Avis mortuaire sur le e-learning ?

Xavier en posant sa question : Le e-learning est mort ? se disait intéressé par mon «commentaire, généralement sage, sur le sujet» (je lui ai juste répondu que c’était un flatteur 😉 et que je répondrai.

Je fourni d’autant plus facilement ma réponse puisqu’il réagit au billet de Thierry Klein L’e-learning est mort, vive l’enseignement nomade ! (1er partie) que je souhaitais également commenter 🙂

J’attendais de voir ce que proposerait concrètement Thierry avant de fournir un avis plus avant, en écrivant un billet, et qu’il nous livre plus de détails sur les concepts que regroupe sa vision du nomadisme « scolaire » (ce qui est prévu. Vite Thierry, plus vite ;-).

Xavier parle concept marketing au sujet de l’enseignement nomade, je pense que le coup de buzz est réussi en vue d’Educatice :-).

Au sujet de l’enseignement nomade

Je commenterai d’ailleurs en premier le billet de Thierry puisque c’est lui qui a mis le feu aux poudres 🙂

Thierry Klein est le fondateur de Speechy, une société et une solution éponyme de Rapid e-learning qu’il est possible de coupler à un tableau blanc interactif (TBI). Tableau blanc interactif dont il est un ardent défenseur.

Thierry m’a toujours dit qu’il ne croyait pas au e-learning. Je pense ne rien dévoiler si je dis qu’il considérait Speechy comme un moyen de révision, de complément à un enseignement donné… et non comme un système de elearning.

Je connais également son attirance pour le livre « électronique » qui devient l’équivalent ergonomiquement parlant au livre papier grâce aux e-books, au téléphone portable et toujours ses lunettes «écran» lorsqu’il se projette dans l’avenir.

Son intérêt pour le nomadisme ne me surprend pas. Pas plus que son jugement sur le Web 2.0 ou 3.0, le Web social : «un concept marketing fumeux». J’ai bien écrit que j’utilise le web 2.0 mais je ne m’en vante pas.

Et difficile de ne pas être de son avis lorsqu’il écrit : «L’e-learning, tel qu’on l’envisageait depuis le début des années 2000 est bien mort.» Les temps changent.

Depuis ces postulats et, connaissant un peu Thierry, après une longue réflexion (un an si j’en crois ses propos et à l’arrivée, une solution à n’en pas douter chez Speechy), il nous propose l’enseignement nomade. L’idée en tant que telle n’est pas idiote, mais j’y reviendrais…

Pour ma part, si vous cherchez bien dans ce blog, vous verrez que j’ai écrit au cours de ces six derniers mois que je n’utilise pas les téléphones mobiles actuels mais que je parie sur leur évolution et que je les emploierais ce jour-là.

Le point de vue de Xavier

«Thierry ne serait-il pas en train de réinventer l’eau tiède ?» dit d’emblé Xavier de Mazenod, de l’agence de communication Adverbe, spécialisée en contenu web (concurrent mais « ami »).

Effectivement, comme l’écrit Xavier pour beaucoup trop de personnes, e-learning signifiait et signifie toujours absence d’enseignant. Pourtant, l’acte d’enseigner consiste bien à tenter d’individualiser la formation et le suivi de chaque élève (je n’aime pas le terme de coaching en enseignement).

Pouvoir être mobile, pouvoir être distant, comme le dit fort justement Adrien Ferro en commentaire : «les choses deviennent vraies en fonction d’où on les regarde». Normal, il répond à un Normand 😉

Plutôt que la tendance, je dirai la mode du e-learning est à la simplicité des outils (blogs, wiki, Skype…) et le discours qui va avec à un réinvestissement dans la valeur ajoutée des professeurs : le suivi individualisé, la pédagogie, la réorientation permanente de l’apprenant dans son parcours.

Mais dans le concret qu’en est-il du suivi individualisé (j’entends souvent dire des enseignants : pourquoi il se plaint, c’est déjà pas mal qu’on lui propose ce cours en ligne), de la pédagogie (où est la pédagogie lorsque j’assiste à des séances où l’on se demande ce que l’on va mettre dans le site afin que cela tienne la route et que le principal est qu’il y ait quelque chose), de la réorientation permanente de l’apprenant dans son parcours (à condition que l' »encadrant » soit formé à cela).
Je ne parle évidemment pas de la vraie formation en « e-learning », mais de celle que l’on trouve le plus communément.

Vue avec sagesse 😉

Je me demande si l’évolution de ce que l’on appelait le e-elearning ne va pas justement dans le pis-aller que propose Xavier : «un moche fichier Word, un blog et un professeur derrière», évidemment mâtiné des nouveaux outils mis à notre disposition.

