Chronique éducative vue par un papa

Suite à la publication de mon billet sur les classes pupitres des enseignants et des parents m’ont demandé de donner régulièrement des nouvelles, j’obéis 🙂

Au collège

Le premier point, ma grande fille n’a toujours pas pénétré dans la salle pupitre… mais les formations semblent battre à plein ! Elle a même eu des cours de supprimer à ses dires pour que certains profs se forment.

Mais le gros événement depuis la rentrée est en marge… bien que. Elle concerne le prof de musique, pardon d’éducation musicale. Ma fille de retours de cours me dit :«est ce que tu connais cette chanson ?» Un titre comme La ballade des gens heureux… (c’est un exemple). Effectivement, je connais… et je commence à lui chanter (si, si, cela m’arrive de chanter 🙂

Puis, on discute et elle me montre le texte de la chanson remise par l’enseignant… Chaque couplet comporte au moins une erreur… Mais ma fille doit l’apprendre. Je lui fournis donc le texte « officiel » de la chanson issu d’Internet.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Ma fille me demande également si j’ai cette chanson sur un CD ? Alors là, c’est peu probable. Sur mes K7 de jeunesse peut-être mais sur un CD, non. Je fais une recherche dans les règles sur le web… Sans succès. Seule l’intro est disponible dans sa version originelle.

Une semaine passe… et évidemment personne ne possède le CD. Et j’apprend que l’enseignant aurait promis 1 euro à qui lui rapporterait le CD ! Curieuse méthode. Je pense que cet enseignant attend qu’un papa bien intentionné se promène sur un réseau PtoP pour lui fournir la chanson en version numérique. Je crois qu’il l’a trouvé 🙁 Il serait bon également de faire remarquer à cet enseignant que plus de 40 sites permettent d’écouter et de télécharger légalement de la musique 🙂

Ah oui, j’oubliais. L’enseignant a perdu son CD !

Je n’ai rien contre cet enseignant que je ne connais pas encore, mais il a demandé une recherche d’une semaine sur l’autre concernant un compositeur. Les enfants devaient trouver : la nationalité, la date de naissance et de mort de l’artiste. Il leur a conseillé d’aller voir sur Internet. Je parie que l’on arrive sur une longue page Wikipedia. Gagné 🙂 Moi, j’ai dit à ma fille de prendre son « p’tit Larousse ». Trois lignes à lire. Cela me donne l’impression qu’il faut faire de l’Internet pour de l’Internet.

Sinon, un bon point. Malgré la description apocalyptique de ma grande après son cours de AATP (Aide au Travail Personnalisé), elle y a appris qu’il n’y avait pas que Wikipedia dans la vie et qu’elle allait apprendre à se servir de ces dix doigts pour saisir un texte ! Je commence déjà à trouver ce cours sympathique. Petite remarque, c’est le personnel du CDI (Centre de Documentation et d’Information) qui s’occupe de cette heure d’enseignement.

À l’école primaire

La grande, la grande… la petite va encore être jalouse… Dans son CM1, elle a une heure d’informatique par semaine… Elle découvre le fond d’écran, à naviguer dans le bureau, à se créer des dossiers… Cela me parait pas mal… À suivre. Mais, ce soir, lors d’une réunion d’information, j’ai percuté. Dans les nouvelles dispositions de notre Ministre de l’Éducation Nationale, l’enseignement de l’informatique en école primaire doit être dorénavant transversal. J’explique pour ceux qui ne connaissent pas. On doit faire de l’informatique pendant un cours d’histoire, de math, de français…

Seulement, l’école en question possède neuf classes mais une seule salle d’informatique. Difficile de s’organiser dans la transversalité comme nous l’expliquait l’enseignant.

Au passage, je note que c’est un intervenant extérieur (je ne sais pas qui est exactement cette personne) qui donne ces enseignements informatique.

