, la confiance en semble un. cela faisait longtemps que je n’avais pas entendu quelqu’un aborder la question. D’où effectivement la blogosphère et une bullebuzz.

    Et pour conclure « Mais, qu’est ce qu’être raisonnable ? On en revient à la question : c’est quoi l’identité numérique ? Bref, à l’essence même de la vie et de notre liberté : choisir ! »

    bin oui !

  2. eric delcroix
    7 mars 2009 at 4 h 53 min

    Merci pour cette réponse détaillée Richard 🙂

    Effectivement, les Français oublient souvent le côté e-portfolio qu’ils ne connaissent pas… Sans le nommer comme tel, c’est pourtant la demande de la plupart des journalistes lorsqu’ils demandent ce que l’on doit publier dans ses réseaux sociaux pour le recrutement 🙂

    Je ne pense pas que pour les établissements scolaires de véritables experts dans le domaine soient nécessaires… Des personnels, internes ou externes, formés ou « orientés » identité numérique devraient être suffisants 🙂 Encore faut-il que ce soit mis en place dans chaque établissement et que les enseignants, la direction, etc. soit également brieffés

    Effectivement, pour moi aussi, la remarque en 4 correspond plus à la validation des sources. Mais, là aussi, il y aurait beaucoup à débattre ;-). Par contre, je ne pense pas que c’est toujours nous qui disons que nous sommes des experts en tel ou tel domaine. Un jour, j’avais demandé à une journaliste de ne pas dire justement que j’étais expert, mais utilisateur averti… Elle m’avait répondu que ce n’était pas possible parce que le public attendait un expert ! Personnellement, je n’aime pas les termes experts… c’est vrai que je préfére de loin le terme d’amateur averti car l’expert, le spécialiste… ont depuis longtemps perdu selon moi, la valeur lié à ces mots.

  3. 7 mars 2009 at 6 h 54 min

    Salut,
    Le buzz de l’identité numérique va-t-il retomber ?
    En fait, tout dépend de ce qu’on met dans la définition de l’identité numérique.
    L’id. num. est souvent corrélée à une démarche de recrutement, et donc empreinte de marketing. En ce sens, oui, la mode de l’id. num. va disparaître (facette e-reputation) : il y aura toujours quelques affaires retentissantes du genre « untel s’est fait virer à cause de son facebook ». Car cette mode est aussi reliée au buzz de facebook. Vu que lui aussi s’interface de plus en plus avec le marketing et la publicité, il risque d’être déserté, au profit d’une nouvelle plateforme qui fera le buzz à son tour.
    Cela dit, on va voir apparaitre des formations (collège-lycée), des modules (fac/entreprise) de gestion de l’id. num., qui vont créer une espèce de « bon sens numérique« .
    Cela dit, je pense que l’id. num. doit être ouverte à des domaines plus vastes que le marketing (de soi) et la formation (des autres), car aujourd’hui les dispositifs électroniques/numériques qui s’approprient notre identité sont légion (vidéosurveillance, RFID, géolocalisation, biométrie, fichage type EDVIRSP, dossier médical, bdd commerciales, etc..).
    Un exemple tout simple avec Google Latitude : on a de la projection de soi bien cool façon idnum2.0, mais aussi de la géolocalisation, avec le risque de spamming (viens dans mon magasin, t’es à côté), voire de traçabilité (je sais où tu es allé aujourd’hui). idem avec GoogleHealth ou 23andMe.
    Au-delà de la simple projection de soi organisée façon 2.0, l’identité numérique pose aussi des questions de société, des questions politiques (qui contrôle ? quel contrôle ?) autant que des questions philosophiques (pourquoi contrôler ? avec quelles conséquences ?)
    A ce titre, je pense, j’espère, que le soufflé ne va pas retomber, et que le ‘buzz’ permettra de maintenir toute la vigilance requise face à la question de notre identité dans un monde de plus en plus numérique.

  4. eric delcroix
    7 mars 2009 at 7 h 10 min

    Merci Julien

    Effectivement, tout est dans la définition de l’identité numérique… D’ailleurs en rédigeant mon billet c’était une réflexion que je me faisais : exsite-t-il une définition de l’identité numérique mais j’ai eu peur de retomber dans la version de mon billet sur le web 2… Mais peut-être qu’à la suite de vos réactions je tenterai une définition façon z’ed 😉

    Je ne parle pas effectivement dans mon billet de la tracabilité, du côté liberté d’expression… Plus que l’identité numérique, c’est la notion de liberté, au sens large du terme… Cela est évident que nous devons continuer à rester vigilants sur ses aspects et je n’ai rien contre les effets de buzz dans ces domaines… Mais, le risque est que la buzz actuel masque complètement ces aspects plus politique, moraux, philosophique… Lors de conférences, je préviens souvent que je ne prends pas en compte ses aspects, mais qu’ils existent, car le public se polarise sur lui-même ! C’est humain 🙂