Nous vivons comme le signale en commentaire Marc Tirel dans une période de «changements de modèles, des ruptures de paradigmes qui ouvrent de nouvelles perspectives de nouveaux possibles ou notre créativité sera de plus en plus sollicitée. Les mots “formation”, “enseigner”, “élèves” commencent déjà à ne plus avoir de sens dans certains cas. Il faut être capable de désapprendre pour tout réapprendre, tout repenser…»

L’enseignant à n’en pas douter restera le pivot de la formation. Mais son métier se transforme depuis quelques années. Les élèves (les apprenants) évoluent eux aussi.

Des exemples comme ceux décrits dans Diffusion des savoirs sous différentes formes n’ont pas d’équivalent me semble t-il en France…

Dans Les enseignants, des non bloggers ? en janvier 2006, je reprenais les propos de Mario Asselin : « Pour certains, le premier pas à faire consiste à accepter l’idée de se voir faire; accepter de recevoir un feed-back de ses élèves, des parents de ses élèves ou de ses collègues ou d’un accompagnateur (C.P.) ou d’un superviseur (membre de la direction). Je suis encore stupéfait du nombre de personnes qui oeuvrent dans les écoles depuis longtemps tout en «ayant appris» comment contourner la moindre occasion de recevoir un feed-back. L’écoute sélective, les stratégies de fuite et d’évitement ainsi que la paresse intellectuelle et le laisser-aller font malheureusement partie «des armes» qui composent un genre de coffre à outils occulte de bon nombre de professionnels.»

J’ajoutais à l’époque : arrêtons le «maître dans sa classe» ! Hier, grand possesseur du savoir, il le distribuait à ces élèves, aujourd’hui, il l’échange avec ses élèves.

Depuis presque deux années se sont écoulés et l’on est en droit de se poser la question de savoir si les enseignants faisaient du e-learning et des TIC sans le savoir ?

Même si je n’aime pas la terminologie, les outils web 2.0, bientôt web 3 entrent de plain-pied dans ce e-learning sans nom. Les enseignants « nouvelle génération » intègrent progressivement ces outils plus ou moins bien, mais ils les intègrent.

L’enseignement à distance progresse sous cette forme et sous la forme du télé-enseignement, dont on entend peu parler en parallèle du e-learning (pour cause, un enseignant doit être présent). Si l’enseignement nomade de Thierry se conjugue télé-enseignement, je crois qu’il a décroché une timbale 🙂

Dernier en date, la possibilité de jongler avec les réseaux sociaux, de type Facebook (des réseaux sociaux dotés d’outils) pour le e-learning, sans tomber dans l’excès du micro e-learning. Il est d’ailleurs amusant de noter que la remarquer de Cyril Slucki : «Après il est vrai qu’il faut quelque chose pour faire le suivi» correspond à la question à laquelle je dois répondre dans le groupe de Facebook Formation et formateurs (oups, erreur c’est dans le groupe Foad & elearning (goup en Français – in French)

Je vais tenter une réponse car pour selon moi les systèmes de suivi actuels ne sont plus adaptés et c’est d’ailleurs l’un des avantages que je vois dans des outils de type Facebook. Je pencherai vers une solution proche du Portfolio qui permettrait de suivre ce qu’à appris et réalisé l’étudiant, en autodidacte ou en « cours » depuis sa plus tendre enfance, de voir le contenu des enseignements…

Des éléments utiles à chaque enseignants y compris en formation continue afin d’aider aux mieux les apprenants sous sa responsabilité du moment, en présentiel (pour moi, la formation en télé-enseignement est du vrai présentiel) ou à distance, en rattachant éventuellement ses formations à ce qu’à appris l’apprenant. De nouvelles applications certifiées Scorm par exemple permettrait d’évaluer les étudiants sur leurs compétences…

L’enseignement nomade que tente de décrire Thierry y trouverait justement tout son sens. De toute façon de nouveaux outils doivent apparaître afin de faire évoluer le concept du e-learning que nous connaissons aujourd’hui pour aller vers ce que notre monde sera demain. C’est juste un outil qui se cache derrière le vocable de formation nomade.

Entendons nous bien sur le terme nomade au passage. Je pense que dans l’esprit de Thierry, nomade veut dire visiblement (c’est dans les commentaires) que l’enseignant dispose de sa propre salle multimédia en une petite mallette (il nous annonce une nouvelle révolution dans le TBI, dans les connexions et les diffusions, de nouvelles possibilités en transformant les écrans d’une salle informatique en tablet PC, que les apprenant puisse enregistrer le « cour » Speechy (présentation+voix+TBI) sur un téléphone portable comme sur un magnétophone ?). Visiblement l’enseignant peut emporter partout avec lui cette mystérieuse mallette.