Dans le supérieur

Bon, et dans le supérieur… Bien sûr, je n’ai pas d’enfant à ce stade de leur progression scolaire, mais j’aimerais revenir sur un billet de Sandrine Halbronn sur VIPeers : Est-ce OK de Bloguer ou de Twitter le Contenu d’un Cours En Classe ? En résumé, cela se passe aux USA. Une enseignante dans une école de journalisme à New York a interdit à ses élèves de bloguer ou de twitter ses cours pendant qu’ils se trouvaient en classe.

Comme je le dis sur ce billet en commentaire, cela m’évoque la discussion à laquelle j’ai un jour assisté entre enseignants du supérieur qui ne parlaient même pas de blog ou autre dans leur classe (je pense que cela doit être exclu d’office chez eux), mais de l’échange des notes de cours… L’un d’entre eux justifiait même sa position en indiquant que les paroles qu’il émettait pendant ces cours étaient soumises au droit d’auteur !
Je veux bien reconnaître que la diffusion des notes de cours peut poser problème du fait de l’interprétation des propos de l’enseignant par les étudiants… mais quand même. Par contre, disons tout haut ce que me confia un jour un enseignant du supérieur (il n’est pas le seul à m’avoir dit cela)… «j’imagine mal que les étudiants diffusent les notes de mes cours… Tu sais bien, parfois, il nous arrive de critiquer la position d’un collègue avec qui l’on est très proche (sous entendu, soit dans le même labo, soit un mandarin…) et s’il savait cela, j’aurais des problèmes.»

D’autres mon aussi dit que c’était par crainte de retrouver un cours quasi identique d’une année sur l’autre… Cela ne me pose pas particulièrement de problèmes… Je serai bien assez capable de la faire… y compris pour des enseignements de différents niveaux. Quel mal y a t-il à cela ? La langue anglaise évolue chaque année ? Je n’ai pas l’impression. Et après tout, n’est-ce pas ce que nous faisons dans le fond lorsque nous donnons une formation outil en entreprise ? La base est toujours la même pour enseigner InDesign ou PhotoShop par exemple. Nous ajustons simplement le contenu et la forme en fonction de notre public !

Invitation

Que vous soyez parents d’enfant en primaire, en collège ou étudiant dans le supérieur (on ne va pas demander à vos parents), vous pouvez compléter ce billet par vos commentaires… Pourquoi ne pas faire de ces chroniques un état des lieux « réel » de ce qui se passe concernant l’éducation à tous les niveaux. Nous trouvons facilement le point de vue de l’administration, un peu plus difficile, le point de vue des enseignants, mais les blogs ou site d’enseignants sont nombreux… la vision des accrocs pour ne pas dire les geeks de l’éducation nouvelle… mais le point de vue des parents, des enfants… mis à part dans des enquêtes, rien ! Profitons donc de ce lieu d’échange 🙂 Les enseignants peuvent également réagir, les parents tenteront de vous répondre :-)))

0 comments for “Chronique éducative vue par un papa

  1. 25 octobre 2008 at 5 h 22 min

    Chronique éducative vue par un papa : la situation à la Toussaint

    Pour commencer, quelque réaction suite à la diffusion des épisodes précédents. Tout d’abord Thierry Klein avec son «Des “TICE” vues comme symptôme de la perte du capital scolaire» et également la série de billets de François sur Le B2I® Ecole :…

  2. Edukator
    8 mars 2009 at 5 h 10 min

    Concernant le droit d’auteur sur les cours, la loi est à nouveau floue:
    d’un coté: « les droits sur les oeuvres créées par les fonctionnaires dans le cadre de l’exécution du service public appartiennent à l’État », c’est un jugement de 2003
    de l’autre, la tendance pour nos productions à rejoindre le droit privé. difficile donc de faire la part des choses.
    Et regrettable, qu’est ce qu’on peut perdre comme temps et comme énergie à réinventer l’eau chaude la ou une mutualisation permettrait de penser à autre chose que son cours (au hasard, ses élèves).
    Quand au fait d’en tirer une fierté ou de s’imaginer rentrer dans le cadre de la production d’oeuvre de l’espit, certains ont des petits problèmes de chevilles..

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