Elle arrive dans Facebook

Je voulais profiter de ce Ludovia 2010 dont je ferais un compte-rendu dans le prochain billet pour publier cet éclairage peut-être différent sur l’utilisation d’Internet (notamment des réseaux sociaux) par les jeunes, sur le rôle des parents et sur le « livre ».

Mi-juillet était un grand jour pour la plus grande de mes filles : la date anniversaire de ses 13 ans. L’âge requis pour pouvoir légalement se créer un profil sur Facebook !

C’est avec curiosité que j’ai observé ces premiers pas dans le célèbre réseau social.

Inscription dans Facebook

J’avais décidé de lui permettre de créer son compte Facebook à cette date, pour la simple raison de l’inscription dans la durée à son nom. Pas besoin ainsi de changer de profil dans l’avenir ! En observant ce qu’on fait certains de ces « amis », l’une d’entre elles à 37 ans au lieu de 13 et désormais il est impossible de modifier la date de naissance !

Bon, mais revenons à ma fille. L’une des conditions, de sa part, était que je sois son ami dans Facebook 🙂 J’ai même indiqué que c’était ma fille 😉 Le problème de ce lien « amical » est plus important qu’on ne le pense. Devons-nous en tant que parent être ami avec nos enfants dans les réseaux sociaux ? Je ne le pense pas ! Toutefois, j’ai accédé à sa demande et j’ai donc été son premier ami à la création de son profil. Mais, je sais qu’à terme (moins d’une année, j’espère) je la laisserai voler de ces propres ailes ! Son profil Facebook lui appartient et je ne veux rien savoir de ses « amours », de ce qu’elle choisi dans la vie… Je redeviendrais ami avec elle dans quelques années, une fois l’adolescence passée…

Donc, le dimanche de son anniversaire aux premières heures de la matinée nous avons mis en place son profil ! Je l’ai aidé un peu, notamment dans la partie confidentialité !

Dans la foulée, avant même de rechercher ses propres amis de collège, elle a examiné les personnes de mon réseau et m’a demandé si elle pouvait demander à certaines personnes que je connaissais d’être ami avec elle ! Deuxième questions que l’on doit se poser en tant que parents : nos enfants doivent-ils avoir les mêmes amis que nous sur les réseaux sociaux ? J’ai donné mon accord pour qu’elle puisse contacter les personnes qu’elle avait déjà rencontrées (merci Émilie, Charles, Gina, Marie-Julie et Yann de l’avoir acceptée) parmi les professionnels qui m’entourent. Au passage, je lui ai expliqué que le but n’était pas d’écumer la liste d’amis des personnes qu’elle connaissait et qu’il ne servait à rien de courir vers la médaille en chocolat de celui qui a le plus d’amis !

Enfin, elle a recherché une amie, une autre… son réseau amical dans la vraie vie !

Comme ce jour-là des membres de la famille étaient invités, elle leur a signalé qu’elle les avait ajoutés à sa liste d’amis (en même temps, elle a établi le lien avec quelques parents éloignés ou amis de la famille très proche) et m’a demandé si elle pouvait publier une photo d’une partie de la famille 😉

Petit à petit son réseau s’est constitué par l’ajout dans un premier temps d’amis de collège qu’elle « aimait » bien. Le plus surprenant a été les demandes de personnes avec qui selon ses dires, elle ne serait pas du tout copine dans l’établissement scolaire. À la réflexion, je me demandais si la socialisation sur les réseaux sociaux ne correspondait pas également à une autre forme de socialisation. Le lien social avec les vrais amis est évident, mais un autre lien social semble exister : nous sommes dans le même établissement scolaire ; même si je ne t’aime pas, tu fais partie de la même communauté que moi ! En est-il de même en entreprise ? Le phénomène serait à observer. J’aurais tendance à dire que cela me paraît vrai pour les professionnels qui ont le même travail !

Et puis, certains de mes amis professionnels lui ont demandé pour devenir ami ! Elle m’a posé la question sur ce qu’elle devait faire ! Je lui ai laissé le choix de devenir ami ou non avec eux en lui expliquant cette fois que normalement si elle est amie avec eux c’est qu’elle a quelque chose à partager et qu’elle devait réfléchir à ce qu’elle pouvait partager avec ces amis « inconnus ». Le verdict est rapidement tombé ! Non, je ne les mets pas en ami !

Après un mois et demi d’utilisation pendant ces vacances scolaire, elle possède désormais 24 amis !

Autre question que nous avons rapidement due résoudre. Les demandes que j’ai reçues de la part de ses amis ! Je ne les aie pas acceptés. Elle comprend d’autant mieux qu’elle me disait qu’elle ne comprenait pas pourquoi ils voulaient devenir amis avec moi et qu’elle n’avait pas envie d’être amie avec la mère d’une de ses relations par exemple. Et de justifier son choix en disant qu’elle était ami avec la fille, pas avec la mère !

Son appropriation de l’outil dont j’avais réduit les explications à sa plus simple expression (mais, elle me voit depuis longtemps sur Facebook) a été immédiate ! Elle a compris le principe du mur, du chat… et évidemment des jeux ! Rapidement, elle a reçu une demande pour rejoindre CafeWorld dont elle est assez accro 🙂

Mais, même dans ce jeu, rapidement elle a acquis une posture responsable. Nous (les adultes) recevons rarement des propositions de sa part pour ce jeu ! Cela reste entre « copains » du même âge !

