Retour sur les conférences et les cours de la semaine

Cette semaine était chargée, enchaînant parfois dans la même journée : formation puis conférence. Le public en formation que j’animais au sujet du web 2 à l’école de journalisme de Lille (ESJ) et le lendemain auprès du CNRS, je devais présenter les nouveaux outils du web, autrement dit les médias sociaux… et le public des deux conférences, celle d’Obama 2.0 (voir le compte rendu de Julien) et celle de la journée ADBS sur la pédagogie avec les médias sociaux me faisait de nouveau prendre conscience de l’évolution de notre monde, des métiers… comme je l’avais annoncé lors de mes voeux.

L’impact des médias sociaux sur les métiers

Première constatation… Je suis toujours effaré même si je le sais que presque la totalité des métiers et des emplois est en train d’évoluer, de se transformer ou de disparaître… Difficile pour moi, lors des formations dans lesquelles je mets un maximum d’empathie vis-à-vis des apprenants de ne pas être affecté.

En effet, difficile de dire à des journalistes qu’ils sont à la rupture entre deux mondes de communications, deux formes de pouvoir : le pouvoir de la presse dans le passé, le pouvoir des médias sociaux désormais. Je suis incapable de dire exactement de quoi sera fait leur lendemain !

Je fais une digression, mais les photographes sont dans le même cas. Il suffit de lire leur appel au secours dans Sauvons la photographie.

Il y a quelque temps dans une autre formation, mon public était des organisateurs de salons. La pilule passe mal lorsque l’on dit : «Dans quelques années, il n’y aura plus de grandes manifestations sous leur forme actuelle. Les salons se feront sur internet, comme les réunions ou comme les formations que je vous donne actuellement en présentiel». Je dis aux personnes en face de moi ni plus, ni moins : «Dans quelques années, votre travail disparaîtra !». Difficile à dire et difficile à « avaler ».

Difficile aussi, lorsque l’on travaille avec dans le monde de la recherche de dire : désormais, il faut aussi communiquer ! Et communiquer dans un langage clair, compréhensible par tous… Partager (pas dans le sens partage universitaire au sein de mon labo) et ne pas rester enfermer dans la vie de son labo !

Tous les chercheurs devront eux aussi être présent sur la toile (la fameuse présence qui compte désormais) et ne plus se contenter des publications scientifiques et des conférences auxquelles ils sont habitués… Dans le secteur de la recherche également le web 2 et les médias sociaux feront des ravages… Comment sera évalué un article ? Qui seront les pairs ? etc.

L’autre crainte pour ces chercheurs est qu’ils possèdent des « documents secrets ». Au passage, cette notion de ce qui doit être confidentiel ou public risque d’évoluer. On se rendra rapidement compte qu’il faudrait peut-être mieux diffuser un document ou une base de données afin qu’un plus large public puisse l’enrichir par exemple. Toutefois, rien n’interdira de posséder son propre serveur, mais en ligne !

Et du côté de l’enseignement et de l’éducation

De la recherche à l’enseignement, de la pédagogie, il n’y a qu’un pas vite franchi. C’était l’objet de la conférence de l’ADBS. Le public présent était presque convaincu d’avance. C’était un avantage 🙂 Mais, je remarque une nouvelle fois que lors de manifestations qui mélangent à la fois enseignement, éducation et internet, web 2, média social… le public se réduit rapidement à peau de chagrin. Où sont les enseignants ? Où sont les professionnels du domaine dans ces cas-là ? Ils se planquent en se disant : «de toute façon, je ne suis pas concerné ?». Si cette réponse est effectivement ce qu’ils se disent, je peux leur garantir un avenir qui ne sera pas rose. Ce qui m’inquiète encore plus, je ne vois jamais un formateur (vous savez les personnes qui ont un numéro de formateur pour former en entreprise !)

Pourtant, des problèmes commencent déjà à se poser. Nous en avons évoqués quelques uns lors du repas qui a suivi notre conférence. Est-il encore nécessaire à un certain niveau de faire son cours en présentiel dans le supérieur dans l’Éducation Nationale, par exemple ? Pourquoi ne pas faire son cours à distance, dans Second Life par exemple ou par une réunion en ligne ?

Comment définir les horaires d’enseignement puisque l’enseignant est en contact en permanence avec ses étudiants (je ne suis pas le seul à ne pas croire que l’on cesse toute communication avec les étudiants à partir d’une certaine heure, parce que l’on est en vacances…). Et d’ailleurs, en étant malade, parfois, je donne mes directives via Internet pendant mon « heure » de cours !

Par exemple, je dois répondre à plusieurs étudiants ce week-end, donc en dehors de mes heures de travail. Mais, c’est quoi mes heures de travail dans l’enseignement d’ailleurs ? Mes heures de présence ? Mes heures d’échange en ligne avec les étudiants ?

j’avais écrit que les enseignants faisaient de l’elearning et des TIC sans le savoir, c’est toujours d’actualité !

Les étudiants ne comprennent d’ailleurs pas que les enseignants ne réagissent pas plus et plus rapidement ne serait ce que par le courrier électronique. Des exemples concrets sont présents dans les commentaires du billet sur la grève de Lille3.