Déjà, c’est un progrès car nul besoin que l’enseignant attende de posséder une salle spécifique, déjà équipé pour pouvoir enseigner façon Speechy. Plus besoin d’équipement spécifique pour mettre en place le cours dans tous les types de salles sans se préoccuper des connexions à Internet (tout passe par le téléphone ?).

Il est possible de préparer son « Speechy » en studio (à la maison ou ailleurs) ou en direct, de le diffuser depuis l’endroit où l’on se situe (depuis une chambre d’hôtel, pourquoi pas) à des étudiants à des milliers (des centaines suffiront) de kilomètres en ayant avec eux une interactivité on-line (comme si on était en salle de cours) et que le tout se retrouve sur Internet après diffusion en direct. Un mixte entre le télé-enseignement et l’enseignement à la Speechi tel qu’il est envisagé par Thierry ? La question est là. Que nous a préparé Speechy ? Allez, je parie sans trop de risque que cela nous sera dévoilé avant la fin de l’année.

Dites Monsieur Xavier, j’ai répondu avec sagesse 😉

Mise à jour le 18 novembre :

  • Olivier Ertzscheid dans Blogging académique revient sur les rapports profs-élèves modifiés par les blogs en particulier et les NTIC en général.
  • « L’affaire du e-learning » d’Aïl un peu hérissé qui a «peur que le débat contourne une question essentielle qui est celle de l’enseignement individuel et/ou collectif».

N’oubliez pas les groupes Facebook : Foad & elearning et/ou Formation et formateurs où les débats continueront peut-être !






	    

10 comments for “Avis mortuaire sur le e-learning ?

  1. Jacques Rodet
    16 novembre 2007 at 0 h 36 min

    J’ai trouvé remarquable que le mot « apprentissage » ne soit pas présent dans ces différentes réflexions.

    Si l’enseignement est incarné par les ressources, le métier de l’enseignant ne doit-il pas évoluer vers une fonction d’accompagnement de l’apprenant dans ces activités d’apprentissage ?

    En présentiel, la succession des phases d’enseignement, d’apprentissage (le métier de l’apprenant) et de support à l’apprentissage (aide procurée par l’enseignant à l’apprenant durant son apprentissage) est continue. En formation médiatisée, l’apprenant réalise ses apprentissages à partir de l’exploitation des ressources d’enseignement. Or, c’est à ce moment là qu’il peut avoir besoin de support à l’apprentissage.

    Développer des compétences en accompagnement individuel, en support à l’apprentissage tant sur les plans cognitif, méthodologique, technique, administratif, socio-affectif, motivationnel ou encore métacognitif, tel est le défi que les enseignants doivent aujourd’hui relever.

    Ces compétences sont celles du tuteur à distance et la non reconnaissance statutaire de ces fonctions ne devrait pas constituer un obstacle insurmontable, pour les enseignants, à développer leur professionnalité en matière de support à l’apprentissage.

  2. 16 novembre 2007 at 2 h 54 min

    Tu as non seulement répondu avec sagesse mais tu m’as aussi permis d’avancer ma réflexion 😉
    Je pense qu’il va falloir te faire nommer Normand d’honneur.

    A propos de la mobilité : sous réserve de lire les papiers à venir de Thierry, je pense en effet, au vu de ses commentaires sur Adverbe, qu’il a une définition restreinte de la mobilité.
    Je vais de mon côté essayer de préciser ma vison de la « mobilité, ennemie de la distance » car des commentaires rapides ne suffisent pas à exposer clairement un raisonnement.

    Tu parles de e-learning en milieu scolaire. Ce n’est pas forcément le milieu le plus ouvert aux évolutions comme le dit Mario. Je parlais dans mon billet de e-learning en général, dans lequel les formateurs ne sont pas forcément des enseignants de l’Education nationale.

    Ce qui est passionnant c’est que le e-learning devient mature. Les mots sont piégés et parfois dévoyés (e-learning, FOAD, e-formation ?) mais, en gros, les gens sérieux peuvent aujourd’hui y retrouver leurs petits 😉

  3. 16 novembre 2007 at 2 h 59 min

    Jacques, « apprentissage » n’est pas utilisé car ce n’était pas l’objet du débat originel.