    C’est d’ailleurs une bonne piste de réflexion pour notre 2 acte d’octobre… 🙂

  5. Tristan Mendès France
    7 mars 2009 at 8 h 16 min

    Bonjour, je lis ce très intéressant billet avec ses commentaires et je me dis que ceci pourrait alimenter la réflexion autour du sujet. J’y évoque une proposition de loi, que j’avais rédigé en 2005 pour un sénateur, sur… la pénalisation de l’usurpation de l’identité numérique. 🙂
    (je suis un abonné rss silencieux mais fidèle)

  6. eric delcroix
    7 mars 2009 at 12 h 40 min

    Merci de votre commentaire et ravie de découvrir qu’une personne de cette illustre lignée suit mes propos 🙂

    Je dois avouer que je ne connaissais pas votre projet de « proposition de loi » mais effectivement, je suis un fervent adepte de l’état de droit qui faot confiance à ces citoyens 😉 Je relaie votre billet dans Twitter car je ne suis pas certains que nous ayons tous entendu votre chronique parmi mes fidèles « suiveurs »:-)

  7. 8 mars 2009 at 6 h 06 min

    Merci pour cet article 🙂 et les commentaires judicieux qu’il a déclenché !

    La difficulté repose surtout sur le fait que l’identité numérique est construite par des éléments que l’on ne maîtrise pas facilement. Il parait évident de « contrôler » ces propos, il est moins évident de gérer ce qu’il peut être déduis des relations que l’on entretient sur le web, et il est impossible de maîtriser ce que les autres disent de soit !

    Le particulier parle surtout de préserver sa vie privée mais ceux qui utilisent le web comme « terrain de chasse » pour leur commerce ne peuvent se passer d’avoir une identité numérique ! A partir du moment où elle génère du contact et du business, l’enjeu devient financier et je ne suis pas choqué que la gestion de l’identité numérique se monnaye.

    Et en parlant d’identité numérique … que pensez-vous de l’initiative 23AndMe ?

  8. Tristan Mendès France
    8 mars 2009 at 12 h 05 min

    <apparté> Eric, en fait je vous (te ?) suis depuis la première salve de sarkospam que nous avions reçu et blogué (vous/toi et moi) en septembre 2005. Ca date… 😉 </apparté>

  9. eric delcroix
    8 mars 2009 at 14 h 11 min

    woaouh.. un vieux de la vieille en plus 🙂 On peut se tutoyer alors 😉

  10. eric delcroix
    8 mars 2009 at 15 h 21 min

    @ Olivier. merci à toi aussi de réagir. J’avais hésité à publier ce billet, mais je vois qu’il suscite intéret et réactions.

    C’est certain que ce qui est diffusé sur nous n’est pas facile à contrôler. Mais, j’aurai tendance à penser qu’il n’est pas pire que dans la vie de chaque jour. Il me faudrait un article aussi long pour répondre.

    par contre, je m’oppose à ton point de vue sur l’aspect financier de l’identité numérique. En effet, à partir du moment que l’on fait du business sur Internet, il est clair que les structures (depuis la TPE jusqu’à la grande multinationale) doivent veiller, intervenir sur leur réputation numérique (et non sur « identité numérique »). C’est un raccourcis que nous donnons à l’une des facettes du marketing. Pour moi, cela rejoint l’image de marque, au sens marketing du terme. Cela a débuté depuis bien plus longtemps d’ailleurs sur le net ne serait ce que par les méta données des pages web, avec la référence des noms de marque dans les tags de mot-clés. Apple a par exemple interdit l’usage de son nom dans l’achat des mots clé chez Google… Mais cela ne date pas d’hier, donc pas de l’identité numérique… Que ce service de réputation en ligne soit facturé par les prestataires de service en référencement, par des agences de gestion de marque, etc. ne me surprend pas et ne me gêne pas. Non, ce qui me dérange ce sont plutôt les officines qui tendent à apparaitre qui annonce : pour un prix dérisoire, on vous assure un profil nickel…, sans distinguer enreprise et particulier. En fait, je crois que nous sommes d’accord dans le fond, c’est juste une histoire de mots 🙂

  11. 9 mars 2009 at 7 h 37 min

    Et oui, nous sommes bien d’accord sur le fond … juste les mots sont différents. J’abordais le cas d’un indépendant (ou d’un auto-entrepreneur) utilisant son identité numérique pour démarcher : que des services payants naissent n’est pas choquant !

    Quand à ceux qui annoncent que « pour un prix dérisoire, on vous assure un profil nickel » … et bien, depuis que l’on vend de la lessive qui lave « plus blanc que blanc » ou des boissons « light » qui ne sont pas allégées … je suis un peu perdu. Le problème ne résiderai-t-il pas dans notre manière de consommer ? J’ai l’habitude de dire « Ce n’est pas le vendeur qui commet une erreur … c’est celui qui achète !! » 🙂

  12. 10 mars 2009 at 18 h 57 min

    excellent article, merci

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