Dernière remarque. Elle qui a des problèmes d’écriture du Français à cause de dyslexie fait d’énormes efforts pour écrire le mieux possible et presque sans faute sur Facebook ! Quand on voit le nombre d’erreurs lorsqu’elle écrit à la main ou si elle tape un texte à l’ordinateur, cela surprend.

Regarder un livre ou chercher sur Internet ?

Mais, ce n’est pas la seule remarque que je me suis faite sur le rôle des parents concernant l’éducation numérique de nos enfants pendant ces vacances.

Exposons la situation. Nous étions dans la maison de campagne et nous discutions au sujet des activités des uns et des autres. La plus petite souhaitait faire des activités nature, la plus grande des travaux de couture… Aussi, le réflexe pour la plus petite a été de la rapporter des livres de notre bibliothèque sur le thème qu’elle avait choisi. Pour la couture par contre, nous trouvons peu de choses dans nos rayonnages.

Le réflexe, il y a quelques années, aurait été de dire : «on va chercher un livre». Mais aujourd’hui faut-il acheter un livre ou consulter Internet ?

La question est d’autant plus importante pour moi que lorsque les enseignants donnent des recherches à effectuer, systématiquement, ils disent aux jeunes de rechercher sur Internet. Et dans ce cas-là, vieux réflexe de ma part, je fais chercher la date de naissance, la date de mort, la nationalité… d’un compositeur dans un dictionnaire papier. Je pourrais aussi le faire dans un dictionnaire du même genre sur le net, mais je crains toujours la « facilité » qui n’en est pas une dans ce cas du passage sur Wikipédia.

Bref, devons-nous en tant que parent apprendre à nos enfants à privilégier Internet ou faut-il leur apprendre à lire les livres papier ? Un fait est certain. Si l’on recherche une information, le passage sur Internet est de rigueur. Mais, un livre ou l’équivalent d’un livre ?

Je n’ai toujours pas une réponse définitive. Dans le futur, les livres papier de ce type existeront seulement sous forme électronique. Aussi, devons-nous dès à présent leur inculquer cette culture de la lecture sous cette forme ou devons-nous continuer à leur apprendre à trouver le livre papier qui leur est nécessaire ?

Le réflexe de chercher une recette de cuisine sur le net est devenu naturel chez nous. La centaine de livres de cuisines que nous possédons commencent à prendre la poussière ! Mais, là encore, c’est une information que nous cherchons en général (une recette).

Donc, je n’ai pas acheté de livre spécifique sur la couture et nous avons cherché sur Internet. Cela m’a amené une réflexion sur la lecture en tant que telle ? Lisons-nous un ouvrage pratique papier en piochant par-ci, par-là… ou le lisons nous comme un roman, de la première à la dernière page ? Même pour un roman, ne passons nous pas du stade de la lecture de l’ensemble de l’œuvre à celle d’extraits (j’entends déjà les hauts cris). Est ce que la lecture n’est pas en train de se transformer sous nos yeux ?

Cette lecture itinérante où la comparaison d’un texte est perpétuelle à d’autres texte est celle que nous avons pratiquée pour l’activé couture.

Au passage, Internet a servi de complément à la lecture des livres papiers… notamment pour la fabrication d’un séchoir à pomme 🙂

De la façon d’écrire et de publier des livres

Ces réflexions que nous avions ensemble sur la lecture complétaient celles que nous avions eues quelque temps avant concernant un travail que nous effectuons ensemble : les filles et moi ! En effet, nous avons profité de ces vacances pour terminer les recettes de Mémé Moniq, des recettes faites par des enfants pour des enfants et continuer le travail sur le Tour de France par 2 enfants. Les deux projets sont sur leur blog de façon partielle car je bascule leur site sur un BuddyPress 😉

La réflexion entre elles et moi fut dense une fois encore. Au début du projet notamment du livre de cuisine sur les recettes (en 2007), nous nous étions dit que l’on diffusait les recettes dans le blog et que l’on en faisait un livre. Aujourd’hui, les évolutions étant ce qu’elles sont… la version papier et PDF ne suffisent plus ! Nous devons prévoir les versions pour les lecteurs, pour l’IPhone, pour l’Ipad… Même la partie Internet a évolué. Du simple blog, nous passons à l’idée de communauté autour du livre, avec une mise à jour par l’ajout de recettes…

La structure pour le Tour de France par deux enfants a elle aussi évolué. Elle est passée d’une structure en chapitre (un chapitre par trajet) à celui d’une structure sous forme « d’encadrés ». Sans nous en apercevoir, nous avons trouvé une nouvelle structure qui convient bien mieux à la consultation sur Internet mais qu’il est encore possible de publier en version papier !

D’ailleurs, dans le cadre de Ludovia et notamment de la table ronde : ressources, manuels, livres et jeux numériques interactions des acteurs et modèle économique, la question que l’on pourrait désormais se poser est également l’implication des familles dans le processus créatif de ses ressources ? La famille a t-elle ou non un rôle à jouer ? Seule contrainte, la validation de la ressource… comment une famille peut faire valider sa ressource auprès des instances concernées ? Et ne faut-il pas revoir le système de validation de ces ressources : qui valide quoi ?

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