    Mais c’est bien évident que lorsque je parle de e-learning je sous-entend un mécanisme « métacognitif », comme vous le précisez, complet.

    C’est bon de le souligner car les mots sont piégés et ambigus et que e-learning a souvent été compris comme un enseignement dans lequel l’apprenant est placé seul devant un ordinateur.

    Jusque-là, je pense que tous les intervenants du débat sont d »accord…

  4. 16 novembre 2007 at 6 h 43 min

    Bonjour à tous !

    Ce débat (ce post, les précédents sur d’autres blog) est intéressant : il reflète des points de vues différents et pourtant complémentaires.

    Et oui, les mots sont très importants …

    « l’apprenant est placé seul devant un ordinateur » … mais c’est de l’autoformation ça ?!

    Mais qu’est-ce que l’elearning ? Je traduit ce terme par formation par voie électronique, et je distingue :

    • l’autoformation (avec ou sans connexion internet)
    • la formation asynchrone (mail, forum, blog, wiki etc)
    • la formation synchrone (classes virtuelles)

    Très vaste domaine que l’elearning, certainement un terme à éviter si on veux être compris (mais malheureusement à employer si on veut générer de l’attraction).

    Mais effectivement, si je distingue autoformation et elearning, je constate aussi que hormis les spécialistes, l’amalgame est fréquent. Trop fréquent.

    A nous de jouer : informons, démocratisons … sans oublier les gurus qui répandent la bonne parole 😉
    L’évangélisation prend du temps.

  5. 21 novembre 2007 at 0 h 53 min

    « L’enseignant à n’en pas douter restera le pivot de la formation. Mais son métier se transforme depuis quelques années. Les élèves (les apprenants) évoluent eux aussi. »
    En ce qui me concerne j’en doute, le pivot de la formation ce sera l’apprenant lui-même, et le contexte dans lequel il se trouvera. L’enseignant doit devenir un facilitateur, un créateur de liens et de sens entre apprenants entre-eux, entre apprenants et idées/sources de connaissances. Bref le formateur ou l’enseignant au centre ou pivot de la formation c’est fini. La communauté des apprenants aura beaucoup plus d’impact sur les apprentissages respectifs de chacun que « l’enseignant », le « sachant »… qui d’ailleurs en sait de moins en moins !!

  6. cjacomino
    27 novembre 2007 at 22 h 25 min

    Un nouvel article pour revenir sur la question, sur Voix Haute.

  7. 28 novembre 2007 at 1 h 55 min

    Bonjour à tous,

    J’ai commenté le post de voix Haute : un post étonnant qui évoque le elearning dans le cadre de l’apprentissage de la lecture.

    Je commente aussi celui-ci pour que les participants au débat qui a suivi le post d’Eric en prennent connaissance.

    Les dispositifs elearning permettent, notamment grâce aux classes virtuelles de reproduire une salle de classe. Il s’agit d’un simple outil. Si le formateur a une idée précise de l’animation pédagogique de son cours, et qu’il maîtrise les outils associés au elearning, il pourra reproduire en classe virtuelle exactement la même approche pédagogique que dans une salle de cours classique.

    Cependant, j’adhère à la démarche pédagogique mise en avant dans le post de Voix Haute: ne pas demander à un apprenant de faire un exercice avant d’en avoir compris les tenants et les aboutissants. Cependant je n’associe pas cette démarche à un dispositif pédagogique mais plutôt à la pédagogie du formateur.

    Ne rendons pas les outils responsables des erreurs de leurs utilisateurs ! La transmission du savoir repose sur la qualité du formateur pas sur celle de ses stylos.

    Relancer le débat sur la mort du elearning est assez frustrant. Pour ma part, je considère que ceux qui adoptent ce discours sont ceux qui ne savent pas utiliser les technologies du elearning pour transmettre leur savoir.

    Le elearning n’est pas mort !! Certains l’abandonne car ils n’ont pas su en tirer profit, c’est tout.

    Il serait regrettable que ceux qui savent s’en servir, l’utilisent régulièrement et en assurent la promotion soient freiné dans leur démarche. J’espère donc que cette polémique va s’essoufler rapidement et vous remercie par avance de votre compréhension.

  8. 10 décembre 2007 at 16 h 58 min

    formation continue, enseignement, e-learning… bref, l’apprentissage

    Je voudrais donner une suite à ma question : Avis mortuaire sur le e-learning ? et élargir le débat pour plusieurs raisons :

    le débat a rebondi fin novembre sur les blogs d’origine (celui de Xavier et de Thierry, au passage au fil du

  9. 10 avril 2013 at 6 h 07 min

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