Je pense que la liste est encore longue… Même et y compris pour les hommes politiques, les parties politiques… bref, les politiciens, leur comportement vis-à-vis d’internet et plus particulièrement du web 2 doit changer rapidement, s’ils veulent encore être présent, jouer un rôle… Comme nous le disions lors de la conférence, le but n’est pas seulement d’être présent, d’autres conditions sont nécessaire à la réussite de la présence d’un homme politique ou d’une femme politique sur Internet et dans les médias sociaux en particulier !

Je n’ai pas en tête l’ensemble des métiers concernés par ces évolutions, ces changements…, mais peut-être pourriez-vous m’aider à établir cette liste ! Quel métier est impacté de nos jours par le web 2 et les médias sociaux selon vous ? Allez, lâchez vos com. 😉

Souvenirs, souvenirs

Détails importants, ces différents acteurs savent tous que leur métier va disparaître, se transformer profondément… Ils me le disent, mais ne l’accepte pas.

Lorsque je mets les mots en face : disparition, métiers qui portent le même nom mais n’ont plus rien à voir avec ce qui l’existant… À ce moment, c’est la débandade. Plus un n’accepte d’entendre le discours. Nous sommes comme face à un mur d’incompréhension. Cela me fait systématiquement penser à l’image des singes qui se cachent les yeux, les oreilles et la bouche. Qui me livrera la clef pour faire comprendre à tous ces gens que l’avenir est derrière eux ! Et ne me dites pas qu’ils sont stupides, que je dois les laisser pour compte, qu’ils n’ont qu’a réagir… Non, comment leur expliquer simplement !

Ces débats me rappellent ceux du monde de l’imprimerie et des agences de communication avec l’arrivée de la PAO (Publication Assisté par Ordinateur). Les mêmes discours, les mêmes comportements, les mêmes craintes… Qui désormais n’utilise pas l’informatique pour la création de son affiche, pour la mise en page de son journal, de son livre… ? Ce sont des « bêtes rares », difficilement identifiable.

Des rencontres dans le Nord

Une remarque sur les rencontres de type Blog en Nord, en l’occurrence, celle du PRN au sujet d’Obama 2.0 dans le cas présent… Nous avons encore eu la preuve que nous sommes capable d’attirer des personnes qui peuvent parfois venir de « loin ».

Si, la journée Idemmatic fait venir des personnes d’autres régions (cette année, un Lyonnais avait fait le déplacement, merci à lui 😉 il se reconnaîtra ;-), la conférence au sujet d’Obama 2.0 avait son « extérieur » en provenance de La Rochelle.

Même s’il resta discret pendant les débats, Laurent Rossini de l’agence de communication Galet Jade était présent. Notons qu’il a suivi a suivi en compagnie de son associé de l’agence, Barack Obama depuis sa candidature démocrate à la présidence américaine… jusqu’à sa victoire le 4 novembre 2008 ce qui a donné un livre : Obaméricains, naissance d’un peuple.

Choses promises à l’ADBS, choses dues

J’avais également promis lors de la conférence de l’ADBS Nord de me renseigner sur la liste des entreprises présentes au sein d’Euratechnologies. Mon « fidèle conseillé » 🙂 m’a fait remarqué qu’elle était en ligne : les entreprises d’Euratechnologies 🙂

Plus important, enfin, je pense… Pour cette conférence, j’avais volontairement présenté mon intervention sous la forme d’exemples en ligne 🙂 Normal, ils ne devaient servir qu’à appuyer mes propos lors de notre débat avec Jean-Paul Pinte arbitré par Bruno (tiens, encore un gourou du Nord en balade :-).

Seulement, il existe mille et une manières de présenter une liste ! J’avais choisi la plus simple, une page HTML où tous les liens se suivaient ! Un peu comme l’aurait fait un débutant… Aussi, j’ai précisé lors de mon introduction que cette liste serait ce week-end sur mon Netvibes… alors, vous préférez quelle présentation, celle des liens en éducation qui est en html ou ma page Netvibes éducation en 2010 ?

Je vous propose d’ailleurs si vous avez des exemples de l’usage des médias sociaux ou du web 2 de m’aider à compléter cette page Netvibes en m’indiquant où se trouve ce qui a été fait ! Une seule condition, que le « site » soit en Français :-).

Pour finir ma présentation, j’avais parlé de Speechi… j’en parle tout le temps car cela me semble un bon exemple de ce que l’on peut faire en cours, en conférence… Mais je ne savais pas encore que Speechi avait lancé la seconde édition des Speech’ards (contraction des Speechi Awards :-).

Faites parvenir à Speechi vos meilleurs Speechis (5 au maximum) ou vos meilleurs scénarios pour tableau blanc interactif (TBI) afin de participer à l’une des trois catégories proposées :

  • scénario pédagogique tableau interactif / eBeam
  • présentation Speechi vidéo
  • Speechi sonorisé

Je vous sens impatient de savoir comment gagner le vélo électrique ou différentes versions de Speechi grâce à ce concours. Tout est expliqué dans la page des Speech’ards 😉

Laisser un commentaire